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L’esprit en déconfiture

Vendredi après-midi, 12 juillet 2019, je suis parti pour les Jardineries. Il y avait là, à 17h30, un événement Complètement Cirque de quartier. Il devait y avoir un spectacle et peut-être des structures dans lesquelles on pouvait grimper. J’avais aussi espoir, un mince espoir, que le four à pizza soit ouvert. Eh bien, ce fut une des soirées les plus décevantes depuis que je suis à Montréal.

Quand je rentrai là, il y avait déjà pas mal de gens et de la musique jouait. Ne sachant trop que faire, je me suis dirigé vers le bar, premier endroit que je connais. Je constatai en premier lieu que le stand à bouffe était fermé: pas de pizza sur feu de bois pour ce soir. Je m’y attendais un peu; ça ira à l’ouverture officielle des Jardineries prévue le vendredi suivant.

Je me promenai un peu et trouvai une zone clôturée où des enfants s’amusaient autour d’un mât. Ils s’accrochaient à une corde et courait, parfois ils se faisaient soulever dans les airs par la force centrifuge. J’aperçus aussi ue bascule et une poutre pour marcher en équilibre. Ces jeux étaient apparemment réservés aux enfants; je ne vis pas d’adultes dedans.

Je suis allé au bar me prendre une biere. Quelqu’un m’a offert de m’asseoir à côté d’elle, apparemment une femme âgée d’après sa voix. Je suis resté là à regarder et constaté que tout ce que je pourrais faire, c’est attendre. Les seuls qui eurent vraiment du plaisir ce soir-là, ce furent les enfants, et leurs parents à les regarder. C’est vraiment plate. Il y eut des spectacles embulants qui duraient trente secondes; je n’avais pas le temps de localiser c’était où que c’était fini. Il y eut un spectacle de cerceau sur la scène centrale. Celui-là c’était bien. Le gars, Bob, se tenait dans le cerceau et y dansait, parfois en équilibre lié au sol juste par l’anneau. Mais ça dura cinq minutes, puis encore une demi-heure d’attente pour le spectacle principal des soeurs Kif-Kif, qui avait lieu à 19h.

Ce spectacle-là, Côté Confiture, a été tellement mauvais que j’étais démoli, après, vraiment tanné. Ils ont commencé par souffler des ballons qu’ils lançaient au loin. La madame à côté de moi m’a dit que c’étaient des ballons en forme de gants, mais ils m’apparurent ronds pour moi. Peut-être il y avait un gant dessiné dessus.. On les entendait constamment respirer dans le micro, comme si elles étaient essoufflées. Elles ont ensuite dit qu’elles devaient couper des patates, de la musique est partie et elles ont fait je ne sais pas quoi pendant cinq minutes, et de temps en temps les gens applaudissaient, sans que je ne parvienne à savoir pourquoi. Puis il fallait ramasser les frites, et des enfants se sont avancés sur la scène. Comment ces enfants-là savaient-ils quoi faire? Devine, ou bien ils étaient dans le coup, mais c’était niaiseux, absolument rien à voir, juste la petite musique plate qui repart, pendant cinq minutes encore.

Après ça, les gens se sont mis à taper des mains pour rien. Ça a fini que la moitié de la foule tapait des mains et l’autre moitié. Sans que’elles aient dit quoi que ce soit, tout le monde sauf moi comprenait quand il fallait taper des mains et quand pas. La deuxième fois, bien entendu, je le savais et l’ai fait, mais je trouvais ça ridicule.

Elles ont fait d’autres niaiseries, ou bien rien du tout, je ne sais vraiment pas, j’étais juste tanné d’être toujours à la traîne, toujours derrière les autres. Les gens tapaient des mains, pour rien. J’ai fini par arrêter de taper des mains, tanné. Ça me faisait quasiment penser quand on applaudissait chaque fois que ma nièce prenait une bouchée, quand elle était petite. Déjà c’était lassant après la cinquième bouchée, mais là, c’était pire, car il n’y avait rien à applaudir. Je me demande si elles ne faisaient juste pas signe aux gens d’applaudir, pour rien. Je ne comprends pas pourquoi les gens embarquaient.

Puis elles ont dit qu’il leur fallait de la musique. Ah non, repartez pas la musique plate des frites! Mais non, au lieu de ça, elles jouaient un bout de tune avec je ne sais pas quel instrument et la foule complétait en tapant des mains. Rendu là, je ne tapais plus de mains, tanné, trouvant que ça n’avait juste aucun sens.

Un moment donné, elles ont fini par la faire, la danse de l’alaitement à laquelle elles ont fait allusion quelques fois au début, une danse supposément dangereuse. Elles ont gonflé, avec une pompe, de gros ballons, assez gros qu’ils flottaient doucement quand on les lançait. Sur chaque ballon, un rond était peint, ce qui évoquait pour moi vaguement un sein avec le mamelon. Elles ont joué avec les ballons, chacune un. Elles les lancèrent dans la foule, des gens le rattrapèrent et les relancèrent. Un moment donné, on aurait dit qu’elles étaient dans la baloune, enveloppées de caouchouc, et elles gonflèrent les ballons encore plus, puis ressortirent de là. Et ce fut tout.

Après ça, des artiste déguisés en gars de la construction se promenèrent et firent je ne sais pas quoi. Cela dura un certain temps, puis ils répétèrent le numéro du cerceau. Enfin, ils firent tirer des billets pour des spectacles de la Tohue et il y eut une parade finale. Dans un manque profond de lucidité, j’eus la brillante idée de mettre mon nom pour le tirage. Je fus soulagé de ne pas gagner, car je ne savais pas du tout où était la Tohue et m’attendais à encore devoi dépendre de quelqu’un avec une voitture pour l’atteindre. Fiou, un problème bénin d’évité!

J’ai fini par manger là-bas, on pouvait acheter des wraps aux légumes grillés. C’était pas mauvais. Puis je suis reparti, fatigué.

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Un spectacle bien arrosé

Jeudi, 11 juillet 2019, 17h, il était temps pour moi de partir pour le show de ruelle de Mononcl’ Serge, sur la rue Gaboury près de Sainte-Catherine. À cause de l’annonce d’orages, les Jardineries ont reporté leur soirée d’ouverture, prévue ce même jour, au vendredi suivant. Ma première idée était d’aller aux Jardineries pour 17h, y manger tranquille une bonne pizza sur feu de bois, puis partir pour le show de Mononcl’ Serge à 18h30, et peut-être revenir chiller un peu aux Jardineries. Eh non! Mais la SDC Hochelaga maintint le show de ruelle malgré l’avertissement de gros orage. Et pour les approuver, le Soleil brilla de mille feux en milieu et fin d’après-midi. Il n’a mouillé qu’en avant-midi.

Je me dis que si je partais tôt, j’arriverais avant qu’il ne se forme une grande file d’attente pour la bouffe. Eh non, il n’en fut rien. Il n’y avait certes pas de file à mon arrivée, vers peut-être 17h30, mais il n’y avait aussi personne pour prendre les commandes et servir la bouffe. Je me suis pris une bière et je suis allé dans le parc, parce que personne n’était dans la ruelle en plus.

J’ai rencontré des gens assis à une table à pique nique qui m’ont offert de m’asseoir avec eux, ce que j’ai fait. Ils venaient de Rosemont. Il a fallu attendre près de 17h50 pour la bouffe à moins d’aller à la tente de la Taqueria je ne savais pas où (ils ont vu la tente). Mais un taco, ça va tout se défaire et revoler partout je n’avais pas envie de manger ça dehors avec comme support juste une napkin, probablement pas d’assiette pour récupérer tout le stock qui va tomber.

Eh bien cette fois, pour la bouffe, c’est allé tellement mal que j’envisage ne plus jamais retourner à ces shows de ruelle. Je n’y arrive pas s’il me faut manger chez moi avant de partir. Déjà en vacances, c’est difficile d’être prêt à partir, fini de souper, pour 18h, question d’arriver au show à 18h30. Quand j’aurai recommencé à travailler, ce sera pire.

D’abord, le gars en avant de moi a dû attendre plus de cinq minutes pour pouvoir payer. Celle qui prenait les commandes s’en allait, revenait, s’en allait encore, vérifiait de quoi sur son téléphone, s’en allait encore, puis elle a finalement passé le téléphone au gars pour qu’il y entre de quoi, ça s’est éteint, elle a dû faire de quoi. Ah dis-moi pas qu’ils essaient de payer avec une application iPhone ou Android au lieu de l’habituelle machine à débit Interac? Et comment ça fonctionne? On ne peut pas scanner la carte de débit ou de crédit avec ça! Ah, il doit falloir transcrire le numéro de la carte de crédit à la main, parce que ce n’est supposément pas si long que ça. Voyons, franchement! Après ça, j’ai pu donner ma commande et payer. Soulagé, j’avais de l’argent comptant; pas envie de me battre avec le téléphone et tout moi aussi! Probablement que les caractères sur l’écran auraient été super petits et le soleil, qui brillait encore à ce moment-là, m’aurait causé d’infinies misères! Ce qui me sauve avec le terminal Interac, c’est le clavier physique; ça fonctionne même au gros soleil quoique pour voir l’écran, pas idéal.

Après ça, il me fallut attendre plus de 15 minutes pour avoir mon truc. Ils ont fini par avoir mon hot dog mais pas la frite. 3 ou 4 minutes plus tard, ils donnaient le hot dog sans la frite à qulqu’un d’autre et continuaient à servir des hamburgers et des hot dogs/hamburgers. Là, tanné, je suis parti tenter de jeter ma cannette de bière vide que j’avais dans ma poche depuis tout ce temps. Je n’ai jamais pu trouver la poubelle cette fois; elle était là la dernière fois! Faut encore demander à quelqu’un qui va aller la jeter je ne sais pas où, sans me dire où, ou bien la mettre dans son sac à dos ou à main pour l’amener ailleurs, c’est juste con! J’ai fini par trouver une poubelle mais de l’autre côté de la clôture qui séparait la ruelle Gaboury du parc Morgan; j’ai dû glisser ma main entre les barreaux, pogner le couvercle et mettre la cannette là-dedans. Puis je me suis acheté une autre bière. Je n’ai pas ouvert tout de suite la cannette, décidé d’attendre d’avoir ma bouffe ou au moins d’être revenu dans le parc. Quelqu’un m’a dit que mon hot dog était prêt, ils l’avaient mis de côté. Mais le gars ne me vit pas, fallut qu’un autre lui dise « Excuse-moi » et tout. Bref, ça va super mal. Ce n’était pas compliqué de même l’année passée. Je pouvais obtenir mon snack sans que quelqu’un m’aide. Le spectacle précédent aussi, ça avait été très long pour la nourriture, mais ça s’était mieux passé. Et ce n’était que le début.

La pluie s’y mit, une petite pluie d’abord, mais je savais que ça pouvait empirer. Je m’en allai dans le parc Morgan, veillant à ne pas tout échapper mon stock par terre en chemin. J’ai pu retrouver ma table, m’y asseoir, manger et puis ouvrir ma cannette.

La pluie s’intensifia. Malgré tout, ils débutèrent le show. Mais il se pouvait qu’ils l’interrompent abruptement, ce qui se produisit effectivement après une tune et demi. La tune et demi était super, j’ai bien aimé. Sous la pluie, j’avais presque envie d’enlever mon chandail et danser torse nu, mais je n’osai pas. Il y avait plein de monde que je ne connais pas et des enfants, là-bas, valait mieux pas faire le zouinzouin pensai-je.

La pluie s’intensifia, plusieurs partirent dont mes compagnons qui m’offrirent de me ramener chez moi en auto. Plutôt que faire ainsi, je voulus rester pour aller voir le show acoustique que Serge voulait tenter de donner dans un gazebo pas loin. Et en plus j’avais ma cannette de bière à finir. J’ai suivi les gens qui s’y en allaient. La pluie devint plus forte encore et le vent s’y mit. Mon parapluie que j’avais emmené et sorti de ma poche faillit y passer. Mais j’arrivai au gazebo. Eh là là, quel chaos! Les gens s’y étaient massés, tentant d’entendre de quoi, mais on n’entendait que la pluie et les gens plus proches de l’artiste qui le huaient. Il me fallut quelques minutes pour me rendre à l’évidence qu’en restant là, tout ce que je pourrais faire, c’est me faire tremper encore plus et entendre les gens huer, pas de Mononcl’ Serge.

Ma canne, est où ma canne bon sang???? Un instant, je crus que je l’avais laissée sur la table de pique nique ou pire, échappée par terre en chemin! Dans le second cas, je ne réussirais probablement pas à la retrouver! Mais par chance, elle était encore là, bien sagement dans ma poche. Troublé par toute cette pluie, j’avais oublié de la sortir pour me rendre de la table à pique-nique au gazebo.

Soulagé de ne pas avoir perdu ma canne, je tentai de rejoindre la rue Sainte-Catherine. Eh bien, je n’y arrivais plus. Il y avait tellement de pluie que j’avais du mal à y voir et là, en plus, se profila un obstacle majeur: des marches. Ah mais pourquoi???? Je n’ai pas eu à monter de marches pour aboutir là! Tandis que je m’acharnais à descendre ça, quelqu’un m’offrit de m’aider. J’étais rendu en bas quand il arriva à ma hauteur. Nous avons marché ensemble jusqu’à la rue. Mon parapluie a encore failli y passer, à cause du vent. En chemin, je suis parvenu de justesse à trouver une poubelle où jeter ma cannette vide. On a fini par aboutir sous un toit devant un bar, à l’intersection de Sainte-Catherine et Letourneux, pour y attendre que la pluie cesse. Un couple présent au show vint se réfugier là aussi et entra dans le bar pour aller y souper. Le gars avec qui j’étais resta un peu avec moi puis remonta, il habitait en haut du bar. Rendu là, la pluie avait diminué d’intensité si bien que j’y allai. Je pilai dans bon nombre de flaques d’eau qui trempèrent mes sandales à fond.

Quand j’arrivai chez moi, c’est là que je constatai à quel poin
j’étais trempé. Je n’arrive pas à me souvenir quand j’ai été trempé de même, soit à mon retour du Ancient Future Festival (le soir où j’ai crochi mes lunettes en fonçant dans un ARBRE!) ou mon retour du Fort Chambly après un souper chez Fourquet Fourchette avec mes collègues du labo de recherche à l’Université de Montréal. Cette fois-là, mon chandail et mes culottes courtes étaient toutes mouillées. Mon mouchoir en tissu était trempé, imbibé, et mon porte-clés et mon portefeuilles aussi étaient mouillés. Ce fut avec soulagement que je constatai que mon téléphone avait survécu à tout ça. J’ai bien cru qu’il allait avoir son coup de mort! Puis après avoir retiré tout ça pour me changer au grand complet, je constatai que mes sous-vêtements aussi étaient mouillés. Quelle mémorable tempête!

J’étais plutôt déçu de cette sortie, non pas juste à cause du show interrompu et de cette pluie de dingue, mais aussi ces difficultés à obtenir mon repas. Mononcl’ Serge était le seul artiste que je voulais vraiment voir à ces shows de ruelle; les autres me laissaient froid et indifférent. Et voilà que son show tombait à l’eau, au sens propre du terme. Triste. Après ça, cela ne me surprendrait pas qu’il aille se produire à Alma, Val d’or, Saguenay, tous des endroits qui me sont inaccessibles, et qu’il ne revienne pas à Montréal avant un sacré bon bout de temps.

Pour me consoler un peu, j’avais toujours Minecraft. J’y retournai et progressai dans Evilcraft, jusqu’à ce que tout s’éteigne d’un coup sec. À 20h, panne de courant! Ah là j’étais en maudit. En plus de potentiellement corrompre ma map à cause de la fermeture abrupte du jeu et de l’ordinateur, la panne affecte mon NAS qui après ça veut effectuer un scan du sytème de fichiers qui rend ensuite l’accès par NFS impossible à moins de redémarrer le NAS, puis le HTPC.

J’étais tellement à bout que je songeai prendre ma douche et aller me coucher, sachant que le courant ne reviendrait pas avant plusieurs heures. Mais plutôt que faire ainsi, j’ai lu un peu, et le courant est revenu tandis que je lisais. J’ai attendu un peu, au cas où ça reparte tout de suite, et j’ai rallumé mon ordinateur et Minecraft; ma map était intacte. Fiou! Au moins ça!