Un mystérieux problème de pression d’eau dans la douche

Lundi, 3 août 2015, l’installation de mon nouveau chauffe-eau par Hydro Solutions a eu lieu. Cette opération était obligatoire dans mon projet de condo en raison des risques accrus de bris après dix ans pour un chauffe-eau. Pour éviter une explosion des coûts d’assurance déjà élevés, il faut tout faire ce qu’on peut pour réduire les risques de dégâts d’eau!

Le remplacement s’est bien passé, à part quelques difficultés à vider l’ancien chauffe-eau; la valve de sortie était bouchée. Je ne sais pas comment ils  sont parvenus à régler ça, mais ça a fini par se vider. Le nouveau chauffe-eau fonctionna de sorte que j’ai eu de l’eau chaude environ une heure après l’installation.

Casse-tête

Malheureusement, une petite surprise m’attendait lorsque je voulus prendre ma douche le soir venu. La valve du robinet de ma douche s’est toujours comportée de façon étrange. Je me serais attendu à ce qu’à mi-course, elle me fournisse de l’eau tiède. En lieu et place, j’obtiens d’abord de l’eau trop froide qui met parfois vingt secondes à devenir tiède! Et puis elle devient trop chaude de sorte qu’il me faut tourner le robinet vers la droite, parfois presqu’au minimum, pour enfin ravoir de l’eau tiède. On ne saura jamais si c’est un défaut de fabrication, la valve qui est de mauvaise qualité, un réglage incorrect, etc.

Mais ce soir-là, ce fut pire. Au début, il y a eu de l’air dans le tuyau, puis ça s’est placé. Puis la pression s’est mise à diminuer de sorte que je ne pouvais plus utiliser certains jets de la douche téléphone. J’ai fini par me rendre compte que si je tournais le robinet vers la gauche, l’eau devenait super chaude et j’avais la pression normale. Pour ravoir de l’eau tiède, je devais tourner le robinet au minimum et obtenais peu de pression.

Comme le réseau de canalisations a été ouvert pour remplacer le chauffe-eau, il me semblait parfaitement possible que quelque chose, comme un morceau de bois ou de soudure, voire une vis, se soit coincé dans un tuyau et ait atterri à l’entrée de ma valve de douche. Mais ça ne pouvait pas impacter l’eau froide, qui n’a pas été affectée par l’intervention, à moins que je n’aie pas tout compris ce qui s’est passé là! Ça aurait dû être l’eau chaude qui cause problème, ou la pression globalement. Je me rappelai à Chambly, chez mes parents, après que le plombier ait passé les tuyaux d’eau chaude et d’eau froide pour le garage. Le lavabo dans la salle de bain ne fonctionnait plus bien, jusqu’à ce que mon père dévisse le grillage du bec du robinet pour en faire sortir un petit bout de bois. C’est peut-être la même chose, pensai-je, mais pourquoi l’eau froide? Tout portait à croire que la morceau s’était coincé dans la cartouche du robinet, ce qui demanderait pas mal de gossage pour l’en faire sortir. Au mieux, il faudrait, pensai-je, sortir la cartouche de là et la secouer. Mais il n’était pas à exclure que la démonter, voire la remplacer, soit nécessaire! Et pour sortir cette damnée cartouche de là, il se pouvait qu’on soit obligé d’aller la chercher par en arrière, ce qui impliquerait de défoncer le mur dans le passage entre la cuisine et ma chambre. La réparation du trou que ça causerait nécessiterait des semaines de travail à temps perdu auquel je ne pourrais pas vraiment contribuer sans tout gâcher.

J’ai passé la semaine à me gratter la tête sur ce problème! Des recherches sur Internet m’ont appris la technique générale pour remplacer la cartouche: ôter la poignée, retirer le disque recouvrant le mécanisme en ôtant les deux vis, puis ôter un cache-cartouche, et enfin défaire les écrous unissant la cartouche au corps du robinet ou au réseau de tuyaux. Mais les informations n’étaient pas tout à fait claires et surtout, aucune des image ne correspondait vraiment à mon robinet. Cela me laissait croire que le robinet ressemble effectivement à ces images, mais la majeure partie du mécanisme est dans le mur, derrière le panneau de la cabine de douche! J’ai trouvé ça tellement choquant que ce soit si mal fait que je ne sais pas encore comment réagir!

Est-ce que je possède un robinet mitigateur, une valve thermostatique ou est-ce que ces deux termes sont synonymes? Je ne peux pas le savoir exactement. En tout cas, ce que je sais, c’est que plus je faisais de recherches sur le sujet, plus ça m’embrouillait l’esprit et plus je voulais continuer à chercher pour essayer de trouver, et m’embrouillais encore et encore plus!

Si je pouvais découvrir le modèle de ce robinet, peut-être pourrais-je obtenir enfin quelque chose de plus spécifique. Même ça me fut impossible à trouver. Je ne trouvai aucune mention du numéro de modèle sur le robinet, la poignée, etc. Ça doit encore être écrit en arrière! On dirait à présent que c’est une nécessité, pour être propriétaire, d’être prêt à démolir et reconstruire des murs, refaire de la peinture tout le temps et puis recommencer un an après dans une autre pièce. Bien entendu, il aurait fallu garder la facture du robinet, mais ce sont les anciens propriétaires qui l’ont acheté, et ils ne m’ont jamais donné cette facture-là de sorte qu’elle a dû être perdue quelque part on ne sait où.

Vendredi soir, un nouvel élément s’est ajouté. Quand j’ai pris mon bain, j’ai constaté que je ne pouvais plus obtenir d’eau froide après que l’eau ait coulé un certain temps. Au minimum, le robinet me donnait de l’eau tiède. Le problème ressemblait à celui de la douche, en moins pire. Je me suis questionné quant à la possibilité que le tuyau soit bouché, me suis demandé comment on pourrait faire pour le débloquer sans ouvrir les murs, trouver où ça ne passe plus, couper et puis reconnecter avec une jonction. Peut-être existe-t-il des solutions liquides qu’on pourrait faire circuler dans le tuyau et qui dissoudraient certains éléments solides? Peut-être si on souffle de l’air comprimé là-dedans? Mais il faudrait limiter la pression pour ne pas faire éclater les tuyaux, surtout s’ils sont en PVC. Faudra que je confie ça à mon père, ça c’est certain, pensai-je. De toute façon, je n’ai pas de compresseur, lui en a un pour alimenter des outils pneumatiques. Et puis je me suis rappelé que c’était l’eau froide qui était problématique, pas la chaude, et les gens d’Hydro Solutions n’avaient aucune raison d’ouvrir le circuit d’eau froide!

Comme seuls le bain et la douche causaient problème, je me suis mis à jongler sur la possibilité que ces valves soient plus sophistiquées que celles des autres robinets, capables de réguler la température. Si la valve s’attend à recevoir de l’eau chaude à telle température et la reçoit plus chaude ou plus froide, peut-être va-t-il réagir en réduisant la pression? Ce serait à creuser, pensai-je. Idéalement, il faudrait recalibrer ces valves-là pour qu’elles fonctionnent normalement, mais au pire, on peut aussi réajuster la température du chauffe-eau, quoique trouver le thermostat va me demander un peu de temps.

Tentative d’exploration

Dans tous les cas, me dis-je, obtenir plus d’informations au sujet de cette valve me serait bien utile. Si je pouvais trouver le modèle, au moins ça permettrait à mes parents de m’aider à obtenir la cartouche, s’il fallait en bout de ligne la remplacer. Je pourrais aussi trouver s’il y a des réglages de température qu’on peut faire, pour remettre cette valve en synchronisation avec le nouveau chauffe-eau, et pourquoi pas tant qu’à faire, en améliorer le fonctionnement.

Mais pour ça, il me fallait ôter la poignée du robinet, ce qui nécessitait une clé Allen que je n’avais pas. Samedi matin, 8 août 2015, je suis allé chez Rona avec la poignée du robinet de mon bain, qui s’enlève facilement depuis que j’habite ce condo; on n’a jamais réussi à lui serrer la vis! Ça prenait une clé Allen qu’on n’avait pas, espérons-le la même que celle qu’il me fallait pour la douche. Alors chez Rona, j’ai pu obtenir un jeu de clés Allen métriques et l’une d’elle faisait. J’ai ainsi pu resserrer la vis de ma poignée de bain.

La poignée de douche, par contre, me posa plus de difficultés. D’abord, la clé Allen sembla s’ajuster, mais elle s’est mise à tourner dans le beurre. Pourtant, la poignée était bien fixée en place, impossible de la retirer sans risquer de casser de quoi! J’ai essayé avec d’autres clés: ça tournait dans le beurre, c’était trop petit, c’était trop gros. J’ai essayé avec un tournevis, avec une autre clé Allen que j’avais eue avec un meuble, encore avec la première clé, en vain. Coup donc, se pourrait-il qu’elle soit collée? Mais pourquoi???

Un moment donné, j’ai brassé un peu la poignée de l’avant vers l’arrière et elle a commencé à bouger, puis j’ai pu l’enlever complètement. Elle était coincée, peut-être à cause du calcaire. Mais là je l’avais! La photo suivante montre de quoi ça avait l’air rendu là.

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Prochaine étape: retirer les deux vis. Cela n’a posé aucune difficulté et m’a permis d’ôter le disque de métal protégeant le mécanisme interne du robinet. Ce qui se trouvait derrière m’a fait un peu peur et reculer. Ça ressemble à la figure suivante.

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D’abord, on remarque au bas du cercle un spot de colle ou de silicone, laissant croire que j’ai cassé un joint d’étanchéité en ouvrant ça.  Est-ce que ce joint est vraiment nécessaire? Il semble avoir été fait de façon artisanale, un peu n’importe comment, ou bien il a fondu, sinon il couvrirait tout le diamètre du cercle à peu près uniformément. Sous cette colle, on remarque des inscriptions que je ne suis pas parvenu à déchiffrer. Je n’ai pas osé gratter la colle, car peut-être même cassé, le joint sera utile. Je n’ai pas les ressources pour le refaire, mais probablement que mon père le pourrait, s’il le fallait.

En haut du disque, on remarque le mot WALL. Serait-ce la marque du robinet? J’ai cherché, en vain. Il y avait aussi le mot THIS écrit. Pourquoi? Au centre du disque, là où se trouve la poignée, se trouve un cercle rouge avec une encoche. Serait-ce un réglage de température? Mais si oui, pourquoi n’est-il pas accompagnée d’une indication, voire d’une jauge graduée? Ne sachant que faire, je n’ai pas tenté de faire pivoter l’encoche rouge. J’ai aussi coupé l’eau pour éviter des dégâts, et j’avais pris soin de placer une serviette sur le trou d’évacuation de l’eau vers les égouts, au cas où une vis tomberait par terre.

J’ai aussi remarqué deux écrous qui retenaient l’assemblage à quelque chose en arrière du panneau. Mais comment Diable pourrait-on retirer ces écrous si c’était nécessaire? Le seul outil que j’ai pour ça, une clé réglage, serait parfaitement inefficace, à moins de tout casser le panneau pour que ça puisse passer. Je me souvenais vaguement avoir entendu annoncer un outil permettant de dévisser des écrous difficiles d’accès, mais je ne parvenais pas à trouver le nom de cet outil, encore moins le courage d’essayer de me le procurer et de m’en servir! De toute façon, était-il vraiment nécessaire d’ôter ces écrous? Et si je le faisais et ne pouvais plus les remettre, après, je risquais de ne plus pouvoir rallumer l’eau jusqu’à ce que ce soit réglé. Dépassé, un peu découragé, j’ai tout fermé ça.

Pendant le remontage, les deux vis tombèrent par terre, ce qui accrut mon exaspération et ma frustration. Je n’ai pu retrouver qu’une seule des deux vis. La deuxième a demandé plusieurs minutes de recherche, mais j’ai fini par l’avoir.

Qu’en est-il de la poignée? Eh bien la clé Allen a ôté une petite vis qui est tombée dans le boîtier. J’ai réussi à la retrouver en secouant un peu la poignée et puis la remettre à sa place. Puis j’ai remis la poignée là où elle devait être.

Ce soir-là, je n’ai pas osé prendre de douche. J’avais trop peur qu’à cause du joint brisé, que ça frise partout dans le mur et que le voisin d’en-dessous vienne me servir une engueulade et qu’ensuite, l’administration de mon projet de condo me fasse des misères, m’accusant de négligence et me considérant entièrement responsable du dégât? La possibilité que les assurances refusent tout remboursement me hantait, me mettant à la torture.

Le thermostat

Je n’ai certes pas pris de douche samedi soir, mais j’ai pris un bain. En observant de nouveau le comportement du robinet, j’ai repris confiance en mon hypothèse de température du chauffe-eau. J’ai confirmé, en consultant le manuel de l’appareil sur le site de Giant, que la température par défaut était 60 degrés Celcius. Quelle était la température de mon ancien chauffe-eau? Je me souvenais vaguement que mon père avait regardé quand il avait changé un élément, en 2009, c’était quelque chose comme 54 degrés. Comme on ne peut pas de façon fiable réajuster ces maudites valves sans risquer de faire pisser de l’eau partout dans les murs ou devoir tout casser d’une façon ou d’une autre, on va essayer avec le chauffe-eau. J’ai en fait honte de ne pas avoir tenté ça en premier! Mon perfectionnisme m’aura une fois de plus causé d’inutiles tracas.

Alors dimanche matin, j’ai coupé le courant et ôté la vis du panneau d’accès de mon chauffe-eau. Ce que j’ai trouvé là était plus effrayant encore que le robinet. Il y avait plein de vis, plein de fils, des fils qui semblaient retenus par des vis, mais surtout, pas de thermostat.  J’ai cherché ça longtemps, ce maudit thermostat-là, au moins vingt minutes, sinon plus. J’ai pris des photos et regardé ça sur l’ordinateur, j’ai pris d’autres photos, ça n’en finissait plus! L’image suivante montre de quoi ça avait l’air une fois ouvert.

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Le thermostat était difficile à trouver, car il était dissimulé derrière un fil! J’ai fini par remarquer  ce qui ressemblait à OFF, mais c’était en fait une température en degrés Fahrenheit, sous laquelle il y avait l’équivalent en Celsius. L’échelle était plutôt approximative, seulement trois valeurs fixes: 32 degrés, 52 degrés et 66 degrés! Après encore un temps fou, j’ai fini par trouver une flèche pointant entre 66 et 52, genre 60 degrés. AH! Obtenir une image de ça pousse décidément mon appareil-photo à ses limites, mais la voici malgré tout.

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Ensuite, il m’a fallu trouver où faire entrer le tournevis plat. J’ai fini par l’avoir et par faire pivoter la vis de sorte que la flèche a bougé vers le 52 degrés.

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La chose faite, j’ai remis en place le panneau, posé la vis et puis remis le courant. Il fallut attendre le soir pour que l’eau refroidisse un peu afin de tester la douche, mais cela ne produisit pratiquement aucun effet.

D’autres tests

Lundi soir, j’ai tenté de couper l’eau froide et tester le robinet. En position minimale, je n’avais presque pas d’eau. En position maximale, l’eau chaude coulait. Après ce test, ça avait l’air un peu mieux, mais ce n’était pas parfait, loin de là. Découragé, suivant la suggestion de mon père, j’ai tenté de téléphoner chez Hydro Solutions mardi matin et je n’ai obtenu que peu de progrès. Comme le problème était localisé à un robinet, ce n’était pas le chauffe-eau si bien que la garantie ne s’appliquait pas à ça. Le gars m’a suggéré d’enlever mon pommeau de douche et faire couler l’eau, car peut-être des débris s’étaient coincés dans le pommeau.

J’ai essayé cela mardi soir. La pression de l’eau froide était certes plus faible que celle de l’eau chaude, avec le pommeau ôté, mais l’eau froide coulait plus qu’avec le pommeau. Remettre en place la douche téléphone a demandé trois essais. La première fois, ça coulait au niveau du joint entre la partie fixe de la douche, vissée au mur, et le raccord l’unissant au tuyau flexible de la douche téléphone. La seconde fois, ça coulait un peu moins, mais ça coulait quand même, cette fois au niveau du raccord entre la jonction et le tuyau flexible. De plus, le pommeau ne tenait plus, car la jonction n’était pas suffisamment serrée. La troisième tentative fut la bonne et la pression avait l’air pas mal mieux après!

La touche finale

Jeudi, 13 août 2015, mon père m’a rendu une petite visite et a vérifié les derniers détails. D’abord, il m’a montré l’emplacement du second thermostat du chauffe-eau. Eh oui, il y en avait un deuxième! Il y en a un par élément. J’aurais pu le chercher très très longtemps, car il était dans un second panneau, en bas du premier que j’avais ouvert. Je n’avais pas pensé chercher un autre panneau! Nous avons ajusté les deux thermostats de sorte à ce que la température soit comme avant, avec l’ancien chauffe-eau.

Puis mon père a trouvé comment ajuster le robinet! Là où j’avais remarqué des écrous samedi passé, il y avait des vis au-dessus qu’on pouvait faire tourner pour ajuster le débit d’eau froide et d’eau chaude. Mon père a fait pivoter la vis de l’eau froide pour refermer le débit puis l’a rouverte, ce qui a mystérieusement débloqué le robinet complètement! Après ça, la pression était enfin normale!

Conclusion

En résumé, il aura fallu réajuster la température de mon chauffe-eau, vérifier que la douche téléphone n’était pas bloquée par des débris et réajuster la température du robinet, ce qui en a débloqué son mécanisme interne. Sans problèmes du passé, je n’aurais pas pu mener cette investigation aussi loin que je l’ai fait; j’aurais été obligé d’attendre que mon père vienne tout arranger.

En particulier, c »est grâce au problème avec mon élément de chauffe-eau, en 2009. D’abord, c’est à ce moment-là que j’ai vu comment mon père a ôté la porte de la salle de lavage; il m’a fallu l’enlever pour que les gars d’Hydro Solutions viennent installer le chauffe-eau. C’est aussi lors du remplacement de l’élément, en 2009, que j’ai appris l’existence du thermostat et le moyen approximatif de le régler. Pas sûr que j’aurais pu le retrouver et déchiffrer les inscriptions de températures autour, mais au moins j’avais une idée d’où il était!

Voilà quelques années, j’ai aussi eu des problèmes avec le tuyau de ma douche téléphone qui a fendu. Quand j’ai remplacé le tuyau, l’un des joints d’étanchéité est tombé et je ne l’ai pas remarqué. J’ai été chanceux que ça ne coule pas. Mon père l’a retrouvé et m’a montré où ça allait. Si, mardi passé, je n’avais pas su l’existence de ces petits anneaux de caoutchouc, l’un d’eux serait peut-être tombé, celui par exemple unissant la jonction avec la partie fixe, et ça aurait peut-être coulé tout le temps; je n’aurais pas réussi à stabiliser le système avant que mon père ne vienne jeudi.

Comment je suis venu à bout de ma maudite verrue

L’hypothèse la plus probable est que j’aurais attrapé cette verrue plantaire à la piscine. Elle est restée là quelques temps, car je pensais que c’était un bouton qui partirait un moment donné. C’est un dermatologue, que je suis allé voir pour d’inexplicables taches sur ma peau décelée par mon médecin, qui a confirmé mes débuts de supposition.

Le traitement qu’il m’a proposé, Soluver, n’eut que peu d’effet, outre amocher mon dessous de pied et finir par me faire saigner. On essaya avec du Compound W, l’ancienne blonde de mon frère recommanda du vinaigre d’ail qui n’eut que peu d’effet, je finis même par aller la faire traiter à répétition à l’azote liquide à la clinique Joliette près de chez moi. En vain!Elle semblait rétrécir, mais il en restait toujours. Il finit par y en avoir deux puis trois. Les bébés verrues furent détruites par l’azote liquide, mais pas la maman verrue. Un bébé verrue se forma même sur mon doigt un moment donné, mais lui aussi fut tué à l’azote liquide.

Un deuxième dermatologue, qui exerçait à Montréal au lieu de Chambly, regarda ça et me recommanda du Soluver aussi. Mon médecin recommandait de la faire traiter à l’azote liquide par un dermatologue. Bref, c’était parti pour ne jamais finir.

Ce que j’ai fait pour en venir à bout est à la fois créatif et risqué. C’est une combinaison de raisonnement logique et de plusieurs idées de traitement. Au cas où ça pourrait servir, je me suis dit que ça vaudrait la peine de consigner tout ceci ici. Je ne prétends pas du tout que c’est une recette miracle qui va toujours fonctionner, mais dans mon cas, ça m’a aidé.

  • D’abord, chaque jour, rigoureusement, j’appliquai du Soluver. En raison de ma déficience visuelle, l’opération était un peu plus hasardeuse que pour le commun des mortels. Je ne pouvais pas être certain d’en avoir mis UNIQUEMENT sur la verrue; il en tombait TOUJOURS un peu à côté. J’ai remarqué que le liquide avait tendance à couler si bien qu’avant de l’appliquer, je collais un peu de duct tape en-dessous de la verrue. Comme ça, le liquide coulait sur le duct tape, limitant la propagation.
  • Je me suis tanné d’acheter des pansements pour ça et j’ai fini par mettre du duct tape là-dessus! Je sais, c’est grossier, certains médecins seraient offusqués mais bon, c’est ça que j’ai fini par faire! Le duct tape, ai-je remarqué, avait l’avantage de contenir le Soluver exactement là où je l’avais mis; il ne pouvait pas se propager trop.
  • Après quelques jours de traitement, il fallait normalement gratter avec une lime. J’ai essayé plusieurs fois et peu de peau partait. J’ai fini par y aller avec mes ongles, me mettant à risque d’avoir des verrues PARTOUT! Bien entendu, je me lavais les mains après chaque traitement. Parfois, quand pas assez de bouts de peau partaient, j’y allais avec le bout pointu de la lime.
  • Parfois, j’y suis allé trop dur avec les ongles ou avec la lime de sorte que ça s’est mis à saigner. Mon premier réflexe était d’arrêter le traitement le temps que ça se cicatrise, mais j’ai découvert qu’on pouvait faire mieux que ça: mettre de la vaseline sur les zones où ça a saigné! Le produit bloque le Soluver. C’est un pharmacien qui m’avait donné ce truc, me recommandant d’en mettre autour de la verrue avant de traiter, mais la vaseline empêchait le pansement de bien coller.

Après plusieurs jours de ce traitement, il ne restait plus qu’un cratère sous mon pied, plus de relief. J’ai laissé ça se cicatriser et là, enfin, oui enfin, ma plante de pied était lisse, plus de verrue!

J’espère ne plus jamais avoir à refaire ça! J’espère aussi que certains liront ce texte et auront des idées pour améliorer ce traitement-là, le rendant plus fiable, moins risqué. Mais idéalement, il faudrait trouver un moyen de rendre la surface de la peau inhabitable pour la verrue à traiter… et pour toute autre… Pourquoi pas? Ne pourrait-on pas apprendre, d’une façon ou d’une autre, au corps à lui-même se débarrasser de la chose?

Une baignade qui coûte très cher

Cette année, mes vacances se sont plutôt mal terminées: je me suis fait voler mes culottes avec tout ce qu’il y avait dans mes poches! Cela m’a pris des jours à remplacer tout ce qu’il y avait là et à l’heure où j’écris, ce n’est pas complètement réglé. Cet article raconte l’événement ainsi que le périple qui l’a suivi.

Une choquante découverte

Mardi, 7 juillet 2015, quand je suis revenu au vestiaire après avoir nagé à la piscine extérieure Maisonneuve pour la première fois durant l’été, tout avait l’air correct. J’ai déverrouillé mon cadenas et ouvert la porte de mon casier. J’ai ensuite voulu reverrouiller le cadenas et le mettre dans ma poche de maillot de bain, mais je n’y parvenais pas; le loquet ne s’enclenchait plus. Je suis venu à bout de verrouiller le cadenas en utilisant ma clé. Bon, me suis-je dit, ça doit être parce qu’il est vieux.

C’est après que je constatai l’absence de mon sac contenant mes affaires. J’ai fouillé dans le casier, par terre, encore par terre, mais tout portait à croire que le sac était disparu! Choqué, de plus en plus anxieux, au bord de me mettre à hurler, j’ai cherché dans les casiers à côté, demandé à quelqu’un s’il n’avait pas vu le sac, eh non! Je suis allé voir à l’entrée; ils avaient retrouvé le sac! Mais il ne restait plus, dedans, que mon chandail! Par chance, ma canne et mes sandales étaient restées dans le casier.

Ainsi, on m’a volé mes sous-vêtements, mon parapluie et ma paire de culottes courtes. Dans les poches se trouvaient mon portefeuilles et mon téléphone cellulaire. Avant de céder à la panique, j’essayai de réfléchir à un moyen de me tirer de ce mauvais pas.

Il me faut trouver de l’argent, tout d’abord. Si je rentre chez moi, j’en ai peut-être quelque part, au pire de l’argent US. Ah bien non, je ne pouvais même pas rentrer chez moi: j’avais aussi perdu mon porte-clés! Mon seul espoir me semblait alors de me rendre à la caisse populaire Desjardins sur Bourbonniere.  J’y allai sur-le-champ, sachant qu’elle pouvait fermer bientôt, voire être déjà fermée! Je dus y aller vêtu de mon maillot de bain et de mon chandail, au moins en sandales.

En chemin, j’ai constaté avec un pincement au cœur que j’avais aussi perdu mes nouvelles lunettes, reçues à peine une semaine plus tôt! J’avais utilisé les vieilles dans la piscine mais apporté les nouvelles dans un étui. Le trajet vers la caisse me sembla très pénible. Soit l’anxiété affectait mes systèmes qui permettent l’orientation, soit il y avait plus de gens et d’obstacles que d’habitude. Par chance, la caisse était ouverte, sinon j’aurais été obligé de quêter pour obtenir des pièces de 0.25$; ça aurait été terrible.

Mais je ne pouvais pas, en principe, retirer de l’argent sans ma carte de débit ou au pire mon numéro de compte et une pièce d’identité. J’avais espéré obtenir une nouvelle carte dans une caisse Desjardins. Eh non, il aurait fallu me présenter à ma caisse d’attache, à Chambly! C’est le genre de truc qui, s’il se répète trop, va finir par me donner envie de transférer mon argent dans une caisse ou une banque à Montréal, indépendamment de l’incroyable paquet de trouble que ce sera!

Par chance, on accepta de me laisser retirer 20$ pour me dépanner parce que j’avais mon numéro de compte. Je ne sais pas si j’aurais pu si je ne m’étais pas rappelé du numéro et ne suis pas certain que j’aurais pu retirer plus. Je ne sais pas non plus ce que j’aurais pu faire si la caisse avait été fermée, à part tourner sur moi-même et hurler comme un fou jusqu’à temps que la police m’emporte à l’asile.

Le billet de 20$ en main, je suis allé chez Pharmaprix juste à côté et j’ai réussi à obtenir du change pour pouvoir téléphoner. Je savais qu’il y avait une cabine près de chez moi, en face de l’église du Roi des Rois. Sera-t-elle toujours là? C’est à espérer. Mais avant que je n’aie la chance de vérifier ça, je repérai une autre cabine, près de la Pataterie. J’y allai de ce pas.

La première tentative que je fis: appeler chez Nuance pour savoir si on ne pourrait pas faire quelque chose pour m’ouvrir mon classeur, dans lequel je pensais qu’il y avait un double de ma clé. Malheureusement, je commis une erreur: appeler un collègue plutôt que la réception. Je me heurtai à une boîte vocale. Avec la réception, oui ça aurait peut-être pu fonctionner, mais même si je m’étais rendu au bureau (en maillot de bain rappelons-le!), qu’on m’avait ouvert et qu’on m’avait déverrouillé mon classeur, j’aurais constaté avec un désespoir profond que le double de clé brillait par son absence! J’ai en effet ramené ce double chez moi des mois auparavant pour le donner à mon frère qui avait perdu le sien.

J’ai songé partir en métro et en autobus sur-le-champ pour aller à Longueuil, chez mon frère où j’avais un souper. Mais je n’avais pas envie de passer la soirée en maillot de bain et surtout, je voulais désactiver la télécommande de mon système d’alarme, volée avec le trousseau de clés! Si le voleur réussit à obtenir mon adresse, d’une façon ou d’une autre, ai-je pensé, il va pouvoir entrer, désarmer, tout vider et ressortir ni vu ni connu!

Alors, deuxième tentative: appeler mon frère. Il a par chance répondu, est venu me chercher et a amené le double de la clé. En attendant qu’il arrive, je me suis rappelé du numéro de la caisse Desjardins du Bassin de Chambly et j’ai téléphoné depuis la cabine en face de l’église. Aussi bien essayer de régler ça au lieu de seulement attendre mon frère et stresser.

Malheureusement, je n’avais que quatre pièces de 0.25$ et elles ont toutes servi pour les deux premiers appels. On va y aller avec une pièce de 1$. Mais le téléphone, cochon, ne me rendit pas la monnaie! Je pus par chance appeler chez Desjardins où je pus faire annuler ma carte de débit et en commander une nouvelle, qui arriverait par la poste quelques jours plus tard.

La chose faite, je suis allé attendre devant chez moi. Ça a semblé prendre un temps fou. Pas étonnant, car mon frère est allé voir à la piscine Pierre Lorange au cas où il ne trouverait pas mes affaires! Mais il s’est trompé d’endroit, ayant supposé que j’étais allé là tandis que j’étais à la piscine extérieure Maisonneuve. Au moins il est arrivé, m’a donné la clé et nous sommes rentrés.

Avant que nous partions pour Longueuil, j’ai appelé Desjardins une seconde fois pour avoir le nouveau code de ma carte (pour pouvoir utiliser AccèsD à nouveau) et le numéro pour VISA. J’ai fait annuler ma carte VISA et ma carte Tangerine. Par chance, aucune transaction n’a été faite entre le moment où j’ai constaté le vol et celui où j’ai annulé mes cartes. Ce fut un certain soulagement.

J’ai aussi désactivé la télécommande de mon système d’alarme, qui était aussi accrochée à mon porte-clés. Cela a été plus difficile que nécessaire, car à présent, l’affichage sur le panneau défile super vite. Même mon frère avait du mal à lire ce qui s’affichait avant que ça disparaisse. Je n’étais pas à 100% certain que c’était bien désactivé quand je suis parti!

Je devais aussi modifier les réglages sur mon téléphone fixe, pour qu’il ne redirige plus les appels vers mon cellulaire. Cela se passa bien, au moins. En tout cas, c’est ce que je crus…

Aller chez mon frère a pris un temps considérable. Juste nous rendre sur le pont Jacques-Cartier a pris près de vingt minutes, car les gens passaient leur temps à dépasser les autres dans la voie menant au pont. Ainsi, à cause de tout ça, mon frère a dû se taper une sortie de deux heures tandis qu’il devait préparer le souper. Par chance, les autres l’ont aidé un peu et ça a fini par se faire et être très bon.

Mais il y avait quelque chose qui clochait avec mon téléphone: quand on appelait chez moi, ça allait directement dans la boîte vocale. Rendu chez mon frère, j’ai aussi appelé Fido pour faire bloquer mon appareil, mais ça continuait à envoyer mes appels directement dans la boîte vocale, on ne savait pas pourquoi.

J’ai eu la chienne ce soir-là, ce fut incroyable! J’avais peur que la télécommande soit toujours fonctionnelle, ce qui permettrait un vol sans aucune trace d’effraction. Ce serait une perte catastrophique. Je pouvais non seulement me faire voler mes équipements informatiques et mes machines à sons, mais aussi mon disque dur externe, que je n’ai pas pensé à prendre avant de partir. Il ne resterait peut-être que mon ultrabook, que j’avais amené avec moi.

Le trajet de retour en métro m’a semblé terriblement long. Rendu à la station Joliette, quand je suis débarqué, je me sentais tellement nerveux que, combiné à la chaleur, j’ai cru que j’allais défaillir et tomber dans les pommes. Ce n’est pas le temps pour ça du tout, pensai-je, car je n’avais plus de carte d’assurance-maladie non plus! Par chance, je réussis à me rendre chez moi en prenant de profondes inspirations, et tout était OK.

Rendu là, j’ai appelé la police pour signaler le vol comme me l’a conseillé ma belle-sœur et on m’a dit de remplir un rapport sur le site du SPVM. Je l’ai fait le soir même.

Par chance, il me restait un double de ma clé de garage commun au NOVO ainsi que de mon locker. J’y suis allé et j’ai pu y retrouver un double de clé de ma boîte aux lettres. Ce fut une bonne chose, car sans ce double, j’aurais pu devoir attendre plusieurs jours de plus pour avoir accès à mes nouvelles cartes, envoyées par la poste! J’aurais aussi pu me retrouver devant une aberration bureaucratique: on peut te faire parvenir une nouvelle copie de la clé par la poste, mais je n’aurai pas la clé pour aller la chercher!!!

J’ai vérifié plus soigneusement dans le livre et la télécommande de mon système d’alarme semblait correctement désactivée. Mais l’interface ne fournit aucune confirmation par rapport au résultat de l’opération et ne rapporte pas combien de télécommandes le système reconnaît en ce moment. Je donnerais cher pour obtenir un module permettant d’accéder aux réglages de ce foutu système via une interface Web un peu comme sur mon routeur!

Pour ce qui est de mon téléphone, eh bien je m’étais trompé de code étoile, ce qui avait désactivé la boîte vocale de Vidéotron au lieu de la redirection. En utilisant le manuel, j’ai pu réactiver la boîte vocale et couper le renvoi d’appel vers mon cellulaire perdu. Ma mère a alors pu m’appeler et ça a fonctionné.

Mon retour au travail

J’ai eu beaucoup de mal à dormir la nuit de mardi à mercredi, ne cessant de penser et repenser à tout ça. Malheureusement, mes vacances étant finies, je devais aller au bureau ce jour-là. Avec le billet de 20$ obtenu mardi, à 3.25$ le passage pour partir en métro, je risquais de finir coincé chez moi jusqu’à la réception de ma carte de débit. Au pire, pensai-je, j’aurais pu travailler à domicile dans un tel cas, mais le lendemain, j’avais une soirée avec un amie qui partait pour Alma. Je voulais pouvoir m’y rendre et y boire quelques bières, et il me faudrait idéalement Google Maps pour venir à bout de trouver le pub Sainte-Élizabeth où ça avait lieu sans avoir à demander à 25 personnes. Vendredi, j’avais aussi le spectacle de Krishna Das et il me faudrait idéalement aussi Google Maps pour trouver l’église Saint-Pierre Apôtre où ça avait lieu. Ainsi, idéalement, il me faudrait récupérer un téléphone cellulaire Android d’ici le lendemain!

J’avais déjà utilisé 5.25$ (2$ de téléphones, 3.25$ pour revenir de Longueuil). Il m’en coûterait 3.25$ pour partir de la station Joliette, peut-être un autre 3.25$ pour repartir de la station Berri-UQÀM après avoir acheté ma nouvelle carte OPUS si jamais il fallait un numéro que je n’ai plus pour récupérer mes titres, ou si en fin de compte je n’avais jamais enregistré ma carte. J’ai lu qu’obtenir la carte me coûterait 6$. Ensuite, je voulais tenter d’aller chercher une nouvelle carte de débit Tangerine à leur succursale au centre-ville dont j’ai appris l’existence la veille quand j’ai appelé pour faire annuler la carte. Il me faudrait me rendre à la station Peel: 6.50$ si je n’avais toujours ma carte OPUS avec mes titres de transport. Ensuite au moins, avec la carte de débit, je pourrais avoir de l’argent et racheter une passe mensuelle, mais si jamais je n’avais pas pu obtenir la carte pour X raisons, ça m’aurait encore coûté 3.25$ pour rentrer chez moi en fin de journée.

Les choses furent bien moins pénibles que ça en fin de compte. D’abord, j’ai découvert que je pouvais faire l’aller-retour vers la succursale Tangerine à pied depuis le bureau. Cela me sauverait 6.50$ dans tous les cas. Ensuite, à Berri, je pus non seulement obtenir une nouvelle carte OPUS, mais en plus, elle ne me coûta rien (la prochaine fois, là ce sera 6$) et j’ai pu faire transférer mes titres sur la nouvelle carte! On a même récupéré mes passages pour Chambly que je pensais perdus pour toujours. Il fallut une pièce d’identité pour réussir à obtenir ce coup de main, mais par chance, j’avais pensé à mon coup et emporté mon passeport avec moi. Sans ma carte d’assurance-maladie, c’est pas mal tout ce qu’il me restait avec photo. Cette carte-là me procura un grand soulagement, car au moins je pouvais me déplacer, même sans attendre mes nouvelles cartes de débit.

Vers la fin de l’avant-midi, je tentai l’expédition consistant à me rendre à la succursale de Tangerine sur Maisonneuve, près de la rue Stanley. Il fallut le faire sans Google Maps, puisque je n’avais plus de téléphone. Par chance, c’était assez simple: sortir du bureau et aller vers la gauche, la direction opposée à la rue University devenue le boulevard Robert Bourrassa. Je me sentais un peu tout nu sans portefeuilles et surtout sans carte d’assurance-maladie.  Si par grand malheur je devais être blessé lors de cette marche, je serais dans la grosse merde. À l’hôpital, ils me demanderaient de payer les soins médicaux que je me ferais rembourser par la Régie après coup, mais sans carte de débit ou de crédit, ce ne serait pas facile…

Par chance, aucun malheur n’est arrivé. Je suis arrivé là-bas et j’ai pu obtenir la nouvelle carte. Il m’a fallu une seconde fois utiliser mon passeport pour pouvoir passer le contrôle d’identité: ce document-là m’aura décidément sauvé la mise ce jour-là! La carte en main, je suis revenu au centre Eaton et suis allé à la Cabine. La fatigue, et le fait que je sois rentré par une autre porte que d’habitude, m’ont causé des misères pour trouver le magasin, mais j’ai fini par l’avoir.

Malheureusement, obtenir un nouveau téléphone ne fut pas chose abordable… Il me fallut résilier l’entente que j’avais avec Fido et payer la balance (281$) ainsi que des frais administratifs de 25$, ce qui m’a permis de démarrer une nouvelle entente, avec un Nexus 5 comme le précédent.  Pour faire moins cher, il aurait fallu y aller avec un Lumia je ne sais plus quoi et utiliser mes FidoDollars pour le baisser à environ 100$. Et ce n’est pas tout: pour ravoir un protecteur à l’arrière et une pellicule protectrice sur la vitre en avant, il m’en coûta 45$. Et il me fallut une troisième fois utiliser mon passeport comme pièce d’identité.

Mais je l’ai eu et l’appareil a un avantage par rapport au précédent: l’appareil-photo avant fonctionne. Sur l’autre, seule la caméra arrière était utilisable. C’est une bonne chose, mais ça demeure une maigre, très maigre, consolation.

Méandres administratifs

Au travail, j’ai dû demander de nouvelles clés pour mes classeurs. Ça a pu se faire assez facilement à partir du moment qu’on a eu les numéros des serrures. J’ai réussi à les déchiffrer en utilisant la caméra d’un téléphone Android qu’il y avait là-bas, mais j’ai confondu le T avec un 1 de sorte que la personne en charge de ça a fini par devoir venir voir et obtenir le numéro par elle-même. Mais on a pu l’avoir et obtenir les copies de clés.

Après ça, il me restait à m’abonner à Equifax. Ah bien non, ils vont me charger des frais et il faudra la carte de crédit pour les payer. Il fallait donc que j’attende ma nouvelle VISA pour obtenir l’adhésion à Equifax, qui va surveiller mon crédit et m’avertir en cas d’activité suspecte.

Je regardai ça pour ma carte d’assurance-maladie. Plusieurs personnes dont ma belle-sœur me disaient qu’il allait falloir me présenter dans un bureau de la SAAQ et j’ai entendu dire que c’est plutôt difficile d’accès à Montréal, genre au bout d’une ligne de métro; c’est fait pour y aller en automobile. Mais j’ai vite découvert que c’était pour le cas de ceux qui ont un permis de conduire à renouveler ou remplacer en même temps que la carte. Dans mon cas, me présenter à un point de service de la Régie suffirait, un CLSC par exemple. Mais je pouvais faire mieux, ai-je découvert: la renouveler par Internet, ça me coûterait 15$ au lieu de 25$. Mais il fallait payer cela avec une carte de crédit. Ainsi, il fallait attendre la VISA pour ça aussi!

Ensuite, il faudra faire quelque chose pour mes lunettes volées. Ces lunettes avec corrections de la vue spéciales sont financées par la Régie de l’Assurance-Maladie du Québec et fournies par l’Institut Nazareth et Louis-Braille si bien qu’il me faudra peut-être présenter ma carte d’assurance-maladie quand j’irai à l’INLB pour ça.

J’ai eu mes deux cartes (débit et crédit) jeudi soir. J’ai donc pu débloquer ça. L’abonnement à Equifax se fit avec un petit accroc: des questions bizarres par rapport à des transactions que je n’avais  même pas faites.  Par chance, ça a fini par passer.

Pour ce qui est de l’assurance-maladie, il m’a fallu créer un compte sur ClicSecur, ce qui a demandé des informations par rapport à mon revenu et ma dernière déclaration de cotisation, me trouver des questions secrètes (quatre cette fois) et enfin entrer le numéro de ma nouvelle carte de crédit pour pouvoir passer ma commande. Ça a été plus long que difficile.

Enfin, j’ai dû modifier mon numéro de carte de crédit sur plusieurs sites où je l’avais utilisée pour des paiements pré-autorisés: Fido, Vidéotron, mon hébergeur Web, mon fournisseur de nom de domaine, ACM. Chaque site offre une interface différente, rendant le processus lourd et compliqué. Il m’a fallu près d’une heure ce matin pour enfin en finir avec ça!

La vie continue

Malgré tout ça, j’ai pu aller à ma soirée au Sainte-Elizabeth. Rendu là, mon nouveau téléphone était à peu près configuré et j’avais un peu d’argent, dans un sac Ziplock. J’ai pu boire quelques bières et apprécier le beau décor végétal de la cour intérieur de ce pub. Mon amie n’a même pas idée d’à quel point j’ai passé proche ne pas pouvoir aller à cette soirée-là! Vendredi, je suis allé au spectacle de Krishna Das et ça a été très bien.

Je me suis acheté un nouveau portefeuilles dans un magasin près de chez moi et un nouveau cadenas chez Rona au coin de la rue. Ainsi, le plus gros est maintenant fait.

Soucis

Il me faudra plusieurs semaines pour me remettre de tout ça. Pendant un bon bout de temps, chaque fois que je retournerai à la piscine, je me demanderai si ça ne va pas se reproduire.

Il me faut aussi espérer ne pas tomber malade d’ici la réception de ma nouvelle carte d’assurance-maladie. J’ai eu bien peur, vendredi, que ça y soit. Je me suis senti mal quelques fois durant la journée, me suis demandé si je n’allais pas perdre connaissance. Le pire a été au début du spectacle de Krishna Das, en attendant que ça commence dans l’église. Il faisait chaud et j’avais mal à la gorge depuis le début de la journée. En plus, je n’avais pas pensé à m’apporter une bouteille d’eau. Là on aurait dit que c’était pire que jamais, assez que j’ai craint que ça ne finisse en amygdalite ou en mononucléose. Par chance, on dirait que le pouvoir des mantras a soulagé ça de sorte que je ne me sentis plus défaillir durant le spectacle, après quelques minutes. Là, c’est beaucoup mieux, le pire est passé!

Leçon à retenir

Suite à cette mauvaise expérience, je pris la résolution de partir pour la piscine seulement avec le strict minimum. Je vais porter de vieilles lunettes à partir de chez moi jusqu’à là-bas, pour ne pas avoir de lunettes dans mon casier. Je vais y aller seulement avec la clé de chez moi, pas tout le portefeuilles. Je vais amener une carte de débit uniquement si j’ai besoin de ramasser de quoi en revenant. J’espère qu’ainsi, j’éviterai de nouveaux problèmes, sans avoir à renoncer à la piscine Maisonneuve pour aller vers un endroit mieux surveillé mais aussi plus coûteux comme le stade olympique.

En tout cas, ces piscines publiques m’auront causé bien des soucis. C’est là que j’ai attrapé une verrue que j’ai portée pendant plusieurs années avant d’enfin trouver un moyen de m’en débarrasser au risque d’en avoir plein sur les doigts, et c’est là que je me suis fait voler tout mon stock que j’avais sur moi!

Au moins, je n’ai pas été victime d’une agression. J’imagine à peine le foudroyant traumatisme psychologique que ça doit causer! Ma vie n’a pas été en jeu durant ce périple. Ça a été un peu comme un jeu de puzzles, en moins plaisant parce que c’était vrai. De plus, je suis parvenu à résoudre la plupart des difficultés par moi-même, à part au début où j’ai dû demander l’aide de mon frère.

Qu’est-ce que le voleur a gagné avec tout ça? Un peu d’argent? C’est pas mal tout. Il n’y a plus rien à faire avec les cartes, à présent, le téléphone est verrouillé par un code de sorte qu’il n’est bon qu’à réinitialiser. Les lunettes, ça ne servira à personne d’autre qu’à moi. QUI va acheter ça? Pardonnez-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font, disait Jésus. Mais je ne sais pas si je pourrais leur pardonner si j’avais à le faire. Probablement que je n’en aurai jamais l’occasion, de toute façon.

Agrarian Skies 2: une nouvelle façon de jouer à Minecraft

Ces derniers jours, j’ai commencé à explorer une nouvelle variante de Minecraft: le pack de mods Agrarian Skies 2. L’idée est de partir d’à peu près rien: sur une plateforme de 3×3, un coffre avec un peu de terre, des pousses d’arbres, des pommes, de la poudre d’os, des silex et un livre. Le joueur est orienté dans la reconstruction du monde par diverses quêtes expliquées dans le livre. Sous la plateforme: du vide, alors il ne faut pas tomber.

Tout d’abord, il faut planter l’arbre et le couper pour obtenir du bois, des pousses et des pommes. Mais le taux de production de pousses est ridiculement bas. Il faut, pour gérer cela, créer un petit crochet formé de quatre bâtons de bois. Le crochet permet d’obtenir plus de pousses, de pommes mais aussi de petits vers de soie. Il faut ensuite utilsier un de ces vers pour infester les feuilles d’un nouvel arbre. Lorsque les feuilles sont infestées, les détruire avec le crochet produit des fils. Il faut par contre savoir que les feuilles infestées ne peuvent plus produire de pommes et de pousses, si bien qu’il faut idéalement agrandir la petite plateforme (avec du bois par exemple) pour faire pousser un second arbre. Un premier arbre permet d’obtenir des pommes et des pousses, le second est infesté pour les fils.

Avec les fils, on peut produire de la laine pour enfin construire un lit. Parce que ce monde est vide et stérile, pas moyen d’obtenir de la pierre, alors pas de four, pas de charbon, donc pas de torches! Aucune quête ne pousse à créer le lit; il faut se rappeler qu’on peut obtenir la laine avec les fils!

Les fils permettent aussi de confectionner un espèce de tamis (appelé sieve en anglais, je ne connais pas la traduction exacte). Le tamis permet de traiter la terre pour en obtenir des pierres miniatures et des graines. Chaque bloc de terre produit entre 2 et 5 pierres miniatures, et il faut combiner quatre de ces petits cailloux pour construire UNE seule pierre! Il en faudra au moins six pour obtenir un four à partir de slabs.

Les fils permettent aussi de confectionner une canne à pêche, mais à quoi bon puisqu’on n’a pas d’eau? On va voir ça plus tard. On peut aussi les utiliser pour créer un arc, mais à quoi puisque sans plume, on n’aura pas de flèches. Il existe par chance, avec Tinker’s Construct, un moyen de créer des flèches à partir de fils et de silex, à moins que ce soit bogué ou que ça ait changé, bien évidemment.

Comment obtenir plus de terre? Eh bien il faut construire des barrils de bois et y mettre des éléments compostables tels que des pousses, des pommes, du blé, etc. Il faut huit pousses pour remplir un seul barril. Vous devinez la suite? Il faudra passer un temps fou à planter et couper un arbre. La poudre d’os va certes aider à faire pousser l’arbre, mais elle va s’épuiser tôt ou tard, pareil pour les pommes. Pour remplir le barril de compost, il faut soit huit pousses, soit 32 fils. Il peut également accueillir du poisson, des patates, du blé, etc. Mais sans eau, on ne pourra qu’y aller avec les pousses ou les fils. Couper l’arbre donne souvent deux pousses seulement de sorte qu’il faudra couper l’arbre huit fois pour obtenir UN seul bloc de terre! C’est ridiculement long. Y aller avec les fils n’est guère plus efficace: il faudra attendre près de quinze minutes pour que l’arbre soit totalement infesté, et cela va fournir à peine plus de 32 fils; il faudra pratiquement un arbre infesté par bloc de terre!

Que faire avec les pierres outre construire le four? Les briser avec un marteau pour obtenir de la gravelle! La gravelle peut être brisée avec le marteau pour obtenir du sable, qui à son tour peut être brisé en poussière. Placer un bloc de poussière dans un barril plein d’eau donne un bloc d’argile. Comment obtenir l’eau? Eh bien il faut attendre la pluie ou utiliser un appareil pour la créer. Il faut penser à remplir au moins deux barrils d’eau et en garder un couvert au sec pour le compost.

Que faire avec le bloc d’argile? Eh bien on le casse pour obtenir quatre boules d’argile, et on prend trois de ces boules pour fabriquer un sceau. Ce sceau-là, il faut le faire cuire, d’où l’usage du four. Le four permet aussi de fabriquer du charbon de bois, très utile pour avoir ses premières torches. Avec le sceau et deux barrils remplis d’eau, on peut fabriquer une source d’eau infinie.

Le sable et la gravelle peuvent être passés dans le tamis. Cela permet d’obtenir des fragments de minéraux qu’il faut alors combiner pour produire de la gravelle de minéraux. Ainsi, combiner le tamis, le marteau et le four permet d’avoir accès aux ressources minérales telles que le fer, le cuivre, l’or, le quartz, le lapis, les émeraudes, etc.

Il faut passer un temps fou à produire des pierres, jusqu’à pouvoir fabriquer une petite structure où on va pouvoir installer un bloc d’eau et un bloc de lave. La mécanique permettant la génération de pierres est un principe de base de Minecraft vanille. Ah, comment obtenir la lave? Eh bien, en combinant argile et poudre d’os, on obtient de la porcelaine qu’on peut assembler en chaudron. Il faut faire cuire la porcelaine, puis placer le chaudron au-dessus d’une torche. Ensuite, on met quatre roches dans le chaudron et on attend, très longtemps; cela finit par fondre et fournir UN sceau de lave. Il est à noter que le sceau en argile peut transporter de l’eau sans problème, mais si on le remplit de lave, il est détruit après utilisation. Combiner la lave et l’eau de labonne façon donne de la roche. Le faire incorrectement donne de l’obsidienne qu’on ne peut pas détruire avec les moyens actuels. Il faut au moins un diamant pour modifier une pioche Tinker’s Construct afin de la rendre capable de miner l’obsidienne, ou bien trois diamants pour créer une pioche vanille capable de miner ce matériau!

Que faire pour se nourrir outre manger des pommes? Eh bien on peut pêcher pour obtenir du poisson, à partir du moment où on a la source d’eau infinie. On peut aussi semer des patates, de la laitue, etc. Mais il faut de la terre pour semer et chaque bloc de terre demande de pêcher plusieurs poissons ou couper l’arbre de maintes fois! Il faut utiliser des tuteurs (crops) pour semer en raison de la terre infertile.

Les plantes, comme les arbres, poussent lentement; on dirait même que c’est plus long dans ce monde stérile que dans le jeu de base! La poudre d’os va s’épuiser; on ne peut pas compter là-dessus indéfiniment. Tôt ou tard, il me faudra créer une salle noire dans laquelle naîtront des monstres, mais c’est une opération périlleuse étant donné mes défenses actuelles. Non seulement mon personnage n’a-t-il aucune armure, mais en raison de ma déficience visuelle, je me trouve désanvantagé dans tout combat; je risque de me faire tuer avant même d’avoir localisé mon ennemi! Si le confinement à monstres n’est pas adéquat, d’effroyables créatures vont s’échapper et me faire du mal. Il faut aussi savoir que certaines créatures possèdent le pouvoir de téléporter le joueur; je pourrais me faire ainsi projeter hors de la plateforme sur laquelle je me trouve et me retrouver dans le vide. Par chance, on peut encore repousser l’inévitable moment où il faudra traiter avec ces monstres grâce à un petit arrosoir obtenu en réussissant la quête consistant à créer des tuteurs. L’arrosoir fonctionne moins bien que la poudre d’os, mais il aide assez pour que ce soit envisageable de se passer de la poudre!

J’ai entendu dire qu’il est possible de jeter de la redstone dans un chaudron de lave pour obtenir du netherrack. Il y aurait ensuite moyen d’avoir le sable des damnés, la blaze et la pierre lumineuse. Ainsi, en utilisant le barril, le tamis et le marteau de la bonne façon, on peut accéder à toutes les ressources du jeu. Mais il faut beaucoup de temps.

Le concept est intéressant. Cela semblait me permettre d’approfondir ma connaissance de la mécanique de base et de certains mods et d’explorer des nouveaux mods tels que Botania et Blood Magic sans avoir à passer des jours à recommencer sur une nouvelle map et perdre des heures à me promener dans des cavernes dans lesquelles des monstres peuvent jaillir à tout moment et me tuer avant que je ne les voie. Mais parti comme c’est là, amasser assez de ressources pour commencer à m’amuser va demander autant sinon plus de temps que miner! Il existe des appareils, provenant du mod Progressive Automation, qui vont peut-être m’aider sans nécessiter des matériaux plus avancés comme la redstone, le plastique et beaucoup de métal, mais ces appareils sont capricieux et potentiellement bogués.

En particulier, le Stone Miner couplé avec le Cobblegen Upgrade nécessite une pioche, une pelle et du charbon. Il permet de produire des pierres sans avoir à briser manuellement une pierre et la voir, une fois sur deux, se faire détruire par la lave. Mais la pioche est utilisée pour chaque pierre produite, à moins de prendre un outil du mod Tinker’s Construct plutôt que l’outil vanille. Mais la création d’une pioche Tinker’s Construct est boguée, ne fonctionnant pas du tout! Il est certes possible de créer les parties de la pioche (tige, lien et tête), mais l’assemblage échoue, pour une raison qui m’échappe. Toute recherche sur Internet est vaine et futile; il semble que je sois le seul à éprouver ce problème, ou bien les gens trichent pour obtenir des outils!

Il existe un autre appareil pour semer et récolter les arbres. Mais il faut lui fournir une hache, du charbon et l’arbre doit se trouver à une position bien précise, non documentée. Direwolf20 a cherché longtemps avant de pouvoir deviner comment utiliser cette machine. Idéalement, je sauterais par-dessus cette absurdité pour aller directement vers un couple Planter/Harvester de MFR, mais cela nécessite du plastique, du Invar, d’autres métaux et probablement des redstones.

Idéalement, il faudrait pouvoir automatiser le tamis et le marteau, puis construire un système générant des ressources en liant les machines entre elles. Il faut par contre des ressources que je n’ai pas simplement pour créer les conduits de liaison. Par exemple, il faut du métal pour obtenir les conduits de Thermal Expansion. Il faut de la redstone pour les conduits d’Extra Utilities, et des perles ou des blocs de redstones pour les noeuds de transfert nécessaires pour communiquer avec les conduits!

Ainsi, ce pack de mods est en train de devenir encore plus frustrant et me gaspiller plus de temps encore que recommencer sur une map classique, avec par exemple le pack FTB Infinity!

Le poulailler de torture

Maman, ça va bien? commença Jacques. Moi ça va pas ben mon affaire, là. J’suis rendu dans un poulailler quequ’part sur Boulanger… ah, Bélanger! J’ai d’la misère à parler asteur tellement j’suis en maudit! J’ai eu d’la misère avec mon ciseau à bois, ça fait des mois que j’ai de la misère avec tout. Là j’ai explosé, j’ai trop crié, les voisins ont appelé les poulets, y sont v’nus pis y m’ont emmené. Y m’ont shippé dans leur cage à poule, y m’ont am’né dans leur poulailler pis torturé en m’posant des questions stupides à répétition jusqu’à temps que j’capote pis que j’sois à terre, à boutte. Pis là y veulent absolument que quelqu’un vienne me chercher. Viens m’chercher l’plus tôt possible, y m’ont dit qu’y m’envoyaient dans un autre bol de pisse à soir avec d’autres fous si jamais personne est v’nu avant. C’est vraiment chien, cette maudite affaire-là, ça m’rend fou, j’ai d’la misère à parler pis à pas pleurer, à cause de tout ça! MAUDIT!

Devant le juge

Est-ce que les choses sont vraiment compliquées dans la vie ou suis-je atteint d’une espèce de maladie qui me pousse à trouver la façon la plus tordue, la plus complexe, la plus stressante possible, pour résoudre un problème? Parfois, c’est à se demander. Est-ce que tout ce parcours académique, tous ces succès passés, sont si utiles que ça quand le vrai problème, c’est de pouvoir jongler avec des milliers d’informations efficacement et s’orienter dans de nouveaux lieux, toujours plus vastes, avec de moins en moins de points de repères utiles, de plus en plus de fausses indications et surtout, avec peu de résultat au bout? Ça aussi c’est à se demander.

La lettre

L’épreuve qui m’a mené à ce questionnement a commencé vendredi, 6 février 2015. Au retour du gym, une inquiétante lettre m’attendait dans la boîte postale. Ça venait du gouvernement. À regarder de plus près, c’était du shérif de je ne sais pas où. Se pourrait-il que j’ai commis un crime sans le savoir? Me serais-je rendu coupable de fraude, de piratage ou de harcèlement d’une façon ou d’une autre? Même si je n’étais pas coupable, il faudrait me défendre au tribunal si j’étais l’objet d’une poursuite, justifiée ou non.

Mais bon, tentai-je de me raisonner, ça se peut que ce ne soit qu’une niaiserie. On va ouvrir ça et dissiper ce doute malsain. Mais plus je regardais la lettre, plus le doute grandissait. Ministère… Se peut-il que ce soient les documents d’impôt? …de la JUSTICE! HEIN? Ah mon Dieu, là ce n’est pas normal. J’ouvris la lettre, commençai à lire et le cœur faillit m’arrêter là: vous êtes sommé de COMPARAÎTRE! Ah mon Dieu, mais pourquoi??? Par chance, mon cœur me permit de continuer à lire. C’est en tant que juré que je devais comparaître, pas comme accusé. Fiou! L’autre possibilité aurait été comme témoin. La comparution avait lieu le 21 avril, c’était encore loin.

C’était ainsi moins pire que ma première hypothèse, mais ça demeurait tout de même problématique. Il me faudrait d’abord me rendre là-bas, ce qui pourrait ne pas être simple. Je ne pouvais pas juste laisser faire, sinon j’aurais été passible de sanctions légales. Ça se pouvait que je sois éligible pour une exemption à cause de ma déficience visuelle. Comment pourrai-je raisonnablement analyser certaines preuves comme des photos ou même des objets auxquels je ne pourrai pas forcément toucher? Mais je n’aurais aucun problème à entendre et analyser des témoignages, à supposer bien sûr qu’il ne faut pas discerner un mensonge par des signes non verbaux.

Mais pour obtenir l’exemption, il m’aurait fallu présenter des preuves de ma déficience (documents médicaux) et faire une
déclaration assermentée envoyée par courrier recommandé. Pour les documents médicaux, j’aurais pu les obtenir auprès de l’INLB, mais je ne savais pas comment faire cette déclaration sous serment, et pas non plus comment envoyer ce maudit courrier recommandé.  Bien entendu, si je peux surmonter les obstacles, pensai-je, et si ça ne compromet pas mon emploi, ça vaudrait la peine de faire ce travail de juré; ce serait un devoir de citoyen d’après moi le faire si je le peux.

En théorie, mon employeur n’avait pas le droit de me congédier si j’étais choisi comme juré. Mais si le procès devait durer des mois, le retour au travail serait très difficile, voire impossible: il y aurait des milliers et des milliers de courriers électroniques à éplucher et à filtrer, juste ça prendrait des jours, et après tous les projets auxquels j’ai été en contact auraient évolué.

J’ai songé téléphoner au bureau du shérif pour obtenir plus d’informations et essayer de déterminer si oui ou non je pourrais faire ce travail. Il faudrait bien sûr attendre le lundi suivant pour faire ainsi.

C’est seulement le dimanche suivant que je fus suffisamment remis du choc pour faire les recherches au sujet du palais de justice. C’est proche du métro Saint-Laurent, pas besoin d’aller au bout d’une ligne de métro et prendre un autobus pour y aller. Un collègue a dû se présenter en cour comme témoin et ça a été très long le transport. Ce devait être à la cour municipale ou une cour de quartier. Là, c’était la cour supérieure; je siégerais sur une cause criminelle, du sérieux quoi. Donc à la limite, ai-je songé, je pourrais me présenter là en avril et on verrait ce que ça allait donner. Peut-être je ne serais pas choisi, tout simplement, sinon je ferais ce que je pourrais, tout simplement. Comme ça, pas besoin de me casser le coco avec la déclaration sous serment et le courrier recommandé.

L’attente

La période de temps entre le 6 février et le 21 avril a été marquée par des soucis périodiques. Ma mère croyait que je serais exempté, mon père était d’accord avec mon idée de me présenter là-bas plutôt que faire la demande d’exemption par courrier recommandé, mon frère me conseillait de tout faire pour être choisi puisque ce procès me changerait grandement les idées de tous ces problèmes informatiques sans fin qui me tapent sur la tête tout le temps, mes collègues au travail espéraient que je sois exempté et avaient une bonne certitude que oui. S’ils ont le choix entre un candidat voyant et un qui aura du trouble avec les documents si les caractères sont trop petits, aura besoin d’aider avec les photos, demandera tout le temps de toucher aux objets qui sont parfois emballés sous vide, aussi bien prendre celui qui va poser le moins de difficultés.

D’un autre côté, plusieurs collègues me rapportèrent d’inquiétants cas d’amis qui avaient été choisis. Pour une, ça avait duré six semaines. Aouch! Pour une autre, le procès s’était étiré sur huit mois! Oh là là, non!

S’ajouta à cela la crainte d’une sanction si je me présentais là-bas plutôt que demander une exemption! Celle-là, je la chassai de ma tête du mieux que je pus, mais elle revenait parfois. Je me pris même à craindre me faire mettre en prison pendant quelques jours, mais là, franchement, c’était un peu exagéré et cette inquiétude ne persista pas.

Plus les semaines passaient, plus la vie était incertaine après le 21 avril. Pourrai-je aller à mon rendez-vous chez le dentiste en juin, à mon rendez-vous chez le médecin, peut-être même cela va m’empêcher d’aller au mariage de mon frère en fin juin! Cette dernière idée me traversa l’esprit maintes et maintes fois. Peut-être ne pourrai-je pas retourner aux tams tams du Mont Royal de tout l’été! Peut-être vais-je devoir oublier mon idée d’assister au Picnic Électronique pour la première fois. Vais-je ne serait-ce pouvoir profiter du beau temps? Peut-être même pas! Quel genre d’horaire j’aurai si je suis choisi? Cinq jours par semaine ou 7 jours sur 7? Si je ne peux plus être à la maison jamais la semaine, comment vais-je faire si je dois faire venir un technicien pour un problème d’Internet ou autre, ou faire livrer un colis? Si ma machine me lâche pendant le procès, à supposer que j’aie du temps pour m’en servir un peu par exemple pour faire de la musique ou jouer à Minecraft, vais-je pouvoir faire venir les pièces qui vont permettre de la réparer, ou devrai-je attendre la fin du procès pour enfin pouvoir recevoir le colis? Il se pouvait ainsi que tout s’arrête pour moi la durée de ce procès.

L’idée selon laquelle il m’aurait fallu présenter cette demande d’exemption par écrit me hanta aussi avec insistance. Il aurait fallu, me chuchota une petite voix, que je sache comment faire ou que j’aie des contacts qui puissent m’aider.

Durant cette période de temps, j’ai aussi eu droit à une initiation à la programmation web plutôt choquante. Plutôt que construire des bibliothèques de fonctions cohérentes et réutilisables, comme fournissent les plateformes Java, .Net et même Python, on trouve plutôt la frustrante tendance à disséminer des bouts de code sur des posts de forums et espérer que les gens vont copier/coller ça et rapiécer comme ils peuvent, projet par projet. Parfois, les bouts de code font une ligne ou deux, mais j’ai vu des solutions impliquant des dizaines de ligne, qu’il fallait bêtement copier/coller depuis un site web. Mon environnement de développement, pour différentes raisons techniques qu’il serait trop laborieux d’expliquer ici (cela pourrait faire l’objet d’un autre article), ne m’offrait aucune assistance pour rédiger mon code, me forçant à chercher de l’information éparpillée sur plusieurs sites web différents, parfois pas organisés de façon à ce que la recherche soit efficace. L’impression que les autres pouvaient naviguer là-dedans plus efficacement que moi me hantait, et se combinait avec le fait qu’il me faudrait trier des milliers de courriers électroniques après le procès, de retour au travail.

L’audience

Vint enfin le jour tant redouté du mardi 21 avril 2015. Malgré toutes mes tentatives de me raisonner, de dissiper ces doutes pour la plupart non fondés, l’anxiété demeurait présente. Au moins, je pus dormir la nuit qui a précédé cette visite au palais de justice.

Me rendre là-bas était supposément assez simple d’après mes recherches sur Google Maps. C’était près de la station de métro Saint-Laurent. Mais ce matin, il mouillait si bien que je me suis ramassé à jongler avec mon parapluie, mon téléphone que je consultais de temps en temps pour accéder à Google Maps et mon sac à lunch amené au cas où ça durerait longtemps. Il y a eu des gens qui circulaient en sens inverse, des voitures qui s’engageaient même quand la lumière était rouge (on aurait dit qu’une a passé proche me heurter), je me suis retrouvé coincé sur le terre-plein dans le milieu d’une rue, il y a même eu un plouc qui avait l’air de klaxonner après moi pour me dire de traverser mais c’était rouge! Les indications de Google Maps ne fonctionnaient pas bien de sorte que je me suis retrouvé sur Saint-Antoine mais du mauvais côté par rapport à Saint-Laurent. Là où j’étais, c’était le 7 (et il a fallu un temps FOU pour le découvrir!) et je cherchais le 10, alors je me suis dit que c’était l’autre côté de la rue. Mais c’était bloqué, encore des travaux, et il n’y avait AUCUN numéro de porte l’autre côté.

C’est finalement quelqu’un qui m’a aidé à me rendre; ce n’était même pas sur Saint-Antoine, plus sur Saint-Laurent en fait, donc l’adresse donnée ne fonctionnait même pas. À bien y repenser, je crois qu’il y a plusieurs entrées, dont une sur Saint-Antoine, une sur Saint-Laurent et peut-être une sur l’autre rue parallèle à Saint-Laurent.

Par chance, le gars qui m’a aidé m’a amené jusqu’au 5e étage où j’avais affaire et nous avons trouvé la salle où je devais me présenter. Là, je me suis mis en file, mais on m’a vu et fait passer en avant. J’ai fini par aboutir dans une salle d’audience où j’ai pris place.

Je me suis remis quelque peu de mes émotions et tenté de lire en attendant que ça commence. J’avais amené avec moi mon ultrabook et l’utilisai pour en apprendre un peu au sujet de Bootstrap, un ensemble de styles et de scripts pour construire des sites Web. Croyez-le ou non, c’est de la lecture légère pour moi!

Après quelques minutes, quelqu’un nous a expliqué que le juge allait bientôt venir nous parler, a demandé à ce qu’on désactive la sonnerie de nos téléphones et enlève toute forme de chapeaux de nos têtes, puis ça a été le juge. On nous a demandé de nous lever pour saluer le juge, puis nous rasseoir. On m’a demandé d’éteindre l’ordinateur que j’avais laissé allumé, posé sur mes genoux, sachant que j’allais me remettre à lire en attendant, après le discours du juge.

Le procès pour lequel j’aurais pu être juré était estimé à DEUX ANS! J’ai cru que c’était une blague quand j’ai entendu ça la première fois. Non, non, deux ans, pour vrai! Les conditions de travail étaient pas si mal au moins: 5 jours par semaine de 9h30 à 16h30, avec lunch fourni, et une semaine de congé par mois, avec un congé durant les fêtes. Mais ça ne m’aurait pas surpris qu’il faille lire d’interminables et indigestes documents de sorte que j’aurais été obligé d’en faire durant les congés pour pouvoir rester à jour. De plus, je serais payé 103$ par jour, en-dessous de mon salaire actuel.  Pourrai-je payer mon hypothèque pendant deux ans avec ça? Si tel n’avait pas été le cas, j’aurais été obligé de déménager dans une cage à poule le temps du procès, ce que j’aurais trouvé terrible!

La période de séquestration au moment où les jurés délibèrent était estimée à trois semaines. Pendant la période de séquestration, travail 7 jours sur 7, aucun contact avec l’extérieur.

Il y aurait des centaines, voire des milliers d’éléments à accumuler et m’y retrouver serait une vraie affaire de fou. Combiné à la nature parfois accablante des éléments de preuve, je m’attendais à ce que tout ceci suscite autant sinon plus d’anxiété que mon travail actuel!

Et mon emploi dans tout ça? Eh bien il aurait fallu que je laisse ça de côté et revienne, deux ans après, pour passer des jours voire des semaines à éplucher des milliers et des milliers de courriers électroniques. Cela me montrait avec une exaspérante clarté que le problème maintenant n’était plus technique ou logique mais juste de pouvoir efficacement traiter une quantité effroyable d’informations. À quoi bon toutes ces années d’études et de travail pour en arriver à ce foutu cul-de-sac? Je me le demandai ce matin-là.

Le juge nous a expliqué quelles personnes ne pouvaient pas exercer comme juré: les notaires, avocats, conjoints de notaires, les personnes atteintes d’une déficience ou maladie mentales, etc. D’autres groupes de personnes, comme les 65 ans et plus, pompiers, ministres du culte, infirmes, avaient droit de demander une exemption mais pouvaient si elles le désirent tenter l’expérience. Lorsque le juge eut fini son discours, il a fallu nous lever une seconde fois, puis nous rasseoir.

Pendant quelques instants, je me suis demandé si je ne devais pas aller de l’avant malgré les sacrifices nécessaires. Si le procès avait été moins long, peut-être l’aurais-je fait. Ça ne veut pas dire que j’aurais été choisi, peut-être pas. Mais là, deux ans, et j’ai vu plein de gens sortir de la salle pour aller voir le shérif et donner leurs coordonnées, sans demander l’exemption. Je suis alors resté dans la salle.

On a d’abord demandé aux personnes de plus de 65 ans de se rendre à la deuxième salle d’audience où le juge s’était installé pour traiter les demandes. Je suis donc resté dans la première salle et, après un peu d’hésitation, me suis levé pour aller aux toilettes. Par chance, quelqu’un a pu m’y mener, mais elle ne m’a pas attendu pour revenir à la salle, que j’ai eu du mal à retrouver.

De retour à mon siège, j’ai ressorti mon ultrabook pour continuer à lire. Pour donner une idée à quel point je me sentais dans le flou, je me suis demandé si on n’allait pas me confisquer la machine quand je l’ai rallumée, mais pareille chose n’est pas arrivée. Je me disais qu’au pire, on me la rendrait à la sortie du palais de justice.

Puis est venu mon tour d’aller dans la seconde salle. J’ai à peine eu le temps de prendre avec moi mes affaires pour pouvoir suivre le groupe qui s’en allait là-bas. Je pensais que la salle était adjacente à la première. Eh non. Il fallut marcher un bon bout, descendre des marches et faire la file. Cette fois encore, on m’a permis de passer en premier. Rendu dans la seconde salle, j’ai tenté la demande d’exemption. Je l’ai eue tout de suite avec mon œil qui ne voit pas. Il a bien entendu fallu passer devant le juge pour expliquer mon cas; ça a duré à peine une minute. On ne parlait même pas directement en face du juge mais par l’intermédiaire d’un micro pour que ce soit un peu plus gênant faut croire.

Pour ressortir de là, ça n’a pas super bien été. On m’a guidé hors de la deuxième salle d’audience et puis laissé là, dans une zone centrale. Je n’arrivais pas à retrouver les ascenseurs par lesquels je suis arrivé, mais j’ai fini par localiser des escaliers. Mais rendu en bas, ça n’aboutissait pas à un premier étage avec une porte. Quelqu’un m’a indiqué de tourner à 180 degrés et d’aller tout droit; ça ne fonctionnait pas, aboutissant à un mur avec des téléphones. Enfin, quelqu’un d’autre m’a mené à la porte. Il m’a donné des indications pour aller au métro Place d’Arme, plus proche que Saint-Laurent, mais ça ne fonctionnait même pas non plus!

Après avoir marché un peu, j’aboutissais à un viaduc plutôt que la station de métro. Selon un collègue à qui j’ai parlé de ça au bureau, il aurait fallu traverser plusieurs tunnels pour pouvoir l’avoir. Mais comment j’aurais pu savoir OÙ??? J’ai fini par rebrousser chemin et retrouvé la station Saint-Laurent. Sur le chemin du retour, je me suis rendu compte que je n’avais pas pris soin à l’aller d’établir des points de repère, trop perturbé par la sommation et la pluie. Là au moins il ne pleuvait plus, et j’ai fini par apercevoir les trois lumières rouges disposées verticalement que j’avais vues à mon arrivée. Google Maps bien entendu m’aida aussi. Ainsi, j’ai pu atteindre la station Saint-Laurent et de là, j’ai pu me rendre au bureau et travailler, bien que le cœur n’y était pas tout à fait.

Je me demandais à quoi bon tout ce travail puisque c’est plus important de se diriger dans des lieux inconnus et fouiller parmi une masse sans fin d’informations disparates que faire du raisonnement logique. Oui, cette histoire de procès était réglée, mais il y aurait d’autres déplacements futurs, pour aller voir un spécialiste en cas de douleurs chroniques (j’ai commencé à en avoir dans le cou, alors ailleurs n’est pas à exclure), pour m’acheter une nouvelle machine à sons, pour aller voir un show dans un bar, etc., et à chaque fois, ça risquait de partir en baloune comme ce mardi matin. Je n’ai trouvé aucune solution pour le moment, à part espérer que quelqu’un puisse y aller avec moi. Mais ce mardi-là, qui Diable aurait bien pu puisque tous ceux que je connais travaillent la semaine ou habitent loin de Montréal, surtout en période de pointe.

Bon au moins un souci de moins. Cette histoire me pesait, car je n’avais pas envie de laisser en plan ce sur quoi je travaille. Je n’ai pas trop eu à attendre, non plus. Vers 11h, j’étais de retour au bureau.

Suite à cette mauvaise expérience, j’ai passé du temps à améliorer mon environnement de développement et je crois que ça va aider à être plus efficace. Il faudra probablement aussi que j’améliore l’organisation de mon code. Encore une fois, les détails ne sont pas pertinents ici et pourraient partiellement faire l’objet d’un autre article. Bien entendu, certains détails devront rester confidentiels.

Ça n’a pas de bon sens!

Jeudi, 30 août 2012, vers minuit et demi, je me suis fait réveiller par des bips: mon système d’alarme qui avait un problème. Je suis allé voir et c’était la batterie du détecteur de mouvements dans le salon. Par chance, consulter le journal des alertes a fait cesser le bip si bien que je n’ai pas eu à gosser après ça en pleine nuit.

Le matin venu, par contre, j’ai ouvert le panneau du détecteur et constaté qu’il lui fallait trois piles AAA. J’en ai trouvé dans mon tiroir. J’ai planté ça là-dedans, mais trouver dans quel sens les insérer a posé problème. J’ai fini par découvrir qu’on pouvait débrancher le bloc piles du PCB, je l’ai fait et ça m’a permis de le regarder de plus près. J’ai alors pu trouver le bon sens pour les piles, et tout remettre ça en place. Le problème semblait résolu!

Eh bien non! Le lendemain avant-midi, mon système d’alarme s’est remis à bipper tandis que je partais une brassée de lavage. C’était écrit cette fois Zone Superv. 4. C’était encore le détecteur de mouvements, mais c’était un autre problème. J’ai cherché en vain sur Internet, soupçonné que l’appareil était défectueux, puis j’ai téléphoné chez Chubb. On m’a conseillé de remettre d’autres piles. Par chance, j’en ai acheté la veille avant d’aller à la piscine. Je prévoyais utiliser ça pour les contacts de portes un moment donné,
mais là, ça allait servir pour le détecteur.  J’ai enlevé les piles un autre coup, puis j’ai appuyé trois fois sur le petit levier comme le gars m’a dit de faire, puis j’ai appuyé encore et maintenu enfoncé. Cela avait pour but de vider le circuit électrique de courant résiduel. Puis j’ai foutu les nouvelles piles. Rien, aucun résultat. En beau maudit, j’ai essayé de retirer les piles, puis débranché le bloc encore, j’ai examiné comme il faut, remis les piles, essayé encore, pesté, remis la pile du haut, checké et hop, là c’était correct.

Une théorie possible est que la pile serve à alimenter un condensateur qui, à son tour, alimente le circuit principal. Il faudrait que le condensateur soit chargé pour que le circuit principal s’active si bien qu’il m’aurait fallu attendre une minute ou deux après avoir inséré les piles. J’espère que c’est la bonne. Sinon, ça se pouvait que les piles soient mauvaises ou pire, que le détecteur soit défectueux.

Samedi, 1er septembre 2012, de retour d’une belle sortie au Bières et Saveurs de Chambly avec mon frère, sa blonde, ma soeur et son chum, il y eut un bip sur ma tablette m’indiquant qu’un message était disponible sur GMail. Je regardai ça et découvris qu’on m’avait
téléphoné et laissé un message; mes messages vocaux sont redirigés en courriers électroniques. C’était Chubb, à cause du détecteur de mouvements, encore!

Il fallut que papa vienne voir ça, le 2 septembre, avant de partir pour l’épluchette de blé d’Inde annuelle de mon oncle en Mauricie. Je lui ai montré la chose, il a examiné le bloc piles et a trouvé un signe + que je n’avais pas vu. La pile du dessus était à l’envers, opposée aux piles en-dessous. On a checké les trois piles: les deux autres étaient correctes. J’ai alors remis le bloc dans le détecteur et le panneau a cessé de bipper. Puis on a eu du mal à refermer le couvercle du détecter et une pin est tombée. Papa est venu à bout de le fermer; le bloc piles n’était pas entré comme il fallait. Mais après, le problème était résolu.

Il faudra que je sois vigilant la prochaine fois que j’aurais à ouvrir ce boîtier-là. Si une autre pin casse, le couvercle ne tiendra plus en place après. Je n’ai malheureusement pas songé prendre la moindre photo lors de cette panne et n’ai pas trop envie d’ouvrir le couvercle et risquer qu’il ne ferme plus simplement pour en prendre!

Fausse alerte

Mardi, 20 janvier 2015, tandis que je travaillais au bureau chez Nuance, le téléphone a sonné. Ah non, encore un numéro sans aucun nom. M’attendant de nouveau à me faire offrir une croisière supposément gratuite ou me faire demander mon numéro de carte de crédit pour une oeuvre de charité parmi tant d’autres, j’ai envoyé ça dans la boîte vocale. Le téléphone a sonné de nouveau: encore la boîte vocale. Mais cette fois, un message a été laissé: c’était Chubb, il y avait une alerte au niveau de la porte du balcon avant et la police était en route.

Je n’eus pas le choix de laisser mon travail là et retourner chez moi! Là m’attendait une belle surprise: rien du tout! Non seulement la police n’était pas sur les lieux, mais en plus, le système ne sonnait même plus. J’ai d’abord cru que c’était l’administration de mon ensemble de condos qui avait utilisé la clé qu’ils ont pour entrer chez moi et désarmer ça, pour que ça arrête de crier et déranger tout le monde. Bonne chose, ai-je pensé. Mais le système était armé, comme j’ai pu le constater quand je suis entré. Il n’y avait rien, aucune trace d’effraction. Probablement que la police est repartie, après avoir constaté que rien ne se passait dans le condo. On ne saura jamais pourquoi le système ne criait plus. Soit la sirène est fucked up et on ne le sait pas, soit elle sonne par intermittence. La seconde hypothèse est la plus plausible. Si la sirène était défectueuse, le courant ne passerait plus dedans de sorte que j’aurais une alerte Défectuosité sur mon panneau. J’espère, en tout cas.

Peu après, Chubb a rappelé pour me dire que la police rapportait que ça sonnait toujours chez moi! Tandis que je parlais avec le gars, j’ai découvert la chose.

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Le contact au niveau de ma porte patio était hors service, la vis ayant sauté comme ça pour rien. La partie vissée à la porte bougeait, tenant qu’à une vis. J’ai ôté le capuchon pour découvrir qu’il restait une vis en place. L’autre vis, elle était apparemment perdue. En fait, non, j’ai pu la retrouver dans le capuchon de plastique que j’avais enlevé pour pouvoir avoir accès aux vis.

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Le capuchon de plastique contient un aimant. Quand l’aimant est à proximité de la base encore vissée à la porte patio, le système rapporte que la porte est fermée. Si l’aimant s’éloigne trop, le système reçoit une indication comme quoi la porte est ouverte.

Après avoir retrouvé la vis dans le capuchon, je me suis escrimé à la remettre en place. J’ai eu beau essayer, essayer, essayer encore, pendant près de vingt minutes, rien à faire, la vis ne tenait plus. Elle s’enfonçait, tournait dans le beurre et puis finissait par sauter. Cela a fini par me mettre en beau maudit, car je devais retourner au bureau pour un dîner au Vieux Dublin ce jour-là, pour souligner le départ d’un de mes collègues.

Tant que l’aimant n’était pas en place, je ne pouvais pas armer mon système. Tant qu’il n’était pas stable, ça risquait de déclencher à nouveau et refaire venir la police. J’ai tenté de téléphoner chez Chubb, mais c’était la boîte vocale: il aurait fallu laisser un message et attendre toute la journée, après.

J’ai fini par réussir à sommairement remettre la vis à sa place et j’ai appliqué du duct tape pour que ça tienne de façon plus fiable. Comme ça, j’ai pu partir relativement en paix.

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C’est seulement le lendemain soir que j’ai eu le temps de vérifier dans le manuel de mon système d’alarme et découvert comment armer le système avec contournement, pour indiquer d’ignorer le contact de porte défectueux. Pour trouver le numéro de la zone correspondant au contact, eh bien j’ai dû ouvrir la porte patio et regarder l’affichage de mon clavier: zone 2. Comme ça, il n’y avait plus de risque de déclenchement inopiné.

Deux jours plus tard, ma mère est venue me rendre visite et a amené des vis que mon père lui a données. Nous avons essayé de remettre en place le contact de porte correctement, en vain. La vis tournait dans le beurre, était trop grosse, trop longue, etc.

Il fallut que mon père vienne voir ça et fixe le morceau avec de la colle contact. Ça s’est fait samedi, le 31 janvier 2015, avant que mes parents ne partent pour la Mauricie. En attendant que le problème soit complètement résolu, j’ai dû armer le système avec contournement pour éviter qu’il ne se déclenche. Je ne voulais pas que la police revienne, car la première fausse alerte durant une année n’occasionne aucun frais tandis que les autres coûtent des centaines de dollars. Mais ma patch au duct tape a tenu bon, ça aurait probablement fonctionné.

Encore la batterie!

Cette histoire a bien failli me plonger dans le découragement le plus profond. Pour la troisième fois, je me suis retrouvé avec un bogue de système d’alarme impossible à résoudre parce que je voyais pas l’élément qui aurait permis d’accomplir la tâche simplement et efficacement. Les deux bogues précédents, avec mon détecteur de mouvement et un contact de porte, font l’objet d’articles séparés.

Cela a commencé lundi, 6 avril 2015, tandis que je jouais un peu de musique sur mon synthétiseur Ultranova. Mon système d’alarme s’est mis à bipper sans arrêt. Je suis allé voir sur le clavier et j’avais un défaut: panne d’alimentation/batterie. Mais quelle batterie? Probablement ENCORE cette grosse batterie acide/plomb que j’avais été obligé d’aller chercher chez Addison voilà trois ans. Eh oui, il va encore falloir refaire ça: près d’une demi-heure d’autobus à tout le temps regarder sur mon téléphone pour savoir où je suis rendu et quand descendre, puis le refaire au retour.

Grâce au récit précédent du remplacement de la batterie, consigné sur mon site web, j’ai pu découvrir que cela faisait déjà trois ans et qu’à l’époque, je m’étais aussi demandé quelle batterie était défectueuse et avais eu la confirmation de Chubb que c’était bien la grosse dans l’unité centrale. J’avais craint que le système ne cesse plus de bipper et ça n’avait pas été le cas. Je disposais aussi de tous les éléments nécessaires pour trouver la batterie, sans avoir à ouvrir le boîtier de mon système. J’étais bien content d’avoir consigné tout ça par écrit; cela m’évita de refaire les mêmes recherches!

Cette fois-ci, j’ai essayé de m’en sauver en la commandant en ligne sur le site d’Addison. Je savais que j’avais besoin d’une batterie 12V 4Ah et j’en ai trouvé une qui avait la bonne forme, dans la section des batteries de systèmes d’alarmes. Pourquoi ne l’ai-je pas trouvée voilà trois ans? Peut-être parce que je cherchais au mauvais endroit, peut-être parce que je cherchais des spécifications trop précises. Toujours est-il que je l’ai commandée (15$) et j’ai ajouté quelques autres affaires comme un micro qui n’a pas été un très bon achat, un stand à micro qui pourrait être fort utile avec un vrai micro dessus et une multiprises à six sorties avec 2 ports USB.

J’ai eu ma commande le vendredi suivant. J’ai décidé d’attendre samedi matin pour essayer d’installer la nouvelle batterie, au cas où quelque chose tournerait mal, et ça a été la seule bonne décision de toute l’aventure.

Samedi, 11 avril, les choses ont tout de même bien commencé. J’ai ouvert le boîtier, débranché le fil du connecteur à batterie sur la carte mère et posé la vieille batterie sur mon comptoir. Là, avec une pince, j’ai retiré les deux fils des bornes. Ça a mieux été qu’à la main, comme je pensais, et ça a diminué le risque de détacher les câbles des terminaux. J’ai ensuite branché les câbles sur la nouvelle batterie, veillant à ce que les couleurs soient ensemble: le rouge avec le rouge, le noir avec le noir. Puis je suis remonté dans l’escabeau pour aller rebrancher le connecteur sur la carte mère.

C’est là que les choses ont commencé à mal aller. D’abord, j’ai eu du mal à trouver dans quel sens remettre le connecteur. J’ai malheureusement essayé dans le mauvais sens et, je ne sais pas trop pourquoi, un contact électrique s’est établi bien que ça n’entrait pas parfaitement. J’ai cru apercevoir une diode clignoter, mais ce fut bref et je n’étais pas sûr à ce moment-là de ce que j’avais vu. J’ai fini par l’avoir, brancher ça dans le bon sens, mais le système s’est simplement remis à bipper. Sur le panneau, eh bien il y avait toujours un défaut: panne d’alimentation/batterie. La diode STATUS sur la carte mère clignotait tandis que la diode CHARGE demeurait éteinte.

Alors commença une longue séance d’essais et d’erreurs. J’ai rebranché ce connecteur-là plusieurs fois, j’ai vérifié les bornes de cette maudite batterie un nombre incalculable de fois, je m’en suis voulu de ne pas avoir commandé un multimètre au lieu de ce fichu microphone, puis j’ai cherché, cherché, cherché, sur Internet, à me rendre fou! Tout ce que j’ai pu trouver, c’est le manuel de l’utilisateur qui, tout en donnant énormément d’informations, ne me fournissait aucun indice quant à la fonction des diodes sur la carte mère.

J’ai fini par trouver de quoi de plus utile dans le manuel de l’installateur. Là, je pus avoir le diagramme de la carte. La diode STATUS va clignoter quand il y a un défaut tandis que la diode CHARGE donne l’état de la batterie. Mais le manuel n’indiquait pas le comportement possible de la diode. Va-t-elle s’allumer, s’éteindre, clignoter? Le manuel parlait aussi d’un fusible au niveau de la batterie qui pouvait sauter si jamais la batterie était branchée à l’envers. Quand le fusible est sauté, selon le manuel, le clavier va indiquer une panne au niveau de la batterie, comme si cette batterie n’était pas branchée du tout. Mais il n’y avait AUCUN indice par rapport à OÙ pouvait se trouver le fusible!

Alors, j’ai cherché, cherché, cherché, cherché, en vain! Toute recherche sur Google retombait sur ce maudit manuel ou sur autre chose n’ayant ABSOLUMENT aucun rapport avec ce que je cherchais. Mon ami Pierre, qui travaille dans la maintenance d’appareils électroniques médicaux, ne m’a été d’aucun secours lui non plus à ce moment-là. Je lui ai envoyé la photo de la carte mère dans l’espoir qu’il m’aide à localiser le fusible et surtout à savoir s’il était encore bon ou pas. Il ne put établir aucun diagnostic avec ça; il allait falloir qu’il vienne voir sur place.

J’ai fini par téléphoner chez Chubb et on m’a dit de vérifier le transformateur qui alimente le panneau en courant alternatif. Mais je ne pouvais savoir OÙ il était! Ça se pouvait qu’il soit derrière la laveuse/sécheuse, il allait falloir déplacer ça pour vérifier, ah mon Dieu! Je risquais de me faire mal en déplaçant ça n’importe comment et si je n’arrivais pas à la remettre EXACTEMENT où elle était avant, elle ne serait plus au niveau. Une chance que j’ai réfléchi avant de bouger ça, parce que le transformateur, je l’ai trouvé sous une tablette, dans la même prise que mon aspirateur central. C’est grâce à une autre photo prise avec mon téléphone que j’ai pu m’éviter d’avoir à me glisser sous la tablette pour voir la chose de près, risquer de me péter la tête sur la tablette et piquer une colère de fou! Le transformateur, il a l’air de ceci:

2015-04-11 10.18.34

Il était bien branché. Il a fonctionné tout le long de la crise, sinon tout mon système aurait été hors service. La porte de la salle de lavage où le système se trouve a aussi été dans les jambes tout le long. J’ai passé proche virer fou et l’arracher! Par chance, je ne me suis pas rendu là.

J’ai donc rappelé Chubb. On m’a dit de faire vérifier la batterie. Si elle était correcte, c’était peut-être le régulateur qui charge la batterie; il allait falloir faire venir un technicien pour le remplacer. Je m’attendais à ce qu’on soit obligé de changer toute la carte mère, ce qui m’obligerait sans doute à remplacer le clavier, voire même les contacts de porte et le détecteur de mouvements! L’idée de devoir remplacer tout mon système comme ça pour rien et la perspective de devoir me taper le trajet d’autobus que j’avais pensé m’éviter me plongèrent dans le désespoir et la frustration profonds.

De retour du gym, j’ai découvert que l’heure sur mon système d’alarme était incorrecte. J’ai dû la réajuster. Elle s’était réinitialisée pendant mes tentatives, peut-être quand j’ai touché au transformateur.

Un moment donné, je me suis rendu compte que les connecteurs aux bornes de ma batterie étaient faciles à débrancher tandis qu’avant, je risquais de briser le câble en tirant dessus. Ok, peut-être j’ai courbé les terminaux avec ma maudite pince. J’ai alors essayé de solidifier mes branchements, encore avec la pince. J’ai fini par réussir, mais ça n’a rien changé.

Alors dimanche, j’ai pris mon courage à deux mains et y suis allé. Le trajet s’est mieux passé que l’autre fois, moins pénible. Ça s’est mieux fait avec Google Maps et mon téléphone qu’avec mon Trekker. Au moins, je pouvais voir combien de rues il restait avant d’arriver au but. Il n’y eut pas non plus de réparations qui bloquaient la rue comme voilà trois ans. La batterie était correcte, les terminaux aussi. Je ne me suis pas attardé à chercher un multimètre; ça aurait été une bonne occasion de m’en acheter un pour un prochain incident de même. Mais vais-je pouvoir m’en servir de façon fiable? Cette histoire a ébranlé ma confiance en moi.

Sur le chemin du retour, j’ai fait part de mes découvertes à Pierre. Il m’a dit qu’il faudrait vérifier le fusible, mais je ne savais pas où il était. On a fini par se donner rendez-vous le lendemain soir.

Pierre a regardé ça, testé la batterie, testé le courant aux bornes du connecteur sur la carte mère et déterminé que la batterie fonctionnait tandis que la carte mère envoyait du courant suspect au connecteur de batterie. Idéalement, il aurait voulu partir avec la carte mère pour la tester et possiblement remplacer des pièces dessus, au besoin. Il m’a dit pouvoir remplacer le régulateur s’il le fallait! Il y aurait une dizaine de fils à débrancher pour pouvoir l’avoir, mais je savais que Pierre pourrait s’occuper de ça. Mais je voulais être certain qu’on pouvait faire autrement avant de me résoudre à ça. Le système étant relié à Chubb, la compagnie saurait que l’unité centrale ne répond plus.

On a fini par établir la stratégie suivante: tenter de remplacer le fusible puis voir ensuite. Pierre m’a offert de revenir deux jours plus tard avec le fusible et quelques pièces qu’il avait et qu’il pourrait tester pour changer le régulateur. Pierre a retiré le fusible, qui était foutu; il a pu le savoir en le testant avec le multimètre. On a tenté d’en obtenir un nouveau à La Source, mais c’était fermé depuis 18h.

Pierre a évoqué la possibilité de démonter un de mes moniteurs KRK, qui contient probablement un fusible compatible. Ouin, pas trop envie de ne plus avoir ça pendant des jours. Je me suis essayé avec un chargeur USB: trop petit. J’ai songé à un fusible de lumières de Noël: trop petit encore. Ah merde! Il allait falloir que Pierre reparte avec le vieux fusible, en trouve un nouveau et revienne. J’ai songé essayer de mon côté, à La Source, et tenter de le poser là. Pierre m’a montré où c’était, grâce à la photo que je lui avais envoyée.

Non, il restait le Xavic, un vieil ordinateur que ma soeur m’a donné voilà quelques mois. Nous sommes allés le chercher dans mon locker en bas et le bloc d’alimentation contenait bel et bien un fusible compatible! C’était 5A 250V au lieu de 5A 125V, mais c’était 20mm, ça allait faire selon Pierre! Il l’a mis en place, rebranché la batterie et magie, ça a fonctionné!

L’image suivante montre de quoi a l’air le fusible. Elle représente la partie inférieure gauche de la carte mère, avec le connecteur pour batterie, le fusible ainsi que la diode qui s’allume en cas de branchement inversé de la batterie et qui sert à faire passer assez de courant dans le fusible pour le faire sauter rapidement, protégeant les autres composantes. C’est probablement cette diode qui j’ai vue s’allumer brièvement samedi matin. Il est possible que le système se réinitialise quand la diode allume, d’où l’heure qui était déréglée. En zoomant suffisamment, on peut même découvrir les spécifications du fusible: 5A, 125V! Il manque juste la dimension de 20mm.

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Si j’avais pu disposer de cette image annotée en fin de semaine dernière, j’aurais peut-être pu résoudre mon problème plus simplement. J’aurais tout simplement enlevé le fusible avec mes doigts, au pire avec une pince, et l’aurais amené à La Source, au pire chez Addison. J’aurais pu le faire tester et en obtenir un de remplacement, puis poser ça là. Pierre a également localisé le fusible sur ma photo, mais il n’a pas pensé me dire où il était!

C’est peut-être mieux ainsi. En retirant le fusible n’importe comment, j’aurais pu le casser ou rayer la carte mère. De plus, cet incident aura permis à Pierre et moi de nous voir un lundi soir. Il reste aussi la photo des restes du bloc d’alimentation, sacrifié pour une noble cause.

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Au moins trois autres pièces manquantes

Donald était content des progrès qu’il avait accomplis ces derniers mois. Il était moins tenté par la paresse et arrivait à faire son travail avec moins de fatigue. Pour guérir du mal causé par la démone bleue, il a dû se frotter à un démon noir, résistant à la tentation qu’il lui a infligé de monter sur son dos pour traverser un ravin. Il a ensuite dû affronter la démone bleue pour renforcer son esprit. Donald a ensuite découvert qu’il devait développer de nouveaux moyens pour faire son travail avec moins de peur. Il a trouvé des façons de manier son radeau avec moins de risques, a trouvé des techniques pour accomplir son travail de passeur plus efficacement que jamais, mais la fatigue qui ne cessait de le tenailler, bien que moins importante qu’avant la dernière partie de sa cure, était toujours là, revenant par intermittence. Il en était venu à se coucher de plus en plus tôt, mais cela finissait que sa vie se limitait au travail et au repos, plus de loisirs.

Voilà que Blackinn le convoquait pour un nouvel entretien. Ce dernier avait peut-être enfin découvert la dernière pièce pour équilibrer son esprit. Ce doit être, pensa Donald, quelque chose de foutuement complexe pour avoir nécessité tant de temps à un si grand savant! Donald se demandait s’il saurait mettre en application cette méthode, peu importe en quoi elle consisterait.

– Maître Blackinn, commença Donald en entrant dans le bureau. Je viens pour répondre à votre appel.
– Bonjour Donald, répondit Blackinn. Je vois que ton aura est plus paisible depuis la dernière fois qu’on s’est vu.
– Oui, approuva Donald. Ce n’est pas parfait, mais c’est déjà mieux. J’aurais besoin de la dernière pièce que vous avez évoquée lors de notre dernier entretien.
– Je comprends, compatit Blackinn. Malheureusement, malgré des mois de recherche, je n’ai toujours rien trouvé. Mais peut-être pourras-tu m’aider. Mon contact dans l’autre plan, celui qui est lié à Anastase, semble avoir fait quelques intéressants progrès, mais je n’arrive pas à comprendre si ça a fonctionné vraiment, son affaire, et comment l’adapter à ton cas.
– Alors pourquoi m’avoir fait venir? demanda Donald, un peu confus. En êtes-vous arrivé à la conclusion qu’il n’existe pas mieux, qu’on ne peut pas améliorer mon traitement?
– Non, ce que je souhaite, c’est te faire part de ce que l’autre sait, dans l’espoir qu’ensemble, on puisse trouver ce qui manque. Cette personne est troublée, en perpétuel questionnement, se demande si son esprit ne va pas vaciller d’une façon ou d’une autre. Si on trouve, on pourra t’aider mais peut-être aussi l’aider, lui.
– D’accord, approuva Donald. Je suis prêt.
– Alors récapitulons le cas de notre ami d’ailleurs. Atteint d’une déficience visuelle, il a passé des années à mettre au point des mécanismes pour s’orienter dans le monde. Des déplacements simples pour nous, comme descendre des marches, traverser les bois ou trouver un magasin dans un village, se transforment pour lui en casse-têtes, surtout quand il doit les faire dans des lieux inconnus. Notre ami a commencé à ressentir la tentation de se laisser aller et de saisir les gens par le bras quand il le peut. Le blocage qui l’empêchait de faire ainsi, induit par un rêve selon lui mais ça ressemble à une forme primitive d’enchantement, a sauté complètement voilà deux ans environ. Depuis, il résiste de toute sa volonté, mais il se demande jour après jour si ça va suffire. Il se bat, parce qu’il pense que s’il cède, les facultés qu’il a développées depuis des années s’atrophieront, au point où il ne pourra plus se déplacer dans un lieu inconnu sans se faire tenir le bras.
– Oui, on en avait parlé l’autre fois. Alors il a découvert que son esprit avait créé un processus pour l’aider à résister mais que ce processus sapait son énergie. Il a transformé ce processus pour en faire un mécanisme pour améliorer ses capacités d’orientation.
– Oui, en plein ça, approuva Blackinn. Ça lui a amélioré un peu son modèle spatial, pas beaucoup mais un peu selon lui.  De ce que j’ai compris, son nouveau modèle tient compte du mouvement continu des personnes avec qui il explore de nouveaux lieux. Comme personne, dans son monde du moins, ne saute d’un point à un autre, s’il perd de vue la personne qu’il suit pour une courte durée, ce n’est pas aussi grave qu’il le pensait auparavant; cette personne sera relativement proche et il pourra rétablir le contact visuel. Cette idée toute simple, un peu trop simple à mon avis, semble lui permettre de davantage promener son regard et détecter des obstacles.
– Ça a pas l’air très efficace, son affaire, commenta Donald. J’ai entendu parler qu’il existe des sorts pour établir des contacts télépathiques; ton ami serait mieux d’apprendre ça!
– Je sais, je sais, mais il n’y a pas de magie dans son monde, rappela Blackinn. Comme on peut s’y attendre, il a découvert que ses capacités étaient limitées et que son nouveau processus tournait en boucle pour perfectionner son système en vain, demandant moins d’énergie que le premier mais tout de même assez pour le plonger dans la fatigue de façon régulière. Au fil du temps, il a découvert une pièce qui semble lui avoir permis d’atteindre un meilleur équilibre.
– Ah oui? fit Donald, intéressé. Comment a-t-il procédé?
– Il a découvert, expliqua Blackinn, que son désir de résister à sa tentation n’était pas mu que par une saine volonté mais malheureusement par la peur de l’échec, plus spécifiquement la peur de réactions négatives des autres face à son échec. Maintes et maintes fois, il a imaginé son frère se mettant en colère contre lui le jour où il lui saisirait le bras la fois de trop, ou la fois qu’il ne faut pas.  Pour traiter cela, il a procédé de deux façons: la prise de conscience et l’expérimentation. La prise de conscience, tu as déjà commencé à la faire. Tu vas réfléchir à ce que je viens de te dire et pourras peut-être l’appliquer.
– Pas totalement, fit Donald. Si je cède à la tentation d’un démon, personne ne va me faire de reproches. C’est moi et moi seul qui souffrirai.
– Mais si ton radeau tangue parce que tu navigues mal, expliqua Blackinn, tes passagers pourraient se plaindre… ou être compréhensifs et ne rien dire. De la même façon, si notre ami prend quelqu’un par le bras, la personne se choquera ou ne dira rien. Ce que notre ami doit retenir, c’est que la réactive négative est peu probable s’il cède à la tentation seulement de temps en temps.
– Alors notre ami a expérimenté? demanda Donald. Il a vraiment saisi des gens au hasard par le bras pour voir ce qui allait se passer?
– Non, répondit Blackinn, il n’est pas assez courageux et téméraire pour ça. Il a testé, plus ou moins volontairement, des personnes qu’il connaissait. Et il n’a pas eu de réaction négative. Ça lui a aidé à borner son processus mental. En revenant d’une soirée, quand il a pris son frère par le bras, un engrenage s’est mis en place et son nouveau modèle mental a été en quelque sorte validé, a pris le pas, et a diminué son besoin de tenir quelqu’un. Je ne suis pas sûr que sa victoire est définitive, même significative, mais il en a été bien content.
– Tout cela m’a l’air un peu hasardeux et incertain, commenta Donald.
– Je sais, fit Blackinn. La science de l’esprit n’est pas exacte. À travers Anastase, j’ai transmis à notre ami une seconde pièce pour améliorer sa mécanique mentale cliquetante. À bien y penser, tu pourrais peut-être appliquer cette technique toi aussi. C’est le renforcement positif.
– En quoi cela consiste-t-il? demanda Donald, intéressé.
– Imagine-toi, répondit Blackinn, cédant à la tentation d’une démone bleue. Pense à la démone, imagine-toi monter sur son dos, imagine le plaisir que tu éprouveras. Puis penses à la grande tristesse qui suivra. Évoque ces images le plus intensément possible, pendant cinq à dix secondes. Ensuite, imagine-toi résistant à la tentation, refusant l’aide du démon. Imagine le regret momentané, mais penses aussi à la joie profonde et durable qui t’habitera pendant tout le temps que tu marcheras seul, sans dépendre d’un démon pour t’aider. Évoque ceci cinq à dix secondes. Tu peux répéter cela autant de fois que nécessaire. Mon ami pense qu’une série de cinq répétitions est suffisante, mais je recommande dix, sinon quinze, et deux ou trois séries par jour.
– Intéressant, commenta Donald. J’imagine que notre ami a alterné entre évoquer une scène dans laquelle il prenait quelqu’un par le bras, et une semblable dans laquelle il marchait seul.
– Exactement, approuva Blackinn.
– Quand tu m’as parlé de plaisir, ajouta Donald, ça m’a fait penser à quelque chose. Quand je suis monté sur le dos de la démone, j’ai ressenti du plaisir… sexuel. Le contact physique m’a plu. Je me suis trouvé une compagne récemment et je me rends compte que la fatigue est beaucoup moins grande le lendemain après qu’on ait fait l’amour.
– Oh là là Donald, c’est peut-être une pièce maîtresse, ça, commenta Blackinn, et elle manque cruellement à notre ami. Il n’a pas de compagne et commence à entrevoir une composante sexuelle à son traitement, lui aussi. Il est à essayer toutes sortes de solutions très douteuses de transferts d’images mentales et se demande s’il ne devrait pas s’offrir les services d’une prostituée.
– C’est terrible! s’exclama Donald.
– Je sais, fit Blackinn, et je ne parviens pas à trouver un moyen de l’aider. Peut-être les autres techniques qu’on a développées ensemble vont suffire à l’équilibrer, c’est tout ce qu’on peut espérer.
– Maître magicien, mille mercis. Cette discussion ne m’éclaire pas tant que ça pour le moment, mais y réfléchir va sans doute m’aider. Merci pour tout, Blackinn.
– Ça me fait le plus grand des plaisirs, Donald. Traite ta compagne comme le plus précieux des trésors, mon cher ami, parce que la solitude est souvent amère, cruelle et source d’anxiété, de frustration et d’ennui. L’étude des arcanes me protège à peine de tout ça.

Donald repartit de là légèrement confus mais heureux de se savoir sur la bonne voie.