Îlesoniq: un bain de foule électrisant

Samedi, 6 août 2016, je suis allé pour la première fois au festival Îlesoniq, l’un des événements de musique électronique les plus importants à Montréal pendant l’été. Contrairement au Piknik Électronik, qui a lieu tous les dimanches durant l’été, Îlesoniq se produit uniquement deux jours par année. Il en résulte une foule monstre rendant la navigation difficile, voire dangereuse pour moi. Mais il me fallait en faire l’expérience, ça me titillait.

Entrée sur le site: déjà difficile

J’ai acheté mon billet sur Internet une semaine avant l’événement. Ce que j’ai obtenu en échange, ça a été un courriel de confirmation avec recommandation d’aller chercher mon billet au Centre Bell pendant la semaine, avant l’événement. Faire ainsi m’aurait obligé à partir du bureau durant la journée et chercher à plus finir pour trouver le centre Bell, puis la billetterie. Je me suis dit que ça allait poser autant de problèmes que récupérer mon billet sur le site. Ainsi, rien ne se passa avant le 6 août 2016. En fait, l’événement a commencé le 5 août, mais le vendredi, je travaille si bien que je ne suis pas allé au festival ce jour-là.

Arrivé à la station Berri-UQÀM, je constatai avec appréhension qu’il y avait déjà pas mal de monde dans le métro. Ça va être terrible, pensai-je, prépare-toi au pire. Le métro sur la ligne jaune était bondé. Mais j’ai pu me rendre à la station Jean-Drapeau, permettant d’accéder au parc où avait lieu l’événement. Rendu là, je suis descendu et j’ai tenté de retrouver la sortie que j’avais empruntée pour aller au Piknik Électronik et aux Week-ends du Monde. Selon mon analyse du plan du site de l’événement, c’était là qu’il me fallait sortir pour atteindre la tente Will Call où je pourrais récupérer mon billet. Mais il y avait tellement de gens que j’avais du mal à déterminer où aller. Je suis sorti où je pouvais, mais je ne reconnaissais pas les lieux. J’étais au mauvais endroit. J’ai dû marcher un peu, contourner la station de métro et j’ai fini par arriver à l’autre sortie, où il y avait l’entrée pour l’Îlesoniq.

Puis un moment donné, on m’a guidé jusqu’à la tente où j’ai pu avoir mon billet. C’est un agent de la sécurité qui m’a mené jusque-là et avoir le billet s’est bien passé. Après ça, on m’a mené à la file d’attente. Comme je possédais un téléphone Fido, je pouvais prendre la file branchée plutôt que celle régulière.

Tandis que j’attendais en file, je remarquai sur mon billet qu’il était écrit que les vidéos et caméras étaient interdits. Ah mon Dieu! J’avais amené ma GoPro, pensant me capter des films mémorables rivalisant avec ceux de l’Igloofest. Est-ce qu’ils vont me laisser la garder, me faisant confiance pour ne pas l’utiliser, ou vouloir me la confisquer au moment de la fouille? Ça m’aurait fait cher un peu, comme sortie, non? Vont-ils m’offrir de me la retourner par la poste, l’entreposer quelque part pour que je la récupère à la sortie du site ou je vais la perdre, tout simplement, comme mes ciseaux lors de mon premier passage à la sécurité à l’aéroport, quand je suis parti pour Orlando en 2005? Peut-être vaudrait-il mieux repartir là pour le métro, appeler mon frère et voir si je ne pourrais pas faire un détour par Longueuil question d’aller lui porter la caméra; il pourrait me la rendre plus tard. Ce serait moins long que retourner chez moi pour l’y laisser, mais long quand même.

Mais la file n’avançait pas du tout. C’était super long. Un moment donné, quelqu’un de l’événement m’a interpellé, m’a demandé si j’étais accompagné et comme je ne l’étais pas, m’a fait passer devant tout le monde. Ça a été un peu pénible de réussir à passer, mais on a fini par l’avoir.

J’ai abouti au point où il fallait montrer mon billet, qui a été scanné avec succès par une machine, ce qui m’a permis de passer à l’étape suivante. La fouille? On nous disait d’ouvrir nos sacs. Mais j’ai appris que j’étais passé par-dessus cette étape, car on m’avait fait passer devant tout le monde. Cool! Ma caméra était sauvée. Je la laissai dans mon sac, ainsi que mon enregistreur H2N, évitant tout risque de me les faire confisquer, voire être expulsé du site à cause de ça. En effet, s’ils interdisaient les vidéos, pas sûr qu’ils aimeraient que j’enregistre du son avec un micro comme celui du H2N, bien que l’enregistrement est trop bruité pour pouvoir faire quoi que ce soit de professionnel avec. Avec tous les bruits de gens qui parlent, le vent, etc., ça ne pas pas donner de quoi d’utilisable pour s’intégrer à de la musique électronique. Ça aurait juste été de beaux souvenirs.

La scène Budlight

L’allée centrale où j’aboutis après avoir franchi l’entrée du site était bondée. Il y avait là un accès à ce que je croyais être la scène principale. Mais avant d’aller là, me dis-je, je devais remplir ma bouteille d’eau. Je pouvais chercher longtemps pour trouver une fontaine d’eau, à moins d’utiliser mes connaissances passées du parc Jean-Drapeau. La seule fontaine d’eau que je connaissais se trouvait dans la zone où a habituellement lieu le Piknik Électronik. Elle faisait justement partie du périmètre clôturé alloué à Îlesoniq. Je traversai donc l’allée centrale pour y aller.

Là-bas, c’était relativement calme, pas de musique. Il y avait des camions que je n’arrivais pas à identifier. Soit je n’arrivais même pas à déchiffrer ce qui était écrit dessus, soit ça n’avait strictement aucun sens pour moi. Je passai mon chemin, me dirigeant vers mon objectif initial, et la trouvai, la fontaine d’eau. Je pus ainsi remplir ma bouteille.

De là, j’entendais de la musique provenant des bois. Il y avait une scène là, possiblement moins peuplée que la scène principale. Ce serait un bon endroit pour commencer mon périple musical. J’y allai donc. Ce que je trouvai là fut sidérant. Il y avait là une grande structure temporaire, une espèce de cabane avec un mur ouvert. Des haut-parleurs jouaient de la musique un peu trance et dans la cabane, il y avait un paquet de projecteurs et un gros écran affichant des images psychédéliques. Régulièrement, on voyait s’afficher Jason Ross sur l’écran, puis d’autres images, d’autres flashes à cause des projecteurs. C’était trippant.

Puis un moment donné, on s’est tous fait arroser. C’était moins cool, ça. J’ai bien cru que mon téléphone, dans ma poche, allait y passer, mais tel ne fut pas le cas. J’ai passé près d’une heure près de cette scène-là, nommée Budlight. Un moment donné, on nous a arrosés encore. Il y avait carrément quelqu’un avec un tuyau d’arrosage qui shootait de l’eau au-dessus de la foule! Je l’ai remarqué juste la seconde fois. C’était une tentative de nous rafraîchir parce qu’il faisait chaud, peut-être pour réduire les risques que des danseurs trop zélés, parce qu’on pouvait danser un peu, se claquent un coup de chaleur. Je ne fus pas trop à risque pour ça, car j’avais ma bouteille d’eau et ne pus pas danser tant que ça, trop de gens.

La scène Neon dans les bois

Pendant ma progression vers la scène Budlight, j’ai cru apercevoir des tentes où il y avait probablement de la bouffe et de la bière. En fait, rendu en avant de la scène, quelqu’un m’a offert de m’aider si je voulais aller me chercher de quoi, mais je n’avais pas besoin à ce moment-là. Après quelques temps, j’ai voulu aller voir si je ne pourrais pas me trouver une bière. J’ai trouvé un snack bar, un truc de mets asiatiques, puis oui, une tente à bière. Je m’en suis acheté un verre en fût.

Rendu là, j’entendais d’autre musique venant de plus loin, de plus profond dans les bois. J’y allai et trouvai une seconde scène. C’était la scène Neon. La structure ressemblait pas mal à celle de la scène Budlight, mais la musique qui en émanait était toute autre, plus chillout. J’ai bien aimé cette scène-là, car elle se trouvait dans la forêt. Mais j’aimais mieux la musique de la scène Budlight. Je suis resté un peu, mais il m’a fallu repartir pour aller aux toilettes.

La scène Fido Oasis, la plus grande des trois

Après être allé aux toilettes, je suis retourné vers la zone Piknik pour éventuellement revenir à l’allée centrale où je croyais avoir vu des tentes avec de quoi manger. Si je me fiais à la disposition des lieux aux Week-ends du Monde, ce serait là. En fait, ce n’est pas exact de nommer ce lieu la zone Piknik, car il n’y avait pas de Piknik Électronik ce jour-là. Mais toujours est-il que c’est là que je passai et voulus aller voir plus loin, là où se trouve la scène Vidéotron lors des Piknik Électronik; peut-être y aurait-il là une autre scène. Je n’en trouvai pas. Je pus marcher un bout dans le bois et arrivai à ce que je crus être une sortie secondaire. Je n’osai pas aller plus loin, de peur de franchir un sens unique et ne pas pouvoir rentrer.

Je rebroussai alors chemin et aperçus un panneau: scène Fido Oasis. Je marchai un peu et pus tourner à ma droite pour aboutir dans une vaste place de gravier. Il y avait une pente permettant d’atteindre une plate-forme où des gens dansaient.

Il y avait sur cette plateforme des jets d’eau servant à rafraîchir les gens. Il me fallut quelques secondes pour découvrir avec consternation que ces jets sortaient carrément du sol! Si je ne m’en étais pas rendu compte à temps, j’aurais marché sur un des trous de sortie d’eau ou me serais retrouvé avec un trou entre les jambes. Dans tous les cas, je me serais fait asperger copieusement. Soulagé d’avoir évité ce piège dans lequel peut-être moi seul pouvais tomber par manque de vision, je m’éloignai des jets et finis par découvrir une autre pente me ramenant sur le sol de gravier. Il y avait aussi là des champignons géants décoratifs.

Si je me souviens bien, c’est peu après que j’ai aperçu les tentes de l’allée centrale. Ah ok, j’étais sur la scène principale, là! Il y avait beaucoup d’espace mais aussi beaucoup de gens. Circuler était difficile, limite hasardeux. À tout bout de champ, je me faisais foncer dedans par des gens marchant dans d’autres directions. Je faillis me faire piler sur ma canne plusieurs fois. Il me semblait possible, voire probable, de me la faire casser. J’ai fini par trouver un endroit où m’asseoir dans l’herbe pour me reposer un peu, après avoir été debout depuis mon arrivée.

La musique n’était pas si bonne que ça, essentiellement du pop avec un peu d’effets dessus. Parfois, la musique s’arrêtait et l’animateur demandait aux gens de chanter, puis la musique repartait.

Après ça, je suis retourné à l’allée centrale pour manger. J’y ai trouvé une tente où ils vendaient des pointes de pizza. Tandis que je mangeais, quelqu’un m’a parlé un peu et appris qu’à l’endroit que j’appelais pour mes repères personnels la zone Piknik se trouvaient des camions de rue. L’avoir su avant, je serais allé voir et aurais examiné plus, il y aurait peut-être eu de quoi de bon à manger là-bas.

Frustrante et décourageante exploration

Après avoir soupé, j’ai voulu me racheter une bière, mais je ne pouvais pas retrouver la tente que j’avais vue sur la scène principale. J’ai fini par trouver une tente dans la zone des camions de rue, mais ça a été long, et j’ai eu du mal à revenir après parce que les gens bloquaient désormais le passage. Ça passait deux secondes avant! En plus, là ils ne vendaient que des cannettes et ne récupéraient pas les verres réutilisables consignés. Il allait falloir trouver une autre tente pour me débarrasser de mon verre, et cela, avant la fin de l’événement, car rendu là, il ne resterait peut-être plus d’endroit où le ramener. J’avais vécu cette expérience-là au Piknik Électronik trois mois plus tôt.

Tandis que je cherchais les tentes pour manger, j’ai trouvé un chemin qui semblait ramener dans les bois, peut-être vers d’autres scènes. Dommage que je n’aie pas pris le temps, après le souper, de réviser et compléter mon plan mental des lieux en utilisant mon téléphone pour accéder au site web de l’événement. J’aurais découvert que j’avais déjà visité les trois scènes qu’il y avait à voir et n’avais plus qu’à en choisir une et m’y rendre par le chemin que je connaissais déjà.

Sans ces informations, je décidai de tenter ma chance et l’explorer. Mais je me suis vite retrouvé pris dans une mare de gens. J’avais du mal à savoir où aller. Quelqu’un m’a offert de m’aider, mais ça ne donnait pas grand-chose. Je ne faisais pas un pas que quelqu’un me fonçait dedans. C’était rendu que la personne qui essayait de m’aider agitait le bras devant nous pour alerter les gens qu’on passait. C’est un peu découragé que je constatai que ce chemin-là ne put que me ramener là où j’étais déjà allé: la scène Budlight. Plus l’heure avançait, plus ça devenait difficile de circuler.

La personne qui m’a aidé m’a demandé si j’étais venu seul et pourquoi. Ça semblait quasiment anormal d’avoir fait ainsi! Mais personne que je connais n’avait envie d’aller à ce festival-là, pour diverses raisons: trop cher, trop de monde, travaille la fin de semaine, contraintes familiales, etc. Se peut-il que personne n’ait envie d’y aller avec moi, parce que je suis un boulet? Je me le suis demandé, ce soir-là.

Ma bière finie, je suis venu à bout de trouver un endroit où jeter ma cannette. La tente à bière du début, je l’ai retrouvée et j’ai pu rendre mon verre consigné, récupérant 1$. Le verre n’avait rien d’intéressant comme souvenir, en simple plastique.

C’est là que la fatigue m’a pris. Tanné de me faire bousculer, j’avais juste envie de partir de là, mais je n’avais plus la force de le faire; c’était juste trop. Je suis allé m’asseoir dans l’herbe, là où ça semblait moins achalandé, et suis resté là un certain temps, entre les scènes Neon et Budlight.

La sortie du puits

Que fait-on quand on est coincé au fond d’un puits? On peut toujours crier à l’aide dans l’espoir qu’un jour, quelqu’un entende et vienne. Mais quand on a une corde, on peut essayer de faire de quoi. Eh bien, la corde, je l’avais, ce soir-là. Ma connaissance des lieux acquise le jour même, pendant les Week-ends du Monde et au Piknik Électronik pouvait me sortir de ce mauvais pas et même me permettre, en chemin, d’avoir du plaisir.

D’abord, retrouver mon énergie me semblait une nécessité. Il y avait là deux scène qui diffusaient de la musique pas pire, capable de m’y aider, si je ne me faisais pas trop bousculer tandis que j’essayais de me remettre sur pied. La scène Neon, il y a moins de gens, là, on dirait. J’y allai donc.

Il y avait plus de spots et de lumières sur la scène, rendu là, peut-être parce que le jour baissait tranquillement. La musique était plus de style disco, à présent. J’ai dansé un peu et j’ai senti, progressivement, mes forces revenir. Oui, ça pouvait encore être cool, ce festival-là!

Quelques temps plus tard, j’ai commencé à avoir besoin de refaire le plein d’eau. Mon meilleur espoir me semblait de retourner à la fontaine d’eau, ce que j’ai pu faire en passant devant la scène Budlight. Oh, la musique a l’air plus trance ici, cool, je décidai de retourner là après mon retour de la fontaine. J’ai constaté que le chemin longeant le fleuve était pas mal moins fréquenté que celui par lequel j’étais arrivé. Ça allait me servir, me permettre de retourner à la scène principale quand je serais presque prêt à repartir de là.

De retour avec l’eau, sur la scène Budlight, j’ai dansé un peu sur la musique de Cosmic Gate et de Gouryella. Il y avait tellement de bouteilles vides par terre que c’en était drôle. Plusieurs personnes ignoraient l’existence de la fontaine d’eau et s’achetaient des bouteilles, les buvaient et les jetaient par terre! Voyons donc! Au moins, on peut remplir la bouteille vide à la fontaine au lieu d’en racheter une autre! Mais la fontaine était connue de certains, car il m’a fallu faire la file pour remplir ma bouteille. Je suis bien conscient qu’ils auraient pu être méchants et couper l’eau dans la fontaine pour qu’on soit tous obligés d’acheter des bouteilles d’eau!

Mais rendu vers 21h30, il me fallut envisager retourner vers la scène principale pour pouvoir ressortir plus facilement. C’est ça que j’ai fait. Le chemin que j’ai pensé prendre pour y aller était plutôt sombre, mais il y avait quelques lampes qui éclairaient la voie. J’ai pu atteindre la scène principale et même retrouver la tente à bière. Mon niveau de confiance quant à la capacité à retrouver la tente relativement haut, j’ai pu prendre un verre, un deuxième verre, et ramener le verre vide pour récupérer le 1$ rendu à la fin.

Vers 22h40, j’ai décidé de me diriger vers la sortie pour éviter un affreux trafic de gens qui allaient tous sortir en même temps, à 23h. Ce fut une sage décision, car déjà là, ce fut un peu difficile de sortir. Quelqu’un m’a aidé à atteindre le métro, mais rendu là, c’était bondé, difficile d’atteindre les tourniquets. Mais ça a pu se faire et j’ai pu me rendre au quai, à Berri-UQÀM puis sur la ligne verte.

Conclusion

Est-ce que ça valait la peine? Plus ou moins. Pas certain d’avoir envie de retourner là l’été prochain. En tout cas, si je le fais, je ne ferai pas les choses de la même façon. Si je dois y retourner seul, j’envisage acheter un billet VIP qui me donnerait accès à la terrasse où, probablement, il y aura moins de gens et quand même une vue sur la scène principale et accès à de la nourriture.

Le robinet qui fuit

La journée de jeudi, 11 août 2016, a été marquée d’une épreuve imprévue qui a failli m’empêcher de participer à une agréable sortie en famille. Ce jour-là, nous nous étions donnés rendez-vous à Chambly pour 16h afin de faire un tour de ponton sur le bassin, en famille. C’était la dernière semaine avant que mon frère ne confie ses petites à leur mère pour trois semaines, alors il fallait que je profite de cette occasion pour voir mes nièces une dernière fois. J’aurais pu m’en tirer en prenant une demi-journée de vacances, mais j’ai décidé de prendre toute la journée pour aller au gym le matin, relaxer un peu, puis partir tôt pour Chambly, en début d’après-midi. J’espérais ainsi m’éviter d’être hanté, là-bas, par un casse-tête ramené du travail. Eh bien, les choses ne se passèrent pas tout à fait comme ça. C’est un problème de plomberie que je traînai dans ma tête à Chambly, quoiqu’au moins il ne m’empêcha pas au final de profiter de mon séjour là-bas.

Désagréable surprise: ça coule partout!!!

De retour du gym, où ça s’est bien passé, j’eus la brillante idée de nettoyer mon bac à compost qui sentait mauvais depuis des semaines. Jusqu’à présent, je n’ai trouvé aucun moyen efficace d’enlever cette désagréable odeur. Je me suis essayé avec une nouvelle idée: utiliser la douchette de mon robinet de cuisine pour mettre plein d’eau dans le bac, ajouter un peu de Mr Net et nettoyer les parois avec un linge mouillé. En fin de compte, j’aurais été aussi bien mettre l’eau dans le lavabo plutôt que le bac; ça aurait donné le même résultat… sauf que je n’aurais peut-être pas découvert un épouvantable problème qui m’aurait causé encore plus de soucis.

En effet, quand j’ai tiré le tuyau du robinet vers mon bac et ouvert le robinet, ça s’est mis à couler un peu partout. Ok, ai-je juste mal orienté le robinet ou ça coule vraiment partout? Il ne me fallut pas longtemps pour constater que pour la troisième fois, j’avais du trouble avec ce foutu robinet. La douchette s’est cassée voilà quelques années, la deuxième douchette s’est mise à couler un an ou deux plus tard et là, ça semblait nécessaire d’encore changer la douchette. Non, non, c’est pire, là c’est le tuyau qui coule! Et ce n’était que le début!

J’ai ensuite découvert, au bord de la panique, que ça coulait sous le lavabo, dans mon armoire, et pas mal! On aurait dit que ça coulait de partout, que des tuyaux étaient percés à plusieurs endroits. Dès que j’ouvrais le robinet, il y avait un égouttement constant d’eau. Par chance, l’eau cessait de couler le robinet fermé. Il me fallut vider mon armoire, éponger avec un linge à vaisselle, prendre un deuxième linge pour remplacer le premier tout trempé. Je ne sais plus combien de linges j’ai dû passer là-dedans. Par chance, le caisson de mon armoire semblait intact, pas encore pourri par l’eau. Il est possible que j’aie découvert le problème assez rapidement pour éviter le pire, mais ça reste à voir. Mon hypothèse actuelle est que le tuyau, fragilisé, s’est percé quand je l’ai étiré au maximum pour atteindre mon bac. Mais ça peut avoir commencé à couler un peu depuis des jours.

Mais était-ce vraiment le tuyau reliant la sortie de mon robinet à la douchette? Ça pouvait aussi provenir des tuyaux flexibles acheminant l’eau froide et l’eau chaude à l’entrée du robinet ou, pire encore, la cartouche même du robinet, qui promettait d’être aussi difficile à trouver pour moi qu’à remplacer! En fait, s’il faut changer la cartouche, après la douchette et le tuyau, je me demande si ça ne vaudrait pas la peine de remplacer tout le robinet!

Cela me mit au désespoir, car c’était le second dégât d’eau en quelques semaines. Le premier a eu lieu à cause de l’air climatisé, dont le tuyau de condensation s’est bouché au niveau de la jonction avec le drain qui évacue l’eau vers les égouts. Ça a fait de l’eau plein la dernière tablette de mon garde-manger et même jusqu’à dehors près de la porte d’entrée! Il m’a fallu faire venir quelqu’un pour arranger l’air climatisé, ce qui a juste consisté à déboucher le tuyau, mais il reste possible que l’eau se soit infiltrée assez profond dans mes murs pour faire des dommages. Seule une inspection, qui aura lieu dans une semaine ou deux selon le gestionnaire, va jeter un juste éclairage sur tout ça.

Est-ce que les choses vont s’arranger ou tout va se mettre à couler (laveuse, lave-vaisselle, douche, lavabo de salle de bain) jusqu’à ce que je mette la clé dans la porte? Et s’il me faut vraiment déménager, comment vais-je être certain de ne pas ravoir la même affaire quelques années plus tard?

Par chance, j’ai fini par avoir une idée qui a fait progresser mes investigations: envelopper le tuyau suspect d’un linge à vaisselle (oui, encore un autre) et faire couler l’eau. Le linge a été tout trempé, mais de l’eau ne coulait pas d’ailleurs. De plus, il faut me souvenir que l’eau ne coulait pas le robinet fermé. Si les tuyaux d’entrée d’eau avaient été en cause, ça aurait coulé tout le temps, à moins de fermer les valves. Mais j’ai fermé les valves pour ne pas ouvrir le robinet par erreur avant que la situation ne soit corrigée. Par chance, il y avait des valves à l’entrée du robinet; pas besoin de couper l’eau dans toute mon unité. Et les valves fonctionnèrent. J’ai entendu dire parfois, ce genre de valves se bloque et se casse. Ça aurait été le bout du bout!

Première étape: retirer le tuyau

Alors il me fallait retirer ce tuyau-là et l’amener au magasin de plomberie proche de chez moi pour en trouver un nouveau. C’était mon dernier espoir de régler cette situation simplement et efficacement, sinon il m’aurait fallu faire appel à mon père ou à un plombier. Retirer l’extrémité extérieure du tuyau a été très facile: dévisser la douchette a suffi. L’embout était de type femelle, comme sur l’image suivante.

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Ensuite, me disant que l’autre extrémité du tuyau était femelle, j’ai agrippé le tuyau de sortie de mon robinet et tenté de faire pivoter l’écrou le reliant au tuyau percé que je devais enlever. J’ai d’abord essayé avec mes doigts, puis avec une clé réglable qui fut d’une incroyable inefficacité, parce que la clé ne pouvait pas être verrouillée. Sitôt ajustée, elle avait tendance à s’écarter de nouveau. J’ai essayé avec une pince, avec encore moins de succès. Je ne pouvais que faire pivoter le tuyau, ce qui l’emmêlait de plus en plus, sans le dégager. L’image suivante montre la jonction entre les deux tuyaux.

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Pour séparer les deux bouts de tuyau, il m’a fallu agripper le tuyau flexible à enlever et faire tourner la vis. La partie femelle, cette fois, sortait de mon robinet! Il m’aura fallu un temps fou pour m’en rendre compte. L’image suivante montre l’embout mâle du tuyau quand j’ai enfin pu le séparer du robinet!

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Il restait un dernier obstacle: le tuyau ne passait pas par le trou du robinet. L’embout femelle à l’extérieur était trop gros pour passer, aucune chance de réussir, à moins peut-être de démonter le robinet, chose que je n’avais pas du tout envie de faire. Je ne suis pas même certain de disposer des outils pour le faire. Le tuyau était bloqué en bas du lavabo par un gros amas de plastique et de tissu, que je croyais destiné à réduire la longueur du tuyau. J’ai dû investiguer davantage, pensant que j’allais pouvoir séparer le tuyau à ce niveau, mais non, en fait c’était un poids servant à favoriser le retour du tuyau sous le lavabo. L’image suivante montre ce poids, un coup le plastique et le tissu retirés autour.

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À force d’examiner la chose, j’ai découvert deux vis que j’ai retirées. Le poids s’est séparé en deux de sorte que j’ai pu le dégager du tuyau. Ensuite, j’ai tenté de faire passer l’embout mâle du tuyau par le trou du robinet. Ça a bloqué, j’ai été obligé de forcer un peu, mais ça a fini par sortir!

Le nouveau tuyau

Le tuyau enfin dégagé, je suis allé au magasin de plomberie avec ça et par chance, ils en avaient un, et un seul restant! J’ai été bien chanceux! Mais à cause de tout ça, j’ai bien failli manquer mon autobus pour Chambly et ne pas arriver à temps pour notre tour de ponton. J’aurais été bien déçu de manquer mon coup et devoir attendre une heure soit au terminus, soit à Chambly, le temps qu’ils reviennent de là-bas sans moi. Après au moins, je les aurais rejoints pour la baignade et le souper chez ma sœur, mais ça aurait été très triste.

Le soir venu, de retour chez moi avec le tuyau, j’ai dû retirer le joint d’étanchéité de l’embout femelle sous mon lavabo pour mettre le nouveau, question de mettre toutes les chances de mon côté. Mais le vieux joint m’a l’air en bon état, je l’ai gardé, qui sait. Il m’a fallu gosser un peu pour faire passer l’embout mâle du nouveau tuyau par le haut du robinet, pour le récupérer sous mon lavabo. Ensuite, j’ai placé le nouveau joint d’étanchéité dessus, vissé le tuyau, et puis fait de même avec le tuyau du haut, remettant en place ma douchette.

Ensuite, j’ai testé la chose en faisant couler l’eau, d’abord juste la froide, puis juste la chaude. Il n’y eut aucun dégât. J’avais bel et bien réussi! Même quelques jours plus tard, la réparation tient bon. J’ai eu des doutes et vérifié plusieurs fois sous mon lavabo, tout était beau.

Résolution

« Ah non! Non! NON! NOOONNN!! » grognai-je, hors de moi, m’efforçant de ne pas exploser et hurler de rage. Je venais de bousiller le costume, déchirant la doublure. Je travaillais là-dessus depuis plusieurs heures, à essayer de confectionner cet habit de gnome commandé pour une fête d’enfant. Le client devait faire son premier essayage le lendemain après-midi et le costume n’était toujours pas prêt. Ah merde! Merde! Pas moyen de trouver d’autre tissu de la même couleur et texture que la doublure. Pourquoi n’en avais-je pas davantage? Je ne comprenais pas! D’habitude, je m’assure toujours de posséder un surplus de tissu au cas où. Pourquoi, cette fois, il en manquait, et au dernier moment?

Tandis que mon cerveau tournait à toute vapeur, tentant de résoudre ce nouveau problème, à mon avis celui de trop, Irma, ma maudite chienne, se remit à japper, japper, japper, japper. Depuis que je l’ai, environ deux semaines, elle ne cesse d’aboyer, jour et nuit! J’ai essayé en vain de comprendre pourquoi, lui ai ordonné de cesser de japper, mais rien à faire, elle recommence toujours. Un jour, je lui ai criée dessus et j’ai eu la paix pour quarante-cinq minutes au lieu d’une demi-heure. Cela m’a valu une visite de la voisine Anna qui est venue me demander de faire moins de bruit. Elle a un chien, pourtant, je lui ai demandée si elle aurait une idée de quoi faire pour Irma, et elle m’a juste répondu de prendre patience ou l’envoyer dans un refuge pour animaux!

Je crois que la prochaine fois, ce sera la police qui viendra, et qui sait s’ils ne vont pas décider de m’emmener au poste. C’est arrivé à mon oncle. Il avait pété les plombs et en était venu à marteler une commode à coups de bâton de base-ball. Ils l’ont emmené et il n’est toujours pas ressorti, depuis trois mois. Ils l’ont transféré dans un asile de fous où il se fait bourrer de pilules.

C’est là, ce soir-là, que je me suis rappelé des paroles de mon grand-père Ramon: « Les chiens, là, ça écoute pas c’qu’on dit. La seule façon de leur faire comprendre de quoi, c’est avec une pelle! Tu jappes: un coup de pelle! Tu jappes encore: un autre coup de pelle. C’est bien important de lui donner des coups de pelle à chaque fois qu’il jappe. Un moment donné, tu vas voir, y va arrêter. » Là, j’étais hors de moi et je la sortis, la pelle. Une grosse pelle en métal pour le jardinage, bien solide! Ramon disait que les pelles en plastique, ça ne fonctionne pas: l’animal n’a pas assez peur. Il ne faut pas seulement que ça fasse mal; l’instant de terreur entre le moment où la pelle est soulevée dans les airs et s’abat sur toi, ça compte aussi. Quand une créature est soumise à la terreur, chaque instant devient plus présent, se grave dans sa mémoire. Une seconde de pure terreur peut représenter, en mémoire, plusieurs secondes d’état normal!

Je me dirigeai vers l’animal qui sembla sentir que quelque chose de vraiment mauvais s’en venait et fit quelques pas en arrière. « T’arrêtes de japper ma maudite! » lui ordonnai-je en esquissant un geste menaçant avec la pelle. Irma poussa un gémissement plaintif, comme pour me demander pardon, et alla se terrer entre le divan et le mur. Peut-être va-t-elle comprendre, me dis-je, abandonnant l’idée de lui faire mal avec la pelle. Mais je gardai ça proche, au cas où. « Tu jappes encore, une seule fois, avertis-je, et je vais t’en sacrer des bons! »

De retour à mon costume, j’essayai de rafistoler la déchirure avec du fil très mince presque de la même couleur que la doublure. Ma machine à coudre se grippa pour je ne sais pas quelle raison, me faisant pousser d’affreux jurons qui auraient fait beaucoup de peine à ma mère. L’aiguille se bloqua, le moteur força, et puis je finis par me blesser au doigt en essayant de réparer ça. « Salopperie! » pestai-je, les oreilles en feu, sur le point de tout casser.

Et puis Irma reprit son incessante complainte! WAF! WAF! WAF! WAF! WAF! WAWAF! WAF! Elle était devant la porte-moustiquaire, tentant peut-être d’attraper ou faire peur à une mouche! Et puis elle se mit à jouer des griffes dans la moustiquaire, y pratiquant plusieurs déchirures. Ah non, pas encore! C’était la troisième fois qu’elle me bousillait la moustiquaire!

À bout de nerfs, je me suis saisi de la pelle et l’ai abattue sur le corps d’Irma, une fois, deux, puis trois. À chaque fois, Irma poussait un jappement et puis reprenait sa crise au point où elle en était. « FERME-LA! » en vins-je à tonitruer, avant de marteler Irma avec la pelle à répétition. Rendu au septième coup, l’animal ne bougeait plus, se contentant de japper, japper, japper, japper. C’est là que quelque chose se brisa en moi. Fou furieux, j’ai fessé avec la pelle jusqu’à ce que Irma ne jappe plus. Mais après, elle ne bougeait plus et je ne sentais plus son cœur. Il ne fallut pas longtemps pour comprendre que j’avais commis une grosse gaffe, celle de ma vie. Je venais de tuer ma chienne. C’était moi qui avais fait ça, et rien ne me disait que je ne le referais pas, plus tard, sur un autre animal ou un être humain.

Maintenant que mon costume de gnome, ma machine à coudre et ma chienne étaient foutus, je ne voyais pas ce que je pouvais faire d’autre qu’aller me coucher. Mais je pus trouver le sommeil, hanté par les jappements d’Irma, ne pouvant cesser de voir, revoir et revoir la scène en moi. J’avais tué ma chienne. Je l’avais tuée à coups de pelle. À coups de pelle. Ma chienne était morte, tuée, à coups de pelle. J’avais tué ma chienne à coups de pelle!

Ok, ok, ok, faut que j’arrête de penser à cette chienne. Le costume, le costume de gnome, peut-on le réparer. Pourrais-je terminer la couture à la main? Oui, peut-être. Il me reste assez du fil pour réparer la doublure. Ça suffira pour l’essayage, après j’aurai une semaine pour trouver du tissu et refaire ça comme il faut. Il faudra redoubler d’effort pour avoir le temps de réparer ça et terminer la finition, peut-être passer une nuit ou deux dessus, mais ça peut encore se faire. Je ne vais pas perdre ce client, et tous les autres à qui il rapportera mon échec si je ne réussis pas.

Oui mais j’ai tué ma chienne. J’ai tué! Je l’ai tué, à coups de pelle. Pelle. Je mériterais qu’on m’en donne, des coups de pelle. J’ai tellement de fois craint que mon grand-père en vienne à ça. Chaque fois que je passais du temps chez lui, il était très strict et autoritaire avec moi. Si je lui désobéissais, il n’hésitait pas à m’empoigner violemment. Il m’a crié dessus et donné un nombre incalculable de fessées. Il me répétait aussi de ne pas parler de ce qu’il me faisait à ma mère, sinon il serait peut-être obligé de la tuer et de me tuer! Un jour, il m’a soulevé de terre et serré le cou, très fort, assez que j’avais du mal à parler. Je crois que si je l’avais suffisamment provoqué, la pelle, il me l’aurait balancée sur la tête à répétition. J’y ai pensé maintes et maintes fois, qu’il ferait ça, et je dois avouer que sa mort, l’année dernière, a été un soulagement pour moi. Je ne l’ai dit à personne, craignant qu’on me juge à cause de ça, mais c’est pourtant la stricte vérité. Tu l’aurais tué, un moment donné, me hurla une voix intérieure, inspirée de celle de Ramon. À coups de pelle! Non! m’objecta. Oui, tu l’aurais fait. Peut-être bien, me rendis-je compte, troublé, angoissé. Ce serait aussi facile de faire du mal à un être humain avec cette maudite pelle qu’à ma chienne.

En sueur, au bord de piquer une incontrôlable crise de panique, je dus retirer mes couvertures. Peut-être la chienne allait reprendre vie. C’était mon seul espoir. Je retournai dans le salon, la pris, la tâtai, la priai, implorai l’aide de Dieu. Peut-être son cœur s’était remis à battre. Non, rien, toujours aucun signe de vie. Je vais probablement faire de la prison, à cause de ça. J’avais entendu à la télé voilà quelques mois que tuer un animal pour rien était un acte criminel passible d’amendes et d’une peine d’emprisonnement. Je ne pouvais dire ce qui était le plus difficile entre savoir que j’avais tué et pouvais le refaire, être certain de devoir passer des mois, voire des années, derrière les barreaux ou savoir que tous ceux que je connais resteraient libres et pourraient à loisir parler dans mon dos. Ma mère dira à ses amies: « Ah si sa femme l’avait pas laissée, ça irait mieux pour lui, ça aurait pas fini comme ça. » Mon frère dira que j’aurais dû abandonner ce travail de tailleur qui me stressait trop pour reprendre les études et m’investir dans un autre domaine où il y avait plus de débouchés. En effet, peu de gens avaient les moyens et le besoin de se faire confectionner un habit ou un costume sur mesure de nos jours. Mais je rappelais avec rage ces années d’études, qui avaient été les plus pénibles de ma vie. Les travaux n’avaient aucun bon sens, les autres étudiants n’étaient d’aucune aide, peut-être parce que je n’ai jamais accepté de prendre une bière avec eux, trop préoccupé par mon nombril et mes études. Sais pas, et je ne veux plus savoir, j’en ai plus qu’assez que ça dépende et que ce ne soit jamais ça, jamais correct, toujours le contraire.

Laissant là Irma à son triste sort, je retournai à mon lit de torture et tentai de me concentrer sur un souvenir heureux. Il me fallut un moment pour en trouver un. On aurait dit que tous les bons moments vécus ces dernières années ne comptaient plus, à cause de ce que je venais de faire. Si je pensais à ma femme, la rupture refaisait immédiatement surface, le jour où elle m’a reproché de passer trop de temps sur mes costumes, m’a donné le choix entre mes clients et elle. « T’aurais pu régler ça à coups de pelle! » tonitrua la voix de Ramon qui avait décidé de s’acharner sur moi depuis que j’avais tué Irma. Si je pensais à mes parents, mon frère, mes sœurs, l’idée qu’ils ne veulent plus me reparler et me revoir à cause du meurtre d’Irma s’imposait à moi.

Non la seule chose qui me fit sourire un peu, c’est le souvenir de ma nièce agaçant son petit chat jusqu’à le rendre malin. Malheureusement pour elle, elle y est allée trop rude avec le félin et l’animal possédait encore ses griffes. Ma nièce s’est ainsi fait défigurer. Est-ce vraiment les miaulements du chat qui se débattait énergiquement ou le fait que ma nièce se soit fait bousiller la figure que je trouve si drôle? Les miaulements, répondis-je, c’était trop drôle voir ce chat crier si fort et se débattre si énergiquement tandis que Giny ne faisait que lui toucher le ventre à répétition. « Non! » hurla Ramon. « T’es content que Giny se soit fait défigurer, parce qu’elle est plus belle que toi et ça a remédié à la situation! J’devrais t’défigurer à coups d’pelle pour avoir pensé ça! » À l’idée que ça puisse être vrai, je fondis en larmes. Je suis un monstre, pensai-je, je souhaite le malheur et la mort à tous, je suis devenu meurtrier ce soir, et voilà pourquoi je suis puni et privé de bonheur.

Peut-être si je réussis à finir ce costume, ça va me sauver. Oui, le costume de gnome, si je peux le réparer, ça va aussi réparer mon esprit fêlé. Ça me semblait, à 3h du matin, le seul espoir qu’il me restait. Je me levai donc, retournai dans mon atelier, allumai le plafonnier et entrepris de coudre à la main le fil pour soutenir la doublure déchirée. Je finis par réussir, mais j’avais super chaud, même la porte-moustiquaire grande ouverte. Je réussis, après deux heures de travail, à préparer le costume pour le premier essayage, mais je me sentais toujours très mal. Le travail ne m’avait pas libéré l’esprit. Il me semblait entendre des jappements et je revoyais sans cesse la scène. J’ai tué ma chienne. Je l’ai tuée, à coups de pelle.

Il n’y aura aucune échappatoire pour moi. Un jour, ça se saura et la police viendra. La police viendra et m’emmènera. J’irai en prison et quand je sortirai de là, j’aurai perdu tous mes clients et ne pourrai plus travailler comme tailleur. Tous mes clients, tous, ils iront ailleurs. Je ne pourrai plus travailler. La police viendra, ils m’emmèneront, m’emmèneront en prison, pourrai plus travailler. Je ne pourrai plus travailler à cause de la sacrée police! Que vais-je faire, ensuite? Il m’a fallu deux ans et demi avant qu’un premier client me contacte. Il me faudra me taper à nouveau cette angoissante attente, à cause de cette maudite pelle, parce que j’ai tué ma chienne. Non, ce serait à cause de la police qui viendra me chercher!

Le désespoir se mua progressivement en fureur. Un moment donné, n’y tenant plus, je repris ma pelle et tapai avec sur mon lit! Puis je la jetai par terre avant de fondre en larmes. J’en étais rendu exactement au même point que mon oncle, fou furax à fesser sur des meubles. La prochaine étape à franchir, ce sera me mettre à crier à pleins poumons en martelant une commode ou une table avec un bâton ou la pelle. La police viendra pour ça et trouvera Irma. Tout sera fini pour moi.

Eh bien, je vais faire en sorte que ce soit fini pour moi avant qu’ils viennent. Pris dans un abîme de désespoir, les larmes aux yeux, à demi conscient de ce que je faisais, je me saisis d’un vieux cordon d’alimentation qui servait pour un ordinateur défunt depuis trois ans, je pris une pince et sectionnai le câble. Ensuite, j’entrepris de dénuder les fils électriques. Voilà, c’était fait, c’était prêt, il ne restait plus qu’à me mettre ça dans la bouche et brancher ça dans le 220V. Ce serait fini dans pas long.

Non, si je fais ça là, personne ne comprendra ce qui s’est passé. On se contentera de radoter que c’est parce que ma femme m’a laissé, parce que je n’ai pas choisi la bonne profession, parce que je suis mentalement instable, etc. Non, il faut faire comprendre à tous que la société est mal foutue. L’Espagne doit changer, ne plus faire de ses citoyens des esclaves du travail et les sucer jusqu’à la moelle. Il doit pouvoir y avoir moyen de mieux apprécier la vie, pas seulement l’endurer jusqu’à la folie. Probablement que plusieurs autres pays devront suivre le même chemin, sinon le monde sombrera dans le chaos le plus total. Tout le monde capotera et criera à pleins poumons et en viendra probablement à fesser partout. Avec des pelles. À cette idée, je ne peux m’empêcher de sourire. Décidément, seul le mal me fait rire. Il est temps d’en finir avec tout ça.

Il faudrait que j’explique tout ça, pensai-je, que j’enregistre une vidéo expliquant tout ça. Mais il faudrait idéalement que la vidéo présente l’instant fatidique où je me mets le satané câble électrique dans la bouche et branche le tout, pour que le message soit clair comme du cristal. Si ce n’est pas enregistré, s’il n’y a pas de témoin, ce sacrifice sera vain, ce ne sera qu’un stérile suicide de plus, ce ne sera dans un an qu’une statistique. Mes proches la pleureront probablement, cette mort inutile et vaine, mais ce sera en vain, toujours en vain. Ramon avait raison: il aurait mieux valu me tuer à coups de pelle! Me tuer à la naissance.

Non, je ne peux pas faire ça. Il faut que je laisse un message clair, et ce n’est pas la bonne façon. Je rangeai donc le câble, mais le gardai proche, prêt, si je change d’idée. Non, mon plan est très très simple. La police viendra un jour, bientôt. Je serai là, mais je ne vais jamais venir avec eux. Je me battrai jusqu’à mort et ils seront obligés de me tuer. Peut-être, oui peut-être, me laisseront-ils en paix plutôt que me tuer. C’est mon dernier, mon seul espoir.

Sinon, je pense que je pourrai réussir mon coup si je plonge ma main dans ma poche et n’ouvre plus le poing après l’en être sortie. Ils me demanderont à répétition de lâcher ce que j’ai dans la main, comme c’est arrivé dans quelques films que j’ai vus. « Non! » répondrai-je. « Tant que j’ai ça, vous approcherez pas! » Je pourrais aussi les menacer: « Obligez-moi pas à vous l’lancer en pleine face! » Un moment donné, ils devront tirer. Je garderai mon poing près de mon cœur. En imaginant la mine perplexe du policier qui trouvera une main vide quand mon poing s’ouvrira après ma mort, l’enquête interne qu’il devra subir, les remords auxquels il sera aux prises, la réaction de ses collègues, je souris enfin. Oui, ce sera ça ma vengeance. Lui aussi perdra son emploi, lui aussi verra ce que c’est ne pas pouvoir travailler et gagner sa vie, être obligé de se taper de nouvelles études en sachant que c’est pour rien!

Mais ça va prendre des jours avant que quelqu’un se rende compte que la chienne est morte et que la police vienne. Je ne vais pas tenir si longtemps, je vais devenir fou avant, ou perdrai le courage nécessaire pour accomplir ce qui doit être fait. J’ai songé les appeler, mais je n’y arrive pas, c’est trop dur. Alors, j’ai pris une corde, j’ai pris la chienne, je suis sorti sur mon balcon et j’ai suspendu l’animal à la corde à linge pour ensuite l’envoyer au centre de la cour. Tôt ou tard, quelqu’un verra, et il appellera la saloperie de police. En attendant, je vais me coucher sur le dos, prendre de profondes respirations et essayer de me reposer, reprendre des forces pour ne pas flancher et faire ce que j’ai prévu de faire. Je veux que ma résolution tienne, je veux que quelqu’un paie pour toute cette merde, mais la fatigue qui me tenaille et m’assaille risque de la faire flancher.


Ça y est! J’ai dormi un peu après avoir écrit. Je me sens un peu mieux que tantôt, presqu’en forme. Je devrais pouvoir le faire. Là ça sonne à la porte. Ils sont là, ils viennent pour moi. J’espère pouvoir tenir le coup et me rendre au bout, réaliser mon plan. Ma résolution est prise, en tout cas, et depuis que c’est fait, je me sens mieux. Mieux que jamais!

Spéculations sur les potions

Plusieurs récits fantastiques s’accordent tant sur la possibilité de concocter des breuvages produisant des effets surnaturels qu’il est tentant de croire que de telles potions pourraient potentiellement exister pour vrai, si les bons ingrédients et procédés étaient un jour réunis au même endroit et entre des mains suffisamment expertes.

Dans tous les cas, la création d’une potion consiste à combiner des ingrédients à l’aide d’un substrat permettant de les dissoudre pour en extraire leur potentiel effectif. Certains ingrédients possèdent des propriétés permettant d’exercer un effet particulier, naturel ou surnaturel. D’autres ingrédients permettent de réguler ou réduire l’action des éléments actifs de la potion, la rendant plus stable ou en éliminant des effets secondaires. D’autres ingrédients encore pourraient permettre de donner un meilleur goût au breuvage.

Les ingrédients

Les ingrédients les plus communs sont de nature végétale: plantes, herbes, voire écorces d’arbres. Plusieurs infusions et décoctions à base de plantes existent déjà; ce seraient des potions à effet réduit, ne nécessitant aucun procédé magique pour la préparation.

Il est aussi envisageable que des parties d’êtres organiques, incluant du sang, des fluides corporels, des poils, des écailles, des griffes, etc., puissent servir. Dans certains cas, l’ingrédient ne va pas se dissoudre dans la potion mais simplement infuser ses propriétés pendant le processus d’incorporation. Quoiqu’on peut imaginer un moyen inusité permettant d’incorporer à peu près n’importe quoi dans une solution, on verra plus loin.

Il est à envisager que des ingrédients minéraux puissent être utilisés aussi, mais leur préparation sera plus difficile. Par exemple, il faudra parfois pulvériser du fer, de l’or ou du diamant pour l’incorporer à une potion en cours de fabrication. Les ingrédients minéraux ont davantage de possibilités d’être toxiques pour l’être humain que les ingrédients végétaux, alors il faudra les réguler ou les contre-balancer avec autres choses pour en isoler l’effet désiré.

Certains ingrédients nécessaires pour certaines potions ne sont pas disponibles dans le plan terrestre ou ne le sont plus. Par exemple, on pourrait un jour retrouver une recette de potion nécessitant des défenses de mammouth ou des écailles de dragon. Il est possible qu’on découvre des procédés permettant de voyager vers d’autres univers parallèles où on pourrait aller chercher tout ça, ou bien il se peut qu’on puisse substituer ces ingrédients introuvables par des composés synthétiques.

Enfin, certains ingrédients pourraient être purement synthétiques. La chimie permet déjà de combiner des molécules pour en former de nouvelles. Mais si on admet l’existence de plus de trois dimensions, ne pourrait-on imaginer que les molécules telles que nous les connaissons sont simplement la manifestation sur trois dimensions de structures multi-dimensionnelles. On pourrait alors penser que, peut-être, des réactions pourraient éventuellement survenir dans d’autres potentielles dimensions que les trois qu’on connaît déjà, permettant d’obtenir des combinaisons que la chimie n’autorise pas. C’est cela que je ne peux résister à appeler des réactions alchimiques. La réaction chimique conventionnelle affecte les réactifs de façon directe tandis que la réaction alchimique affecte les trois dimensions habituelles de façon indirecte, parce que les réactifs sont juste des manifestations d’objets multi-dimensionnels qui réagissent entre eux dans d’autres dimensions qu’on ne connaît pas, qu’on ne peut pas observer avec nos sens.

La fabrication

La façon la plus simple et élémentaire de fabriquer une potion serait d’incorporer les ingrédients, un par un, dans un liquide, plus souvent de l’eau qu’autre chose, parce que c’est facile à trouver et ce n’est pas toxique pour l’être humain. Souvent, il sera nécessaire de chauffer l’eau pour augmenter la solubilité du liquide, ce qui permet d’incorporer davantage d’ingrédients. Mais d’autres liquides pourraient tout aussi bien servir, par exemple du lait, voire même du sang! AOUCH! Je ne dis pas que je voudrais préparer une décoction en faisant bouillir du sang d’animal, mais ça me semble parfaitement imaginable sur un plan purement théorique.

Outre l’incorporation par dissolution, l’infusion est une façon toute aussi valable d’extraire des propriétés d’ingrédients. Dans bien des cas, l’ingrédient subsistera dans la solution et devra en être extrait par filtration pour aboutir à un liquide uniforme qui pourra être bu. L’infusion existe déjà, à l’origine de plusieurs boissons dont le thé et le café.

Alors pourquoi n’existe-t-il pas de vraies potions, alors? Les ingrédients qui sont utilisés dans les solutions, infusions et décoctions ne sont pas les bons? Pourrait-on incorporer des ingrédients solides à la potion en les chauffant suffisamment pour les liquéfier? Pas certain, car la température parfois nécessaire suffirait à vaporiser l’eau servant de base à la potion. Mettre davantage d’eau pour qu’elle ne se vaporise pas va diluer l’ingrédient. Peut-être pourrait-on récupérer la vapeur par distillation et la forcer à se condenser. Mais tout me laisse croire que les propriétés intéressantes des ingrédients ainsi traités seront détruites par l’intense chaleur.

Alors, si on a tous ces ingrédients, tous ces procédés, que manquerait-il pour qu’on puisse créer des potions donnant des effets vraiment spectaculaires? Eh bien, je crois que ce qui s’est perdu avec le temps, c’est la capacité à induire des réactions alchimiques. Les magiciens qui pouvaient le faire ont été brûlés pendant l’inquisition ou se sont cachés quelque part où ne pourra jamais les trouver. La réaction alchimique permettrait d’incorporer des ingrédients qui ne peuvent l’être autrement, par exemple les poils, griffes ou écailles d’animaux.

Certaines réactions risquent de rendre le liquide instable, ce qui nécessiterait l’incorporation d’autres éléments pour réguler ou stabiliser. Une potion instable, dans le meilleur cas, va devenir inutilisable après quelques temps. Dans d’autres cas, cela pourrait libérer des vapeurs toxiques. Dans le pire cas, on peut imaginer que ça va exploser de façon aussi dangereuse que spectaculaire. Dans les cas les plus courants, celui qui fabriquera la potion aura assez de temps pour incorporer les agents stabilisants avant qu’il ne soit trop tard. Il est à envisager que chauffer le breuvage en cours d’élaboration va aider à réduire l’instabilité. Dans certains cas, un flot constant d’énergie magique, aussi appelé mana, serait nécessaire. Il peut être fourni par un artefact ou bien par un magicien habile qui va incanter pendant la fabrication de la potion. Dans le cas de breuvages très avancées, pourquoi ne serait-il pas nécessaire de demander de l’aide à une créature extra-planaire invoquée pour l’occasion? Par exemple, il sera peut-être nécessaire de chauffer la préparation à l’aide du feu magique produit par un élémental.

Et si on n’a plus de magiciens?

Alors est-ce possible ou non d’élaborer des vraies potions, pas juste des décoctions produisant des effets partiels et variables? Je dirais que c’est peu probable mais possible. Plusieurs récits s’accordent sur le fait que la magie perturbe la technologie. Plus probablement, un flot suffisamment important d’énergie magique affecterait les champs magnétiques et, par le fait même, l’électricité, à la base de toute notre technologie moderne. De la même façon que l’électricité et le magnétisme sont fortement liés, ne pourrait-il pas exister un lien bidirectionnel entre l’énergie magique et le magnétisme ou l’électricité? Dans ce cas, si la magie est capable d’influencer la technologie, l’inverse serait imaginable! Alors avec la bonne technologie, on pourrait produire un véritable champ d’énergie magique.

L’élaboration d’une théorie correcte régissant les réactions alchimiques sera ensuite nécessaire. Sans rien de physique à observer, ce sera difficile, voire impossible. Mais si on pouvait retrouver des potions qui ont existé autrefois ou, mieux encore, obtenir l’aide d’un magicien capable de créer des potions, alors peut-être pourrait-on établir des théories.

Il faudra aussi trouver pourquoi certaines personnes peuvent interagir avec l’énergie magique et d’autres pas. La raison la plus probable, c’est un marqueur génétique qui permet de servir de récepteur à l’énergie. Ce marqueur est enfoui quelque part dans notre patrimoine génétique, il faudrait simplement trouver comment l’activer. Mais les conséquences d’une telle activation seraient aussi imprévisibles que diverses et dangereuses.

Mais je suis triste de devoir terminer en écrivant qu’il existe une faille fondamentale à tout ça. Si on suppose que la magie existe, alors comment est né le premier magicien? Comment a-t-il procédé pour déterminer quelles incantations utiliser, quels ingrédients combiner, sans aucune connaissance scientifique? Peut-être a-t-il bénéficié de l’aide d’une entité extra-planaire ou extra-terrestre, mais alors pourquoi cette même entité ne nous a-t-elle pas apprise, à toute l’humanité, comment traiter des problèmes bien plus fondamentaux que savoir lancer des sorts ou créer des potions? Même si, sur le plan théorie, on peut imaginer l’existence du mana et des réactions alchimiques, il faudra des siècles et des siècles d’analyse et d’expérimentations avant de pouvoir établir des fondements théoriques assez solides pour faire quelque chose de fiable avec ça. Alors c’est pour cela que j’ai bien l’impression qu’on pourra continuer autant qu’on veut à rêver de magie, mais on ne pourra pas en voir, encore moins en faire, de nos vivants.

Spéculations métaphysiques

Que se passerait-il avec l’âme d’un être humain qui se ferait cloner? Je me suis posé cette question tout récemment et les réponses que j’ai trouvées en y réfléchissant sont toutes aussi diverses qu’intéressantes. Bien entendu, tout ce qui suit suppose que l’être humain possède une entité métaphysique immatérielle qu’on appelle communément une âme. Si cette hypothèse fondamentale est fausse, eh bien ce qui suit ne tient plus la route.

Alors on va supposer pour ancrer la réflexion que la structure moléculaire, atomique ou quantique du corps humain forme en quelque sorte une balise, une ancre à laquelle l’âme peut s’attacher. Si, par un processus que je ne connais pas, on pouvait reproduire cette structure, alors deux phénomènes pourraient survenir.

D’abord, si la reproduction est imparfaite, ce qui arrivera sans doute avec les premières expériences de clonage humain, alors l’âme sera incapable de s’ancrer sur la copie. Elle restera tout simplement attachée à l’original et la copie sera un être sans âme. Les conséquences de cet état de fait sont à déterminer: absence d’émotions, absence de capacités intellectuelles, capacités créatives diminuées, etc.? On ne sait pas. Dans le cas de la destruction de l’original, il se peut que l’âme se rattache au clone en guise d’ancre de secours ou, si la copie est de trop mauvaise qualité, se retrouve privée de lien matériel. Une âme détachée se retrouve soit errante et devient ce qu’on appelle communément un fantôme, ou bien se voit attirée vers un autre plan, fort probablement l’astral, ce qu’on appelle l’au-delà. Au moins, dans ce cas, la destruction du clone ne devrait en aucun cas impacter l’original.

Si, par contre, la copie est parfaite, alors l’âme se retrouve dans une situation ambigüe, avec plusieurs ancres matérielles possibles. Je ne pourrais dire, alors, ce qui va se passer. Une première possibilité est que l’âme reste attachée par défaut à l’original. Pourquoi migrer vers une autre attache matérielle si l’actuelle convient déjà? Bien entendu, la destruction de l’original forcera l’âme à migrer.

Une expérience très intéressante à tenter serait de détruire l’original pour faire migrer l’âme vers une copie, puis reconstruire l’Original pour voir si l’âme va rester dans la copie ou bien retourner dans l’original. Bien entendu, je ne suis pas volontaire pour la tenter sur moi!

Une seconde possibilité est que l’âme puisse se fragmenter. Alors, elle se répartira entre les différents clones disponibles. Les conséquences sur les capacités physiques, intellectuelles, émotionnelles, métaphysiques, etc., des clones affectés, est aussi inconnue qu’intéressante. Cela pourrait inclure le partage de pensées, d’émotions ou la répartition, entre les copies, des capacités liées à l’âme. L’effet de cette répartition devrait s’accentuer avec le nombre de copies. En effet, pourquoi se limiter à deux? Tant qu’à se faire cloner, autant imiter ce mythique Vol de Mort et se faire sept copies, ah puis non, 13, ce serait mieux!

Enfin, il se peut que l’âme, plongée dans un état de confusion métaphysique, se retrouve à alterner entre les différents clones. Les conséquences d’une telle oscillation seraient aussi imprévisibles qu’intéressantes à analyser.

Il est également à envisager que certains procédés puissent exercer une influence sur le plan métaphysique, permettant de mieux contrôler l’avenir de l’âme avant, pendant et après le processus de clonage. Le plan métaphysique est fortement lié à ce qu’on appelle la magie des arcanes qui puise son énergie dans le mana. Plusieurs récits fantastiques s’accordent pour stipuler que la magie perturbe l’énergie électrique ou magnétique. De la même façon que l’électricité influence le magnétisme, il est possible que l’électricité ou le magnétisme puissent influencer la magie et le plan métaphysique. Alors peut-être pourrait-on former un champ d’énergie électro-magnétique permettant de contrôler l’âme pendant le clonage pour qu’elle se comporte de la façon qu’on veut.

Sombre spectacle électronique

Vendredi, 20 novembre 2015, je suis allé au Bleury pour assister à un spectacle de musique électronique. Voici le récit d’une sortie qui pourrait être banale pour le commun des mortels et qui s’est transformée pour moi en une aventure. Il n’y a rien eu là de bien méchant et de dramatique, rien de comparable à mon vol de portefeuille l’été dernier, mais je crois que ça vaut la peine de le raconter.

Tout a commencé jeudi quand ma belle-sœur m’a transmis un message qu’elle a reçu à propos de spectacles de musique électronique dans différents bars de Montréal. Il y en avait le jeudi, le vendredi et le mercredi suivant. J’ai regardé ça, aucun artiste que je connaissais, et aucun lieu non plus, à part le Salon d’Arts Technologiques où j’étais allé pour le passage de la librairie ambulante Le Buvard, mais le spectacle commençait à 22h au lieu de 21h et le prix des billets à la porte: NC. Mais c’est quoi NC? Il fallait idéalement réserver d’avance et je n’étais pas certain d’y aller, me sentant fatigué après une semaine de travail marquée par de multiples préoccupations, incluant un affreux bogue d’intégration qui m’a occupé pendant près de deux jours!

Mais d’un côté, je me disais depuis un certain temps avoir envie d’aller voir un spectacle de musique électronique. C’était peut-être ma chance, il me fallait la saisir d’une façon ou d’une autre. Ce serait peut-être toujours tard le soir, dans un bar ou une salle de spectacle inconnus. J’étais bien chanceux que ce soit à Montréal, au Québec même. Souvent, ai-je découvert, faut aller aux États-Unis pour voir ce genre de prestations, surtout celles des plus grands comme Infected Mushrooms, Deadmau5, etc.

Bon, on va y aller avec le Bleury, relativement proche du bureau. J’ai bien entendu fait mes devoirs et regardé sur Google Maps: ok, proche de la station Place des Arts, juste à marcher un peu. En regardant de plus près, je découvris que les portes ouvraient à 21h et le premier artiste, Kris Guilty, commençait à 22h. Il y avait un deuxième artiste, Borrowed Identities, qui commençait à 0h30! Watatatow! Celui-là, pensai-je, on va l’oublier. Si je reste si tard, je serai pris là. Je sais depuis des lunes qu’on ne peut pas revenir facilement du centre-ville après la fermeture des métros à moins de posséder cette affreuse chose à quatre roues qui a tout le temps soif et qui sépare les voyants des non voyants.

Me rendre là-bas s’est relativement bien passé, à part un peu de tâtonnement. Il m’a fallu trouver la rue Président-Kennedy, puis Bleury, et puis marcher vers Sherbrooke. Je me suis trompé de direction sur Jeanne-Mance, m’en allant vers Sainte-Catherine plutôt que Président-Kennedy, et passé tout droit sur Bleury, m’en allant vers Sherbrooke. Mais j’ai fini par l’avoir et entrer. Mais je n’ai pas pu être totalement sûr d’être au bon endroit avant de franchir la porte. Il devait y avoir un panneau, une affiche, une enseigne, quelque part, mais je ne l’ai jamais vu.

Quand je suis rentré là-dedans, il faisait tellement noir que je ne voyais presque rien! On m’a demandé si je venais pour l’événement et de payer l’entrée: 20$, bien que c’était indiqué 17$ sur le site. Eh ben. Il faisait tellement noir que je ne voyais pas mes billets. Mais au moins, je savais que je n’avais pas de billets supérieurs à 20$, donc aucune crainte de donner par erreur un 50$ ou un 100$ et me faire fourrer par une personne malhonnête. Ce serait vraiment méchant de faire ça à un déficient visuel, mais c’est parfaitement possible sur le plan théorique!

Alors mon étampe apposée sur le poignet, je suis entré plus loin. Je ne voyais toujours rien à part ce qui semblait soit une table pour s’asseoir, peut-être une table de pool, peut-être le bar. Je me suis approché, avec précaution pour ne pas prendre une plonge quelque part. Ok, c’était le bar. Peut-être vais-je avoir du mal à revenir là, alors aussi bien me procurer une bière tout de suite. Rendu là, je commençais à voir un peu pour trouver mes billets.

La chose faite, j’ai entrepris de me trouver un endroit où m’asseoir et y rester jusqu’à ce que le spectacle commence ou au moins mes yeux s’habituent un peu à la pénombre. En avançant en direction opposée au bar, j’ai cru remarquer des tables. Je me suis approché, et constaté que c’étaient de petites tables basses dans lesquelles j’ai été chanceux de ne pas me cogner, des plans pour renverser plusieurs bières et faire tomber des bougies! Il n’y avait pas de chaises, en tout cas je n’en ai pas vues. Mais il y avait des sofas où on pouvait prendre place. Je me suis installé là, marchant toujours lentement pour éviter l’accident du siècle, enlevé mon manteau et posé ma cane à côté de moi, sur le sofa, pas par terre, car il y a moyen de se la faire kicker on ne sait où par quelqu’un qui passe! Ça ne m’est jamais arrivé personnellement, mais ma belle-sœur m’a fait penser à cette possibilité un soir que nous étions à l’Escalier pour admirer les performances de Balkan Kafana dans lequel mon frère a joué de la basse pendant quelques mois.

Après m’être assis, je cherchai et trouvai un endroit relativement sûr où poser ma bière: une petite table basse. Il restait quinze minutes avant le début du spectacle. Je bus quelques gorgées de bière et essayai de répondre à ma belle-sœur qui avait des problèmes avec ses photos sur son Mac. Bien évidemment, ce que je pus faire ce soir-là à propos de ces photos est très limité! Je fus tenté de faire quelques recherches sur Internet en attendant le début du spectacle, mais je m’en abstins. Il ne me fallait pas brûler la batterie de mon téléphone, dont je pourrais avoir besoin pour rentrer chez moi (Google Maps, ou appeler un taxi).

Quelques minutes passèrent avant que quelqu’un ne vienne avertir les clientes assises sur le même sofa que moi qu’un événement allait débuter et qu’en gros, elles allaient devoir partir ou payer pour y assister. Me doutant que ce gars-là connaissait bien l’endroit, j’en profitai pour savoir où étaient les toilettes, un autre élément qui peut devenir important à un moment ou à un autre durant la soirée. J’ai découvert qu’il vaut mieux trouver ça au début, avant le spectacle, car plus la soirée avance, plus il y a du bruit et plus il est difficile de demander ça et obtenir une réponse.

Pour soulager mon besoin, je dus amener ma bière avec moi, ne pouvant prendre le risque de la laisser là sur une table. Quelqu’un pouvait trop facilement mettre de quoi dedans. Encore une fois, je n’ai jamais vécu cela personnellement, mais j’ai entendu de très mauvaises histoires là-dessus, dont un oncle qui s’est fait droguer à son insu et ne s’en est jamais complètement remis. Seul dans un bar, je ne peux pas prendre trop de risques. Heureusement, il y avait une meilleure luminosité dans les toilettes que dans le reste du bar. J’eus du mal à trouver un endroit où poser ma bouteille de bière pour ne pas risquer de l’échapper. Le premier endroit que je trouvai me sembla vite très instable. J’eus plus de chance sur l’urinoire, mais j’avais encore des doutes. Par chance, la bouteille ne tomba pas.

De retour à ma place, où j’avais laissé mon manteau, j’attendis que ce spectacle commence. J’entendis alors des gens parler à propos de l’artiste qui ne semblait pas être arrivé. On semblait se demander s’il allait même se présenter. Ah non, pas pour vrai! Dis-moi pas que j’ai fait ça pour rien! Peut-être que oui…

J’attendis, attendis. Un moment donné, j’allai me chercher une deuxième bière. Un peu plus tard, j’entendis des gens arriver et s’excuser du retard: il y avait eu le trafic typique montréalais. Peu après, la musique changea, sembla plus rythmée et le volume augmenta. Mais je n’étais même pas sûr que le spectacle avait commencé. Personne n’avait rien annoncé.

La place est pas mal bien. L’aspect lounge du lieu, avec les sofas et le bar au centre, crée une ambiance décontractée. J’ai fini par m’habituer à la pénombre et y voir un peu. Je n’irais certes pas là pour juste prendre une bière pour le fun, il y a pour cela des endroits plus proches de chez moi, mais je suis content d’avoir découvert ce lieu malgré tout.

Un moment donné, quelqu’un, probablement le gars qui m’avait aidé à trouver les toilettes, est venu me voir et me demander si j’avais besoin de quoi que ce soit. Il me dit qu’il était le gérant de la place. Excellent, vaut mieux l’avoir comme allié que comme ennemi celui-là!

Je dirais que le spectacle a bien eu lieu, car ce qui joua là ressemblait fort à un set de DJ: de la musique en continue, non stop, avec des enchaînements doux entre différents rythmes. Mais plutôt que me faire bouger et danser, cette musique-là accrut mon épuisement. Peut-être ça aurait pu être bon avec un ami, dans une autre situation, en meilleure forme, mais ce soir-là, ça ne me fit pas de bien. C’était de la musique électronique de style house. Peut-être aurais-je été mieux avec du trance, peut-être pas, on ne sait pas.

Je songeai à de multiples reprises que le spectacle de 0h30 devait être meilleur, que là ça commencerait à bouger vraiment. Je trouvai ça bien dommage, car j’étais trop fatigué pour rester si tard et je serais pris là, après, car il n’y aurait plus de métro.

Je suis parti de là peu avant minuit. J’ai eu un peu de mal à trouver la sortie, mais j’y suis parvenu. Un dernier obstacle se dressa entre ce bar et chez moi: le froid. Il faisait 3 degrés rendu là. C’était correct si je restais en mouvement, mais je me fis bloquer par des feux de circulation, au point où je finis par grelotter. Mais par chance, j’ai atteint la station Place des Arts sans tâtonnement excessif et j’ai ainsi pu rentrer chez moi.

La machine distributrice

Rendu à la station Bonaventure, en route vers Chambly pour un souper de famille, je commençais à avoir super faim. J’ai alors voulu me prendre un petit sac de chips pour pouvoir tenir sans virer fou jusqu’au moment où on soupe, possiblement tard parce qu’on allait attendre quelqu’un ou le repas. Obtenir le sac a été un véritable chiarre.

D’abord, j’ai dû examiner la machine distributrice pour trouver le numéro du sac que je voulais: 207, pour un sac Lay’s au BBQ. Pour ça, il n’y a pas de magie, il faut être un peu chanceux et regarder. Les numéros auraient pu être trop petits, me laissant avec aucune solution simple. Bon, j’aurais pu pousser jusqu’à prendre une photo avec mon téléphone, zoomer à mort et examiner ça, mais là franchement ça commence à faire compliqué pour avoir un simple sac de chips! Par chance, je n’eus pas besoin d’aller aussi loin.

Bon, compartiment à monnaie, il y avait un 1 clignotant en bleu dessus. J’insérai une pièce que je croyais être un 2$, ce qui activa un clavier de type téléphone dont les numéros clignotaient en bleu. Logique, faut entrer le code du produit qu’on veut. On y va!

J’entrai le 207, puis appuyai sur le bouton juste à droite du zéro, encore une icône sans aucun sens pour moi. Mais habituellement, à droite du 0, c’est un OK ou un Enter, alors logiquement, ça va fonctionner, me dis-je. Mais la machine se contenta d’émettre un petit son, et puis semblait se réinitialiser, ignorant ma requête. Après avoir appuyé sur le bouton, les chiffres s’éteignaient.

J’essayai deux ou trois autres fois d’entrer le code: même résultat. Après un certain temps, au moins une minute d’essais, je découvris un affichage ACL au-dessus du compartiment à monnaie. Ce dernier m’indiquait que mon achat coûtait 1.50$. Soit j’avais inséré une pièce de 1$, soit la maudite cochonne avait considéré ma pièce de 2$ comme un 1$. Un peu choqué et tanné, j’ajoutai deux pièces de 0.25$ et essayai encore. Je n’obtins qu’un message indiquant qu’aucune monnaie n’était rendue sans achat. Mais voyons! L’affichage ACL indiquait les chiffres entrés, ce qui me permit au moins de m’assurer que la machine recevait bien le code que je lui tapais!

Parfois, quand j’essayais d’entrer le code, la machine recevait un chiffre plusieurs fois, accroissant ma frustration. J’ai fini par découvrir un X rouge à gauche du zéro; cela permettait d’effacer le code et le corriger. Mais bien que je pouvais à présent vérifier, sur l’affichage, que j’avais entré le bon code, rien ne se passait quand j’appuyais sur le bouton à droite.

J’ai fini par me choquer, de plus en plus certain que cette maudite machine était défectueuse et s’était contentée de bêtement manger mon argent sans rien me cracher en retour! Mais par chance, avant de repartir en maudit, je découvris un bouton OK en-dessous du clavier numérique, qui s’illuminait après que j’aie entré le code. BON! J’appuyai là-dessus et quelque chose sembla ENFIN se produire. Ok, alors le bouton à droite du zéro est pour rendre la monnaie. Mon achat fait, j’appuyai dessus, mais rein ne se passa. Par contre, l’appareil n’avait pas de monnaie à me rendre: j’avais inséré 1.50$ et fait un achat de cette valeur.

Le sac, je finis par l’avoir; c’est quelqu’un qui vit que j’avais de la misère et m’aida à trouver le compartiment où il était. Mais j’étais rendu au bout du processus à ce point-là: trouver le compartiment de sortie aurait été une question de quelques secondes supplémentaires!

Rendu à ce point-là, je me suis dit que ça aurait été bien plus simple d’aller acheter ça dans un dépanneur ou me prendre un Pretzel au complexe Les Ailes en sortant du bureau! Quelle affaire de fou! Le sac de chips au moins m’aida à me rendre au souper sans devenir grognon et désagréable.

Un mystérieux problème de pression d’eau dans la douche

Lundi, 3 août 2015, l’installation de mon nouveau chauffe-eau par Hydro Solutions a eu lieu. Cette opération était obligatoire dans mon projet de condo en raison des risques accrus de bris après dix ans pour un chauffe-eau. Pour éviter une explosion des coûts d’assurance déjà élevés, il faut tout faire ce qu’on peut pour réduire les risques de dégâts d’eau!

Le remplacement s’est bien passé, à part quelques difficultés à vider l’ancien chauffe-eau; la valve de sortie était bouchée. Je ne sais pas comment ils  sont parvenus à régler ça, mais ça a fini par se vider. Le nouveau chauffe-eau fonctionna de sorte que j’ai eu de l’eau chaude environ une heure après l’installation.

Casse-tête

Malheureusement, une petite surprise m’attendait lorsque je voulus prendre ma douche le soir venu. La valve du robinet de ma douche s’est toujours comportée de façon étrange. Je me serais attendu à ce qu’à mi-course, elle me fournisse de l’eau tiède. En lieu et place, j’obtiens d’abord de l’eau trop froide qui met parfois vingt secondes à devenir tiède! Et puis elle devient trop chaude de sorte qu’il me faut tourner le robinet vers la droite, parfois presqu’au minimum, pour enfin ravoir de l’eau tiède. On ne saura jamais si c’est un défaut de fabrication, la valve qui est de mauvaise qualité, un réglage incorrect, etc.

Mais ce soir-là, ce fut pire. Au début, il y a eu de l’air dans le tuyau, puis ça s’est placé. Puis la pression s’est mise à diminuer de sorte que je ne pouvais plus utiliser certains jets de la douche téléphone. J’ai fini par me rendre compte que si je tournais le robinet vers la gauche, l’eau devenait super chaude et j’avais la pression normale. Pour ravoir de l’eau tiède, je devais tourner le robinet au minimum et obtenais peu de pression.

Comme le réseau de canalisations a été ouvert pour remplacer le chauffe-eau, il me semblait parfaitement possible que quelque chose, comme un morceau de bois ou de soudure, voire une vis, se soit coincé dans un tuyau et ait atterri à l’entrée de ma valve de douche. Mais ça ne pouvait pas impacter l’eau froide, qui n’a pas été affectée par l’intervention, à moins que je n’aie pas tout compris ce qui s’est passé là! Ça aurait dû être l’eau chaude qui cause problème, ou la pression globalement. Je me rappelai à Chambly, chez mes parents, après que le plombier ait passé les tuyaux d’eau chaude et d’eau froide pour le garage. Le lavabo dans la salle de bain ne fonctionnait plus bien, jusqu’à ce que mon père dévisse le grillage du bec du robinet pour en faire sortir un petit bout de bois. C’est peut-être la même chose, pensai-je, mais pourquoi l’eau froide? Tout portait à croire que la morceau s’était coincé dans la cartouche du robinet, ce qui demanderait pas mal de gossage pour l’en faire sortir. Au mieux, il faudrait, pensai-je, sortir la cartouche de là et la secouer. Mais il n’était pas à exclure que la démonter, voire la remplacer, soit nécessaire! Et pour sortir cette damnée cartouche de là, il se pouvait qu’on soit obligé d’aller la chercher par en arrière, ce qui impliquerait de défoncer le mur dans le passage entre la cuisine et ma chambre. La réparation du trou que ça causerait nécessiterait des semaines de travail à temps perdu auquel je ne pourrais pas vraiment contribuer sans tout gâcher.

J’ai passé la semaine à me gratter la tête sur ce problème! Des recherches sur Internet m’ont appris la technique générale pour remplacer la cartouche: ôter la poignée, retirer le disque recouvrant le mécanisme en ôtant les deux vis, puis ôter un cache-cartouche, et enfin défaire les écrous unissant la cartouche au corps du robinet ou au réseau de tuyaux. Mais les informations n’étaient pas tout à fait claires et surtout, aucune des image ne correspondait vraiment à mon robinet. Cela me laissait croire que le robinet ressemble effectivement à ces images, mais la majeure partie du mécanisme est dans le mur, derrière le panneau de la cabine de douche! J’ai trouvé ça tellement choquant que ce soit si mal fait que je ne sais pas encore comment réagir!

Est-ce que je possède un robinet mitigateur, une valve thermostatique ou est-ce que ces deux termes sont synonymes? Je ne peux pas le savoir exactement. En tout cas, ce que je sais, c’est que plus je faisais de recherches sur le sujet, plus ça m’embrouillait l’esprit et plus je voulais continuer à chercher pour essayer de trouver, et m’embrouillais encore et encore plus!

Si je pouvais découvrir le modèle de ce robinet, peut-être pourrais-je obtenir enfin quelque chose de plus spécifique. Même ça me fut impossible à trouver. Je ne trouvai aucune mention du numéro de modèle sur le robinet, la poignée, etc. Ça doit encore être écrit en arrière! On dirait à présent que c’est une nécessité, pour être propriétaire, d’être prêt à démolir et reconstruire des murs, refaire de la peinture tout le temps et puis recommencer un an après dans une autre pièce. Bien entendu, il aurait fallu garder la facture du robinet, mais ce sont les anciens propriétaires qui l’ont acheté, et ils ne m’ont jamais donné cette facture-là de sorte qu’elle a dû être perdue quelque part on ne sait où.

Vendredi soir, un nouvel élément s’est ajouté. Quand j’ai pris mon bain, j’ai constaté que je ne pouvais plus obtenir d’eau froide après que l’eau ait coulé un certain temps. Au minimum, le robinet me donnait de l’eau tiède. Le problème ressemblait à celui de la douche, en moins pire. Je me suis questionné quant à la possibilité que le tuyau soit bouché, me suis demandé comment on pourrait faire pour le débloquer sans ouvrir les murs, trouver où ça ne passe plus, couper et puis reconnecter avec une jonction. Peut-être existe-t-il des solutions liquides qu’on pourrait faire circuler dans le tuyau et qui dissoudraient certains éléments solides? Peut-être si on souffle de l’air comprimé là-dedans? Mais il faudrait limiter la pression pour ne pas faire éclater les tuyaux, surtout s’ils sont en PVC. Faudra que je confie ça à mon père, ça c’est certain, pensai-je. De toute façon, je n’ai pas de compresseur, lui en a un pour alimenter des outils pneumatiques. Et puis je me suis rappelé que c’était l’eau froide qui était problématique, pas la chaude, et les gens d’Hydro Solutions n’avaient aucune raison d’ouvrir le circuit d’eau froide!

Comme seuls le bain et la douche causaient problème, je me suis mis à jongler sur la possibilité que ces valves soient plus sophistiquées que celles des autres robinets, capables de réguler la température. Si la valve s’attend à recevoir de l’eau chaude à telle température et la reçoit plus chaude ou plus froide, peut-être va-t-il réagir en réduisant la pression? Ce serait à creuser, pensai-je. Idéalement, il faudrait recalibrer ces valves-là pour qu’elles fonctionnent normalement, mais au pire, on peut aussi réajuster la température du chauffe-eau, quoique trouver le thermostat va me demander un peu de temps.

Tentative d’exploration

Dans tous les cas, me dis-je, obtenir plus d’informations au sujet de cette valve me serait bien utile. Si je pouvais trouver le modèle, au moins ça permettrait à mes parents de m’aider à obtenir la cartouche, s’il fallait en bout de ligne la remplacer. Je pourrais aussi trouver s’il y a des réglages de température qu’on peut faire, pour remettre cette valve en synchronisation avec le nouveau chauffe-eau, et pourquoi pas tant qu’à faire, en améliorer le fonctionnement.

Mais pour ça, il me fallait ôter la poignée du robinet, ce qui nécessitait une clé Allen que je n’avais pas. Samedi matin, 8 août 2015, je suis allé chez Rona avec la poignée du robinet de mon bain, qui s’enlève facilement depuis que j’habite ce condo; on n’a jamais réussi à lui serrer la vis! Ça prenait une clé Allen qu’on n’avait pas, espérons-le la même que celle qu’il me fallait pour la douche. Alors chez Rona, j’ai pu obtenir un jeu de clés Allen métriques et l’une d’elle faisait. J’ai ainsi pu resserrer la vis de ma poignée de bain.

La poignée de douche, par contre, me posa plus de difficultés. D’abord, la clé Allen sembla s’ajuster, mais elle s’est mise à tourner dans le beurre. Pourtant, la poignée était bien fixée en place, impossible de la retirer sans risquer de casser de quoi! J’ai essayé avec d’autres clés: ça tournait dans le beurre, c’était trop petit, c’était trop gros. J’ai essayé avec un tournevis, avec une autre clé Allen que j’avais eue avec un meuble, encore avec la première clé, en vain. Coup donc, se pourrait-il qu’elle soit collée? Mais pourquoi???

Un moment donné, j’ai brassé un peu la poignée de l’avant vers l’arrière et elle a commencé à bouger, puis j’ai pu l’enlever complètement. Elle était coincée, peut-être à cause du calcaire. Mais là je l’avais! La photo suivante montre de quoi ça avait l’air rendu là.

DSC04163

Prochaine étape: retirer les deux vis. Cela n’a posé aucune difficulté et m’a permis d’ôter le disque de métal protégeant le mécanisme interne du robinet. Ce qui se trouvait derrière m’a fait un peu peur et reculer. Ça ressemble à la figure suivante.

DSC04164

D’abord, on remarque au bas du cercle un spot de colle ou de silicone, laissant croire que j’ai cassé un joint d’étanchéité en ouvrant ça.  Est-ce que ce joint est vraiment nécessaire? Il semble avoir été fait de façon artisanale, un peu n’importe comment, ou bien il a fondu, sinon il couvrirait tout le diamètre du cercle à peu près uniformément. Sous cette colle, on remarque des inscriptions que je ne suis pas parvenu à déchiffrer. Je n’ai pas osé gratter la colle, car peut-être même cassé, le joint sera utile. Je n’ai pas les ressources pour le refaire, mais probablement que mon père le pourrait, s’il le fallait.

En haut du disque, on remarque le mot WALL. Serait-ce la marque du robinet? J’ai cherché, en vain. Il y avait aussi le mot THIS écrit. Pourquoi? Au centre du disque, là où se trouve la poignée, se trouve un cercle rouge avec une encoche. Serait-ce un réglage de température? Mais si oui, pourquoi n’est-il pas accompagnée d’une indication, voire d’une jauge graduée? Ne sachant que faire, je n’ai pas tenté de faire pivoter l’encoche rouge. J’ai aussi coupé l’eau pour éviter des dégâts, et j’avais pris soin de placer une serviette sur le trou d’évacuation de l’eau vers les égouts, au cas où une vis tomberait par terre.

J’ai aussi remarqué deux écrous qui retenaient l’assemblage à quelque chose en arrière du panneau. Mais comment Diable pourrait-on retirer ces écrous si c’était nécessaire? Le seul outil que j’ai pour ça, une clé réglage, serait parfaitement inefficace, à moins de tout casser le panneau pour que ça puisse passer. Je me souvenais vaguement avoir entendu annoncer un outil permettant de dévisser des écrous difficiles d’accès, mais je ne parvenais pas à trouver le nom de cet outil, encore moins le courage d’essayer de me le procurer et de m’en servir! De toute façon, était-il vraiment nécessaire d’ôter ces écrous? Et si je le faisais et ne pouvais plus les remettre, après, je risquais de ne plus pouvoir rallumer l’eau jusqu’à ce que ce soit réglé. Dépassé, un peu découragé, j’ai tout fermé ça.

Pendant le remontage, les deux vis tombèrent par terre, ce qui accrut mon exaspération et ma frustration. Je n’ai pu retrouver qu’une seule des deux vis. La deuxième a demandé plusieurs minutes de recherche, mais j’ai fini par l’avoir.

Qu’en est-il de la poignée? Eh bien la clé Allen a ôté une petite vis qui est tombée dans le boîtier. J’ai réussi à la retrouver en secouant un peu la poignée et puis la remettre à sa place. Puis j’ai remis la poignée là où elle devait être.

Ce soir-là, je n’ai pas osé prendre de douche. J’avais trop peur qu’à cause du joint brisé, que ça frise partout dans le mur et que le voisin d’en-dessous vienne me servir une engueulade et qu’ensuite, l’administration de mon projet de condo me fasse des misères, m’accusant de négligence et me considérant entièrement responsable du dégât? La possibilité que les assurances refusent tout remboursement me hantait, me mettant à la torture.

Le thermostat

Je n’ai certes pas pris de douche samedi soir, mais j’ai pris un bain. En observant de nouveau le comportement du robinet, j’ai repris confiance en mon hypothèse de température du chauffe-eau. J’ai confirmé, en consultant le manuel de l’appareil sur le site de Giant, que la température par défaut était 60 degrés Celcius. Quelle était la température de mon ancien chauffe-eau? Je me souvenais vaguement que mon père avait regardé quand il avait changé un élément, en 2009, c’était quelque chose comme 54 degrés. Comme on ne peut pas de façon fiable réajuster ces maudites valves sans risquer de faire pisser de l’eau partout dans les murs ou devoir tout casser d’une façon ou d’une autre, on va essayer avec le chauffe-eau. J’ai en fait honte de ne pas avoir tenté ça en premier! Mon perfectionnisme m’aura une fois de plus causé d’inutiles tracas.

Alors dimanche matin, j’ai coupé le courant et ôté la vis du panneau d’accès de mon chauffe-eau. Ce que j’ai trouvé là était plus effrayant encore que le robinet. Il y avait plein de vis, plein de fils, des fils qui semblaient retenus par des vis, mais surtout, pas de thermostat.  J’ai cherché ça longtemps, ce maudit thermostat-là, au moins vingt minutes, sinon plus. J’ai pris des photos et regardé ça sur l’ordinateur, j’ai pris d’autres photos, ça n’en finissait plus! L’image suivante montre de quoi ça avait l’air une fois ouvert.

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Le thermostat était difficile à trouver, car il était dissimulé derrière un fil! J’ai fini par remarquer  ce qui ressemblait à OFF, mais c’était en fait une température en degrés Fahrenheit, sous laquelle il y avait l’équivalent en Celsius. L’échelle était plutôt approximative, seulement trois valeurs fixes: 32 degrés, 52 degrés et 66 degrés! Après encore un temps fou, j’ai fini par trouver une flèche pointant entre 66 et 52, genre 60 degrés. AH! Obtenir une image de ça pousse décidément mon appareil-photo à ses limites, mais la voici malgré tout.

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Ensuite, il m’a fallu trouver où faire entrer le tournevis plat. J’ai fini par l’avoir et par faire pivoter la vis de sorte que la flèche a bougé vers le 52 degrés.

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La chose faite, j’ai remis en place le panneau, posé la vis et puis remis le courant. Il fallut attendre le soir pour que l’eau refroidisse un peu afin de tester la douche, mais cela ne produisit pratiquement aucun effet.

D’autres tests

Lundi soir, j’ai tenté de couper l’eau froide et tester le robinet. En position minimale, je n’avais presque pas d’eau. En position maximale, l’eau chaude coulait. Après ce test, ça avait l’air un peu mieux, mais ce n’était pas parfait, loin de là. Découragé, suivant la suggestion de mon père, j’ai tenté de téléphoner chez Hydro Solutions mardi matin et je n’ai obtenu que peu de progrès. Comme le problème était localisé à un robinet, ce n’était pas le chauffe-eau si bien que la garantie ne s’appliquait pas à ça. Le gars m’a suggéré d’enlever mon pommeau de douche et faire couler l’eau, car peut-être des débris s’étaient coincés dans le pommeau.

J’ai essayé cela mardi soir. La pression de l’eau froide était certes plus faible que celle de l’eau chaude, avec le pommeau ôté, mais l’eau froide coulait plus qu’avec le pommeau. Remettre en place la douche téléphone a demandé trois essais. La première fois, ça coulait au niveau du joint entre la partie fixe de la douche, vissée au mur, et le raccord l’unissant au tuyau flexible de la douche téléphone. La seconde fois, ça coulait un peu moins, mais ça coulait quand même, cette fois au niveau du raccord entre la jonction et le tuyau flexible. De plus, le pommeau ne tenait plus, car la jonction n’était pas suffisamment serrée. La troisième tentative fut la bonne et la pression avait l’air pas mal mieux après!

La touche finale

Jeudi, 13 août 2015, mon père m’a rendu une petite visite et a vérifié les derniers détails. D’abord, il m’a montré l’emplacement du second thermostat du chauffe-eau. Eh oui, il y en avait un deuxième! Il y en a un par élément. J’aurais pu le chercher très très longtemps, car il était dans un second panneau, en bas du premier que j’avais ouvert. Je n’avais pas pensé chercher un autre panneau! Nous avons ajusté les deux thermostats de sorte à ce que la température soit comme avant, avec l’ancien chauffe-eau.

Puis mon père a trouvé comment ajuster le robinet! Là où j’avais remarqué des écrous samedi passé, il y avait des vis au-dessus qu’on pouvait faire tourner pour ajuster le débit d’eau froide et d’eau chaude. Mon père a fait pivoter la vis de l’eau froide pour refermer le débit puis l’a rouverte, ce qui a mystérieusement débloqué le robinet complètement! Après ça, la pression était enfin normale!

Conclusion

En résumé, il aura fallu réajuster la température de mon chauffe-eau, vérifier que la douche téléphone n’était pas bloquée par des débris et réajuster la température du robinet, ce qui en a débloqué son mécanisme interne. Sans problèmes du passé, je n’aurais pas pu mener cette investigation aussi loin que je l’ai fait; j’aurais été obligé d’attendre que mon père vienne tout arranger.

En particulier, c »est grâce au problème avec mon élément de chauffe-eau, en 2009. D’abord, c’est à ce moment-là que j’ai vu comment mon père a ôté la porte de la salle de lavage; il m’a fallu l’enlever pour que les gars d’Hydro Solutions viennent installer le chauffe-eau. C’est aussi lors du remplacement de l’élément, en 2009, que j’ai appris l’existence du thermostat et le moyen approximatif de le régler. Pas sûr que j’aurais pu le retrouver et déchiffrer les inscriptions de températures autour, mais au moins j’avais une idée d’où il était!

Voilà quelques années, j’ai aussi eu des problèmes avec le tuyau de ma douche téléphone qui a fendu. Quand j’ai remplacé le tuyau, l’un des joints d’étanchéité est tombé et je ne l’ai pas remarqué. J’ai été chanceux que ça ne coule pas. Mon père l’a retrouvé et m’a montré où ça allait. Si, mardi passé, je n’avais pas su l’existence de ces petits anneaux de caoutchouc, l’un d’eux serait peut-être tombé, celui par exemple unissant la jonction avec la partie fixe, et ça aurait peut-être coulé tout le temps; je n’aurais pas réussi à stabiliser le système avant que mon père ne vienne jeudi.

Comment je suis venu à bout de ma maudite verrue

L’hypothèse la plus probable est que j’aurais attrapé cette verrue plantaire à la piscine. Elle est restée là quelques temps, car je pensais que c’était un bouton qui partirait un moment donné. C’est un dermatologue, que je suis allé voir pour d’inexplicables taches sur ma peau décelée par mon médecin, qui a confirmé mes débuts de supposition.

Le traitement qu’il m’a proposé, Soluver, n’eut que peu d’effet, outre amocher mon dessous de pied et finir par me faire saigner. On essaya avec du Compound W, l’ancienne blonde de mon frère recommanda du vinaigre d’ail qui n’eut que peu d’effet, je finis même par aller la faire traiter à répétition à l’azote liquide à la clinique Joliette près de chez moi. En vain!Elle semblait rétrécir, mais il en restait toujours. Il finit par y en avoir deux puis trois. Les bébés verrues furent détruites par l’azote liquide, mais pas la maman verrue. Un bébé verrue se forma même sur mon doigt un moment donné, mais lui aussi fut tué à l’azote liquide.

Un deuxième dermatologue, qui exerçait à Montréal au lieu de Chambly, regarda ça et me recommanda du Soluver aussi. Mon médecin recommandait de la faire traiter à l’azote liquide par un dermatologue. Bref, c’était parti pour ne jamais finir.

Ce que j’ai fait pour en venir à bout est à la fois créatif et risqué. C’est une combinaison de raisonnement logique et de plusieurs idées de traitement. Au cas où ça pourrait servir, je me suis dit que ça vaudrait la peine de consigner tout ceci ici. Je ne prétends pas du tout que c’est une recette miracle qui va toujours fonctionner, mais dans mon cas, ça m’a aidé.

  • D’abord, chaque jour, rigoureusement, j’appliquai du Soluver. En raison de ma déficience visuelle, l’opération était un peu plus hasardeuse que pour le commun des mortels. Je ne pouvais pas être certain d’en avoir mis UNIQUEMENT sur la verrue; il en tombait TOUJOURS un peu à côté. J’ai remarqué que le liquide avait tendance à couler si bien qu’avant de l’appliquer, je collais un peu de duct tape en-dessous de la verrue. Comme ça, le liquide coulait sur le duct tape, limitant la propagation.
  • Je me suis tanné d’acheter des pansements pour ça et j’ai fini par mettre du duct tape là-dessus! Je sais, c’est grossier, certains médecins seraient offusqués mais bon, c’est ça que j’ai fini par faire! Le duct tape, ai-je remarqué, avait l’avantage de contenir le Soluver exactement là où je l’avais mis; il ne pouvait pas se propager trop.
  • Après quelques jours de traitement, il fallait normalement gratter avec une lime. J’ai essayé plusieurs fois et peu de peau partait. J’ai fini par y aller avec mes ongles, me mettant à risque d’avoir des verrues PARTOUT! Bien entendu, je me lavais les mains après chaque traitement. Parfois, quand pas assez de bouts de peau partaient, j’y allais avec le bout pointu de la lime.
  • Parfois, j’y suis allé trop dur avec les ongles ou avec la lime de sorte que ça s’est mis à saigner. Mon premier réflexe était d’arrêter le traitement le temps que ça se cicatrise, mais j’ai découvert qu’on pouvait faire mieux que ça: mettre de la vaseline sur les zones où ça a saigné! Le produit bloque le Soluver. C’est un pharmacien qui m’avait donné ce truc, me recommandant d’en mettre autour de la verrue avant de traiter, mais la vaseline empêchait le pansement de bien coller.

Après plusieurs jours de ce traitement, il ne restait plus qu’un cratère sous mon pied, plus de relief. J’ai laissé ça se cicatriser et là, enfin, oui enfin, ma plante de pied était lisse, plus de verrue!

J’espère ne plus jamais avoir à refaire ça! J’espère aussi que certains liront ce texte et auront des idées pour améliorer ce traitement-là, le rendant plus fiable, moins risqué. Mais idéalement, il faudrait trouver un moyen de rendre la surface de la peau inhabitable pour la verrue à traiter… et pour toute autre… Pourquoi pas? Ne pourrait-on pas apprendre, d’une façon ou d’une autre, au corps à lui-même se débarrasser de la chose?

Une baignade qui coûte très cher

Cette année, mes vacances se sont plutôt mal terminées: je me suis fait voler mes culottes avec tout ce qu’il y avait dans mes poches! Cela m’a pris des jours à remplacer tout ce qu’il y avait là et à l’heure où j’écris, ce n’est pas complètement réglé. Cet article raconte l’événement ainsi que le périple qui l’a suivi.

Une choquante découverte

Mardi, 7 juillet 2015, quand je suis revenu au vestiaire après avoir nagé à la piscine extérieure Maisonneuve pour la première fois durant l’été, tout avait l’air correct. J’ai déverrouillé mon cadenas et ouvert la porte de mon casier. J’ai ensuite voulu reverrouiller le cadenas et le mettre dans ma poche de maillot de bain, mais je n’y parvenais pas; le loquet ne s’enclenchait plus. Je suis venu à bout de verrouiller le cadenas en utilisant ma clé. Bon, me suis-je dit, ça doit être parce qu’il est vieux.

C’est après que je constatai l’absence de mon sac contenant mes affaires. J’ai fouillé dans le casier, par terre, encore par terre, mais tout portait à croire que le sac était disparu! Choqué, de plus en plus anxieux, au bord de me mettre à hurler, j’ai cherché dans les casiers à côté, demandé à quelqu’un s’il n’avait pas vu le sac, eh non! Je suis allé voir à l’entrée; ils avaient retrouvé le sac! Mais il ne restait plus, dedans, que mon chandail! Par chance, ma canne et mes sandales étaient restées dans le casier.

Ainsi, on m’a volé mes sous-vêtements, mon parapluie et ma paire de culottes courtes. Dans les poches se trouvaient mon portefeuilles et mon téléphone cellulaire. Avant de céder à la panique, j’essayai de réfléchir à un moyen de me tirer de ce mauvais pas.

Il me faut trouver de l’argent, tout d’abord. Si je rentre chez moi, j’en ai peut-être quelque part, au pire de l’argent US. Ah bien non, je ne pouvais même pas rentrer chez moi: j’avais aussi perdu mon porte-clés! Mon seul espoir me semblait alors de me rendre à la caisse populaire Desjardins sur Bourbonniere.  J’y allai sur-le-champ, sachant qu’elle pouvait fermer bientôt, voire être déjà fermée! Je dus y aller vêtu de mon maillot de bain et de mon chandail, au moins en sandales.

En chemin, j’ai constaté avec un pincement au cœur que j’avais aussi perdu mes nouvelles lunettes, reçues à peine une semaine plus tôt! J’avais utilisé les vieilles dans la piscine mais apporté les nouvelles dans un étui. Le trajet vers la caisse me sembla très pénible. Soit l’anxiété affectait mes systèmes qui permettent l’orientation, soit il y avait plus de gens et d’obstacles que d’habitude. Par chance, la caisse était ouverte, sinon j’aurais été obligé de quêter pour obtenir des pièces de 0.25$; ça aurait été terrible.

Mais je ne pouvais pas, en principe, retirer de l’argent sans ma carte de débit ou au pire mon numéro de compte et une pièce d’identité. J’avais espéré obtenir une nouvelle carte dans une caisse Desjardins. Eh non, il aurait fallu me présenter à ma caisse d’attache, à Chambly! C’est le genre de truc qui, s’il se répète trop, va finir par me donner envie de transférer mon argent dans une caisse ou une banque à Montréal, indépendamment de l’incroyable paquet de trouble que ce sera!

Par chance, on accepta de me laisser retirer 20$ pour me dépanner parce que j’avais mon numéro de compte. Je ne sais pas si j’aurais pu si je ne m’étais pas rappelé du numéro et ne suis pas certain que j’aurais pu retirer plus. Je ne sais pas non plus ce que j’aurais pu faire si la caisse avait été fermée, à part tourner sur moi-même et hurler comme un fou jusqu’à temps que la police m’emporte à l’asile.

Le billet de 20$ en main, je suis allé chez Pharmaprix juste à côté et j’ai réussi à obtenir du change pour pouvoir téléphoner. Je savais qu’il y avait une cabine près de chez moi, en face de l’église du Roi des Rois. Sera-t-elle toujours là? C’est à espérer. Mais avant que je n’aie la chance de vérifier ça, je repérai une autre cabine, près de la Pataterie. J’y allai de ce pas.

La première tentative que je fis: appeler chez Nuance pour savoir si on ne pourrait pas faire quelque chose pour m’ouvrir mon classeur, dans lequel je pensais qu’il y avait un double de ma clé. Malheureusement, je commis une erreur: appeler un collègue plutôt que la réception. Je me heurtai à une boîte vocale. Avec la réception, oui ça aurait peut-être pu fonctionner, mais même si je m’étais rendu au bureau (en maillot de bain rappelons-le!), qu’on m’avait ouvert et qu’on m’avait déverrouillé mon classeur, j’aurais constaté avec un désespoir profond que le double de clé brillait par son absence! J’ai en effet ramené ce double chez moi des mois auparavant pour le donner à mon frère qui avait perdu le sien.

J’ai songé partir en métro et en autobus sur-le-champ pour aller à Longueuil, chez mon frère où j’avais un souper. Mais je n’avais pas envie de passer la soirée en maillot de bain et surtout, je voulais désactiver la télécommande de mon système d’alarme, volée avec le trousseau de clés! Si le voleur réussit à obtenir mon adresse, d’une façon ou d’une autre, ai-je pensé, il va pouvoir entrer, désarmer, tout vider et ressortir ni vu ni connu!

Alors, deuxième tentative: appeler mon frère. Il a par chance répondu, est venu me chercher et a amené le double de la clé. En attendant qu’il arrive, je me suis rappelé du numéro de la caisse Desjardins du Bassin de Chambly et j’ai téléphoné depuis la cabine en face de l’église. Aussi bien essayer de régler ça au lieu de seulement attendre mon frère et stresser.

Malheureusement, je n’avais que quatre pièces de 0.25$ et elles ont toutes servi pour les deux premiers appels. On va y aller avec une pièce de 1$. Mais le téléphone, cochon, ne me rendit pas la monnaie! Je pus par chance appeler chez Desjardins où je pus faire annuler ma carte de débit et en commander une nouvelle, qui arriverait par la poste quelques jours plus tard.

La chose faite, je suis allé attendre devant chez moi. Ça a semblé prendre un temps fou. Pas étonnant, car mon frère est allé voir à la piscine Pierre Lorange au cas où il ne trouverait pas mes affaires! Mais il s’est trompé d’endroit, ayant supposé que j’étais allé là tandis que j’étais à la piscine extérieure Maisonneuve. Au moins il est arrivé, m’a donné la clé et nous sommes rentrés.

Avant que nous partions pour Longueuil, j’ai appelé Desjardins une seconde fois pour avoir le nouveau code de ma carte (pour pouvoir utiliser AccèsD à nouveau) et le numéro pour VISA. J’ai fait annuler ma carte VISA et ma carte Tangerine. Par chance, aucune transaction n’a été faite entre le moment où j’ai constaté le vol et celui où j’ai annulé mes cartes. Ce fut un certain soulagement.

J’ai aussi désactivé la télécommande de mon système d’alarme, qui était aussi accrochée à mon porte-clés. Cela a été plus difficile que nécessaire, car à présent, l’affichage sur le panneau défile super vite. Même mon frère avait du mal à lire ce qui s’affichait avant que ça disparaisse. Je n’étais pas à 100% certain que c’était bien désactivé quand je suis parti!

Je devais aussi modifier les réglages sur mon téléphone fixe, pour qu’il ne redirige plus les appels vers mon cellulaire. Cela se passa bien, au moins. En tout cas, c’est ce que je crus…

Aller chez mon frère a pris un temps considérable. Juste nous rendre sur le pont Jacques-Cartier a pris près de vingt minutes, car les gens passaient leur temps à dépasser les autres dans la voie menant au pont. Ainsi, à cause de tout ça, mon frère a dû se taper une sortie de deux heures tandis qu’il devait préparer le souper. Par chance, les autres l’ont aidé un peu et ça a fini par se faire et être très bon.

Mais il y avait quelque chose qui clochait avec mon téléphone: quand on appelait chez moi, ça allait directement dans la boîte vocale. Rendu chez mon frère, j’ai aussi appelé Fido pour faire bloquer mon appareil, mais ça continuait à envoyer mes appels directement dans la boîte vocale, on ne savait pas pourquoi.

J’ai eu la chienne ce soir-là, ce fut incroyable! J’avais peur que la télécommande soit toujours fonctionnelle, ce qui permettrait un vol sans aucune trace d’effraction. Ce serait une perte catastrophique. Je pouvais non seulement me faire voler mes équipements informatiques et mes machines à sons, mais aussi mon disque dur externe, que je n’ai pas pensé à prendre avant de partir. Il ne resterait peut-être que mon ultrabook, que j’avais amené avec moi.

Le trajet de retour en métro m’a semblé terriblement long. Rendu à la station Joliette, quand je suis débarqué, je me sentais tellement nerveux que, combiné à la chaleur, j’ai cru que j’allais défaillir et tomber dans les pommes. Ce n’est pas le temps pour ça du tout, pensai-je, car je n’avais plus de carte d’assurance-maladie non plus! Par chance, je réussis à me rendre chez moi en prenant de profondes inspirations, et tout était OK.

Rendu là, j’ai appelé la police pour signaler le vol comme me l’a conseillé ma belle-sœur et on m’a dit de remplir un rapport sur le site du SPVM. Je l’ai fait le soir même.

Par chance, il me restait un double de ma clé de garage commun au NOVO ainsi que de mon locker. J’y suis allé et j’ai pu y retrouver un double de clé de ma boîte aux lettres. Ce fut une bonne chose, car sans ce double, j’aurais pu devoir attendre plusieurs jours de plus pour avoir accès à mes nouvelles cartes, envoyées par la poste! J’aurais aussi pu me retrouver devant une aberration bureaucratique: on peut te faire parvenir une nouvelle copie de la clé par la poste, mais je n’aurai pas la clé pour aller la chercher!!!

J’ai vérifié plus soigneusement dans le livre et la télécommande de mon système d’alarme semblait correctement désactivée. Mais l’interface ne fournit aucune confirmation par rapport au résultat de l’opération et ne rapporte pas combien de télécommandes le système reconnaît en ce moment. Je donnerais cher pour obtenir un module permettant d’accéder aux réglages de ce foutu système via une interface Web un peu comme sur mon routeur!

Pour ce qui est de mon téléphone, eh bien je m’étais trompé de code étoile, ce qui avait désactivé la boîte vocale de Vidéotron au lieu de la redirection. En utilisant le manuel, j’ai pu réactiver la boîte vocale et couper le renvoi d’appel vers mon cellulaire perdu. Ma mère a alors pu m’appeler et ça a fonctionné.

Mon retour au travail

J’ai eu beaucoup de mal à dormir la nuit de mardi à mercredi, ne cessant de penser et repenser à tout ça. Malheureusement, mes vacances étant finies, je devais aller au bureau ce jour-là. Avec le billet de 20$ obtenu mardi, à 3.25$ le passage pour partir en métro, je risquais de finir coincé chez moi jusqu’à la réception de ma carte de débit. Au pire, pensai-je, j’aurais pu travailler à domicile dans un tel cas, mais le lendemain, j’avais une soirée avec un amie qui partait pour Alma. Je voulais pouvoir m’y rendre et y boire quelques bières, et il me faudrait idéalement Google Maps pour venir à bout de trouver le pub Sainte-Élizabeth où ça avait lieu sans avoir à demander à 25 personnes. Vendredi, j’avais aussi le spectacle de Krishna Das et il me faudrait idéalement aussi Google Maps pour trouver l’église Saint-Pierre Apôtre où ça avait lieu. Ainsi, idéalement, il me faudrait récupérer un téléphone cellulaire Android d’ici le lendemain!

J’avais déjà utilisé 5.25$ (2$ de téléphones, 3.25$ pour revenir de Longueuil). Il m’en coûterait 3.25$ pour partir de la station Joliette, peut-être un autre 3.25$ pour repartir de la station Berri-UQÀM après avoir acheté ma nouvelle carte OPUS si jamais il fallait un numéro que je n’ai plus pour récupérer mes titres, ou si en fin de compte je n’avais jamais enregistré ma carte. J’ai lu qu’obtenir la carte me coûterait 6$. Ensuite, je voulais tenter d’aller chercher une nouvelle carte de débit Tangerine à leur succursale au centre-ville dont j’ai appris l’existence la veille quand j’ai appelé pour faire annuler la carte. Il me faudrait me rendre à la station Peel: 6.50$ si je n’avais toujours ma carte OPUS avec mes titres de transport. Ensuite au moins, avec la carte de débit, je pourrais avoir de l’argent et racheter une passe mensuelle, mais si jamais je n’avais pas pu obtenir la carte pour X raisons, ça m’aurait encore coûté 3.25$ pour rentrer chez moi en fin de journée.

Les choses furent bien moins pénibles que ça en fin de compte. D’abord, j’ai découvert que je pouvais faire l’aller-retour vers la succursale Tangerine à pied depuis le bureau. Cela me sauverait 6.50$ dans tous les cas. Ensuite, à Berri, je pus non seulement obtenir une nouvelle carte OPUS, mais en plus, elle ne me coûta rien (la prochaine fois, là ce sera 6$) et j’ai pu faire transférer mes titres sur la nouvelle carte! On a même récupéré mes passages pour Chambly que je pensais perdus pour toujours. Il fallut une pièce d’identité pour réussir à obtenir ce coup de main, mais par chance, j’avais pensé à mon coup et emporté mon passeport avec moi. Sans ma carte d’assurance-maladie, c’est pas mal tout ce qu’il me restait avec photo. Cette carte-là me procura un grand soulagement, car au moins je pouvais me déplacer, même sans attendre mes nouvelles cartes de débit.

Vers la fin de l’avant-midi, je tentai l’expédition consistant à me rendre à la succursale de Tangerine sur Maisonneuve, près de la rue Stanley. Il fallut le faire sans Google Maps, puisque je n’avais plus de téléphone. Par chance, c’était assez simple: sortir du bureau et aller vers la gauche, la direction opposée à la rue University devenue le boulevard Robert Bourrassa. Je me sentais un peu tout nu sans portefeuilles et surtout sans carte d’assurance-maladie.  Si par grand malheur je devais être blessé lors de cette marche, je serais dans la grosse merde. À l’hôpital, ils me demanderaient de payer les soins médicaux que je me ferais rembourser par la Régie après coup, mais sans carte de débit ou de crédit, ce ne serait pas facile…

Par chance, aucun malheur n’est arrivé. Je suis arrivé là-bas et j’ai pu obtenir la nouvelle carte. Il m’a fallu une seconde fois utiliser mon passeport pour pouvoir passer le contrôle d’identité: ce document-là m’aura décidément sauvé la mise ce jour-là! La carte en main, je suis revenu au centre Eaton et suis allé à la Cabine. La fatigue, et le fait que je sois rentré par une autre porte que d’habitude, m’ont causé des misères pour trouver le magasin, mais j’ai fini par l’avoir.

Malheureusement, obtenir un nouveau téléphone ne fut pas chose abordable… Il me fallut résilier l’entente que j’avais avec Fido et payer la balance (281$) ainsi que des frais administratifs de 25$, ce qui m’a permis de démarrer une nouvelle entente, avec un Nexus 5 comme le précédent.  Pour faire moins cher, il aurait fallu y aller avec un Lumia je ne sais plus quoi et utiliser mes FidoDollars pour le baisser à environ 100$. Et ce n’est pas tout: pour ravoir un protecteur à l’arrière et une pellicule protectrice sur la vitre en avant, il m’en coûta 45$. Et il me fallut une troisième fois utiliser mon passeport comme pièce d’identité.

Mais je l’ai eu et l’appareil a un avantage par rapport au précédent: l’appareil-photo avant fonctionne. Sur l’autre, seule la caméra arrière était utilisable. C’est une bonne chose, mais ça demeure une maigre, très maigre, consolation.

Méandres administratifs

Au travail, j’ai dû demander de nouvelles clés pour mes classeurs. Ça a pu se faire assez facilement à partir du moment qu’on a eu les numéros des serrures. J’ai réussi à les déchiffrer en utilisant la caméra d’un téléphone Android qu’il y avait là-bas, mais j’ai confondu le T avec un 1 de sorte que la personne en charge de ça a fini par devoir venir voir et obtenir le numéro par elle-même. Mais on a pu l’avoir et obtenir les copies de clés.

Après ça, il me restait à m’abonner à Equifax. Ah bien non, ils vont me charger des frais et il faudra la carte de crédit pour les payer. Il fallait donc que j’attende ma nouvelle VISA pour obtenir l’adhésion à Equifax, qui va surveiller mon crédit et m’avertir en cas d’activité suspecte.

Je regardai ça pour ma carte d’assurance-maladie. Plusieurs personnes dont ma belle-sœur me disaient qu’il allait falloir me présenter dans un bureau de la SAAQ et j’ai entendu dire que c’est plutôt difficile d’accès à Montréal, genre au bout d’une ligne de métro; c’est fait pour y aller en automobile. Mais j’ai vite découvert que c’était pour le cas de ceux qui ont un permis de conduire à renouveler ou remplacer en même temps que la carte. Dans mon cas, me présenter à un point de service de la Régie suffirait, un CLSC par exemple. Mais je pouvais faire mieux, ai-je découvert: la renouveler par Internet, ça me coûterait 15$ au lieu de 25$. Mais il fallait payer cela avec une carte de crédit. Ainsi, il fallait attendre la VISA pour ça aussi!

Ensuite, il faudra faire quelque chose pour mes lunettes volées. Ces lunettes avec corrections de la vue spéciales sont financées par la Régie de l’Assurance-Maladie du Québec et fournies par l’Institut Nazareth et Louis-Braille si bien qu’il me faudra peut-être présenter ma carte d’assurance-maladie quand j’irai à l’INLB pour ça.

J’ai eu mes deux cartes (débit et crédit) jeudi soir. J’ai donc pu débloquer ça. L’abonnement à Equifax se fit avec un petit accroc: des questions bizarres par rapport à des transactions que je n’avais  même pas faites.  Par chance, ça a fini par passer.

Pour ce qui est de l’assurance-maladie, il m’a fallu créer un compte sur ClicSecur, ce qui a demandé des informations par rapport à mon revenu et ma dernière déclaration de cotisation, me trouver des questions secrètes (quatre cette fois) et enfin entrer le numéro de ma nouvelle carte de crédit pour pouvoir passer ma commande. Ça a été plus long que difficile.

Enfin, j’ai dû modifier mon numéro de carte de crédit sur plusieurs sites où je l’avais utilisée pour des paiements pré-autorisés: Fido, Vidéotron, mon hébergeur Web, mon fournisseur de nom de domaine, ACM. Chaque site offre une interface différente, rendant le processus lourd et compliqué. Il m’a fallu près d’une heure ce matin pour enfin en finir avec ça!

La vie continue

Malgré tout ça, j’ai pu aller à ma soirée au Sainte-Elizabeth. Rendu là, mon nouveau téléphone était à peu près configuré et j’avais un peu d’argent, dans un sac Ziplock. J’ai pu boire quelques bières et apprécier le beau décor végétal de la cour intérieur de ce pub. Mon amie n’a même pas idée d’à quel point j’ai passé proche ne pas pouvoir aller à cette soirée-là! Vendredi, je suis allé au spectacle de Krishna Das et ça a été très bien.

Je me suis acheté un nouveau portefeuilles dans un magasin près de chez moi et un nouveau cadenas chez Rona au coin de la rue. Ainsi, le plus gros est maintenant fait.

Soucis

Il me faudra plusieurs semaines pour me remettre de tout ça. Pendant un bon bout de temps, chaque fois que je retournerai à la piscine, je me demanderai si ça ne va pas se reproduire.

Il me faut aussi espérer ne pas tomber malade d’ici la réception de ma nouvelle carte d’assurance-maladie. J’ai eu bien peur, vendredi, que ça y soit. Je me suis senti mal quelques fois durant la journée, me suis demandé si je n’allais pas perdre connaissance. Le pire a été au début du spectacle de Krishna Das, en attendant que ça commence dans l’église. Il faisait chaud et j’avais mal à la gorge depuis le début de la journée. En plus, je n’avais pas pensé à m’apporter une bouteille d’eau. Là on aurait dit que c’était pire que jamais, assez que j’ai craint que ça ne finisse en amygdalite ou en mononucléose. Par chance, on dirait que le pouvoir des mantras a soulagé ça de sorte que je ne me sentis plus défaillir durant le spectacle, après quelques minutes. Là, c’est beaucoup mieux, le pire est passé!

Leçon à retenir

Suite à cette mauvaise expérience, je pris la résolution de partir pour la piscine seulement avec le strict minimum. Je vais porter de vieilles lunettes à partir de chez moi jusqu’à là-bas, pour ne pas avoir de lunettes dans mon casier. Je vais y aller seulement avec la clé de chez moi, pas tout le portefeuilles. Je vais amener une carte de débit uniquement si j’ai besoin de ramasser de quoi en revenant. J’espère qu’ainsi, j’éviterai de nouveaux problèmes, sans avoir à renoncer à la piscine Maisonneuve pour aller vers un endroit mieux surveillé mais aussi plus coûteux comme le stade olympique.

En tout cas, ces piscines publiques m’auront causé bien des soucis. C’est là que j’ai attrapé une verrue que j’ai portée pendant plusieurs années avant d’enfin trouver un moyen de m’en débarrasser au risque d’en avoir plein sur les doigts, et c’est là que je me suis fait voler tout mon stock que j’avais sur moi!

Au moins, je n’ai pas été victime d’une agression. J’imagine à peine le foudroyant traumatisme psychologique que ça doit causer! Ma vie n’a pas été en jeu durant ce périple. Ça a été un peu comme un jeu de puzzles, en moins plaisant parce que c’était vrai. De plus, je suis parvenu à résoudre la plupart des difficultés par moi-même, à part au début où j’ai dû demander l’aide de mon frère.

Qu’est-ce que le voleur a gagné avec tout ça? Un peu d’argent? C’est pas mal tout. Il n’y a plus rien à faire avec les cartes, à présent, le téléphone est verrouillé par un code de sorte qu’il n’est bon qu’à réinitialiser. Les lunettes, ça ne servira à personne d’autre qu’à moi. QUI va acheter ça? Pardonnez-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font, disait Jésus. Mais je ne sais pas si je pourrais leur pardonner si j’avais à le faire. Probablement que je n’en aurai jamais l’occasion, de toute façon.