Temps Libre ou perdu?

Vendredi, 14 octobre 2016, j’avais une soirée d’inauguration d’un nouveau concept, Temps Libre, cofondé par un ami de mon frère. C’était dans le Mile-End, sur la rue Gaspé. Mais je ne pouvais pas me rendre là directement du bureau, car je devais amener mon laptop chez moi pour le lundi suivant. Il fallait que je travaille chez moi ce lundi-là pour recevoir deux colis dont j’avais déjà reporté la date de livraison. En plus, retourner chez moi allait me permettre de troquer cette chemise et pantalon de travail pour quelque chose de plus décontracté et adapté à cette soirée.

Alors je suis retourné chez moi, déposé mon laptop, me suis changé, puis je suis reparti pour ce qui allait devenir une aventure pas de bon sens. Je devais d’abord me rendre à la station Rosemont, ce qui se passa bien. Ligne verte vers Angrigon pour Berri-UQÀM, ligne orange vers Montmorency pour atteindre Rosemont. Cool! Là, je devais atteindre Saint-Denis, marcher dessus jusqu’à pouvoir tourner à droite sur une rue transversale, n’importe laquelle, pourvu que ça me permette d’atteindre Gaspé où il y avait ma destination. Eh bien ça ne s’est pas du tout passé comme ça!

Déjà en sortant du métro, sur ce que je crois la rue Rosemont, je me suis fait bloquer par des clôtures; je ne pouvais pas atteindre Saint-Denis. J’ai dû marcher dans l’autre direction, traverser à l’intersection puis, après avoir vérifié sur Google Maps que tout était OK, revenir sur mes pas et puis là j’ai atteint Saint-Denis, au-delà des clôtures qui me bloquaient de l’autre côté.

Ce premier obstacle passé, j’ai traversé ce que je crois Rosemont, marché sur Saint-Denis, quelques mètres, puis le trottoir est disparu. J’ai essayé de marcher un peu, j’ai cru atteindre un autre trottoir, mais je me faisais bloquer par des clôtures et plus loin, il y avait un viaduc, pas certain que le trottoir continuait en-dessous. Il allait peut-être me falloir marcher un bout dans la rue, sous le viaduc, avec des autos circulant à toute vitesse! Ah non là!

Choqué de m’être encore fait fourvoyer par Google Maps, j’ai rebroussé chemin dans l’idée de traverser Saint-Denis au premier feu de circulation. Peut-être ça allait passer par l’autre côté. Non, une pépine allait me bloquer la route, je l’entendais d’où j’étais. Il restait un moyen: marcher sur Rosemont pour atteindre la prochaine rue parallèle à Saint-Denis, Henri-Julien, et passer par là. Ça allait me permettre de contourner l’obstacle sans me faire chier, blesser ou pire, tuer.

Alors on y va. J’ai retrouvé l’intersection, traversé Saint-Denis, puis marché. Je me suis retrouvé sur une route qui passait par-dessus un viaduc. Ah mon doux, est-ce que c’est dangereux d’être là? Il y a un trottoir alors je vais continuer. Selon Google Maps, c’était en train de me mener vers Henri-Julien. Mais ce que Google Maps ne me disait pas, c’est que j’étais au-dessus d’Henri-Julien, avec aucun moyen de l’atteindre. J’ai continué à marcher, suis arrivé au-dessus de Gaspé, pas moyen de descendre à moins d’essayer d’enjamber le garde-fou et sauter, au risque de me rompre les os. On va éviter de faire ça, surtout une semaine avant le fatidique lancement de l’album L’Agonie de KeBaTeK. Ce sera difficilement pardonnable si ça arrive, aussi bien pour moi-même que pour KeBaTeK, qui est un de mes meilleurs amis.

La rue, que j’ai su être le boulevard Kennedy je ne sais plus comment, semblait se poursuivre à l’infini. Bon, autant revenir sur Saint-Denis et essayer de voir si je ne pourrais pas descendre de là ou ne pas monter sur Kennedy. J’y allai, cherchai, ne trouvai pas. Ah non, ENCORE une rue sombre pas de trottoir. C’est rendu là mode, ça!

Bon, on va essayer sur Saint-Denis. Va probablement falloir marcher dans la rue pour contourner la pépine, mais ça va être plus éclairé au moins. Je dus traverser une rue pas de feu de circulation pour pouvoir continuer sur Saint-Denis, pour réaliser que je pouvais tourner à droite et m’engager parallèle à Kennedy, en bas cette fois, avec une chance d’atteindre Henri-Julien! Mais en essayant de m’engager sur la nouvelle rue, je me suis pété la tête sur un poteau. La prune que je me suis faite, je la sentais encore deux jours plus tard.

En beau maudit, j’ai quand même essayé de continuer et j’ai pu atteindre Henri-Julien. Selon Google Maps, marcher sur ce tronçon allait me mener à la rue des Chanvres qui allait ma ramener sur Saint-Denis, après l’obstacle à contourner. On y va. Un moment donné, une madame est sortie de sa voiture pour m’offrir de m’aider à traverser la rue, mais je ne savais pas si ça allait me servir ou pas. Elle m’a demandé où je m’en allais. Voyant venir l’instant où elle allait me faire peur en me disant que c’était super loin ou compliqué se rendre sur Gaspé et me faire monter dans sa voiture, j’ai décliné son offre et poursuivi mon chemin vers mon but
initial. Je ne dois vraiment pas être au bon endroit si des gens sortent de leurs voitures pour m’offrir de traverser la rue.

Cette frustrante escapade m’a ramené sur Saint-Denis, après la pépine mais avant le viaduc que je dus traverser. Mais au moins il y avait un trottoir sur mon côté. Rendu l’autre côté, j’ai trouvé une rue perpendiculaire, marché dessus et ça m’a fait aboutir à Henri-Julien, plus loin. J’aurais peut-être pu me rendre là sans repasser sur Saint-Denis. Mais là, je ne pouvais pas atteindre Gaspé. C’était bloqué de partout, pas de rue transversale.

Finalement, quelqu’un m’a aidé et il a fallu passer à travers un chemin de terre et de roche où il faisait sombre pour enfin atteindre Gaspé! Après, ma destination, Temps Libre, n’était pas loin. Quelle horreur!

Et ce n’était que le début! Là-dedans, c’était plein de monde, difficile à circuler. Pas moyen de mettre mon manteau sur un cintre, il a fallu que quelqu’un qui partait me donne le sien. Ouf, au moins j’ai pu avoir un cintre! Ensuite, j’ai essayé de trouver de quoi manger. Quelqu’un m’a aidé à me servir, mais le menu était plutôt limité et décevant. Du pain, sans couteau pour le beurrer, et des tacos. Je me suis retrouvé avec un taco plein de trucs hachés menu qui m’ont levé le cœur. Ça a été pénible manger ça.

La chose faite, j’ai essayé d’avoir une bière. La madame qui m’a aidé pour les tacos m’a mené au comptoir à bière, mais il fallait des coupons pour en acheter. Tandis qu’on essayait de trouver et se rendre au comptoir à coupons, un ami de mon frère m’a vu et m’a abordé. Il m’a amené à Vincent, un des fondateurs de Temps Libre, celui qui m’a invité à l’événement et que que je voulais voir un peu. J’ai pu parler avec lui, apprendre que
Temps Libre est un espace ouvert semblable à un parc mais intérieur. On peut y faire ce qui nous plaît: lire, écrire, chiller, manger son lunch, etc. Temps Libre est financé par un espace trois fois plus grand de coworking. On pouvait visiter ces deux espaces ce soir-là. Ils ont de  grandes tables où les gens peuvent prendre place pour travailler. C’est super utile pour de petites PME. Il y a  aussi une salle de réunion avec ce qui m’a semblé un large écran à cristaux liquides. Oui, c’est très beau et spacieux comme endroit.

Vincent et moi sommes allés pour les coupons, puis la bière. On a parlé un peu, puis il est allé voir d’autres gens. J’ai parlé avec un gars, Tibault, de Fooducoin., un nouvel organisme qui livre des repas à domicile, au travail ou dans des parcs, à vélo, et en encourageant les pratiques éco-responsables. J’ai pris deux autres
bières et passé un peu de bon temps. De temps en temps, je me posais la bouteille ou la cannette de bière sur ma poque pour soulager un peu ça, ça faisait mal un peu.

Mais un moment, Thibault était sur son départ et m’offrit de m’amener avec lui au métro Laurier, selon lui plus proche que le métro Rosemont. Ça me semblait le meilleur moyen de faire bien finir cette aventure. Seul, j’allais être obligé de repasser par tout le périple de l’aller, en sens inverse. Mais il me restait deux coupons pour la bière. Une amie de Thibault, Annie, partait un peu plus tard et m’offrit de me mener au métro, mais de la façon qu’elle parlait, elle était venue en auto. Ah non, pas encore ça, je ne veux pas me faire trimballer en auto par n’importe qui, là! Le mieux à faire était de me débarrasser de ces coupons. Je suis venu à bout de les vendre à Annie pour pouvoir repartir de là avec Thibault et un de ses amis, Clinton.

Le retour a été plus facile. On a marché en ligne droite sur Gaspé jusqu’à atteindre Laurier. Puis de là, on a tourné à gauche sur Laurier et marché vers Saint-Denis. Je suis en fait passé proche de chez Dantech où je suis allé quelques fois voilà quelques années. Le trajet était peut-être plus long en distance mais plus simple que ce
périple tortueux depuis la station Rosemont.

J’ai été un peu déçu de cette soirée-là. Ça a été du trouble me rendre là pour pas grand-chose. Je ne suis pas parvenu à trouver l’utilité réelle de ce nouvel espace. Si je veux chiller, je peux le faire chez moi ou au pire dans un café, un bar ou une micro-brasserie. L’avenir dira ce qui se passera dans cet endroit, mais c’est un peu loin de chez moi pour que j’y retourne souvent. Pour les petites PME, l’espace ouvert de coworking est bien utile et probablement plus abordable que louer des locaux privés. Alors bien que ça ne me soit pas utile directement, ça demeure un beau projet qui, je l’espère, va fonctionner.

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