Le complexe du chercheur

Possédé. Je regarde autour de moi. Tout est de pierre, tout est de roche, tout est de terre, de gravelle et d’un peu de bois. À la lumière de torches, je médite sur la vie, tenaillé par une anxiété qui menace de se muer en profonde et sourde angoisse. Parfois, on dirait que ma détresse n’a de mesure que l’infinitude de l’univers dans lequel je vis. Mais de temps en temps, une petite victoire insignifiante me ramène espoir et fierté.

À la surface où je vais parfois, je peux récolter de quoi manger dans les champs de blé. Il y a aussi beaucoup de bois à couper, assez pour mes besoins présents et futurs. Mais dès la nuit tombée, des hordes de zombis, de squelettes et de monstres explosifs envahissent la surface, me forçant à me tapir sous terre.

Cette caverne devient alors le seul lieu sûr. Mais elle est lugubre. Derrière la paroi qui se trouve à ma droite rugit un torrent d’eau qui ne demande qu’à se libérer et tout engloutir, me privant de lumière et d’air. À ma gauche rugit une rivière de lave ne demandant qu’à m’aspirer et me désintégrer, mais cette lave est aussi une source de lumière et d’énergie que je me dois d’exploiter si je veux survivre.. Devant moi, une porte, à laquelle des zombis frappent sans cesse, ne voulant renoncer à leur sadique envie de me dépecer vivant. À court de métal et dépourvu des techniques nécessaires pour le travailler, j’ai forgé une lame dans l’os d’un de mes ennemis, espérant que cela me donnerait force et courage, mais le courage ne vient pas avec l’épée.

Alors tout ce que je peux faire, c’est m’enfoncer, espérant trouver au plus profond de ma solitude le courage et la force qui me manquent si cruellement. Mais avec ma pioche qui se casse sans cesse, on dirait que tout ce que je peux faire, c’est creuser ma propre tombe. Sous terre, coupé de tout, seuls les champignons peuvent parfois m’apporter un peu de réconfort, quand j’arrive à en trouver des gris et des rouges.

À certains moments, je reçois la visite de personnes qui m’apportent un peu de courage. Le grand KeBaTeK, architecte et mineur, est l’un d’eux. C’est lui qui a mis en place les premières fermes et le périmètre de sécurité. Nous allons ensemble construire un gite plus grand, plus confortable, mais cela prendra du temps. Je ne sais pas si je vais tenir. KeBaTeK a su repousser quelques attaques qui auraient autrement tout détruit, et il a ramassé quelques précieuses ressources qui nous serviront un jour à créer un monde meilleur, si je ne sombre pas dans la démence d’ici là.

Aussi par une belle journée, tandis que je bûchais du bois, j’ai aperçu dans l’eau une jolie nymphe qui se baignait. Je suis allé la voir et elle m’a montré une belle petite sirène qui nageait dans le lac avec elle. Nous avons eu beaucoup de plaisir ensemble. Grâce aux petits sacs d’encre qu’elles m’ont montrés sous l’eau, je détiendrais la clé de mondes merveilleux, ce qui me donna une énergie sans précédent. Mais après quelques heures, elles sont disparues et jamais plus je n’ai revu la sirène et la nymphe. Pire encore, elles semblent avoir emporté avec elles les petits sacs d’encre, oubliant de me les laisser. La prodigieuse énergie qu’elles m’ont donnée s’est vite épuisée, telle une batterie de basse qualité chargée et déchargée des centaines de fois, me laissant vide comme une vieille outre de vin en peau craquée. Vont-elles revenir un jour? J’aimerais ça qu’elles puissent m’aider à combattre les zombis! Mais je ne me fais pas d’illusions. Je sais que je dois trouver MA voie, pas seulement compter sur les autres. Je dois trouver une source d’énergie stable pour pouvoir vivre une joie constante plutôt que d’éphémères moments de plaisir. Et puis ensuite je pourrai partager cette joie, apprendre aux autres à la trouver et grandir dans cette recherche commune.

Possédé par l’angoisse, possédé par le désir de toujours creuser au fond de moi-même et des choses, j’espère un jour trouver l’espoir. Peut-être réside-t-il dans l’alliage du savoir technique et magique, peut-être se trouve-t-il dans l’exploitation de la force ou peut-être encore me faudra-t-il le chercher à travers des âges inexplorés mais aussi dangereux et instables. Si seulement je pouvais rallier mon double de ce fabuleux univers parallèle, qui est passé maître en magie. Pourrions-nous échanger nos connaissances et grandir ensemble?

Rejoindre la conversation

3 commentaires

  1. ah bon ? pourquoi cette différence ? il y a des variations diurnes et nocturnes entre les températures de la terre et de la mer (qui causent les brises thermiques), mais je n’avais jamais entendu parler de températures à terre systématiquement supérieures aux températures en mer. à latitude égale, il me semble que c’est même l’inverse !

Laisser un commentaire