Frustrante Anomalie au Pied du Courant

Vendredi soir, 25 aoûut 2017, j’avais dans l’idée d’aller au Village au Pied du Courant, pour visiter ça de jour et pour aller voir le DJ set Anomalie qui jouait là. Il y avait aussi un grand rassemblement de foodtrucks asiatiques qui m’intéressaient plus ou moins, je m’attendais à des sushis ou des sandwiches dégoulinants de sauce, mais je me suis décidé à expérimenter ça plutôt que souper avant et partir de chez moi si tard qu’il ferait presque noir. Je suis ainsi parti vers 18h, peu après avoir fini de travailler.

Je suis arrivé proche du village deux fois: une fois pour la première prise de l’illumination du pont Jacques-Cartier, une seconde fois lors de feux d’artifice. Ces deux fois, des gens m’ont aidé à me rendre et ne sont pas allé sur le site du village. Je suis entré dans le village une fois, lors de la seconde prise de l’illumination du pont, mais il faisait noir et je n’ai pas pu tout voir ce qu’il y avait là. Je voulais voir ça au moins une fois de jour, mais avec les Jardineries plus proches de chez moi, ça ne vaut pas vraiment la peine d’aller là.

Mais ce soir, ça semblait un bel événement, une bonne occasion d’aller explorer ce village. Pour me rendre là-bas, il me fallait essentiellement refaire le chemin que j’ai emprunté pour aller à l’illumination du pont et aux feux d’artifice. Mais deux fois sur trois, j’ai eu quelqu’un qui m’a aidé et l’autre fois, j’ai été chanceux. Là, ça n’a pas super bien été. Je me suis trompé de direction en sortant de la station de métro Papineau, me retrouvant sur la mauvaise rue. Puis j’ai corrigé le tir et localisé le premier point de repère: le Métro Plus. Ah il est en face de la station Papineau, quelqu’un aurait pu me dire ça non? Ben non, c’est évident, j’aurais dû le savoir! Pour rester sur Sainte-Catherine, il fallait longer le Métro Plus et marcher vers le pont Jacques-Cartier. Petit problème: PLEIN de gens en sens inverse! Ah mais voyons, ça va donc ben MAL! J’ai découvert que dès que j’avais traversé sous le pont, j’étais rendu au coin de Delaurinier où je devais tourner. Je l’ai fait, constaté qu’il suffisait de longer le pont, et aboutis à René Lévesque. Cette découverte va m’aider, pensai-je, car il faudra au retour que je longe le pont, que je passe en-dessous seulement après être revenu sur Sainte-Catherine. J’éviterai ainsi de me retrouver sur Papineau comme lors de mon pénible retour de la seconde illumination du pont. Ça semblait bien se passer, mais là les choses ont mal été.

D’abord la lumière pour traverser René-Lévesques a été super longue, plusieurs minutes. Après ça, rendu sur l’autre côté, il me fallait traverser Delaurinier pour pouvoir aller vers le village. Je n’ai pu le faire avant près de cinq minutes!!! La lumière, eh bien elle ne devint JAMAIS verte!!! Je suis toujours choqué de ça au moment d’écrire ces lignes, mais pas autant que par la suite. J’ai fini par l’avoir en traversant avec quelqu’un qui passait là. Puis j’ai marché, marché, ça semblait ne pas finir. J’ai fini par consulter Google Maps, rebroussé chemin, ca ne semblait pas aboutir, j’ai regardé encore sur Google Maps. Ok, j’étais dans la bonne direction au début: marcher sur René-Lévesques, dos au pont Jacques-Cartier, jusqu’au croisement avec Notre-Dame. L’entrée du village est là, au croisement.

J’y allai, et trouvai là de quoi me faire pomper encore, mais pas autant que par la summum suprême de cette avanture aussi ridicule qu’inutile. Eh bien il n’y avait aucun feu de circulation, aucun moyen de traverser. Prends ton élan et fonce, ya des autos qui passent tout le temps, mais des fois moins!!!!!! Ah maudit, comment veux-tu que je fasse ça? Non, je ne fais pas ça, je suis vraiment tanné là. Oui oui quelqu’un va finir par passer, je pourrais demander de l’aide, mais j’aurais le même problème au retour. Écoeuré, j’ai failli abandonner, revenir au métro, mais il était rendu près de 19h et je n’avais toujours pas mangé. Je n’avais pas de restant chez moi, il allait falloir me faire cuire de quoi rendu là.

J’ai failli le faire, j’ai vraiment rebroussé chemin, mais à l’intersection de Partenais et René-Lévesques, j’ai traversé René-Lévesques parce que je pouvais et que j’éviterais le croisement avec le feu de circulation défectueux. Bon ben là, peut-être que si je continue sur René-Lévesques de ce nouveau côté, encore dos au pont, je vais atteindre le croisement avec Notre-Dame à un autre endroit et pouvoir aller plus loin? J’essaie. C’est exactement ça qui s’est passé. J’ai pu me rendre plus loin, je crois que c’était Fullum, et là, il y avait une ligne de piétons. Mais il y avait là une foule de gens rassemblés pour je ne savais pas quoi. J’ai entrepris de contourner ce tapon pour constater qu’il s’était constitué une file d’attente jusqu’au village. Il allait falloir trouver le bout de cette file alors et y attendre, comme tout le monde. La découverte faite, j’étais prêt à attendre, mais un agent de sécurité commença à avertir les gens: c’était quatre heures d’attente pour entrer. Oui oui, quatre heures, j’ai bien compris, il l’a répété plusieurs fois, en anglais puis en français.

Il n’en fallut pas plus. À bout, je repartis de là. Je n’ai jamais pensé demander si c’était bien du village qu’on parlait là. J’ai juste tourné les talons, découragé. J’étais aussi choqué, car j’ai pu entrer dans plusieurs lieux bondés sans une telle file d’attente: l’Igloofest, le Piknik Électronik, le grand PoutineFest dans le Vieux Port, le Mondial de la Bière, le Bières et Saveurs de Chambly, etc. Même au rassemblement de foodtrucks sur l’Esplanade du Stade Olympique, il n’y a pas eu une telle file. Que se passait-il donc là, ce soir, pour que ce soit si bondé? Est-ce vraiment si fameux et populaire, la nourriture asiatique? J’ai bien l’impression d’avoir eu affaire au phénomène du goulet d’étranglement: une seule entrée, trop de gens qui veulent passer, une fouille excessive ralentissant le flot. Mais pourtant, aux Week-ends du Monde en 2017, ils passaient les gens au détecteur de métal et ça n’a pas pris un temps fou pour entrer!

Furieux d’avoir eu tant de mal à me rendre là et ne pas même pouvoir entrer, le lendemain matin, je me suis désabonné de la page Facebook du Village pour ne plus jamais recevoir d’événements se produisant là-bas! Je ne sais pas si je ferai d’autres tentatives pour me rendre là. Idéalement, il faudrait y aller avec quelqu’un ou attendre quelques années que l’accès au site s’améliore, quoi que j’ai des doutes que ça se fasse. Peut-être je dispose maintenant de suffisamment de points de repère pour pouvoir marcher du métro à l’entrée sans me casser les pieds, peut-être pas. Faudra tester, mais si au bout l’entrée est bloquée, ça ne sert à rien. J’ai aussi appris qu’il existait plusieurs entrées et pas certain qu’elles soient toujours toutes ouvertes. Je ne suis pas sûr que si j’en atteins une fermée ce jour-là où j’aurai choisi de m’imposer une nouvelle épreuve, je pourrai me rendre à l’autre simplement en faisant le tour du périmètre. Il  y aura inévitablement un mur, une rue sans trottoir, ou un autre obstacle du genre à franchir. Ça va me prendre une suit anti-gravité pour pouvoir voler par-dessus ces obstacles-là. Oui, c’est bien cool, ça fait sourire d’y penser, mais comme ça n’existe pas, ça ne résout strictement rien!

La Fayette: nouvel essai

Après ma frustrante tentative de me rendre chez mon frère a pied, je n’avais pas trop envie de réessayer. La tentative suivante pour ce trajet n’eut lieu qu’un an plus tard, dimanche le 13 août 2017. Pourquoi avoir attendu si longtemps? Eh bien il faisait froid, il pleuvait ou ça n’adonnait pas. Ce jour-là, j’avais été invité chez mon frère pour la fête de ma belle-soeur. Je suis arrivé au métro Longueuil vers 17h15. Je suis allé acheter des billets d’autobus puis une bouteille de vin. Après ça, j’avais le choix entre attendre plus de vingt minutes pour l’autobus 16 à 17h40 ou tenter ma chance à pied. J’ai décidé d’y aller, avec le plan élaboré l’année passée. J’ai réussi à me rendre sur Saint-Charles en marchant sur la rue du Terminus, marché sur Saint-Charles, traversé sous le pont, mais après, il y avait un large espace à traverser dans la rue, sans ligne de piétons rien. Mais si je vais l’autre côté, ai-je cru remarquer, ça semble possible de passer. Alorrs je suis revenu sur mes pas, repassé sous ls pont, traversé la rue Saint-Charles à l’intersection de celle du Terminus et puis reparti sur Saint-Charles. En repassant encore sous le pont, j’ai fini par arriver au coin Saint-Charles et La Fayette, mais je ne le savais pas. Je pensas qu’il fallait continuer plus loin.

Trouver un moyen de traverser La Fayette de façon sécuritaire a été impossible. Oui, j’aurais toujours pu m’élancer dès qu’il n’y a pas d’autos, en espérant que Dieu me protège, mais ce n’est pas génial du tout, surtout si je veux pouvoir refaire ce trajet, pas juste réussir par coup de chance ce soir-là, et la prochaine fois finir à l’hôpital à la place! J’ai appuyé sur le bouton que j’ai trouvé, n’arrivais pas à voir la lumière l’autre côté de la rue à cause du soleil, tenté la passe consistant à regarder celle de mon côté, ça ne fonctionna pas parce que les lumières n’étaient pas synchrones. En fin de compte, un autobus est passé et le chauffeur m’a dit que je pouvais traverser.

Rendu l’autre côté, j’ai marché un peu, constaté que ça ne menait nulle part, regardé sur Google Maps, passé proche piquer une crise encore, puis j’ai constaté qu’il suffisait de ne pas travers La Fayette mais plutôt continuer à gauche. Je suis revenu à l’intersection qui m’a posé problèmes, mais au lieu de tenter de traverser à nouveau, j’ai tourné à droite et continué sur La Fayette, longeant le pont. J’ai pu ainsi arriver jusqu’au viaduc sous Taschereau, second obstacle majeur du parcours. Wow, je ne me suis jamais rendu aussi loin depuis des années. Je me sentais aussi joyeux que si j’avais cassé la gueule à un gros boss dans un jeu! Tiens mon cochon!

Mais sous le viaduc, il semblait y avoir des pancartes; je craignais me faire bloquer. J’ai alors travers La Fayette avant de passer en-dessous. J’ai réussi à trouver un bouton qui a activé le feu de circulation. Puis j’ai pu traverser la rue suivant le viaduc. Le feu de circulation m’a posé problème, trop loin. J’ai dû y aller au pif: appuyer sur le bouton, attendre que les voitures circulent parallèle à moi puis y aller. Le feu était vert quand j’ai pu le voir.

Tandis que je marchais, j’entendais des boum boum venant de loin. Le Piknik Électronik, on l’entend d’ici. Peu après avoir fait cette observation, j’ai atteint le troisième et dernier obstacle: la rue Delaurinier. La traverser a demandé un peu de devinette encore, car je n’arrivais pas à voir le feu de circulation, en partie à cause du soleil. J’ai dû appuyer sur le bouton, attendre que les voitures circulent dans le bon sens puis m’essayer. Je n’ai pas eu à le regretter. Il a fallu marcher encore un peu, mais un moment donné, j’avais atteint mon but. J’avais réussi, tête de pioche que je suis!