Les tourments de l’Alma Mater

Jeudi dernier, 27 octobre 2016, j’avais une soirée de diplômes à l’Université de Montréal. Pour le 50e anniversaire du Département d’Informatique et de Recherche Opérationnelle, il y avait là un buffet chaud, des visites des laboratoires, l’assemblée générale des diplômés et une conférence donnée par Samy Bengio sur les réseaux de neurones. Cela m’intéressait d’y aller, mais pas sûr que j’aurais dit oui si j’avais su…

Alors, je suis parti de chez moi après une journée de travail qui s’est sommes toutes bien passée. Il était un peu trop tard pour les visites de labos, mais il aurait fallu que je parte trop tôt pour ça et travaille des heures de plus la veille ou le lendemain. Première étape: me rendre à la station de métro Joliette. J’ai pensé que le plus efficace serait de prendre la 67 qui fait un arrêt devant la station Saint-Michel, de laquelle je pourrais ensuite partir pour atteindre la station Université de Montréal par la ligne bleue. Eh bien, ce soir-là, c’était la seule option valable, la ligne verte étant hors service jusqu’à 18h. J’étais dans l’autobus 67 quand je l’ai su, quel soulagement! Avoir choisi le métro, j’aurais été bon pour une autre bonne copieuse dose de frustration dont je n’avais nul besoin.

Alors rendu à la station Saint-Michel, j’ai eu de la misère à trouver les tourniquets. J’essayais de me rendre, mais il y avait tout le temps du monde qui passaient, passaient, passaient, ça m’a pris presque deux minutes pour enfin repérer des marches qu’il m’a fallu descendre pour enfin atteindre les tourniquets. Après, ça s’est bien passé jusqu’à la station Université de Montréal.

Là, surprise, pas moyen de trouver l’escalier qui menait à la porte permettant d’accéder par l’extérieur au bâtiment où se trouvait la rampe mobile. Peut-être, pensai-je, suis-je sorti par un autre côté? Non non, ai-je constaté, l’accès devrait être là, mais il était bloqué!

Il n’y avait tout simplement rien à faire, aucune bonne solution. Plusieurs personnes me demandèrent où j’allais, je leur répondais, elles ne comprenaient pas ou ne savaient pas c’était où. On m’a dit de tourner à gauche, mais ça m’éloignait de mon but. On m’a dit qu’il allait me falloir prendre une navette pour atteindre le pavillon, mais je savais que j’allais devoir passer 20 minutes à trouver l’arrêt, 20 minutes à l’attendre et ainsi de suite. Et jamais je n’ai eu à prendre un autobus entre le métro et l’université! J’y suis pourtant allé pendant plus de huit ans, la distance entre les deux points n’a pas changé depuis!

Je suis sorti par la porte encore utilisable, j’ai marché dans le but de contourner le bâtiment et peut-être arriver derrière, je trouverais un moyen d’atteindre mon but. Non, juste de l’obscurité et de la pluie, oui beaucoup de pluie. Je me suis fait tremper mes souliers bien comme il faut, assez que le lendemain soir, j’en ai par précaution frotté le cuir à l’huile de vison. J’avais par chance un parapluie avec moi, sinon je serais ressorti de cette mésaventure trempé comme un canard!

Découragé, je ne savais juste plus quoi faire. Il n’y avait personne que je pouvais appeler pour de l’aide, fallait que je trouve un moyen ou que je rebrousse chemin, rentrant chez moi au bout du rouleau, découragé. Outre appeler un taxi et espérer que je pourrais donner ma position avec assez de précision pour que le chauffeur me trouve, il me restait deux possibilités: le pavillon J-A Desèves, accessible depuis Édouard-Montpetit et le 3200 Jean-Brillant.

Je pourrais, pensai-je, rentrer du côté Édouard et ressortir de l’autre. Mais je n’étais pas sûr si ça allait encore fonctionner. Quel étage faut-il atteindre pour ressortir de J.A.-Desève du côté de l’université? Le troisième? Plus sûr.

L’autre possibilité: le 3200 Jean-Brillant. Il y avait là un tunnel permettant d’accéder au pavillon principal. Mais le tunnel est difficile à trouver. Il n’est accessible que depuis un couloir au deuxième étage. Mais j’ai utilisé le tunnel plusieurs fois, plus souvent que le passage par J.A.-Desève, quand j’avais un cours d’introduction à la linguistique au 3200.

C’est cela que je décidai de tenter. Alors je rentrai dans la station de métro, repartis pour la ligne bleue direction Snowdon et m’arrêtai à Cote-des-Neiges. Là, je descendis, trouvai la sortie et entrepris de localiser la rue Jean-Brillant. Je la trouvai, marchai mais me fis encore bloquer par un ruban: des travaux, le trottoir était encore barré. Quelqu’un m’offrit de l’aide, ne savait pas c’était où, me fit répéter, ne savait pas. Selon elle, j’étais dans la mauvaise direction, mais au moment où je rebroussais chemin, elle m’interpella et me dit que le pavillon était plus loin. Mais c’était le pavillon d’optométrie, pas le 3200! BON SANG! Je ne vais jamais pouvoir en finir avec ça, songeai-je, de plus en plus furieux et découragé.

J’ai fini par reprendre la route, direction opposée, après avoir vérifié sur Google Maps que c’était bien ça, j’ai pu me rendre proche, mais c’était encore bloqué, j’ai dû passer par l’autre côté de la rue, quelqu’un m’a aidé un peu et cette fois on a pu trouver. Rendu là, il a fallu monter au deuxième étage. La personne qui m’a aidé a fait un bout avec moi et ça a été une bonne chose.Je n’arrivais pas à retrouver l’escalier menant au deuxième. La personne a demandé à un employé qui ne savait même pas! Mais elle a pu trouver l’escalier, puis la cafétéria, les deux éléments nécessaires pour accéder à ce qui commence à ressembler à un passage secret, au point où on en est!

On a pu retrouver la cafétéria d’où partait le couloir menant dans le pavillon Lionel-Groulx, où il y avait l’escalier ramenant au premier, du côté Lionel-Groulx. C’est là qu’on peut accéder au tunnel qui mène au pavillon principal, appelé de nos jours Roger Gaudry!

De là, j’ai pu passer à travers le pavillon André-Aisenstadt par un chemin que je connaissais bien, pour ensuite atteindre Jean-Coutu, où avait lieu l’événement! Mais il était passé 19h quand j’arrivai enfin là. Il ne restait presque plus de nourriture. J’ai eu un peu de légumes, des cannelloni, du vin et une pointe de tarte au chocolat, c’est pas mal tout. Pas de viande. Je n’ai pas rencontré de gens que je connaissais, à part Guy Lapalme, mon ancien superviseur de stage en 2001. C’était pas mal décevant.

Par chance, la conférence de Samy Bengio en valut la peine. Je ne dirais pas que ça a valu tout le trouble que je me suis donné pour aller là, mais ça a compensé partiellement. J’ai revu un ancien collègue de travail et rencontré quelques personnes, aussi. La conférence portait sur les réseaux de neurones utilisés pour la génération de descriptions à partir d’images. Tandis que Samy présentait des exemples avec des photos statiques, j’imaginais avec délectation des extensions potentielles. Avec ça, on s’en va vers le bidule dont j’ai besoin, le localisateur d’articles, qui pourrait identifier des produits dans une allée d’épicerie, des portes ou des couloirs dans un bâtiment, des bâtiments dans une rue, etc. Si seulement j’avais eu ce genre d’idées voilà dix ans, ma thèse de doctorat aurait été toute autre…

Le retour chez moi me décourageait quelque peu. Seul, j’allais devoir refaire le trajet en sens inverse: le pavillon principal, le tunnel, le 3200, la marche vers Côte-des-Neiges, beurk! Par chance, mon ancien collègue et patron Nicolas et une ancienne connaissance Luc m’offrirent d’aller au métro avec eux. Nous sommes passés par un escalier que je ne connaissais pas qui permit d’aboutir du pavillon au métro. Ce fut un peu tortueux et difficile parce qu’il faisait noir, mais mieux que tout le labyrinthe que j’aurais eu à me taper seul. C’est ainsi que s’est terminée cette soirée.

Temps Libre ou perdu?

Vendredi, 14 octobre 2016, j’avais une soirée d’inauguration d’un nouveau concept, Temps Libre, cofondé par un ami de mon frère. C’était dans le Mile-End, sur la rue Gaspé. Mais je ne pouvais pas me rendre là directement du bureau, car je devais amener mon laptop chez moi pour le lundi suivant. Il fallait que je travaille chez moi ce lundi-là pour recevoir deux colis dont j’avais déjà reporté la date de livraison. En plus, retourner chez moi allait me permettre de troquer cette chemise et pantalon de travail pour quelque chose de plus décontracté et adapté à cette soirée.

Alors je suis retourné chez moi, déposé mon laptop, me suis changé, puis je suis reparti pour ce qui allait devenir une aventure pas de bon sens. Je devais d’abord me rendre à la station Rosemont, ce qui se passa bien. Ligne verte vers Angrigon pour Berri-UQÀM, ligne orange vers Montmorency pour atteindre Rosemont. Cool! Là, je devais atteindre Saint-Denis, marcher dessus jusqu’à pouvoir tourner à droite sur une rue transversale, n’importe laquelle, pourvu que ça me permette d’atteindre Gaspé où il y avait ma destination. Eh bien ça ne s’est pas du tout passé comme ça!

Déjà en sortant du métro, sur ce que je crois la rue Rosemont, je me suis fait bloquer par des clôtures; je ne pouvais pas atteindre Saint-Denis. J’ai dû marcher dans l’autre direction, traverser à l’intersection puis, après avoir vérifié sur Google Maps que tout était OK, revenir sur mes pas et puis là j’ai atteint Saint-Denis, au-delà des clôtures qui me bloquaient de l’autre côté.

Ce premier obstacle passé, j’ai traversé ce que je crois Rosemont, marché sur Saint-Denis, quelques mètres, puis le trottoir est disparu. J’ai essayé de marcher un peu, j’ai cru atteindre un autre trottoir, mais je me faisais bloquer par des clôtures et plus loin, il y avait un viaduc, pas certain que le trottoir continuait en-dessous. Il allait peut-être me falloir marcher un bout dans la rue, sous le viaduc, avec des autos circulant à toute vitesse! Ah non là!

Choqué de m’être encore fait fourvoyer par Google Maps, j’ai rebroussé chemin dans l’idée de traverser Saint-Denis au premier feu de circulation. Peut-être ça allait passer par l’autre côté. Non, une pépine allait me bloquer la route, je l’entendais d’où j’étais. Il restait un moyen: marcher sur Rosemont pour atteindre la prochaine rue parallèle à Saint-Denis, Henri-Julien, et passer par là. Ça allait me permettre de contourner l’obstacle sans me faire chier, blesser ou pire, tuer.

Alors on y va. J’ai retrouvé l’intersection, traversé Saint-Denis, puis marché. Je me suis retrouvé sur une route qui passait par-dessus un viaduc. Ah mon doux, est-ce que c’est dangereux d’être là? Il y a un trottoir alors je vais continuer. Selon Google Maps, c’était en train de me mener vers Henri-Julien. Mais ce que Google Maps ne me disait pas, c’est que j’étais au-dessus d’Henri-Julien, avec aucun moyen de l’atteindre. J’ai continué à marcher, suis arrivé au-dessus de Gaspé, pas moyen de descendre à moins d’essayer d’enjamber le garde-fou et sauter, au risque de me rompre les os. On va éviter de faire ça, surtout une semaine avant le fatidique lancement de l’album L’Agonie de KeBaTeK. Ce sera difficilement pardonnable si ça arrive, aussi bien pour moi-même que pour KeBaTeK, qui est un de mes meilleurs amis.

La rue, que j’ai su être le boulevard Kennedy je ne sais plus comment, semblait se poursuivre à l’infini. Bon, autant revenir sur Saint-Denis et essayer de voir si je ne pourrais pas descendre de là ou ne pas monter sur Kennedy. J’y allai, cherchai, ne trouvai pas. Ah non, ENCORE une rue sombre pas de trottoir. C’est rendu là mode, ça!

Bon, on va essayer sur Saint-Denis. Va probablement falloir marcher dans la rue pour contourner la pépine, mais ça va être plus éclairé au moins. Je dus traverser une rue pas de feu de circulation pour pouvoir continuer sur Saint-Denis, pour réaliser que je pouvais tourner à droite et m’engager parallèle à Kennedy, en bas cette fois, avec une chance d’atteindre Henri-Julien! Mais en essayant de m’engager sur la nouvelle rue, je me suis pété la tête sur un poteau. La prune que je me suis faite, je la sentais encore deux jours plus tard.

En beau maudit, j’ai quand même essayé de continuer et j’ai pu atteindre Henri-Julien. Selon Google Maps, marcher sur ce tronçon allait me mener à la rue des Chanvres qui allait ma ramener sur Saint-Denis, après l’obstacle à contourner. On y va. Un moment donné, une madame est sortie de sa voiture pour m’offrir de m’aider à traverser la rue, mais je ne savais pas si ça allait me servir ou pas. Elle m’a demandé où je m’en allais. Voyant venir l’instant où elle allait me faire peur en me disant que c’était super loin ou compliqué se rendre sur Gaspé et me faire monter dans sa voiture, j’ai décliné son offre et poursuivi mon chemin vers mon but
initial. Je ne dois vraiment pas être au bon endroit si des gens sortent de leurs voitures pour m’offrir de traverser la rue.

Cette frustrante escapade m’a ramené sur Saint-Denis, après la pépine mais avant le viaduc que je dus traverser. Mais au moins il y avait un trottoir sur mon côté. Rendu l’autre côté, j’ai trouvé une rue perpendiculaire, marché dessus et ça m’a fait aboutir à Henri-Julien, plus loin. J’aurais peut-être pu me rendre là sans repasser sur Saint-Denis. Mais là, je ne pouvais pas atteindre Gaspé. C’était bloqué de partout, pas de rue transversale.

Finalement, quelqu’un m’a aidé et il a fallu passer à travers un chemin de terre et de roche où il faisait sombre pour enfin atteindre Gaspé! Après, ma destination, Temps Libre, n’était pas loin. Quelle horreur!

Et ce n’était que le début! Là-dedans, c’était plein de monde, difficile à circuler. Pas moyen de mettre mon manteau sur un cintre, il a fallu que quelqu’un qui partait me donne le sien. Ouf, au moins j’ai pu avoir un cintre! Ensuite, j’ai essayé de trouver de quoi manger. Quelqu’un m’a aidé à me servir, mais le menu était plutôt limité et décevant. Du pain, sans couteau pour le beurrer, et des tacos. Je me suis retrouvé avec un taco plein de trucs hachés menu qui m’ont levé le cœur. Ça a été pénible manger ça.

La chose faite, j’ai essayé d’avoir une bière. La madame qui m’a aidé pour les tacos m’a mené au comptoir à bière, mais il fallait des coupons pour en acheter. Tandis qu’on essayait de trouver et se rendre au comptoir à coupons, un ami de mon frère m’a vu et m’a abordé. Il m’a amené à Vincent, un des fondateurs de Temps Libre, celui qui m’a invité à l’événement et que que je voulais voir un peu. J’ai pu parler avec lui, apprendre que
Temps Libre est un espace ouvert semblable à un parc mais intérieur. On peut y faire ce qui nous plaît: lire, écrire, chiller, manger son lunch, etc. Temps Libre est financé par un espace trois fois plus grand de coworking. On pouvait visiter ces deux espaces ce soir-là. Ils ont de  grandes tables où les gens peuvent prendre place pour travailler. C’est super utile pour de petites PME. Il y a  aussi une salle de réunion avec ce qui m’a semblé un large écran à cristaux liquides. Oui, c’est très beau et spacieux comme endroit.

Vincent et moi sommes allés pour les coupons, puis la bière. On a parlé un peu, puis il est allé voir d’autres gens. J’ai parlé avec un gars, Tibault, de Fooducoin., un nouvel organisme qui livre des repas à domicile, au travail ou dans des parcs, à vélo, et en encourageant les pratiques éco-responsables. J’ai pris deux autres
bières et passé un peu de bon temps. De temps en temps, je me posais la bouteille ou la cannette de bière sur ma poque pour soulager un peu ça, ça faisait mal un peu.

Mais un moment, Thibault était sur son départ et m’offrit de m’amener avec lui au métro Laurier, selon lui plus proche que le métro Rosemont. Ça me semblait le meilleur moyen de faire bien finir cette aventure. Seul, j’allais être obligé de repasser par tout le périple de l’aller, en sens inverse. Mais il me restait deux coupons pour la bière. Une amie de Thibault, Annie, partait un peu plus tard et m’offrit de me mener au métro, mais de la façon qu’elle parlait, elle était venue en auto. Ah non, pas encore ça, je ne veux pas me faire trimballer en auto par n’importe qui, là! Le mieux à faire était de me débarrasser de ces coupons. Je suis venu à bout de les vendre à Annie pour pouvoir repartir de là avec Thibault et un de ses amis, Clinton.

Le retour a été plus facile. On a marché en ligne droite sur Gaspé jusqu’à atteindre Laurier. Puis de là, on a tourné à gauche sur Laurier et marché vers Saint-Denis. Je suis en fait passé proche de chez Dantech où je suis allé quelques fois voilà quelques années. Le trajet était peut-être plus long en distance mais plus simple que ce
périple tortueux depuis la station Rosemont.

J’ai été un peu déçu de cette soirée-là. Ça a été du trouble me rendre là pour pas grand-chose. Je ne suis pas parvenu à trouver l’utilité réelle de ce nouvel espace. Si je veux chiller, je peux le faire chez moi ou au pire dans un café, un bar ou une micro-brasserie. L’avenir dira ce qui se passera dans cet endroit, mais c’est un peu loin de chez moi pour que j’y retourne souvent. Pour les petites PME, l’espace ouvert de coworking est bien utile et probablement plus abordable que louer des locaux privés. Alors bien que ça ne me soit pas utile directement, ça demeure un beau projet qui, je l’espère, va fonctionner.

Une frustrante excursion au métro Longueuil

Samedi, 27 août 2016, j’avais le shower de la femme de mon frère, qui attendait un bébé pour septembre. Cela avait lieu en face de chez eux, sur la rue Green. Le meilleur moyen de me rendre là-bas est sans nul doute, plusieurs essais fructueux à l’appui, d’utiliser l’autobus 170 depuis la station Papineau. La 170 fait un arrêt à deux rues de chez mon frère, c’est merveilleux, mais ça ne fonctionne que la semaine, avant 18h. Sinon, il faut me rendre à la station Longueuil et soit marcher de là, soit prendre l’autobus 16 qui passe aux heures. Depuis qu’ils ont fait des travaux autour de la station Longueuil, je n’ai jamais eu de succès à me rendre à pied de là jusqu’à chez mon frère, mais comme il faisait beau, je me suis dit que ça valait la peine ce jour-là de faire un nouvel essai. Eh bien, ça a duré près de 45 minutes et été terriblement frustrant!

Le gros problème est d’atteindre la rue La Fayette. Après ça, c’est juste de la longue ligne droite. Mais quand il fait beau, ça peut être le fun à faire. Eh bien, le problème initial fut de taille, plus important que prévu!

Alors suite à de l’analyse de plan Google Maps, j’ai décidé de tourner à droite après être sorti du terminus, du côté du stationnement en face du pont Jacques-Cartier. Déjà, ça bloquait, mais si je traversais la rue, là je pouvais continuer à droite. En passant par là, j’aboutissais à un trottoir me menant au pont. Mais dès que je suis passé sous le pont, les choses sont devenues plus difficiles, limite dangereuses. Je n’arrivais pas à trouver de moyen de passer sans me retrouver au beau milieu de la rue où des voitures pouvaient passer. Je me suis retrouvé entre des blocs de béton, sur du gazon,
proche d’un fossé, mais jamais au bon endroit, jamais moyen d’atteindre La Fayette comme ça, pas même un trottoir en vue.

Décidément, ça n’allait jamais fonctionner mon affaire. J’ai fini par rebrousser chemin pour voir si je ne pourrais pas trouver un moyen de m’approcher plus de La Fayette. D’après mes recherches, si je continuais tout droit assez longtemps sur la rue du Terminus, je pouvais atteindre La Fayette, l’emprunter pour passer sous le pont et puis ensuite la suivre jusqu’à mon but.

À deux ou trois reprises, quelqu’un m’offrit son aide, mais ne savait pas où était la rue. Il me conseillait de demander à des chauffeurs de taxi. Oui mais mon but n’était pas de me rendre là en taxi mais de réussir à trouver un moyen fiable d’atteindre ce boulevard-là, pour pouvoir aller chez mon frère à pied et en revenir si besoin.

Ok, pensai-je, peut-être si j’essaie de sortir par l’autre côté du terminus? Je fis ça, je dus traverser la rue pour atteindre un trottoir, marchai vers la gauche pour retourner vers mon but, dus traverser à quelques endroits, me retrouvai devant un trottoir bloqué, allai de l’autre côté. Je crois avoir réussi à atteindre La Fayette, mais il n’y avait pas de trottoir à ce point-là du boulevard. C’était exaspérant et super enrageant. J’étais tellement choqué que je songeai rentrer chez moi, mais je ne pus m’y résoudre. C’est dommage que je n’aie pas pensé, sur le coup, à prendre des photos. Ça aurait pu me servir pour illustrer ce récit.

J’ai fini par atteindre le pont à nouveau, par passer en-dessous, mais je me retrouvais encore dans le gazon et tout. J’ai dû longer un fossé, me suis retrouvé sur du gravier et là il y avait des gens qui circulaient. Je tentai d’aller dans leur direction opposée, car ils semblaient aller vers le terminus. J’aboutis de cette façon dans un
stationnement. Ah mon Dieu! Là, j’ai failli capoter. J’étais dans un autre cul-de-sac et ça se pouvait que j’aie à repasser par tout ce que j’avais traversé, en sens inverse, pour retourner au terminus!

J’ai fini par me diriger vers le terminus, sachant que mon seul espoir résidait là. Je ne réussis pas, finalement quelqu’un m’aida, ne savait pas où était mon objectif final mais put m’orienter vers le terminus. Je finis par aboutir sur le premier trottoir que j’avais emprunté. C’est ainsi que ce soir-là, je perdis près de 45 frustrantes minutes à carrément tourner en rond!!!

De retour au terminus, je suis allé voir pour la 16. Eh bien, il allait me falloir attendre à 19h10. Ah non, là ça va être super long et rendu là tout le monde aura fini de souper. Si ça n’avait pas répondu quand j’ai téléphoné sur le cellulaire de maman, je crois que j’aurais complètement perdu espoir et serais rentré chez moi, tout simplement, démoli, à bout. Mais là, ma sœur a répondu, je lui ai raconté mon histoire de fou et elle m’a envoyé papa pour me sortir de ce guêpier dans lequel j’avais eu la brillante idée de moi-même me fourrer. Au moins, j’ai réussi à ne pas me faire casser la gueule pendant mes recherches et suis retourné à un endroit où on pouvait me retrouver.

Le lendemain, j’ai effectué des recherches additionnelles, en utilisant Google Maps et Google Earth. J’ai fini par retrouver le point du terminus où je sors pour attendre papa et maman quand je vais là. J’ai trouvé l’endroit où j’ai circulé la veille et vérifié mon hypothèse selon laquelle si j’avais continué rendu au stationnement P5, j’aurais pu l’avoir. NON! Ça aboutissait à plein
d’espaces asphaltés et des rues pas de trottoir. Mais voyons! Se peut-il qu’il n’y ait aucun moyen de sortir de là sans voiture? Ça me semblait hallucinant et je trouvais ça très choquant!

J’ai trouvé la rue La Fayette et il manquait un trottoir sur un bon bout. C’est seulement au croisement de Saint-Charles qu’elle acquiert son trottoir. J’ai examiné ça et là, je crois avoir trouvé une solution au problème. Si je sors du métro et m’en vais entre les deux lignes jaunes où j’attends les gens habituellement, selon ce que j’ai vu, je pourrais partir par la gauche et marcher un bon bout sur un trottoir. Je vais passer devant des voitures stationnées et parallèle à la rue où des taxis, autobus et voitures arrivent. Un moment donné selon mes recherches et si je suis chanceux, je devrais aboutir à Saint-Charles et il y aurait une ligne de piétons, voire des feux de circulation, pour la traverser, selon ce que j’ai vu sur Google Earth. Ensuite, selon ce que j’ai vu encore une fois, je pourrais tourner à droite et marcher sur un trottoir, sur Saint-Charles, vers le pont, passer sous le pont, il y aurait une rue à traverser et un moment donné, La Fayette, sur le trottoir! Rendu là, si je suis assez chanceux pour me rendre là, il resterait juste à marcher en ligne droite et un jour, je vais atteindre Green. Mais je ne vais y croire qu’après l’avoir testé! Je ne sais pas quand je vais pouvoir tester ça, pas sûr que ce sera avant le party de Noël et rendu là, il fera probablement trop froid ou ce sera la grosse tempête si bien qu’il vaudra mieux y aller avec la 16. Alors, possible que j’aie tout fait ça pour rien!

D’une pierre trois coups

Dimanche, 7 août 2016, je suis retourné aux tams tams du Mont-Royal, cette fois avec une nouvelle amie, Christine Laplante, qui a une déficience visuelle semblable à la mienne. Nous nous demandions si nous allions prendre une bière ou manger une poutine à la Banquise si bien que je me suis dit que tant qu’à ça, on pourrait combiner les trois activités, proches les unes des autres. Les choses ne se sont pas passées comme prévu, mais ça a fini que nous avons réussi à atteindre nos objectifs.

Le premier obstacle a été de nous retrouver. Nous nous sommes donnés rendez-vous à la station de métro Mont-Royal, au bas des escaliers, en face des tourniquets. Malgré cela, il a fallu un peu de chance pour qu’on se trouve. Le fait de garder nos cannes blanches ouvertes en attendant nous a aidés un peu.

Après nous être trouvés, nous sommes sortis ensemble de la station de métro et nous avons marché sur Mont-Royal jusqu’à Saint-Laurent. Il existe de bien meilleures façons d’atteindre le parc du Mont-Royal qu’emprunter l’avenue du Mont-Royal, souvent bondée et obstruée par des terrasses. La première est d’utiliser l’autobus 80 depuis la station Place des Arts, mais la dernière fois que j’ai essayé ça, je ne suis jamais parvenu à me rendre de la sortie du métro à l’arrêt pour la 80: tous les trottoirs étaient bloqués, il aurait fallu que quelqu’un m’aide et me fasse passer encore par un nouvel endroit, ce qui ne me permet pas au final d’aboutir à un trajet que je peux refaire par la suite. La seconde stratégie que j’aime bien est de quitter l’avenue du Mont-Royal le plus vite possible en tournant à gauche sur Saint-Denis pour accéder à Marianne ou Rachel, qui sont moins achalandées. Mais la rue Saint-Denis à ce moment-là était bloquée par des travaux, ce qui rendait la circulation difficile. Alors nous avons marché sur Mont-Royal jusqu’à Saint-Laurent et là avons tourné à gauche pour atteindre la rue Marianne.

C’est là qu’il s’est mis à mouiller. Nous nous sommes abrités sous un toit et avons attendu, mais la pluie ne cessait pas. À quoi bon nous rendre dans le parc s’il pleuvait? Les joueurs de tams tams s’en iraient probablement tous, non désireux de se faire mouiller leurs instruments.

Un peu déçus, nous avons fini par rebrousser chemin et sommes retournés vers Saint-Denis dans le but d’aller prendre notre bière au Quai des Brumes. Eh bien on a eu du mal à progresser sur Mont-Royal, car il y avait trop de gens en sens inverse, puis on a eu du mal à trouver Saint-Denis, sommes passés tout droit, avons dû rebrousser chemin, et puis y sommes arrivés.

Rendus sur Saint-Denis, nous avons cherché le Quai des Brumes. Je me suis rendu compte que je n’avais pas de repaire visuel précis pour retrouver le bâtiment. Souvent, je réussis parce qu’il y a un show dedans ou des gens qui fument me l’indiquent. Mais là, personne, pas un chat. Nous avons cherché un peu, tenté de trouver le numéro de porte, en vain, jusqu’à ce que quelqu’un nous aide et qu’on apprenne que c’était fermé. Probablement que ça n’ouvrait qu’à 17h.

Bon, que faire, on ne va tout de même pas aller manger une poutine à 15h? Par chance, la pluie avait cessé alors ça semblait valoir la peine de faire un nouvel essai pour les tams tams. C’est ça que nous avons fait.

Il y avait là encore pas mal de monde alors on a pu profiter des tams tams et jaser un peu. Ça a été une belle fin d’après-midi. Il faisait beau et le soleil brillait à présent de mille feux.

Après au moins une heure et demi, sinon deux, nous sommes repartis et avons marché jusqu’à la Banquise. Cette fois, ça a bien été. Faut dire que Christine a essayé une nouvelle application, Autour, qui dit tout ce qui se trouve autour de soi. C’est vraiment super cool… mais juste pour iPhone. Paraît que c’est un projet pilote, qui va être étendu à Android. J’ai hâte de voir ça. Ça pourrait être pour moi aussi révolutionnaire que le passage du Trekker vers Google Maps!

J’ai mangé une poutine au poulet tandis qu’elle a essayé une avec des saucisses, mais je ne me rappelle plus laquelle. On a laissé tomber le Quai des Brumes quand on a découvert qu’ils avaient des bières artisanales là, à la Banquise. On s’est pris une bière là. On a aussi pris un dessert: un gâteau au chocolat, pas mauvais. Mais avoir su l’existence de la brasserie Pit-Caribou, en face de la Banquise, ça aurait pu être un meilleur choix, pour la bière. Je n’ai découvert cette brasserie que plus tard.  Christine et moi avons aimé notre sortie malgré les embûches et nous sommes revus par après pour aller prendre un bon repas au Juliette et Chocolat.