L’esprit fêlé

Résolu, Donald s’avança vers la tour, y pénétra et gravit l’escalier menant au bureau de Blackinn, le magicien qu’on lui avait maintes fois recommandé et qu’il retournait voir pour une nouvelle consultation. C’était son dernier espoir, car Donald sentait de nouveau sa volonté faiblir, ses forces l’abandonner. Il frappa à la porte. D’abord, rien ne se passa, puis on entendit un épouvantable cri ensuite de quoi la porte vola en éclats! Donald fut ensuite violemment poussé par une main invisible et n’eut pas le temps de s’agripper à quoi que ce soit avant de perdre pied et dévaler l’escalier jusqu’au bas de la tour!

Sonné, il lui fallut quelques instants pour reprendre ses esprits. Tandis qu’il se demandait s’il pourrait se relever, le magicien descendit les marches à sa rencontre. Avant que Blackinn n’arrive à sa hauteur, Donald se rendit compte qu’il pouvait toujours bouger et qu’il ne semblait avoir rien de cassé. Il songea se lever et prendre ses jambes à son coup, mais il n’en eut pas le temps.

– Mon cher ami, mille excuses! J’étais en train d’expérimenter un nouveau sort et ça a un peu mal tourné.
– Mais d’où venait l’épouvantable cri que j’ai entendu derrière la porte? s’enquit Donald, inquiet.
– Ah, ne t’en fais pas! C’est un monstre d’un autre plan qui a hurlé, une créature inférieure sans importance. C’est mille fois préférable sacrifier ce genre de bêtes que des êtres humains, non?
– Vrai.
– Qu’es-tu venu chercher ici, mon pauvre ami. Ah tu es tout amoché, là. Laisse-moi te donner une potion pour te remettre un peu sur pied. Je dois en avoir quelques-unes en réserve.
– J’espère bien, si vous expérimentez des sorts aussi dangereux.
– Ah celui-là était presqu’inoffensif, tenta de rassurer Blackinn.

Inquiet, Donald ne voulait pas trop voir ce que Blackinn considérait comme offensif… Malgré une légère réticence, il remonta et pénétra dans le bureau du magicien, dévasté par une force apparemment hors du commun. « Ah va falloir tout refaire ici, quel carnage! » grommela-t-il en fouillant dans une armoire. Il en extirpa plusieurs fioles non identifiées, puis trouva enfin ce qu’il cherchait: une potion de régénération. Il la tendit à Donald qui la prit avec une légère pointe d’hésitation. « Ce n’est pas moi qui l’ai concoctée, si ça peut te rassurer. Ça vient d’un prêtre pas mal puissant de ma connaissance. Les magiciens excellent malheureusement pas en régénération. »

Donald prit la potion et se sentit beaucoup mieux.

– C’est mieux maintenant? demanda Blackinn.- Oui, merci, approuva Donald.
– Alors qu’est-ce qui t’amène ici?
– Hellora, la démone bleue.
– Elle a un nom maintenant, commenta Blackinn. Intéressant.
– Oui, elle en avait un à l’époque, mais j’essayais de l’oublier pour ne plus penser à elle.
– Oh, dis-moi pas que tu penses toujours à cette créature!
– Oui, j’y pense encore, avoua Donald, mais moins souvent. Le problème est que le bouclier qu’on a élaboré ensemble est de moins en moins efficace. On dirait qu’il prend de plus en plus d’énergie. Je me sens régulièrement fatigué. Et chaque fois que je marche près de gens, je dois me battre contre la tentation d’essayer de grimper sur leur dos.
– Ah oui? Curieux, ça, commenta Blackinn. Et j’imagine que tu penses aux réactions des gens qui subiraient pareil traitement, leur surprise, leur mécontentement.
– Oui. J’imagine que peut-être certains me laisseraient faire, d’autres crieraient au scandale, d’autres me feraient un sermon de tous les diables.
– En effet, approuva Blackinn. Alors tu veux que cessent toutes ces tentations parce que tu penses que c’est elles qui te grugent de l’énergie et provoquent la fatigue.
– Oui, c’est ça, approuva Donald. Si la fatigue passe pas, après ça, j’en serai à croire que j’ai perdu toute motivation à pratiquer mon métier. Mais je ne me sens pas assez en forme pour chercher un maître et apprendre un nouveau métier.
– Oui, je comprends parfaitement cela, compatit Blackinn. On va tenter de traiter cette fatigue ensemble. Je crois avoir une idée de ce qui se passe.
– Ah oui?
– Tu sais, Donald, expliqua Blackinn, la manipulation d’images mentales n’est pas une science exacte, pas parfaite du tout. Parfois les séquences trouvées fonctionnent un bout et puis se brisent. D’autres fois, elles ont des effets secondaires. D’autres fois encore, elles ne traitent que la surface des choses. C’est ici le cas, comme je m’en rends compte maintenant. La démone bleue semble avoir cassé quelque chose en toi, un peu comme un rouage d’une horloge. Tu devras peut-être, jour après jour, remettre ce petit rouage cassé à sa place. Est-ce que certaines personnes te tentent plus que d’autres? D’autres moins?
– Les enfants me tentent pas du tout, réfléchit Donald. Je suis trop lourd; ils pourraient pas me supporter. La dernière fois que j’ai vu mon frère, j’ai été très tenté. Il y a aussi Annie qui m’a fait bien souffrir.  Mais pourtant, aucune tentation quand j’ai marché près u forgeron. Ah oui, le chevalier Jeff, aussi, j’ai peur de même le toucher.
– Super! encouragea Blackinn. Si certaines personnes te tentent moins que d’autres, on peut utiliser ça comme palliatif. L’idée est de transformer l’image mentale des personnes que tu voudrais toucher pour incorporer des composantes de personnes qui te laissent indifférents. Quand tu sens que tu vas agripper ou monter sur le dos d’un passant, focalise ton esprit sur lui et pense au forgeron. Ton esprit n’a aucune idée de comment structurer l’image mentale du passant; guide-le en lui ajoutant des composantes du forgeron qui te rendront moins sensible à la tentation.
– Je pourrais aussi inclure des composantes de Jeff, suggéra Donald. Je le connais mieux et c’est vraiment une résistance que je ressens à le toucher, pas une simple indifférence.
– Jeff est pour toi un symbole d’autorité, expliqua Blackinn, parce qu’il est chevalier, serviteur du roi. N’utilise son image mentale qu’en dernier recours, si le reste échoue, parce que sinon tu vas altérer ton interaction avec la personne réelle. Avec une image plus faible, le correctif risque moins d’impacter l’interaction; il y aura moins de chances que l’autre, s’il t’aborde, se rende compte que tu as joué avec son image mentale.
– Et j’aurai à faire ça souvent? demanda Donald.
– Toute ta vie, répondit Blackinn, parfois plusieurs fois sur la même personne. L’esprit est un mécanisme têtu qui obéit pas aux ordres come un soldat. Cette non obéissance est aussi un précieux mécanisme de protection, sinon nous serions tous malléables et servirions des dieux ou des démons de façon inconditionnelle.
– Oui, mais si j’affrontais la démone bleue, est-ce que ça ne pourrait pas me renforcer et réparer le rouage cassé? proposa Donald.
– Peut-être, peut-être pas, répondit Blackinn.
– De toute façon, enchaîna Donald, la démone est disparue et ne revient plus.
– Ça je peux arranger ça. Je connais un rituel qui va nous permettre de l’invoquer, au lieu et au moment qui te conviennent. Tu devras procéder exactement comme avec le démon noir et après, on verra.
– Ok, approuva Donald. Je pense être prêt.
– Tu penses?
– Pas sûr, en fait, commença à douter Donald.
– C’est parfait que tu doutes, rassura Blackinn. Une épreuve n’en est une que lorsqu’il y a risque d’échec. Sinon, on se ment à soi-même et on gaspille son énergie dans une tâche triviale qui ne sert qu’à occulter de vrais problèmes.
– Alors on y va, dans ce cas! Je pense pas être plus prêt dans un mois qu’aujourd’hui. Où dois-je aller pour l’épreuve?
– La forêt juste derrière ma tour. Vas-y dans trois jours. Va au sud et atteins la clairière. La démone y apparaîtra. Demande-lui alors de te montrer où trouver des champignons semblables à ceux-ci. Elle voudra te faire monter sur son dos. Tu devras refuser et la suivre dans les bois. Ce sera dur, crois-moi, et elle te tentera maintes et maintes fois. Mais tu vas y arriver avec ce qu’on a appris.
– Parfait, Blackinn, je ferai ainsi, affirma Donald.
– Ne la laisse surtout pas t’emmener dans un autre plan, avertit Blackinn sur un ton sentencieux. Tu pourrais y rester coincé pour toujours!
– …
– Elle pourrait te faire croire qu’il y a de meilleurs champignons ailleurs que dans le plan matériel, expliqua Blackinn. Insiste en disant que tu as besoin de ça pour un rituel magique et que les plantes d’autres plans ont des propriétés non désirables. C’est très important, Donald, ne néglige pas ça; tout le reste pourrait ne plus rien servir si tu le fais.

Pendant les trois jours qui suivirent, Donald ressentit un mélange d’excitation, d’anxiété et de peur. Que se passerait-il s’il échouait contre la démone? Est-ce que cela ne briserait-il pas un autre rouage en lui? Et en cas de succès, Donald serait-il vraiment guéri ou aurait-il tout simplement gagné une stupide bataille inutile de plus? Confus, Donald se demanda s’il ne serait pas aussi bien laisser tomber cette épreuve et se résoudre à finir ses jours chez son frère, qui lui avait à quelques reprises offert de l’accueillir chez lui si jamais il ne pouvait plus vivre seul et travailler, accablé par la fatigue incessante.

Il n’y avait aucune alternative. Personne ne connaissait le fonctionnement de l’esprit humain, se rendait compte Donald. Personne ne soignait les blessures en utilisant des connaissances logiques sur l’esprit et le corps. On se contentait plutôt d’incanter, utilisant astucieusement les arcanes pour obtenir des effets d’une façon aussi inusitée qu’incompréhensible, ou on confiait le travail à des dieux aussi distants qu’intransigeants.

Les trois jours (et trois nuits) écoulés, Donald se rendit à la clairière et y attendit une heure, deux, trois, puis retourna à la tour de Blackinn, bredouille. La démone ne s’était pas montrée le bout du nez.

– Ah Donald, mon pauvre ami, salua Blackinn, dehors, en train de ramasser des plantes.
– Bonjour grand magicien, commença Donald. J’ai fait selon vos conseils, mais la démone n’est pas apparue.
– Normal, Donald, expliqua Blackinn. Mon rituel d’invocation a échoué. Ça ne m’arrive presque plus jamais, je ne suis pas fier de mon coup. Au dernier moment, un maudit oiseau fou a croassé et m’a fait sursauter! J’ai perdu ma concentration et tout le rituel est à refaire, et j’ai perdu des composantes matérielles que je vais devoir me procurer.
– C’est ça que vous êtes en train de ramasser? On a besoin de plantes pour invoquer un démon?
– Non, les composantes sont plus difficiles à trouver. Un marchand est supposé en avoir dans deux jours. Là je ramasse des plantes pour un sort expérimental. Je voudrais me construire une cage végétale capable de confiner des monstres et se reconstruire en cas de dommage. Les sorts de confinement demandent trop de concentration et je me fais vieux. Il faut que je trouve un moyen de rendre mes expérimentations moins dangereuses.
– Ah, je vois. Alors je tenterai mon coup dans deux jours. Mais je suis de moins en moins sûr d’y arriver. Je pense toujours à Hellora et j’ai envie de la laisser faire, monter sur son dos. Juste imaginer son corps contre le mien me fait sentir mieux.
– Ok, on va utiliser une petite ruse pas très recommandée pour contrôler ça. Donald, fais bien attention à ne pas abuser de ça. Nomme-moi quelque chose que tu es incapable de faire.
– Forger une épée, affirma Donald.
– Ah là là, que l’esprit est si habile à se créer des limites artificielles! s’exclama Blackinn. Si forger une épée est si important pour toi, va voir le forgeron et demande-lui de t’apprendre une partie de son art. Tu réussiras, pas parfaitement, mais tu réussiras, parce que tu as deux mains, tu as un cerveau et tu peux apprendre. Trouve-moi autre chose.
– Je sais pas moi, réfléchit Donald, voler? Mais tu me diras que je peux apprendre la magie pour faire ça. Alors…
– Oui, c’est bien vrai, mais voler t’est pour le moment impossible, tandis que ce l’est pour Hellora. C’est de ça dont on a besoin. Et qu’utilise-t-elle pour voler? Ses ailes non? Si tu montes sur son dos, tu toucheras ses ailes, inévitablement. Concentre-toi, Donald, entraîne-toi à détester ces ailes, parce qu’elles font quelque chose que tu ne peux pas faire!
– Mais c’est complètement fou! s’exclama Donald. Je veux pas me rendre jaloux pour des ailes que je n’ai pas! La jalousie, on m’a toujours dit que c’est mal, négatif.
– Oui, je sais, avoua Blackinn, et je suis très heureux que tu t’en rendes compte. La technique que je te montre aujourd’hui est dangereuse si utilisée abusivement. Si tu méprises les mains du forgeron parce qu’il peut travailler le métal et pas toi, si tu détestes les yeux de l’oracle parce qu’il peut voir l’avenir et pas toi, si tu voudrais coudre la bouche du barde parce qu’il peut chanter et pas toi, si les pieds de la danseuse te donnent des envies de meurtre parce que tu ne sais pas danser, tu en viendras vite à détester l’humanité toute entière et cela te grugera plus encore que tous les démons réunis! Mais te créer du mépris pour les ailes d’une seule démone bleue, si ça peut t’aider à y résister, ça me semble raisonnable.
– Ouin, fit Donald, dubitatif.
– Tu n’es pas obligé d’utiliser cela. Fais-le si le mal devient trop prenant, sinon laisse ça de côté. C’est une arme de plus.
– Je vous en remercie, grand magicien.

Donald retourna à ses doutes et à son désespoir. Il ne dormit pas bien pendant ces deux jours et ressentit à maintes reprises fatigue et désespoir. Il put trouver un peu de réconfort à la taverne, en buvant de la bière, et grâce à une vieille flûte en bois que son père lui avait donnée. Il n’arrivait pas à en jouer très bien, mais ces derniers temps, il avait fait quelques progrès.

Il ne cessait de penser et repenser à Hellora de sorte qu’il finit par s’y mettre et se créa du mépris pour les ailes. Il parla de son aventure à son frère et à son ami. Tous deux lui dirent que ça ne valait pas le coup de tenter ça. « Ta volonté ne s’envolera pas », lui certifia son ami. « Au pire tu pourras toujours venir rester chez moi » le rassura son frère. Mais rien ne put dissuader Donald de se confronter à son épreuve.

Le jour fatidique enfin arrivé, Donald se présenta à la clairière. Il dut encore y attendre une heure. Hellora lui apparut alors et commença à lui parler. Donald lui répondit, lui parla des derniers mois, et puis il lui demanda de lui montrer où pouvaient se trouver les champignons désignés par le magicien.

– Alors tu veux des champignons rouges comme ceux-là, récapitula Hellora. Il y en a dans la forêt, mais c’est très loin d’ici. Je peux t’emmener dans un autre plan où ils sont plus gros et plus nombreux.
– Non, s’empressa de protester Donald, légèrement anxieux a l’idée qu’Hellora puisse le téléporter là-bas sans plus attendre. Il me faut cette taille-là, et ceux du plan matériel. C’est pour des potions.
– Ah les potions, j’y comprends pas grand-chose là-dedans. Je sais pas pourquoi ce sont ces champignons dont toi ou ton maître magicien avez besoin, alors je peux pas protester plus. Je vais te mener dans la forêt du plan matériel alors.

Hellora tenta immédiatement d’agripper le bras de Donald. Ce dernier faillit s’y abandonner et laisser la démone le porter jusqu’à destination. Il se ravisa à temps.

– Non, Hellora, je veux marcher, demanda Donald. Il faut que je puisse retourner là-bas si j’ai besoin de plus de champignons.
– Mais Donald, s’objecta la démone, je serai toujours là pour toi.
– Tu l’as pas été ces derniers mois, lui rappela Donald.
– Je sais, j’étais occupée dans mon plan natal. J’ai dû suivre un nouvel entraînement et me suis blessée. La convalescence a duré des semaines. Je suis là maintenant.
– Mais tu le seras pas toujours, argumenta Donald. Tu as tes propres obligations et j’ai les miennes. J’ai besoin de ma volonté pour les miennes.
– Comme tu veux, fit à contre-coeur Hellora, mais la route va être difficile.

Hellora mena Donald dans la forêt. Il fallut traverser des endroits où la végétation se faisait dense, où il y avait des racines partout et régulièrement, Hellora tentait d’agripper Donald pour lui faire franchir des racines, un ruisseau et même une clairière. Donald ne réussit pas toujours à résister, et sa volonté flancha au moment où il survola la clairière sur le dos de la démone.

– On va s’arrêter ici, proposa Hellora. On va en profiter pour manger un peu.
– Bonne idée, approuva Donald.

L’homme profita de ce répit pour manger quelques rations qu’il avait emportées, mais il œuvra aussi à rétablir son lien avec l’énergie universelle et à solidifier son bouclier contre la tentation.

Hellora et Donald marchèrent encore pendant une heure. Régulièrement, Hellora tentait de soulever Donald qui devait résister, décliner et parfois même se débattre un peu. Puis un moment donné, Hellora en eut assez et se choqua. « Si tu veux pas que je t’aide, t’aurais dû me le dire dès le début. Toutes les fois que j’t’ai aidé, c’était pas nécessaire en fait et tu m’as laissé faire juste pour profiter de moi! Débrouille-toi tout seul, alors! » Sans laisser le temps à Donald de s’expliquer, Hellora disparut, le laissant seul au beau milieu de la forêt.

Donald chercha pendant près d’une heure, espérant trouver par lui-même ces maudits champignons. Il n’y parvint pas. Il avait par contre pris grand soin de mémoriser par où ils étaient passés et put, après près de cinq heures et une nuit dans une petite grotte, retourner à la tour de Blackinn. Il y monta penaud et frappa à la porte du bureau.

– Entrez, cher ami, annonça Blackinn.
– Maître, commença Donald, la mine basse. J’ai échoué.
– Alors apporte-moi ces champignons. Au moins ils seront utiles pour une nouvelle potion.
– J’ai même pas les champignons, s’excusa Donald, anxieux à l’idée d’avoir déçu le magicien à un point qu’il n’avait même pas imaginé.
– Alors là je n’y comprends plus rien. Tu es revenu en vie de la forêt, la démone a réintégré son plan d’origine et tu n’as pas les champignons. Que me manque-t-il pour comprendre ce qui s’est passé? Tu es allé dans la forêt, au moins?
– Je crois avoir mal compris l’épreuve, alors, se questionna Donald. J’ai bien rencontré Hellora, elle a voulu me mener dans un autre plan pour avoir des champignons plus gros et j’ai refusé. Elle a voulu me porter sur son dos pour me mener plus rapidement dans la forêt et j’ai refusé.
– Si tu avais accepté la première offre, Donald, soit tu aurais les champignons, soit tu serais toujours là-bas. Si tu avais accepté la deuxième offre et pas la première, tu aurais les champignons et serais sans doute aussi déçu et anxieux qu’en ce moment.
– Alors peu importe comment ça s’est fini, je pouvais pas réussir? demanda Donald. À force d’avoir trop refusé l’aide d’Hellora, elle s’est choquée, est disparue et m’a laissé là, seul, dans la forêt.
– Pense, Donald, pense. Si tu l’avais laissée te mener dans un autre plan pour ensuite résister à ses charmes comme tu l’as bien fait ici, dans le plan matériel, elle t’aurait traité exactement de la même façon qu’elle l’a fait.
– Alors je serais coincé là-bas, constata Donald avec un frisson.
– Oui, Donald, oui, tu as réussi, mon ami. C’était normal que la démone se mette en colère, je m’attendais à cette réaction. En refusant son aide, tu l’as privée de sa source d’énergie. Elle le faisait pas par bonté de cœur, seulement pour que tu t’attaches à elle, y pense toujours et la veule comme le plus beau des diamants.
– Et les champignons dans tout ça? demanda Donald, encore un peu confus et sous le choc.
– On s’en tape, affirma Blackinn, j’en ai plein et ça sert presque à rien. C’était juste un prétexte. Cette espèce-là est rare et ne se trouve que dans un secteur de la forêt. Si ça se trouve, Hellora ne savait même pas qu’il y en avait et où les trouver! Elle t’aurait fait tourner en rond jusqu’à épuisement puis t’aurait mené dans un autre plan pour aller en chercher, et le manège aurait recommencé là-bas. Va, maintenant, repose-toi, reprends des forces.
– Merci, grand magicien. Votre sagesse est très impressionnante.
– Ah, Donald, une dernière chose. Tiens-moi au courant des résultats du traitement. Je connais une autre personne, dans un autre plan, qui a un problème semblable au tien et voudrais bien lui venir en aide.
– Oui, mais dans ce cas, proposa Donald, ce serait peut-être mieux que je parle avec cette personne directement. Ne pourriez-vous pas m’envoyer là-bas?
– Non, la barrière entre les deux plans est trop épaisse. Il faudrait un magicien de niveau très élevé, peut-être plus que les dieux, pour la franchir! Je communique avec cet homme à travers un aventurier qui a établi un lien mental avec lui.
– Et qui est cet aventurier, peut-être pourrais-je le retrouver?
– N’essaie pas, il est à des milliers de kilomètres. C’est un demi-elfe du nom d’Anastase et il se balade en compagnie d’un demi-orc, Arbogast, qui peut parfois être imprévisible et intimider ceux qui croisent sa route. J’essaie de trouver un moyen de les amener ici, parce que je voudrais bien offrir à Arbogast un enchantement pour son épée et quelques nouveaux sorts à Anastase. Si je réussis, ou s’ils viennent par leurs propres moyens, je tenterai de vous mettre en contact, mais je promets aucun résultat. Anastase a plus ou moins conscience du lien qui l’unit avec son correspondant de l’autre plan. La communication sera probablement impossible directement, seulement par songes.

Donald, un peu déçu mais très intrigué, repartit. Quelques jours passèrent et Donald sentit qu’il retrouvait des forces. La fatigue le quitta enfin. Il dut utiliser la manipulation d’images mentales plusieurs fois, mais il y parvint plus facilement. Hellora ne revint jamais hanter son esprit; il l’avait conjurée pour de bon cette fois!

Le son Dolby Digital, quelque chose de plutôt instable sous Linux

Mon HTPC m’en aura décidément fait voir de toutes les couleurs. C’est avec le son S/PDIF que j’ai eu le plus de trouble, probablement parce que la prise en charge de ce dernier n’est pas aussi bien testée que le son analogique couramment utilisé. J’ai encore une fois cru que la mort de mon système était arrivée.

Tout a commencé quand j’ai mis à jour de Ubuntu 12.04 vers 14.04. Déjà cela a posé des difficultés, car le gestionnaire de mises à jour ne proposait pas Ubuntu 14.04. Il m’aurait fallu, selon ce dernier, installer 12.10, 13.04, 13.10 puis enfin 14.04! Ces mises à jour successives promettaient de prendre un temps interminable. Ce serait probablement moins long de tout formater, installer 14.04 à partir de rien et puis passer un après-midi à copier/coller des identifiants de disques pour reconstruire les points de montage, reconfigurer des logiciels et déboguer. Cela ne me plaisait pas du tout.

Par chance, j’ai trouvé un moyen de faire la mise à jour en ligne de commande. Mais ce n’était pas nécessaire. Selon cette procédure, démarrer update-manger avec l’option -d aurait pu suffire. Malgré tout, la mise à jour se passa bien et ne nécessita pas plus d’intervention manuelle que d’habitude. Ce fut juste affreusement long; cette machine aurait grandement besoin d’un SSD, mais mon plan d’action pour lui en installer un serait long et tortueux. Je voudrais en effet remplacer la configuration à double SSD du Drake par un seul disque plus gros (au moins 256Go), pour la simplifier, puis mettre l’un des SSD de 120Go dans mon HTPC. L’autre SSD, je ne sais pas encore ce que je ferais avec.

Malheureusement, la machine souffrit de plusieurs problèmes après l’opération. D’abord, elle était devenue plus lente. Je me rendis compte par la suite que chaque opération prenait plusieurs secondes, un peu comme sous Windows XP après trois ou quatre ans.  La machine semblait manquer de mémoire, mais je ne pouvais pas la monter à plus de 4Go à cause de la maudite carte mère. Il allait falloir, pour aller au-delà de 4Go, changer la carte mère, le processeur et tant qu’à faire le boîtier pour aller vers un format MicroATX plus petit; ça n’en finirait JAMAIS!

Ensuite, la lecture de fichiers MKV sous XBMC posait des problèmes avec le son: les voix étaient devenues pratiquement inaudibles. La première fois que c’est arrivé, avec Monde Infernal, j’ai cru que c’était le film qui était enregistré ainsi; les gens suivaient avec les sous-titres. Mais un deuxième film, Insomnie, souffrit des mêmes symptômes. Je ne pouvais pas croire qu’il y avait de plus en plus de films qu’il fallait suivre avec les sous-titres. Si c’est ainsi, je devrai, pensai-je, cesser d’écouter la télévision: une autre limite de plus à cause de ma déficience visuelle, cette fois purement artificielle, parce qu’aucun réalisateur n’est obligé de monter des films ainsi! À noter que c’étaient des films achetés sous forme de DVD et traités par MakeMKV, donc pas la peine de supposer que c’était à cause d’une source douteuse de matériel piraté puisque ce n’était pas le cas!

Cela fonctionnait très bien avec les fichiers AVI et les fichiers MKV fonctionnaient sous VLC. Alors il y avait un problème avec XBMC. La première étape me semblait d’obtenir la version la plus récente, 13.1, de XBMC. Pour cela, samedi passé, je suis allé sur le site de XBMC pour découvrir que je devais taper ceci sur le terminal:

sudo apt-get install python-software-properties pkg-config
sudo apt-get install software-properties-common
sudo add-apt-repository ppa:team-xbmc/ppa
sudo apt-get update
sudo apt-get install xbmc

Malheureusement, la commande add-apt-repository ne fonctionnait pas, m’indiquant après plusieurs secondes que le dépôt PPA était absent et de vérifier le nom du dépôt. J’ai vérifié plusieurs fois en vain.

J’ai longtemps cherché pour une solution ou une alternative à XBMC: en vain. Il semblait bel et bien falloir convertir tous ces fichiers MKV en AVI, mais qui me dit que dans quelques mois, si je réussissais à mettre XBMC à jour, je n’aurais pas à migrer toute ma base de données vers un autre format, comme OGM, WebM ou MP4? Ça n’en finirait jamais!

C’est hier (19 juin) que j’ai trouvé quelque chose: modifier les fichiers de configuration de APT manuellement pour réactiver la source de paquets XBMC qui a été retirée pendant la mise à jour. J’ai vérifié que APT allait tenter d’obtenir XBMC depuis un dépôt pour Ubuntu 14.04. Puis j’ai tenté une mise à jour avec sudo apt-get update et sudo apt-get dist-upgrade. Tout a bien fonctionné! En temps normal, cette modification manuelle ne devrait pas être nécessaire. Un ami et quelques personnes sur le forum d’Ubuntu ont pu avec succès ajouter le dépôt de XBMC si bien que c’est sans doute un problème local à ma configuration qui n’aurait de solution que la réinstallation complète, à moins de trouver plus tard, par hasard, une solution.

XBMC mis à jour, les problèmes ne s’arrêtèrent pas là. En effet, hier soir, quand j’ai voulu me reprendre pour écouter Insomnie, eh bien j’avais le son, avec les voix, mais plus le 5.1. XBMC s’obstinait à décoder le flux AC-3 5.1 en stéréo et renvoyait ça par S/PDIF à mon ampli. Encore une fois, j’ai dû chercher, chercher, chercher, pendant presque trois heures! Ça a été très frustrant et j’ai bien cru qu’il n’y aurait rien à faire cette fois, pour arranger ça.

XBMC passe à présent par PulseAudio pour produire du son, mais PulseAudio a encore quelques difficultés avec le passage des données AC-3 directement vers la sortie S/PDIF ou, encore pire, HDMI. Dans mon cas, c’était du S/PDIF au moins, mais même avec ça… D’abord, j’ai trouvé cette page qui indiquait d’utiliser Pavucontrol pour activer le passage du AC-3 et du DTS au niveau de PulseAudio. Un redémarrage de XBMC plus tard, je n’avais toujours pas le son 5.1.

Mais pourquoi, nom de Dieu, cela fonctionnait-il parfaitement sous MPlayer et VLC? Eh bien ces deux-là étaient configurés pour envoyer le son directement vers ALSA. J’y avais veillé voilà des mois! Alors peut-on envoyer depuis XBMC directement via ALSA? Oui, ai-je découvert, mais il faut encore passer une foutue option en ligne de commande. Ainsi, comme avec Emacs, je ne pourrais plus démarrer XBMC directement depuis le Bureau; il allait falloir passer par le terminal à chaque fois. Je m’attendais à ce que ce bogue persiste pour plusieurs versions de Ubuntu, donc plusieurs mois, voire un an, alors cela ne me plaisait pas du tout.

Je fis un test avec Totem qui, je sais, utilise PulseAudio. Lui aussi me sortait du son stéréo plutôt que passer le AC-3 directement. J’ai revu plusieurs fois les paramètres sous Pavucontrol. J’ai essayé de configurer XBMC en 2 canaux plutôt que 5.1. Je me suis assuré que sous Totem, la sortie directe AC-3 était activée. RIEN, non absolument RIEN, n’y changeait quoi que ce soit.

Pour me faire fulminer encore davantage, eh bien une réponse à mon post sur le forum d’Ubuntu me suggérait que Linux n’est peut-être pas le meilleur choix pour moi! J’ai bien failli répondre avec un message de désespoir profond qui aurait donné de très mauvaises idées sur moi, mais je me suis ravisé et adouci le ton. Qu’y a-t-il comme alternatives si cette boîte à merde ne convient pas? Tout jeter et acheter un Mac? Tout formater et essayer avec Windows? Juste obtenir le Mac ou la licence de Windows vont me prendre une semaine après quoi je devrai me taper des problèmes de pilotes, de mises à jour qui n’en finiront plus, des caractères minuscules accentués par l’écran 1080p (une TV 4K, pensai-je, on va oublier ça!), beaucoup de transfert de fichiers, et peut-être rien de mieux au bout. En plus je devrai, dans le cas du Mac, avoir deux ou trois disques durs externes qui vont traîner sur mon meuble de cinéma-maison; ça va être laid et je vais inévitablement finir par en faire tomber un par terre. Ça n’a pas de bon sens! Et que dire de la sortie audio du Mac? Faudra que mon père ou quelqu’un d’autre bidouille un fil pour que le minijack puisse envoyer du S/PDIF à l’entrée coax de mon ampli ou que je change mon ampli pour un modèle avec entrée HDMI étant donné que bien entendu, le Mac n’a aucune sortie S/PDIF optique ou coaxiale!

Oui le lecteur blu-ray va régler le problème pour les films, si je cherche à plus finir pour en avoir un avec sortie HDMI mais aussi S/PDIF (puisque mon satané ampli de malheur n’a pas d’entrée HDMI!), mais que vais-je faire pour la musique? Changer ma TV pour un modèle « intelligent » capable de fouiller sur mon réseau pour aller piger des fichiers musicaux sur mon ordinateur dans le bureau? Et si je n’ai pas le goût de payer 1500$ pour une nouvelle TV tandis que l’actuelle me contente très bien, et en plus faire venir chez moi plein de gens qui voudront acheter la vieille TV mise sur Kijiji et la négocier 200$ plus bas, voire davantage?

À bout de nerfs, j’ai fini par faire le test en forçant XBMC à utiliser ALSA directement. Eh bien dès que j’ai démarré le film, de l’affreuse distorsion a commencé à sortir de mes haut-parleurs. Mais ça fonctionne sous VLC et MPlayer!!!! Pas avec XBMC. Il allait ENCORE falloir configurer PulseAudio en mode stéréo analogique de sorte que je n’aurais plus la possibilité d’utiliser YouTube, GrooveShark ou toute autre application Flash. Ça a été bien utile, GrooveShark, pour mettre de la musique la dernière fois que j’ai invité mon frère et ma sœur à souper. Je ne veux pas reperdre cette fonctionnalité! En plus il se pouvait que la configuration de PulseAudio ne suffise pas; j’allais peut-être devoir désinstaller PulseAudio, de sorte que je ne pourrais même plus faire fonctionner YouTube ou GrooveShark en configurant temporairement le son. PulseAudio est aussi une pierre angulaire d’Ubuntu. Le désinstaller va probablement supprimer beaucoup d’autres logiciels et probablement le méta-paquet ubuntu-desktop, ce qui va gêner toute mise à jour future. Vais-je me souvenir, dans deux ans, que je dois réinstaller ubuntu-desktop avant de migrer vers Ubuntu 16.04? Pas sûr! Que va-t-il se passer si j’omets cette étape? Je m’attends à une catastrophe apocalyptique, à l’échelle de la machine ça va de soit bien entendu! C’était vraiment décourageant, ce retour en arrière.

J’ai songé à la possibilité d’utiliser la liaison S/PDIF pour la musique et une connexion analogique pour l’audio 5.1 dans le cas des films. Malheureusement, je ne suis même pas certain de pouvoir retrouver les trois câbles minijack vers RCA que j’avais achetés pour ça. L’un d’eux est maintenant à l’avant de l’ampli pour permettre de brancher facilement un source audio comme un laptop ou un lecteur MP3. J’aurais bien aimé l’avoir, ce fil-là, quand mon frère a voulu me faire entendre quelques extraits de musique, mais il avait été temporairement réquisitionné pour mon setup de musique. Il en reste peut-être un deuxième derrière le meuble, branché pour qu’un signal analogique de secours se rende de l’ordinateur au système de sons. Le troisième, je ne sais pas où il est! En plus, comme XBMC sert à la fois pour les films et la musique et passe par PulseAudio, je serais obligé de reconfigurer PulseAudio avec Pavucontrol à chaque fois que je voudrais passer entre films et musique. La configuration est pénible, car Pavucontrol ne fonctionne pas très bien avec juste le clavier et les caractères sont encore et toujours un peu trop petits, décidément une véritable gangrène depuis les écrans LCD!!!

Certaines recherches m’ont mené à l’existence d’une bibliothèque A52 qui semble nécessaire pour effectuer le passage AC-3. J’ai alors tenté un sudo apt-cache search a52 et suis tombé sur le paquet libasound2-plugins-extra. Oh, pensai-je, j’avais lu quelque chose au sujet d’instructions pour compiler un plug-in A52 pour ALSA qui était susceptible d’aider PulseAudio pour le AC-3, mais ça semblait pour une vieille version d’Ubuntu. Peut-être le plug-in se trouvait-il dans ce paquet? Je l’ai installé après quoi j’ai redémarré Totem: en vain.

J’ai tenté de revérifier, encore, les paramètres dans Pavucontrol. Eh oui, le AC-3 est toujours coché. Alors pourquoi? Avant de rendre les armes et commencer à planifier plus en détails une solution alternative parce que là j’étais vraiment tanné de me battre avec cette machine qui pose des difficultés depuis son achat en 2009, j’ai tenté un dernier coup avec XBMC. Il y a eu une distorsion de la mort, puis ensuite, comme par miracle, XBMC est retombé sur ses pattes et a commencé à envoyer des données AC-3 à mon ampli! J’ai éteint XBMC et réessayé: ok. Ce matin, j’ai fait un redémarrage complet du système et XBMC fonctionnait toujours avec le AC-3!

Pour les problèmes de performance, j’ai découvert deux coupables: le serveur de Minecraft que je veux garder encore un peu, et Unity+Compiz. J’ai remplacé Unity par LXDE et j’ai eu une bien meilleure performance. J’ai eu quelques difficultés avec la taille des caractères et les touches de raccourci, mais ça semble pas trop mal maintenant.

Problème de pilote pour Fast Track Pro de M-Audio sous Windows 8.1

Hier après-midi, j’ai tenté d’enregistrer des échantillons en provenance de mes deux synthétiseurs en utilisant une interface audio USB Fast Track Pro de M-Audio. L’opération, qui aurait dû être simple, s’est vite transformée en casse-tête. D’abord la connexion physique causa ses propres difficultés. L’interface audio est pourvue de plusieurs connecteurs et boutons qui sont impossible à identifier sans déchiffrer ce qui est écrit en minuscules à côté. À l’avant du boîtier, c’est déjà un peu pénible. En arrière, c’est encore pire. Je n’ai pour le moment trouvé aucune bonne solution à cela, outre mémoriser l’emplacement exact de chaque connecteur et chaque bouton.

Le branchement effectué, j’ai démarré Ableton Live et tenté de là d’établir la liaison audio. Pour ce faire, j’ai configuré le logiciel pour qu’il utilise ASIO, testé que la sortie fonctionnait, puis j’ai configuré une piste audio pour qu’elle prenne une entrée externe en provenance de l’interface audio. J’ai vérifié maintes fois que l’entrée était l’interface audio et le son de la piste était dirigé vers la sortie principale, j’ai activé le monitoring et malgré ça, eh bien aucun son ne sortait de là.

Pour vérifier la connexion physique, j’ai trouvé un réglage très utile sur l’interface audio: un potentiomètre A/B permettant de régler le taux de signal en provenance des entrées renvoyé directement vers les sorties. Cela m’a permis de confirmer que le son passait bien à travers l’interface audio, à un volume audible. Les diodes sur l’interface s’allumaient également.

J’ai alors tenté d’éteindre Live et tester directement avec le Mélangeur de Windows. Pour cela, j’ai activé l’onglet indiquant les périphériques d’enregistrement et observé qu’aucune activité n’avait lieu du côté de l’interface audio. L’interface produisait des données que Windows semblait bêtement ignorer. J’ai essayé longtemps de chercher un moyen de configurer le système pour résoudre cette difficulté. Tout semblait OK. Tout portait à croire que l’interface était défectueuse, mais pourtant, dans ce cas, pourquoi les données passaient-elles correctement dedans?

J’ai testé sous Linux: même phénomène. Je savais par contre que le pilote de cette interface sous Linux n’était pas parfait. Certains ont eu des difficultés avec les entrées audio et j’ai eu des problèmes au début avec les sorties. Alors le test n’était pas entièrement fiable.

Il va falloir rétrograder à Windows 7 pour tester, me répéta une voix intérieure jusqu’à me mettre les nerfs à vif. Une autre voix me disait qu’avec un Mac, j’aurais pu réussir à effectuer un test qui aurait clairement identifié Windows ou l’interface audio. Mais je n’ai pas de Mac, bon sang. J’ai alors pensé que si j’avais conservé mon installation de Mac OS X sur mon ordinateur, ça aurait vraiment pu servir, cette fois. Bon, va-t-il falloir me retaper la configuration d’un Hackintosh pour vérifier mon interface audio? Pendant quelques minutes, j’ai cru que c’était cela qui s’en venait. Je n’avais pas la patience d’attendre des mois que quelqu’un ait le temps de tester cette interface sur une machine Windows 7 ou sur un Mac. Si je n’avais pas trouvé de solution, j’aurais fini par commettre un acte impulsif comme réinstaller Mac OS X (possiblement en formatant tout le second SSD) ou serais allé me chercher un Mac flambant neuf dont j’aurais bien regretté l’achat, après. J’aurais pesté contre la machine à cause des caractères trop petits et me serais senti obligé de la faire fonctionner parfaitement, ce qui m’aurait mis en maudit pendant des fins de semaine entières!

D’abord, j’ai testé sur mon ultrabook. À ma grande consternation, le son se rendait dans la machine et jouait par les haut-parleurs internes! Mais pourquoi? Les deux machines exécutent toutes deux Windows 8.1! Mais l’ultrabook n’avait pas le pilote de M-Audio, seulement celui de Windows. J’ai songé simplement désinstaller le pilote de M-Audio, mais je me doutais que j’allais perdre la prise en charge de ASIO qui va aider pour la latence sous Ableton Live. Alors, on en revient bel et bien à choisir entre rétrograder vers Windows 7 ou migrer mon installation vers un environnement Mac OS X, sur un Hackintosh ou un véritable Mac. Outre les problèmes d’achat (en cas de vrai Mac) ou de configuration (en cas de Hackintosh), le transfert de licence d’Ableton Live allait lui aussi poser des difficultés. J’ai en effet activé le logiciel sur deux machines: une sur mon installation Windows de ma machine principale, une sur mon ultrabook.  Je n’ai pas trouvé de moyen de désactiver Live sur une machine afin de pouvoir transférer l’autorisation sur une nouvelle.

Par chance, j’ai trouvé comment faire mieux! Le gros problème est que le pilote pour la Fast Track Pro, apparemment obsolète, ne se trouve plus directement sur le site de M-Audio. Le site principal de la compagnie redirige sur celui de Avid qui ne contient que des pilotes pour des nouveaux produits. J’ai donc dû faire une recherche sur Google et sélectionner le résultat dont le site ressemblait le plus à un de M-Audio. L’autre fois, j’avais pogné la 6.0.7 trouvé sur m-audio.fr. Hier, j’ai eu la 6.1.12 mais pour Fast Track pas Pro. Cela ne fonctionnait pas du tout: l’interface était prise en charge par le pilote de base de Windows, l’enregistrement fonctionnait, mais je n’avais plus le ASIO. Ensuite, j’ai eu la 6.1.10 pour Fast Track Pro et ça fonctionne ENFIN! Cela m’a permis d’échantillonner et de bénéficier de ASIO sous Ableton Live!

Ainsi, tout est bien qui finit bien. Le démon d’Apple qui m’a tenté de nouveau a été conjuré une fois de plus, renvoyé dans son plan natal où son maître va pouvoir le houspiller à souhait pour son échec; j’espère qu’il n’y ira pas de main morte!