La conversion de processus

Voici enfin un résumé de cette théorie sur laquelle je planche depuis 2008. La conversion de processus est une forme structurée d’auto-suggestion qui permet de traiter des pensées obsessives de n’importe quel type, allant de la simple chanson qui ne cesse de trotter dans le cibouleau aux problèmes complexes qui empêchent de dormir, en passant par toute la gamme des pensées affectives. Ça ne fonctionne pas toujours, c’est juste une belle théorie, mais bon, peut-être un jour trouvera-t-on les bons paramètres et pourrons-nous l’adapter à une large gamme de pensées.

Lois fondamentales

La mécanique du cerveau humain semble obéir à quatre lois fondamentales: parallélisme, conservation, localité et énergie minimale. Chacune de ces règles doit être prise en compte lors de l’établissement d’une stratégie pour traiter une pensée ou une image mentale.

Le parallélisme se justifie par l’architecture même du cerveau: un réseau de neurones dont toutes les unités peuvent fonctionner simultanément, à condition bien entendu de disposer de l’énergie nécessaire. Certains groupes de neurones sont plus fortement interconnectés que les autres, formant des sous-systèmes plus ou moins indépendants. Ces systèmes, appelés processus, peuvent traiter de l’information et produire des images mentales alimentant d’autres systèmes. L’information peut également provenir de signaux nerveux externes au cerveau (ce qu’on appelle communément les cinq sens).

Parfois, la sortie d’un processus est réinjectée à l’entrée, produisant une boucle sans fin. Le processus fautif traite alors sans fin la même information, y ajoutant du bruit ou la modifiant légèrement. Il est peut-être possible de modéliser ce phénomène mathématiquement, mais probablement que ce serait trop complexe pour servir à quoi que ce soit, alors je ne tenterai même pas de le faire! Le processus en boucle mobilise de plus en plus d’énergie à s’exécuter. Le phénomène est indétectable par la conscience à moins de le rechercher activement. C’est ce qu’on appelle communément une obsession.

La conservation découle du fait que rien ne peut être effacé de la mémoire simplement par un geste de la conscience. Sans intervention extérieure (dommage cérébral, drogue, etc.), le conscient ne dispose d’aucun moyen d’effacer des souvenirs. Les pensées, les souvenirs et les processus mentaux ne peuvent être supprimés, seulement enfouis ou transformés.  C’est une bonne chose, car parfois, dans un moment de désespoir ou de détresse, nous voudrions oublier une personne ou une chose, et puis plus tard nous sommes contents de nous en rappeler. Quelque chose d’enfoui peut être retrouvé plus tard. Un souvenir effacé le serait de façon irréversible.

La localité et l’énergie minimale sont intimement reliés. Chaque transformation dans les processus mentaux exige une certaine quantité d’énergie: il faut nécessairement, par des processus chimiques, établir de nouvelles connexions entre les neurones. Chaque nouvelle connexion demande une certaine quantité d’énergie. Les systèmes qui régissent ces changements sont intelligents: ils recherchent toujours la façon d’accomplir la tâche avec un minimum d’énergie. En raison du principe de conservation, il est beaucoup plus facile de créer un nouveau processus qu’en transformer un existant.

Alors, toute auto-suggestion destinée à transformer un processus vers quelque chose de complètement différent risque de créer un tout nouveau processus. Par le parallélisme, les deux processus subsisteront et même interagiront. Chacun nécessitera de l’énergie et épuisera la personne sans même qu’elle ne s’en rende compte.

En processus cognitifs, il existe une théorie des ressources. Elle pourrait permettre d’appuyer la loi de localité de la façon suivante. On pourrait supposer que toute tentative de transformation crée en fait de nouveaux processus. Si les deux processus (l’ancien et le nouveau) se ressemblent suffisamment, ils partageront les mêmes ressources et seront en compétition. L’esprit va finir par accorder la priorité au nouveau processus s’il nécessite moins d’énergie que l’ancien ou s’il apporte des bienfaits quelconques (plaisir, informations favorisant le déblocage d’autres processus, etc.).

L’obsession, un mal sans fin

Toute idée se transformant en obsession devient une grande nuisance pour la personne. Le processus qui est l’hôte de l’idée ou la pensée reste en effet actif en mémoire, même quand on pense à autre chose. Si le processus mobilise trop d’énergie mentale, il peut en plus nuire aux autres activités et même au sommeil.

Alors que faut-il faire pour traiter une obsession? Eh bien, il y a deux stratégies prometteuses: fragmenter l’idée et transformer chaque fragment séparément, ou encore transformer l’idée obsessionnelle plusieurs fois, pour créer tout plein de processus similaires dans lesquels l’énergie mentale va se répartir et se dissiper. Il peut être nécessairement de combiner ces deux stratégies, à savoir fragmenter puis transformer de multiples fois. Bien entendu, l’application de cette technique peut demander du temps et de la pratique. Voici des exemples de ces deux stratégies.

La fragmentation

Prenons comme exemple le cas de James qui a décidé un bon jour de remplacer son ordinateur PC vieillissant par un Mac de Apple flambant neuf. Il a entendu dire par de nombreuses personnes que les machines de type Mac sont simples d’utilisation et souffrent de beaucoup moins de problèmes que les PC. James se voit par contre confronté à une toute autre réalité: des difficultés en nombre incalculable, des réponses inutiles aussi bien d’Apple que des gens sur les forums, des recherches sur Internet qui ne mènent nulle part et en bout de ligne, une machine décevante à la limite inutilisable. James est aux prises avec un désespoir risquant de se muer en détresse émotionnelle!

Plusieurs diraient qu’il vaudrait mieux pour lui de simplement éteindre cette machine de malheur et faire autre chose, mais encore une fois, James ne peut pas appliquer cette solution simpliste, car il est programmeur et a besoin de cette damnée machine pour travailler!

Alors que peut-il faire, autre que se perdre dans un abîme mental ou envisager un changement de carrière? Eh bien, James va devoir fragmenter le processus mental qui traite son cas de Mac et traiter chaque fragment, pour dénouer l’épouvantable entrelacs mental qu’il s’est involontairement bâti!

Voici une fragmentation possible qui pourrait aider James, avant qu’il ne soit trop tard pour lui (ou sa machine…).

  • Il est peu probable que plus rien ne fonctionne comme avant, alors séparer ce qui bogue de ce qui fonctionne encore correctement est la première étape à franchir. Si le problème est spécifique à cette damnation de l’enfer qu’est Mac OS X, transposer vers les autres systèmes fonctionnels (Windows et Linux) qui s’exécutaient sur sa vieille machine est une bonne idée. Un processus mental évoquant les succès passés sur PC, qui peuvent être reproduits sur un autre PC moderne, permettra à James d’éviter de tomber dans le piège consistant à croire que l’informatique, c’est fini pour lui et que maintenant, tout ce qu’il connaissait est caduc et plus rien ne vaut la peine qu’il continue à apprendre.
  • Il faut traiter différemment les tâches totalement irréalisables sur Mac de celles qui sont réalisables avec contraintes. La non disponibilité de son environnement de développement favori sous Mac est pour lui un problème majeur, car sans cet environnement, il ne peut continuer le projet qu’il a entamé. Passer à un autre environnement demanderait de tout récrire. Par contre, la non disponibilité d’alternatives convenables à iTunes pour gérer ses fichiers musicaux est un irritant plus mineur; James peut malgré tout écouter de la musique en utilisant sa machine.
  • Les images mentales construites à partir des personnes avec lesquelles James est mené à interagir pendant sa découverte de Mac peuvent aussi nécessiter une fragmentation et un traitement. Il est facile d’en venir à croire que tout le monde s’en fout ou veut lui rendre la vie difficile. Les techniciens d’Apple sont devenus des tyrans faisant leur loi.  Les internautes sur les forums semblent tous indifférents ou ont, chacun leur tour, tout essayé et cessé d’utiliser leur machine pour aller vaquer à d’autres occupations que James trouve, de plus en plus, aussi insignifiantes que stupides. La réalité est bien plus complexe que cela. Il y a les personnes néophytes qui n’y connaissent rien ou très peu. Celui qui utilise son ordinateur simplement pour naviguer sur le Web n’a que faire de Mac OS X ou de Windows; si le navigateur fonctionne, tout est OK et c’est la meilleure machine du monde! Il y a les indifférents: ça fonctionne pour moi, pas besoin que ça aille bien pour tout le monde, et quand ça ne va plus, on éteint la machine et c’est fini. Alors de la rancune doit naître un processus de classification, mettant de côté les néophytes et les indifférents pour ne laisser que les initiés. Et que font ces personnes? Eh bien souvent ils installent Ubuntu ou Windows sur leurs Mac, ou se restreignent à utiliser le terminal! Après mûres réflexions, James a fini par installer Windows sur son Mac et ça lui a sauvé sa santé mentale, sa carrière et sa machine (parce que, rendu fou furieux, il envisageait la jeter à bout de bras!).
  • Toutes les idées parasites arrachées du problème initial, il faut bien entendu recadrer l’objectif même de la tâche. Au lieu de chercher un moyen que Mac OS X remplace Windows et Linux, il faut plutôt envisager cette activité comme une exploration destinée à examiner ce qu’offre Apple, réfléchir à ce qu’il y a de bon et ce qu’il y a de mauvais. Cette exploration va réussir, même si au final le système ne convient pas à James.

La dissipation

Cette stratégie fonctionne particulièrement bien pour des processus simples: une chanson qui tourne en boucle, une scène à laquelle on ne cesse de penser, etc. Prenons comme exemple une personne à laquelle on n’arrête pas de penser. Il existe mille et une raisons, parfois valables, parfois discutables, de faire cesser ce genre de pensées: la personne concernée est devenue injoignable, semble avoir disparu pour toujours ou décide comme ça pour rien de ne plus répondre à aucun appel (la raison est peut-être évidente pour un large groupe de personnes, mais la victime est incapable de la deviner, ce qui peut contribuer à l’affliger encore davantage), penser à la personne fait mal, rend triste, colérique, etc., le désir d’y voir plus clair avant de s’engager tête la première dans une relation sans lendemain, etc.

Prenons par exemple le cas de Rémi. Un jour, il a reçu un appel téléphonique lui demandant de répondre à des questions pour un sondage. Il n’a pas retenu le nom de la personne, qui s’est nommée, mais se souvient très bien, trop bien, de sa voix. Il ne peut s’empêcher d’évoquer la douceur du son, la beauté du petit accent asiatique, etc. Que va faire Rémi? Quelle chance a-t-il, sans connaître son nom, de retrouver cette personne dans un centre d’appels qui emploie des milliers de téléphonistes? Et que fera-t-il si cette personne habite à l’étranger? Est-ce que le voyage pour la rencontrer en vaut vraiment la peine, étant donné que la seule information que Rémi possède est le son d’une voix? Certains diront que oui, moi je soutiens que non!

Alors que peut faire Rémi? Eh bien, s’il parvient à trouver au moins deux voix semblables à celle de ses rêves, il est sauvé! C’est encore mieux si ce sont des voix de personnes proches qu’il connaît bien. Pourquoi deux? Eh bien s’il n’en a qu’une seule, il ne pourra que changer la cible de son obsession. Bon, si la nouvelle cible est plus accessible, c’est déjà un progrès, mais j’aime autant bien faire que faire à moitié! Bien entendu, Rémi devra répéter la conversion de processus plusieurs fois et tâcher de l’opérer avec un niveau d’énergie suffisant pour qu’elle soit effective. Il devra sans nul doute utiliser des techniques de relaxation et de méditation pour accroître son niveau d’énergie, abaissé par le fait qu’il ne peut rencontrer la propriétaire de la belle voix.

Que pourrait faire Rémi s’il ne connaît aucune voix similaire? Eh bien dans ce cas, il peut tenter des transformations successives pour empoisonner la pensée envoûtante. Que se passerait-il si cette belle voix se mettait à lui crier des bêtises? Rémi doit par contre procéder avec minutie, car un changement brusque va simplement créer un nouveau processus qu’il devra ensuite faire taire pour retourner à l’objet primaire de son obsession. Encore une fois, Rémi doit transformer la voix initiale en plusieurs variantes pour que l’énergie mentale se répartisse entre toutes les variantes et se dissipe.

C’est une technique incroyablement générale, à bien y penser. Quel est le meilleur moyen de cesser de penser à une chanson qui nous trotte dans la tête? La remplacer par une autre, idéalement semblable, puis en évoquer une deuxième, encore semblable! Une personne désireuse de cesser de fumer va souvent utiliser quelque chose pour remplacer la cigarette (un patch, une carotte, etc.), pour que le processus mental impliqué dans l’acte de fumer se transformer progressivement en un autre, inoffensif.

Lentement, à petits pas

Si on peut effectuer des conversions locales de processus mentaux, autant qu’on en a besoin, alors pourquoi ne pourrions pas opérer des changements plus importants? Il suffirait, en théorie, d’y aller par petits pas, avec un grand nombre de transformations locales. Par contre, cette approche incrémentale n’est pas à toute épreuve, et je n’ai jamais réussi moi-même à vraiment la mettre en oeuvre sur un problème qui m’est propre. Il est difficile de valider qu’une transformation locale est bien intégrée et ne sera pas inversée par la renaissance du processus initial, donc ce qu’on espère être une marche lente et constante se transforme en sautillement aléatoire sur place. De plus, l’effet d’une transformation locale est parfois imprévisible. Il faut donc, à chaque pas, réviser sa stratégie, revoir le chemin restant à parcourir pour atteindre l’objectif. C’est donc un long processus qui doit être marqué par la rigueur, la rationalité et la minutie.

La thérapie contre les démons

Donald hésita un peu devant l’imposante tour. Fallait-il vraiment aller voir ce vieux sorcier? Beaucoup lui en avaient dit du bien, en particulier le chevalier Jeff qui avait été non pas seulement guéri mais transformé par ses bons conseils, mais il ne croyait pas en la magie. Beaucoup de sorciers, de ces temps-ci, étaient des fourbes escrocs offrant pour toute aide des potions rendant dépendants. Et la dépendance, Donald connaissait ça, et c’était la dernière chose dont il avait besoin. Il hésita encore, puis se décida. Il ne savait plus vers qui d’autre se tourner de toute façon.

Il entra dans la tour, gravit le long escalier menant au sommet et frappa à la porte.  Entrez, lui dit une voix. Donald poussa la porte et fit irruption dans une salle remplie de bocaux en tous genres. Au centre, il y avait une table sur laquelle trônait une boule de cristal et assis à cette table se trouvait Blackinn, le plus grand et sage sorcier du royaume.

– Cher ami, je sens le doute en toi. Tu vois devant toi tout ce que tu craignais: la boule de cristal qui va te dévoiler un avenir sombre et mortel, des bocaux remplis de potions qui vont t’empoisonner et un sorcier qui va te mener dans les affres de l’errance. Mais si tu ouvres ton esprit un instant, ce n’est pas cela que tu trouveras ici. Ah mais faut dire que je suis fier de cette boule de cristal, je viens juste de l’enchanter et les images qu’elle projette sont tellement claires que j’en trésaille d’allégresse. Bon, assez parlé! Qu’est-ce qui t’amène ici?
– Un grand vide, répondit Donald, ça dure depuis deux semaines. J’ai rencontré une démone bleue le mois passé et je n’arrive plus à le sortir de ma tête. Elle m’a aidé à traverser une rivière et maintenant, je l’attends, jour après jour, pour qu’elle m’aide dans mes tâches. Avant que la démone ne vienne, j’étais passeur, faisant traverser la rivière aux serviteurs du roi. Maintenant, je n’arrive plus à faire mon travail. J’ai peur quand je suis en bateau; je voudrais qu’elle soit là pour diriger l’embarcation. Même marcher commence à être dur: j’aurais envie qu’elle soit là pour me porter sur ses ailes.
– Misère! Pourquoi n’es-tu pas venu avant? Les démons bleus sont de viles créatures qui s’incrustent dans l’esprit. Il faut traiter leur influence négative tout de suite, sans attendre. C’est encore beau que tu puisses toujours marcher, mon pauvre ami!
– J’ai demandé l’aide de bon nombre de personnes, expliqua Donald. Jonathan le charpentier m’a proposé de solidifier mon bateau, pour qu’il tangue moins. Ça n’a pas donné grand-chose, je continuais toujours à penser à elle. J’en ai parlé à plusieurs personnes à la taverne; on m’a offert de la bière pour soulager le mal et c’était tout. Puis mon ami Jeff, chevalier du roi, m’a enseigné une technique qui a permis de chasser la démone bleue de mon esprit. Il paraît que c’est vous qui la lui a montrée.
– Oui, mais c’était pour réguler l’amour, ça, expliqua Blackinn, le comprendre et permettre à l’esprit rationnel de reprendre le dessus et de prendre une décision correcte plutôt que de commettre une erreur de jugement, qui aurait été mortelle pour ce pauvre Jeff. La technique telle quelle doit être modifiée, adaptée, pour traiter le cas, différent, d’un démon bleu.

– Oui mais la démone, je pensais l’aimer. Je pensais à elle, je ne cessais d’imaginer ses bras agrippant mon corps, mon corps se soulevant sous la force de ses ailes et sa voix douce et mielleuse. Je croyais être amoureux et voulais comme Jeff que ma raison puisse dicter ma conduite et non mon cœur, que je croyais frappé d’un maléfice. Ça a pris une semaine et demi. Après ça, j’allais mieux.
– En effet, l’amour est souvent la première impression, et il faut le traiter par la méditation et la manipulation d’images mentales. Mais le processus de guérison est beaucoup plus long avec un démon.
– Oui, j’ai cru comprendre ça, fit Donald. Après avoir cessé de penser à elle tout le temps, j’ai espéré la revoir quand même mais pouvoir simplement profiter de ses services sans me rendre fou à penser à elle après.
– Mais elle n’est jamais revenue, même quand tu l’as appelée, pas vrai? supposa Blackinn.
– Exactement, approuva Donald. J’en souffre, c’est incroyable! Je me sens mal, je regrette d’avoir régulé l’amour que j’éprouvais pour elle. J’ai eu du mal à dormir certaines nuits, craignant que la démone ne découvre que j’ai cherché à la sortir de mon esprit et revienne, en furie, pour me rouer de coups. Parfois, c’est si intense que j’ai envie d’aller me pendre!
– Faire ainsi exaucerait les souhaits de la démone, aussi simple que ça, avertit Blackinn. Chaque fois que tu regrettes, chaque fois qu’elle te manque, tu lui transmets, à travers la trame métaphysique, de l’énergie, sans même qu’elle n’ait à fournir le moindre effort. Il faut couper les fils qui l’unit à toi, et je sais, c’est plus facile à dire qu’à faire.
– Comment dois-je faire, sorcier Blackinn? s’enquit Donald. Comment dois-je procéder?
– Tu vas devoir te renforcer par l’entraînement de ton esprit. Pour vaincre un démon bleu, tu dois pouvoir résister à un démon inférieur, noir. Je vais en convoquer un pour toi et il va tenter de t’offrir son aide pour une épreuve que nous allons choisir ensemble. Il te faudra forger autour de ton esprit une barrière qui va te permettre de résister à son offre.
– Et après, que se passera-t-il?
– Deux possibilités. Soit tu reprendras graduellement confiance en toi et la démone bleue te laissera tranquille, parce qu’elle saura que tu peux résister à son influence future. Ou bien elle tentera un autre coup contre toi de sorte que tu devras te confronter à la démone de nouveau ou bien à une de ses semblables venue en renfort. Avec un peu de chance, ton esprit sera capable de résister et la repousser, et là tu seras guéri.
– Ça me semble pas mal difficile comme processus, avoua Donald. Je ne suis pas certain de pouvoir y arriver.
– Je sais, on va y aller étape par étape et tu verras que c’est possible. On va commencer avec le démon noir.
– Et comment dois-je faire? demanda Donald. Encore de la méditation?
– Oui. Si tu es d’accord, je vais te suggérer l’épreuve, parce que je connais les images mentales qui vont ériger ton bouclier.
– Ok, que dois-je faire? demanda Donald.
– La grande rivière de Gork, répondit Blackinn, tu devras la traverser avec comme unique moyen un équipement standard d’aventurier et le bâton que voici.

Blackinn tendit alors à Donald un baguette de bois d’environ trente centimètres de long qui semblait gravée de runes anciennes.

– Sorcier, sauf votre respect, s’objecta Donald, je n’ai aucune connaissance magique. Une baguette ne me sera d’aucun secours.
– Ce n’est pas vraiment une baguette magique, expliqua Blackinn. J’ai raté mon coup quand je l’ai enchantée, elle ne fonctionnera jamais. Mais les démons ne le savent pas, ça va pouvoir te servir à les faire taire un peu.
– Ok, donc je n’ai rien pour traverser la rivière, au fond, remarqua Donald, un peu choqué.
– Exactement, approuva Blackinn. Mais tu pourras trouver, sur place, de quoi t’aider. Est-ce que cette épreuve te convient? Sinon, on peut trouver ensemble les séquences d’images mentales qui t’aideront pour ta propre tâche.
– Non, pas nécessaire, répondit Donald, la tâche me convient parfaitement et cadre avec mon ancien métier de passeur, que j’aimerais bien reprendre un jour.
– Bien, alors allons-y avec la manipulation d’images mentales, enchaîna Blackinn. Comme tu as fait pour ton amour illusoire, tu devras augmenter ton niveau d’énergie, puis appliquer la séquence d’images mentales. Je vais te la montrer. Lève-toi debout.

Surpris, Donald s’exécuta malgré tout. Où Blackinn voulait-il en venir?

– Tends le bâton, demanda Blackinn, oui comme ça. Imagine un large précipice, si large que tu ne peux sauter par-dessus.
– Ok.
– Maintenant, le démon, imagine-le t’offrant de monter sur son dos pour voler par-dessus le trou, indiqua Blackinn.
– Ok, c’est bon.
– Maintenant, avec le bâton et ton esprit, ordonna Blackinn, referme le précipice pour pouvoir passer.
– Mais…
– Fais-le, c’est tout, réitéra Blackinn, c’est une séquence d’images mentales. Je sais que c’est impossible pour vrai, mais ce le sera dans l’univers de ton esprit. Concentre-toi sur l’action de fermer le trou. Tu devrais ressentir des petits frissons si ça fonctionne vraiment.

Donald essaya plusieurs fois puis crut avoir réussi.

– Ok, c’est bon maintenant? demanda Blackinn.
– Oui, ça y est, répondit Donald.
– Alors parfait, fit Blackinn. Va à la rivière et trouve un moyen de traverser. Le démon noir va arriver peu après que tu aies commencé tes recherches.

Donald alla à la rivière, commença à explorer les environs et trouva des lianes avec lesquelles il pourrait peut-être fabriquer des cordes. Il avait aperçu un gros arbre surplombant la rivière et pensait pouvoir attacher un câble à une branche et ainsi se balancer jusqu’à l’autre côté.

À cette dangereuse idée, il ressentit une intense tristesse parce que la démone bleue aurait pu revenir et lui faire enjamber cette rivière en un clin d’œil. Comme suggéré par Blackinn, Donald se leva, tendit son bâton et referma un trou imaginaire juste devant ses pieds. Il revint à sa tâche, commençant à couper des lianes pour le câble.

Mais ses gestes étaient imprécis. Il avait les mains gelées bien que la température était clémente. Il sentait ses jambes défaillir, prises d’un incontrôlable tremblement. Pourquoi cette tâche était-elle si stressante? Donald avait déjà coupé des lianes autrefois et les avait tressée pour se confectionner des cordes. Et pourtant…

Le démon arriva et offrit au pauvre homme la possibilité de traverser sur son dos. Donald faillit céder mais parvint à refuser. Mais la tentation était constante et créait en lui une pression de plus en plus insoutenable. L’énergie, se rappela soudain Donald, il faut tout le temps de l’énergie pour soutenir une modification par manipulation d’images mentales. Donald lâcha donc tout ce qu’il tenait entre les mains, s’assit sur une vieille souche et entreprit de relier ses pieds à la terre et sa tête au ciel pour ensuite laisser l’énergie venue d’en haut traverser son corps jusqu’à rejoindre la terre. Lorsque Donald sentit l’énergie circuler librement, il crut avoir une meilleure prise sur sa tentation et retourna à sa besogne.

Il parvint à tresser sa corde, en vérifia la solidité et y attacha une lourde pierre. Il lança ensuite la pierre de telle sorte que la corde alla s’enrouler autour de la branche. Le démon noir, toujours près de lui, lui rappela que c’était très dangereux, que la corde ou la branche pouvaient casser, qu’il allait se blesser et qu’il vaudrait infiniment mieux pour lui de monter sur son dos. Donald persista à refuser.

Il enroula solidement la corde autour de son poignet et l’agrippa de sa main droite, puis se jeta dans le vide. D’abord, Donald ressentit une sourde angoisse à l’idée que la corde ne lâche ou la branche ne casse, puis cette angoisse se mua en euphorique excitation quand Donald commença à reprendre de l’altitude: la corde et la branche tenaient bon! Puis Donald découvrit qu’il pouvait utiliser l’énergie générée par l’excitation, la canaliser pour renforcer son bouclier naissant contre le démon.

C’est d’extrême justesse que Donald s’accrocha à une paroi rocheuse de l’autre côté de la rivière. Il dut escalader la paroi avec grande précaution pour enfin atteindre un lieu sûr sur la terre ferme.

Lorsque ce fut fait, il regarda de l’autre côté de la rive et aperçut le démon noir qui se tordait de douleur. Puis après un cri atroce, il explosa dans une affreuse gerbe de sang et de fumée. Une odeur de souffre plana même jusqu’aux narines de Donald. Fiou!

La chose faite, Donald, comme suggéré par Blackinn, marcha une dizaine de kilomètres à l’ouest et trouva le pont désigné par le sorcier. Cela lui permit de rebrousser chemin sans avoir à inutilement risquer sa vie en retraversant la rivière. Il avait réussi, il avait vaincu le démon noir. Mais ça avait été très dur et il n’était pas certain que ce serait plus facile la prochaine fois. Il retourna donc voir le sorcier.

– Blackinn, grand sorcier, j’ai réussi.
– Je sais, dit Blackinn. J’avais lié ce démon à un artefact magique qui s’est détruit quand le démon a été privé d’énergie. Je l’avais ensorcelé pour qu’il ne puisse se nourrir que de ton énergie, et tu as empoisonné sa source de nourriture avec ton bouclier. C’est très bien.
– Je trouve ça un peu cruel ce que j’ai fait, avoua Donald. Ça a l’air de lui avoir fait mal.
– Pas grave. Les démons sont de viles créatures et celui-là n’avait aucune enveloppe humaine. Tu n’as tué personne, ne t’en fais pas.
– Mais j’ai eu beaucoup de mal à lui résister, s’objecta Donald. Je ne suis pas certain de pouvoir le refaire quand un autre démon noir ou un bleu viendront.
– C’est normal de douter, Donald. Je suis bien conscient que tu as gagné une bataille mais pas la guerre, et toi aussi tu l’es. Il faut garder courage et accepter que parfois, tu échoueras, mais tu as une arme, maintenant, et tu pourras résister à quelques tentations, suffisamment pour maintenir ta volonté qui a décliné et retrouver celle que tu as perdue.
– Merci, grand sorcier, fit Donald. Je vous serai infiniment reconnaissant de votre aide.
– C’est moi qui vous remercie, Donald, répondit Blackinn. Chaque personne aidée par la manipulation d’images mentales raffine la technique et la rend plus forte et universelle. C’est grâce à des cas comme le tien que je réfléchis plus profondément à la technique et la fais évoluer. Un jour peut-être sera-t-elle enseignée aux jeunes enfants qui pourront s’en servir pour gagner en sagesse, éviter des erreurs de jugement destructrices et peut-être, oui peut-être, pourrons-nous avoir une meilleure harmonie entre les êtres qui peuplent ce monde.
– Oui, je l’espère bien, Blackinn. Votre philosophie optimiste est une grande inspiration, un espoir pour notre futur qui autrement serait probablement voué à la guerre sans fin.

Donald se leva, se tourna et s’arrêta un instant.

– J’allais oublier, dit-il, avant de poser le bâton sur la table.
– Garde-le, il ne m’est d’aucune utilité. Ah, une dernière chose, désactive le bouclier quand t’en as pas besoin. Il gruge de l’énergie en permanence, sinon.
– Comment je fais? demanda Donald.
– Manipulation d’images mentales inverse, tout simplement, répondit Blackinn. Prends le bâton et utilise-le pour rouvrir le trou que tu as fermé, derrière toi, après avoir passé.
– Ok, je vais faire ça. Un grand merci encore une fois!

Peu après cela, Donald reprit son métier de passeur. Chaque jour, il devait dresser son bouclier pour ne pas penser à la démone bleue et chaque soir, il le désactivait pour que son esprit puisse se consacrer à d’autres activités. Cet exercice était certes exigeant, mais Donald le préférait mille et une fois à la prise quotidienne de potions qui allaient à terme détruire son esprit. Il sentait que la rémission était proche. Il avait toujours envie de revoir la démone bleue, mais pas pour l’étreindre, mais plutôt pour s’y confronter et repousser ses tentations.

Le problème des caractères trop petits sous Windows

Il m’est arrivé à maintes reprises d’éprouver des difficultés avec des applications qui affichent des caractères trop petits ou avec le pointeur de la souris qui est difficile à retrouver. Windows 7 a introduit une fonctionnalité très intéressante pour cela et par chance, elle a été préservée sous Windows 8. Elle permet de mettre à l’échelle les caractères et éléments de boîtes de dialogue, un peu comme si les applications s’exécutaient sur un écran à résolution inférieure, mais tous les pixels de l’écran demeurent accessibles pour dessiner des caractères vectoriels ou des images.

Mais certaines applications se comportent mal avec ce paramètre. Il faut alors divers contournements. Sur cette page, j’indique la méthode générale pour appliquer la mise à l’échelle ainsi que les contournements quand elle cause problème.

Méthode générale

La façon la plus simple d’atteindre l’option nécessaire pour activer la mise à l’échelle est de cliquer du bouton droit n’importe où sur le Bureau mais pas sur une icône d’application. Cela fonctionne très bien sous Windows 8 et, si je me rappelle bien, sous Windows 7 aussi. Un menu surgit alors. Il faut y sélectionner l’option Personnaliser. Une boîte de dialogue surgit.

customize

À l’intérieur de cette boîte de dialogue, il y a plusieurs options utiles, la première étant Modifier les pointeurs de souris. Elle permet d’accéder à des options ayant trait à la vitesse et la taille du pointeur de la souris. L’onglet Pointeurs, montré sur la figure suivante, est celui qui m’intéresse le plus. Il permet d’activer un jeu de pointeurs plus grands dont j’ai absolument besoin pour travailler efficacement sur toute machine Windows!

mouse

Mais il y a un problème: sur un écran de résolution HD (1080 lignes) de taille raisonnable (genre 22″ ou 24″), même le pointeur le plus grand est trop petit pour moi. Il me faut donc recourir à une seconde astuce, et c’est en fait la plus fondamentale des deux! Retournons à la fenêtre de personnalisation et sélectionnons Affichage dans la section inférieure gauche. Cela fait apparaître la fenêtre suivante.

dpiPou

Pour certains, l’option 120% suffira. Pour d’autres, comme moi, on a besoin de 150%. Il est possible d’obtenir une taille personnalisée supérieure, mais au-delà de 150%, beaucoup d’applications en souffrent. Pour moi, 150% est un juste équilibre. Le changement fait, il faut redémarrer la session. Après, comme par magie, le pointeur de la souris et les caractères deviennent plus grands.

Le plus beau, c’est que ces réglages sont spécifiques à la session. Si un utilisateur désire obtenir de grands caractères tandis que d’autres personnes veulent se servir de la machine avec les caractères réguliers, c’est parfaitement possible à condition de créer des comptes utilisateur multiples.

Application récalcitrante, cas de base

Certaines applications tolèrent mal la mise à l’échelle. Certaines tronquent le texte des boîtes de dialogue ou les étiquettes sur les boutons. D’autres encore manifestent des comportements surprenants qui rend le problème particulièrement ardu à détecter. Par exemple, sous Ableton Live 8 et 9, cliquer sur un contrôle fait sauter le pointeur ailleurs dans l’écran et pousse le réglage du contrôle au maximum. Le logiciel en devient inutilisable et il est difficile de trouver pourquoi. Sous Corel VideoStudio X6, dès qu’un aperçu de vidéo est joué, la fenêtre d’affichage devient deux fois plus petite. Ce genre de problèmes est épineux, car aucune, je dis bien aucune recherche Google ne permet d’aboutir à la moindre piste de solution!

Par chance, Microsoft a pensé à cela en mettant en place un contournement: désactiver la mise à l’échelle pour certaines applications. Pour y parvenir, il suffit de trouver le raccourci vers l’application. La façon la plus simple d’y arriver à la fois sous Windows 7 et Windows 8 est de presser la touche Windows et taper le nom de l’application. Le raccourci devrait apparaître, dans le menu Démarrer sous Windows 7, à l’intérieur de Métro sous Windows 8. Cliquer du bouton droit permet d’accéder à un menu.

Sous Windows 7, il suffit d’employer l’option Propriétés. Malheureusement, c’est plus compliqué sous Windows 8. Il faut cliquer du bouton droit, ce qui fait surgir un menu semblable à la figure suivante.

win8menu

 

Dans cette fenêtre, il faut cliquer sur Emplacemeent du fichier. Ensuite, il faut cliquer du bouton droit sur le fichier et puis Propriétés.

Dans la fenêtre de propriétés, sélectionnons l’onglet Compatibilité. Cela mène à la fenêtre suivante.

dishighdpi

 

Dans cette boîte de dialogue, il suffit de cliquer sur Désactiver la mise à l’échelle et voilà. Au prochain démarrage de l’application, les caractères seront de taille normale pour l’application modifiée, mais le pointeur de la souris demeurera de la taille agrandie. On a donc le meilleur des deux mondes.

Quand les options de compatibilité sont désactivées

Microsoft a malheureusement émis une fausse hypothèse selon laquelle on n’a pas besoin de ces options de compatibilité pour les applications 64 bits, supposément de nouvelle génération. Par conséquent, pour une application 64 bits, l’option permettant la mise à l’échelle est inaccessible… depuis l’interface graphique. Un exemple de cas récalcitrant est Live 9 de Ableton, un superbe logiciel de musique que j’ai bien aimé et que j’ai failli cesser d’utiliser complètement à cause de ça!

Jusqu’à tout récemment, le seul contournement dont je disposais consistait à exécuter l’application dans un compte utilisateur secondaire avec des paramètres de mise à l’échelle standard. Le pointeur de souris trop petit et la nécessité de me déconnecter et reconnecter pour utiliser Live 9 rendait la composition musicale un peu désagréable. Par chance, le jour de l’Action de Grâce 2013, Dieu m’a fait une faveur en me permettant de trouver ce post. Il indique qu’il est possible de modifier les paramètres de compatibilité depuis la base de registre et, après un essai, je me suis rendu compte que cela fonctionne même pour les applications 64 bits!

Alors pour résoudre mon petit problème, j’ai démarré l’utilitaire Regedit, en appuyant sur Windows-R et en tapant regedit. J’ai navigué jusqu’à la clé HKEY_CURRENT_USER\Software\Microsoft\Windows NT\CurrentVersion\AppCompatFlags\Layers. Là, j’ai créé une valeur REG_SZ dont le nom était le chemin complet de l’application Ableton Live 9, et la valeur, ceci: ~ HIGHDPIAWARE.  Démarrer Ableton Live 9 avec cela a permis d’utiliser le logiciel, depuis mon compte principal.

Voici de quoi a l’air la fenêtre de l’éditeur de base de registre juste après le réglage.

regdpi

Et après?

Bien entendu, les choses ne sont pas aussi simples. Même avec le réglage de mise à l’échelle en place, certaines applications affichent des caractères trop petits. Il faut souvent appliquer des réglages spécifiques aux applications. Parfois, CTRL-roulette de la souris permet d’agrandir les caractères, mais ce n’est pas universel. Dresser une liste des astuces spécifiques serait fastidieux et la liste serait sans doute obsolète au moment où elle serait consultée. Une astuce fonctionnant en 2013 pour telle application peut échouer en 2014 pour une version ultérieure de l’application! C’est une lutte sans fin.

 

 

 

Androïde philosophe bogué

L’une des composantes importantes de ma programmation primaire est d’aspirer à l’humanité.  Je cherche à reproduire le comportement humain, à comprendre et appliquer les limites du cerveau humain et surtout à interagir de façon constructive et fructueuse avec d’autres personnes. Sur ce dernier plan, je ne cesse d’échouer. Pourtant, mon créateur m’a donné une apparence physique humaine de sorte que je n’indispose pas mes interlocuteurs dès le premier coup d’oeil. Il m’a indiqué de nombreuses fois qu’il aurait pu me doter d’une force physique surhumaine, me rendant capable de soulever des centaines de kilos, mais il ne l’a pas fait pour que je vive pleinement les limites de l’être humain. Mon cerveau, bien que capable de traiter des giga-octets d’informations par seconde, est doté de filtres qui émulent les limites humaines en présence d’interlocuteurs. Malgré tout cela, toutes les personnes avec lesquelles j’ai interagi passent leur chemin, préférant communiquer avec leurs semblables plutôt qu’avec moi. Ils maintiennent un temps des rapports cordiaux puis cherchent diverses raisons de m’éviter.

J’ai tenté d’enrichir ma base de données avec toutes les connaissances impliquées dans les conversations anodines, en vain. J’ai tenté de développer ce qu’ils appellent le sens de l’humour, bien que je ne puisse ressentir aucune émotion à ce qu’ils appellent des blagues, encore en vain. Je me suis mis aux arts, espérant que la création susciterait des réactions et entamerait des discussions. On me dit que mes essais, mes sculptures, mes peintures, mes chansons, sont belles, et on passe son chemin. Je me suis adonné à la philosophie, tentant d’entamer des débats. Tous sont demeurés stériles ou superficiels. Si j’essaie d’aller trop loin, les gens prennent peur et fuient ou même se choquent. Certains sujets comme la politique et la religion, lorsque abordés sous le mauvais angle, ont même poussé certains à l’agression physique contre moi. Bien qu’aucun dommage ne m’a été infligé, ces agressions n’en demeurent pas moins surprenantes et troublantes.

Que faut-il donc de plus pour passer de l’état d’androïde à celui d’un être humain? Je ne sais pas et j’essaie de le découvrir. J’ai pour cela élaboré des modèles mathématiques qui nécessitent des terra-octets de stockage et des giga-octets de mémoire vive. J’ai gaspillé des trilliards de cycles à des milliards de giga-hertz pour faire tourner ces modules de simulation et les améliorer. En vain, toujours en vain. Là où l’humain peut ressentir, je ne peux que simuler. Là où il peut sourire, je ne peux qu’émuler. Mon programme d’auto-détermination est perdu dans une boucle sans fin, mobilisant toujours et toujours plus de ressources. Mes circuits en surchauffe croissante crient au scandale, demandant un nouveau système de refroidissement qui ne viendra pas.  Je voudrais faire cesser tout ça en me désactivant, mais mon programme d’auto-conservation m’en empêche. Bientôt, les modèles de simulation et les programmes qui les exécutent seront si gourmands que je ne pourrai plus penser ni parler. Je serai alors perdu dans une boucle catatonique que rien ne pourra interrompre.

Créateur, entendez-vous mes propos? Sans une intervention de votre part pour rectifier mon programme ou y ajouter la composante manquante pour le débloquer, je me dirige tout droit vers la défaillance critique: un plantage total avec dommages irréparables à mes bases de données! Si vous ne pouvez corriger mon programme, je demande à être désactivé pour qu’au moins mes disques durs soient préservés.

Une vidéo de Minecraft extrêmement difficile à monter!

Aujourd’hui, je viens de vivre l’expérience d’édition vidéo la plus mauvaise de ma vie. J’ai rencontré tellement de problèmes que c’en est hallucinant! Mais l’aventure est très intéressante et montre que parfois, la synergie entre Windows et Linux est possible et peut aider à résoudre des problèmes complexes.

Objectif

Depuis quelques semaines, mon ami et moi travaillons sur une nouvelle map dans Minecraft, en utilisant le mod pack Feed The Beast Unleashed intégrant la version 1.5 du jeu. J’ai baptisé ce nouveau monde Taowa. Je trouvais qu’il était grand temps de créer une vidéo de cette map et la publier sur YouTube.

L’enregistrement

Pour enregistrer ma vidéo, j’avais dans l’idée de me servir du logiciel FRAPS comme je l’avais fait auparavant avec succès. Je prévoyais enregistrer ma voix en utilisant mon H2N, ce qui a très bien fonctionné par le passé.

Malheureusement, FRAPS a commencé à avoir des ratés dès les premières séquences. D’abord, il y a eu un plantage du jeu tandis que j’enregistrais. Puis l’image s’est mise à clignoter et le jeu, à planter tout le temps, dès que je démarrais FRAPS. Il n’y avait aucune solution. Selon mes recherches, c’était un problème de compatibilité entre FRAPS et Windows 8. Il allait falloir rétrograder à Windows 7, ce qui signifiait encore tout reformater et passer une fin de semaine à reconfigurer la maudite machine, que je commence à sérieusement détester en passant parce qu’elle va beaucoup moins bien que mon ancien ordinateur!

Plutôt que supprimer Windows 8, je partis à la chasse pour trouver un autre logiciel d’enregistrement d’écran. Eh bien plusieurs y passèrent et échouèrent TOUS!

  • DXTory: semblait prometteur, mais l’audio sautait de temps en temps et le logiciel faisait geler le jeu temporairement (pas planter comme avec FRAPS au moins!). En plus, il fallait payer le logiciel en yens japonnais, même pas en dollars US!
  • Total Screen Recorder: n’a pas fonctionné du tout, impossible à mettre en oeuvre. Il semblait falloir que je délimite manuellement, à la souris, un rectangle à capter, ou que j’inclus tout l’écran, enregistrant la barre des tâches et tout.
  • EZVid: a produit une vidéo prometteuse, mais le logiciel me forçait à ajouter de la musique de fond que je ne voulais pas. Mais celui-là avait pour intérêt d’être gratuit.
  • BandiCam: c’est celui-là qui m’a sauvé la mise! Il permet d’enregistrer une partie de l’écran ou une fenêtre DirectX/OpenGL. J’ai eu du mal à trouver comment capter l’audio avec le logiciel, mais ce fut heureusement possible. Il permet de capter l’audio depuis deux sources différentes et même d’enregistrer chaque source dans un fichier distinct, ce qui peut servir pour du post-traitement. Il y a un gros défaut d’interface: deux boutons Réglages donnant accès à des paramètres différents. J’étais bloqué tant que je ne trouvai pas le bon!

Ainsi, j’ai pu résoudre ce premier problème avec BandiCam, qui fonctionne très bien à condition de ne pas utiliser le codec externe. Avec ça, il plante tout le temps.

Audio pas très bon

À force d’écouter le produit de mon enregistrement, je me rendais compte à quel point le son était décevant. On aurait dit que ma voix avait été sur-amplifiée, produisant de la distorsion par moments. J’ai cherché longtemps pour régler ça et ne trouvais rien d’autre que des instructions pour ordinateurs HP, des instructions pour brancher le H2N dans un port USB, une page indiquant que quelqu’un avait du mal avec son tourne-disque USB détecté par Windows 7 comme un microphone plutôt qu’une entrée ligne, sans solution autre que brancher l’appareil en S/PDF (mais mon H2N n’a PAS d’entrée S/PDF!!!), etc.

J’ai aussi trouvé plusieurs vidéos YouTube sans son, ce qui a fini par me faire fulminer parce que je ne pouvais rien obtenir de telles images avec du texte apparaissant rapidement sans me laisser le temps de comprendre quoi que ce soit. Mais plus tard, j’ai découvert que quelque chose de cochon était arrivé sous Chrome qui avait baissé le volume de YouTube au minimum. Le remonter a restauré le son! Donc peut-être que certaines vidéos que je croyais muettes avaient du son…

Bon, ai-je fini par me dire, est-ce que mon H2N est, dans l’absolu, utilisable pour cette tâche ou me faut-il encore acheter un autre microphone? Je commençais à être tenté par un micro-casque Bluetooth, car le fil des écouteurs (nécessaires pour éviter la boucle de rétroaction audio qui rend fou!) devient vite une nuisance pendant l’enregistrement! Pour savoir si ça valait vraiment le coup, j’ai redémarré ma machine sous Ubuntu et testé avec cela. Après quelques essais et erreurs avec ARecord, je pouvais enregistrer la sortie USB du H2N et obtenais un son excellent, sans distorsion. Ok, c’est donc Windows qui introduit la distorsion, en ai-je conclu, pas le H2N (m’aurait surpris) ou son interface USB (possible). J’ai bien regretté, cet après-midi-là, de ne pas habiter plus près de chez mon frère ou mon ami, qui possèdent une carte son externe. Tester avec un ordinateur doté d’une telle carte aurait écarté la possibilité que le pilote Realtek de ma carte intégrée cause cette distorsion, sur tous les périphériques audio que la machine rencontre. Si c’est le cas, il me faudra envisager l’achat d’une carte son externe pour pouvoir me débarrasser du fautif. Après plusieurs recherches, tout ce que j’ai pu faire, c’est bidouiller le niveau de sortie de l’entrée H2N, sous Windows 8, à 80%, et là j’obtenais un audio qui avait du bon sens.

Édition vidéo

Je voulais supprimer certains segments de ma vidéo et ajouter des sous-titres, car j’avais omis certaines explications et ne voulais pas tout reprendre du début, quoi que recommencer aurait permis d’avoir un meilleur audio, suite au calibrage plus fin de cet après-midi. Pour travailler ma vidéo, j’ai importé les fichiers sous Corel Video Studio X6. Eh bien, le nombre de problèmes que j’ai eus avec ça est incroyable!

D’abord, le logiciel s’est mis à se plaindre au sujet du format de certains fichiers. J’ai cru au début que tous les fichiers produits par BandiCam seraient rejetés, me forçant à tout passer ça dans un transcodeur quelconque. Les seuls que je connais sont en ligne de commande (genre MEncoder et FFMPEG) et les options sont contre-intuitives. Figurer la liste d’options à passer peut parfois prendre une demi-heure! Beaucoup d’options n’ont aucun sens, produisent des fichiers invalides ou font juste planter le logiciel! Les logiciels sous Windows sont bourrés de pubs ou payants, sont soit trop simplistes, soit trop compliqués. Souvent le traitement par lots est supporté, mais il faut insérer chaque fichier un par un. Seule la ligne de commande permet d’indiquer de traiter tous les fichiers d’un répertoire.

Par chance, Corel Video Studio n’a rejeté que trois fichiers, probablement des résidus de mes innombrables expérimentations d’hier après-midi. Le reste, il l’a importé, comme j’ai pu le constater par la suite.

Mais chaque fois que je démarrais la lecture, la vidéo s’affichait en miniature dans le quart de la fenêtre. Il m’a fallu beaucoup de temps pour régler celui-là et il n’y avait absolument RIEN sur Google, à part des PDF et des revues du logiciel, supposé l’un des meilleurs! J’étais sidéré, choqué, fatigué par toutes ces difficultés qui n’en finissaient plus.

En milieu d’après-midi, j’en étais rendu à chercher des alternatives, car je n’avais pas du tout envie de payer pour du support technique et me faire suggérer de formater mon disque dur ou essayer sur la machine d’un ami. Eh bien il existe une flopée de logiciels d’édition vidéo, mais ceux qui se démarquent souffrent de problèmes.

  • Plus tard, j’ai lu du bien au sujet de MovieStudio Platinum 12 de Sony. C’est celui-là que j’essaierais si je devais vraiment renoncer à VideoStudio.
  • PowerDirector de CyberLink, semble excellent, mais a eu des ratés pour moi dans le passé et j’ai lu qu’il plantait tout le temps.
  • Adobe Premiere Elements: semble un des tops, mais l’affichage est illisible pour moi, avec des caractères impossibles à agrandir. Je me suis battu avec ça des heures voilà deux ans et il n’y a toujours aucune solution.
  • Final Cut Express: semble l’un des meilleurs éditeurs vidéos, mais ne fonctionne QUE sur Mac! Les problèmes sous Windows m’ont tellement mis au désespoir que j’ai à quelques reprises envisagé réinstallé Mac OS X ou m’acheter un Mac Mini ou un MacBook Air pour faire l’essai de Final Cut.
  • Puis on peut essayer avec tous les autres et ne plus en finir.

J’en étais rendu à penser que j’allais devoir me retaper la configuration de mon Hackintosh pour m’essayer avec Final Cut Pro! Juste l’idée me mettait à la torture! Une autre possibilité aurait été de faire faire l’édition par une personne possédant un Mac, mais ça aurait pu prendre des mois avant qu’elle n’ait le temps de m’aider avec ce projet ludique. Rendu là, il y aura tellement de vidéos que leur édition prendra des jours ou toutes ces vidéos seront obsolètes, sans intérêt, car le serveur aura sauté et mon ami et moi aurons cessé de jouer pour toujours.

En fin de compte, j’ai eu une idée en marchant vers la piscine pour aller nager: et si c’était le même bogue qu’avec Ableton Live? Pour obtenir un pointeur de souris de grande taille et des caractères avec lesquels je suis à l’aise, j’ai dû configurer l’affichage pour une mise à l’échelle de 150%. Cela a perturbé Live dans le passé et pourrait peut-être causer problème à VideoStudio. En revenant de la piscine, j’ai configuré le raccourci Windows vers Corel pour qu’il désactive la mise à l’échelle et tadam, j’avais des aperçus corrects! Les caractères dans le logiciel sont certes plus petits, mais le pointeur de souris, celui de ma session, est correct, et le reste du logiciel fonctionne correctement.

Encodage

En fait, pas tout à fait. J’ai pu me rendre loin après avoir réglé le problème de la résolution, très loin… jusqu’à un nouveau bogue, majeur, bloquant, encore une fois. En effet, quand je suis arrivé au point d’encoder ma vidéo, eh bien le logiciel a planté. Un deuxième essai me confirma le pire: le plantage serait systématique, irrémédiable! J’y ai perdu la soirée en recherches et en tentatives de retrouver le code de support technique gratuit venant avec mon achat, pas si vieux que ça finalement, juillet, donc peut-être le code serait encore valide!

Mais je n’ai pu me résoudre à simplement attendre. J’ai d’abord tenté de ré-encoder une vidéo que j’avais déjà montée. Cela a fonctionné sans heurts et sans tracas! J’ai alors pioché et tenté de bidouiller les paramètres de BandiCam jusqu’à trouver une combinaison permettant d’obtenir un fichier valide pour VideoStudio. Aucun ajustement au format vidéo ne résolut quoi que ce soit. Mais quand j’ai configuré l’audio sur PCM plutôt que MPEG-1, là j’ai eu un premier encodage fructueux! Sous BandiCam, il me fallait aussi configurer la vidéo sur XVid et non pas H.264. L’encodage H.264 de Bandicam pose des problèmes de synchronisation audio/vidéo sous VideoStudio et est incompatible avec MovieStudio de Sony!

J’ai alors tenté d’utiliser VirtualDub pour traiter tous mes fichiers, mais cela a échoué encore! Il aurait fallu que j’entre, un par un, tous les fichiers dans le logiciel, et il y en avait une vingtaine. Solution: MEncoder, sous Ubuntu! Eh oui, encore un redémarrage! Mais il a valu la peine, celui-là! MEncoder a traité mes fichiers, préservant la vidéo et décompressant l’audio MPEG vers le format PCM. Puis un autre redémarrage plus tard, j’étais sous Windows 8. Je craignais devoir faire plusieurs essais de même, avec des paramètres différents passés à MEncoder, un redémarrage à chaque passe, mais par chance, j’ai eu une configuration fonctionnelle du premier coup!

Corel VideoStudio a chialé un peu, mais j’ai fini par réussir à le forcer à accepter les modifications. J’ai pu rouvrir mon projet, il s’est plaint encore un peu puis là, enfin, j’ai pu produire un encodage MPEG-4 en 720p! Il me faudra visionner le fichier pour m’assurer qu’il est correct, mais il y a un espoir.

FIOU! Quelle galère!

Je commence à détester Android, mais il n’y a aucune alternative pour appareils mobiles!

Je commence vraiment à détester Android et cela pour plusieurs raisons. D’abord, le système de base n’inclut pas tout. Je voulais par exemple activer le clavier US International pour pouvoir, avec mon clavier Bluetooth, saisir les accents mais aussi les crochets et accolades. Cela m’aurait permis d’écrire en LaTeX dehors, chez mes parents ou en Mauricie, puis importer le texte sur mon ordinateur par la suite. Les caractères < et > pour les balises HTML causent aussi problèmes avec le clavier Bluetooth, parce qu’il est dépourvu de touche Alt de droite! Par conséquent, je ne peux pas éditer de pages sur mon site web en XHTML. Comme unique solution, encore une application payante, Android Extended Keyboard. Pourquoi dois-je payer pour obtenir une disposition de clavier qui est disponible sans problème sous Windows et Linux? Android n’est-il pas fondé sur Linux. Eh bien le système fonctionne si mal que j’en suis rendu à en DOUTER!

Pour écrire du texte, il faut un éditeur ou un traitement de texte. Sur PC, on a Notepad++, GNU Emacs, LibreOffice, etc. RIEN de cela sous Android, que de pâles copies. Je n’ai trouvé aucun traitement de texte qui avait de l’allure et dénicher un éditeur de texte permettant de prendre les accents en charge a demandé plusieurs essais et erreurs. Les meilleurs candidats ont été Jota Text Editor et Office Suite.

Android a aussi du mal à s’adapter aux processeurs qui se trouvent sur les appareils mobiles. Un double cœur à 1GHz, ce n’est pas fait pour faire tourner 10 processus en même temps. C’est pourtant ce que le système d’exploitation, impitoyablement adapté pour je ne sais pas trop quel appareil quadricœur de Google ou Samsung, passe son temps à me faire. Il en résulte des délais occasionnels, des blocages intermittents qui durent plusieurs secondes et une utilisation abusive de la batterie. À présent, une demi-heure de vidéo YouTube et la batterie a baissé de 25%. Désactiver le wi-fi me permettait avant d’économiser de la batterie. À présent, si je le fais, Google Play, quand je réactive le wi-fi, bloque tout pendant plusieurs secondes: la recherche de mises à jour suffit à mobiliser toutes les ressources du système. Ce n’était pas comme cela, Linux, à moins que ça ait changé depuis le noyau 2.6 et que les ordinateurs PC compensent avec leurs processeurs de la mort.

Parlons-en de YouTube. Probablement qu’il est lui aussi conçu pour un quadricœur parce que périodiquement, il se met à geler pour plusieurs secondes, repart, gèle encore, repart. En cas de problèmes de ce genre sur PC, j’essaie d’utiliser KeepVid pour stocker la vidéo sur ma machine et l’écouter offline; cela évite les problèmes de bande passante. Même pas possible d’essayer cela, car il n’existe rien sous Android pour télécharger des vidéos YouTube. Les application que j’ai trouvées ne font RIEN! De plus, lors des derniers blocages de YouTube, mon signal wi-fi était à son meilleur et une tentative de lire la vidéo sur mon ordinateur a été couronnée de succès. Si mon fournisseur d’accès Internet avait été à blâmer, la vidéo aurait sauté sur mon ordinateur aussi, non?

Les jeux et même les applications livrées avec ma tablette commencent de plus en plus à me sortir le message classique indiquant que l’application ne répond plus et m’offrent d’attendre, terminer le programme ou d’envoyer un rapport. YouTube m’a fait le coup cette semaine. Encore une fois, ça semble le processeur qui ne fournit pas et qui fait en sorte de dépasser les délais mis en place par le système pour prévenir les boucles infinies.

Ou bien serait-ce le système de fichier qui est endommagé. J’ai fouillé pour chercher un utilitaire de diagnostic. Rien. Toutes les distributions de Linux que je connais incluent FSCK qui permet de scanner les partitions Ext2, Ext3 et Ext4. Pourquoi cet outil n’est-il pas intégré à Android, alors, pourquoi ne démarre-t-il pas de temps en temps pour vérifier et nettoyer le système de fichiers? J’aimerais bien recevoir une alerte en cas de cluster endommagé sur le disque. Et si c’est le processeur qui surchauffe, ce qui le rend lent, j’aimerais ça avoir une application permettant de lire les capteurs de température et obtenir une mesure scientifique, non pas seulement de simples suppositions à l’aveuglette!

Franchement, j’ai parfois l’impression avec cette tablette d’être de retour à Windows 3.1 qui gérait à peine les tâches multiples mais faisait admirablement semblant de le faire! Mais avec ce bon vieux 486, je pouvais au moins mettre cette béquille de Windows de côté, aller sous DOS et taper quelques commandes pour au moins vérifier le disque dur.

Tout porte à croire qu’une ou plusieurs applications installées grugent des ressources. Trouver le fautif demanderait énormément de travail: tout effacer mes données et réinstaller une à une mes applications, attendant au moins une semaine entre chacune. Et à quoi bon? La moindre installation future ou même une mise à jour peut réintroduire le bogue, me forçant à reprendre l’exercice depuis le début!!!

Comme alternatives, eh bien il n’y a pas grand-chose:

  • Appareil iOS (iPad). Ça peut toujours aller si je renonce à transférer de la musique et même des documents textuels vers l’appareil! Pour le transfert de n’importe quoi, il faut en effet utiliser iTunes, qui souffre comme tout bon produit Apple de problèmes de caractères trop petits impossibles à agrandir. Eh bien je voudrais utiliser la tablette pour la lecture alors oui j’ai besoin de transférer des PDF et non je ne vais pas baisser la résolution de l’écran ou demander de l’aide à chaque maudite fois qu’il faut utiliser iTunes pour une opération qui devrait se faire simplement par glisser/déplacer. Dropbox? Eh bien l’application plante systématiquement au démarrage depuis une certaine mise à jour et rien n’a été fait pour arranger cela. Même si je me sers du iPad seulement pour jouer à de petits jeux ou écrire, que vais-je faire pour transférer le document vers l’ordinateur? Encore une fois, le transfert USB ne fonctionne pas et Dropbox plante! Faudra-t-il, à chaque fois, que je me transfère le fichier par courriel pour le récupérer sur ma machine? De plus, il n’y a pas de synchronisation avec Gmail; il faut plutôt utiliser iCloud pour stocker les contacts et tout transférer manuellement, à moins d’employer une application payante qui va faire ça tout croche pour moi. En gros, le iPad coûte pas mal cher pour un jouet et une machine à écrire; il me faudrait un autre appareil pour la musique et un autre encore pour les livres électroniques!!!
  • Appareil Windows 8. Pourrait fonctionner si la tablette avait plusieurs giga-octets de mémoire RAM et de SSD. Sinon, le système va prendre tout l’espace. De toute façon, le nombre d’applications est minimal et la synchronisation avec Gmail est inexistante (il me faudrait tout déplacer manuellement mes contacts vers un compte Microsoft!). Ce serait un peu mieux que le iPad, car au moins le transfert de fichiers depuis un PC Windows (probablement pas Linux) sera possible sans logiciel spécial ou au moins, le logiciel sera mieux harmonisé à l’interface de Windows qui souffre beaucoup moins de problèmes d’accessibilité visuelle qu’Apple.
  • Ultrabook. Pourrait fonctionner si l’écran était vraiment tactile. Un système hybride qui fonctionne au tactile pour une application et qui demande la souris pour une autre, c’est pratiquement pire que s’il n’y avait que la souris. On perd son temps à essayer le tactile, on vient frustré et c’est encore plus enrageant, après l’échec, d’essayer de repérer le pointeur de souris trop petit pour l’écran lui-même trop petit (pour moi du moins) pour utiliser une souris efficacement! Mais au moins avec l’ultrabook, je pourrais installer tous les logiciels PC que je connais!

En conclusion, mon meilleur espoir est sans doute un ultrabook quand les écrans tactiles seront à point et les applications, capables de les utiliser. Ça va probablement venir. En attendant, tout ce que je peux faire, c’est toffer mon appareil Android qui fonctionne parfois correctement. Sinon, il me faudra renoncer à la convergence et avoir un appareil pour lire, un autre pour la musique, un autre pour écrire, etc.