Sanctuaire au Pied-du-Courant

L’été passé, j’avais tenté d’atteindre le Village au Pied-du-Courant pour assister à un événement de nourriture asiatique et de musique. J’avais été bien déçu, car après plus d’une demi-heure de tentatives pour trouver un accès depuis la station de métro Papineau, eh bien je n’ai pas pu entrer: quatre heures d’attente pour pouvoir passer! Je n’y suis pas retourné depuis, mais je ne pouvais laisser cet ennemi non vaincu.

Dimanche, 1er juillet 2018, il n’y avait pas grand-chose dans mon coin pour fêter le Canada. J’aurais certes pu aller faire un tour dans le Vieux-Port, mais ça ne me disait pas. Il faisait bien chaud, ce jour-là, j’ai bien failli rester à l’intérieur à l’air climatisé, mais je trouvais ça sacrilège ne pas profiter du beau temps un tant soit peu.

Il y avait au Village un événement: Music is my Sanctuary. C’est le temps, me dis-je, de tenter une seconde fois d’y aller. Mais encore une fois, l’idée n’était pas de me rendre là à tout prix mais plutôt trouver un accès fiable depuis le métro, pour pouvoir y retourner quelques fois durant l’été, notamment pour y admirer les feux d’artifice. Mais j’étais pas mal certain que le chemin trouvé l’année passée était le bon, j’allais l’avoir cette fois.

Alors je suis parti sans bouteille d’eau. Je me suis rendu à la station Papineau, en métro, tout allait bien. Je suis descendu et je suis sorti là où c’était indiqué Sainte-Catherine. J’aperçus l’épicerie  Métro Plus, tout était beau. Longer le Métro Plus à droite, pour rester sur Sainte-Catherine, comme l’année passée, était la première étape. J’avais relu mon article de l’année passée avant de partir pour me rafraîchir la mémoire. J’étais bien content d’avoir écrit tout ça, pour ne pas tourner en rond autant.

Il y eut un trottoir bloqué à contourner, puis j’arrivai sous le pont, et enfin sur Delaurinier. J’ai marché longeant le pont, jusqu’à atteindre René-Lévesque. Ok, ça tient la route, maintenant je n’ai qu’à marcher sur René-Lévesque, dos au pont, et un moment donné je vais atteindre Fullum et puis tourner.

Eh bien, avant de pouvoir atteindre mon but, je me heurtai à un nouvel obstacle: un ruban jaune, ils avaient bloqué le trottoir, pour des travaux encore, pensai-je. Quelqu’un m’offrit de l’aide, me conseillant de passer par la piste cyclable, à côté, ce que je fis. J’aboutis de l’autre côté du ruban jaune, retournai sur le trottoir et constatai que j’avais dépassé mon point où je pouvais traverser René-Lévesque et Notre-Dame. Je marchai plus loin, mais je ne trouvai aucune autre intersection avec lignes de piétons. Agacé, je voyais le même scénario que l’année passée se reproduire.

Je tentai de consulter Google Maps, qui me ramena à mon point de départ, bloqué par les rubans jaunes. Je constatai que René-Lévesque et Notre-Dame se rejoignaient, pour ne devenir que Notre-Dame. Je suis resté coincé l’année passée à ce croisement, sans pouvoir traverser de l’autre côté. Alors, il existe peut-être un endroit où je pourrais traverser René-Lévesque puis Notre-Dame, et puis rendu l’autre côté, marcher dos au pont.

Heureux d’avoir trouvé une solution, mais conscient que c’était peut-être mon dernier espoir de me rendre là sans demander de l’aide à chaque fois, voire dépendre de quelqu’un qui a une voiture pour me mener directement en face, je retournai sur mes pas, emprunta la piste cyclable à nouveau et puis traversai René-Lévesques au niveau de Partenais tandis que je pouvais. Je commençais à envisager, si je ne trouvais pas, envoyer un message sur la page Facebook du Village, si jamais quelqu’un avait une idée de génie pour m’aider. Quand je suis repassé proche du ruban jaune, j’ai cru entendre qu’il y avait eu là un accident; c’est pour ça qu’ils ont bloqué la route. Je continuai ensuite à marcher vers le pont, finis par aboutir sur Delaurinier, au point où j’ai été bloqué l’année passée. Mais cette fois, plutôt qu’aller sur René-Lévesque, je continuai sur Delaurinier, passai devant un bâtiment, crus que ça n’aboutirait pas, puis arrivai à une nouvelle intersection.

Le feu de circulation demeura obstinément rouge, jusqu’à ce que je découvre qu’il y avait un bouton. J’appuyai dessus, attendis, finis par pouvoir passer, puis dus répétai le même manège pour travers la prochaine rue et enfin aboutir sur Notre-Dame, proche du bord de l’eau. Cool, pensai-je, je suis rendu plus loin.

À force de marcher dos au pont, j’aboutis à une zone clôturée. Il me fallut un temps fou pour trouver l’entrée, et je faillis ne pas y arriver. Mais je l’ai eu, c’était à l’autre bout de la zone clôturée.

Quand je suis arrivé là, j’avais tellement chaud, tellement soif, que je n’étais même pas content de mon coup. Je trouvais que tous ces efforts n’avaient pas vraiment valu la peine. Je tentai de trouver le bar pour me commander de quoi à boire, finis par localiser la Cantine, puis un endroit où c’était écrit Pétanque et Basketball. C’était là en fait le bar, mais ce n’était pas écrit, ou du moins je ne le trouvai pas. Mais il y avait un autre bar, pas loin du bord de l’eau. J’ai pris une bière là, me suis trouvé un endroit où m’asseoir et me suis reposé un peu.

Il y a là une petite passerelle de bois qui parcourt le village de long en large. D’un côté, il y a du sable avec des bancs où on peut s’asseoir et des tables à pique-nique. Il y a quelques petites cabanes où des groupes s’installent pour discuter. J’ai trouvé de l’autre côté de la passerelle de bois des zones asphaltées, d’autres tables, je crois avoir aperçu des hamacs aussi.

La musique, c’était bien mais un peu répétitif. Il y avait un espace où les gens peuvent danser, mais personne ne dansait, il faisait trop chaud. Il n’y avait pas beaucoup de monde en fait. C’est seulement en soirée que ça s’est peuplé un peu. Ça demeure malgré tout un bel espace pour relaxer.

En soirée, j’ai rencontré des gens qui m’ont invité à venir m’asseoir à leur table. Nous avons pris quelques bières ensemble et sommes restés jusqu’à 23h, fin de l’événement Music is my Sanctuary. Puis nous sommes ressortis. Eux allaient se prendre une autre bière dans un bar, tandis que je souhaitais rentrer chez moi pour être en forme le lendemain, pour la fête de ma nièce chez ma sœur.

Pour le retour, j’ai fait une partie du chemin avec mes compagnons d’aventure. Nous nous sommes laissés après que nous ayons traversé Notre-Dame et René-Lévesque, peut-être au niveau de Fullum. Pour retourner au métro, rendu là, il m’a suffi de marcher sur cette rue, jusqu’à atteindre Sainte-Catherine et tourner à gauche.

Alors, j’ai atteint mon objectif. Je me suis rendu là-bas, j’ai exploré un peu, et puis j’en suis revenu, et je crois que je pourrai le refaire quand viendra le temps d’y retourner pour un autre événement ou les feux d’artifice.

La toilette qui lâche, morceau par morceau

Une réparation de pauvre

Vendredi, 1er juin 2018, de retour d’une belle soirée dansante organisée dans le cadre du Branle-bas d’Hochelaga, je suis allé aux toilettes pour constater qu’actionner la chasse n’avait plus aucun effet. La clenche bougeait librement, mais rien ne se passait. Ah non, pas encore une autre cochonnerie qui va me faire rager pendant des jours et des jours et des jours, comme le robinet dans ma cuisine! Eh oui! Comme il était passé 23h30, je ne tentai même pas de savoir pourquoi ça bloquait ainsi. Je laissai ça là et allai me coucher. Heureusement, c’était juste une petite envie, alors pas trop grave de ne pas pouvoir tirer la chasse.

Le lendemain matin, par contre, j’ai eu une grosse envie et la toilette ne s’est pas arrangée comme par magie. Pour me débarrasser du contenu de la cuve, je dus remplir un sceau d’eau et le verser dedans. C’est tout ce que je pouvais faire à ce moment-là. Je savais que si j’essayais d’arranger ça, je pourrais y passer l’avant-midi, comme avec mon robinet, à essayer de trouver comment démonter la pièce brisée, aller voir chez Rona, puis chez Desmarteaux, puis peut-être encore ailleurs, pour trouver une autre pièce, rager à la poser, etc. Je voulais aller au gym ce jour-là, alors j’y allai. Je voulus aussi explorer un peu la vente trottoir sur la rue Ontario, et puis il y avait un spectacle de cirque dans lequel quelqu’un que je connaissais un peu jouait.

Lorsque tout ça fut terminé, je revins chez moi et soulevai enfin le couvercle de la toilette. J’y trouvai un réservoir plein d’eau, comme sur la figure suivante.

Couvercle de la toilette ouvert

J’actionnai la clenche et observai ce qu’elle faisait bouger. Une tige de métal pivota. Au bout de cette tige, il y avait un fil de caoutchouc, un bout de fil. Je trouvai l’autre bout dans le fond du réservoir, attaché à un clapet. Soulever le bout de caoutchouc dans le réservoir ouvrit le clapet et fit couler de l’eau dans la cuve. Ok, c’est ça qui est cassé.

Pour éviter d’avoir tout le temps les mains dans l’eau et réduire les chance de perdre de quoi, j’ai éteint la valve d’entrée d’eau et tiré le fil de caoutchouc jusqu’à ce que le réservoir se vide. Ce n’était pas totalement indispensable, mais ça me donna l’occasion de tester la valve, quelque chose que je voulais faire depuis un bout. Après avoir eu à traiter avec des valves qui fuient, je suis devenu paranoïaque.

Je songeai à la possibilité de réparer le fil de caoutchouc en faisant un nœud dedans, mais cela l’aurait rétréci de sorte que le clapet aurait été levé en permanence. Ce n’est pas ça que je voulais! Puis je me dis que tout ce qu’il fallait là, c’est une corde, et le moins de bouts raccordés possibles. Alors je sortis une paire de ciseaux et coupai le fil de caoutchouc à l’extrémité entrant dans un anneau au niveau du clapet. Cela me permit d’enlever le bout complètement. J’enlevai aussi le bout de caoutchouc encore sur la tige de métal. Les images suivantes montrent les bouts de fil.

Bout de caoutchouc attaché à la soupape
Bout de caoutchouc attaché à la tige de métal

Puis, je passai le bout d’un vieux lacet de soulier encore intact dans l’anneau de caoutchouc, nouai ça solidement, puis tirai le lacet dans l’encoche de la tige de métal, jusqu’à ce que ce soit bien tendu mais pas trop. Je coupai le lacet trop long et nouai l’extrémité dans la tige le plus solidement que je pus.

La chose faite, un peu sceptique mais quand même aussi confiant que ça pouvait fonctionner, j’ai rouvert la valve, laissé le réservoir se remplir d’eau et puis j’ai actionné la chasse. Et voilà, la toilette était réparée!

Je savais par contre que ça pouvait ne pas durer. Le lacet va peut-être casser dans l’eau. Il faudra un jour le remplacer par une corde qui peut aller dans l’eau, ça existe, ils en ont besoin pour les bateaux non? Ou bien je pourrais y aller avec une chaîne, au pire fixée aux deux bouts par des anneaux de porte-clés. En plus, arranger ça prit environ quinze minutes, si bien que j’eus tout mon après-midi après pour profiter du beau temps.

La vraie chaîne, plus compliquée à installer

Mercredi, 6 juin 2018, quand je suis allé chez mes parents, j’ai su que mon père avait trouvé une vraie chaînette pour ma toilette. J’ai tenté de remplacer mon lacet par cela et ça s’est relativement bien passé. La chaînette se fixe à la tige par un crochet et au clapet par un anneau ouvert. Les extrémités de la tige courbée en portion de cercle sont droites, ce qui lui permet de tenir en place si la chaînette est suffisamment tendue. La chaînette était trop longue si bien que j’ai attaché l’extrémité au crochet qui la tenait après la tige de la toilette.

La vraie chaînette en place

Ça avait l’air de tenir, mais il fallait tenir la clenche plusieurs secondes pour que la toilette fonctionne. Dimanche, 10 juin 2018, j’ai tenté d’améliorer ça en tendant plus la chaîne. Je ne suis pas certain que ça ait vraiment aidé. En plus, juste avant que je ne parte pour la messe, quand j’ai tiré la chasse, la toilette n’arrêtait plus de couler. Ah non, ne me dis pas que cette fois, ça va être le flotteur qui est bloqué! Avant de pouvoir le savoir, j’ai fermé la valve et suis parti; je n’avais pas le temps de jouer après ça.

De retour chez moi, j’ai constaté que le réservoir s’était vidé, ce qui était vraiment, très franchement, une bonne chose. Si le réservoir était resté plein, ça aurait voulu dire que c’était le flotteur qui actionne la valve bloquant l’arrivée d’eau quand le réservoir est plein, et ça aurait coulé partout avant que je ne trouve par je ne sais pas encore quel miracle comment arranger ça! C’était heureusement plus simple que ça: le bout trop long de la chaînette s’est décroché, cette fois, et est allé obstruer le clapet, l’empêchant de fermer complètement. J’ai entré le bout dans le crochet à nouveau, cette fois-ci j’ai poussé jusqu’à l’y faire clencher complètement, et puis après ça avait l’air correct.

L’agonie de la vieille valve

Il reste encore un dernier souci. La toilette fait des bruits bizarres quand elle a fini de se remplir, comme si la valve qui bloque l’arrivée d’eau avait du mal à se fermer complètement; elle oscille un peu avant de fermer. Pour le moment, je ne pourrais pas dire si ça va empirer au point de le faire tout le temps (et couler partout), ni comment je vais m’y prendre pour arranger ça si ça en vient là! Les boutons qui suivent permettent d’entendre ces sons suspects.

6 juin 2018: c’est la séquence de sons la plus courante, durée variable, parfois jusqu’à trente secondes.

12 juillet 2018: parfois la toilette émet une vibration au lieu d’un son percussif, un genre de sifflement.

12 juillet 2018: parfois c’est une combinaison des deux! Le son percussif, qui on dirait se répercute dans les murs et est audible depuis ma chambre, se dispute le sifflement. À noter que le sifflement ou le bruit d’écoulement d’eau persistent pendant plusieurs secondes après le remplissage du réservoir. Peut-être je suis rendu fou, mais on dirait que c’est de plus en plus long.

13 juillet 2018: que se passe-t-il si on actionne à nouveau la chasse pendant que la valve peine à se refermer et semble que cette fois, va rester ouverte et laisser s’écouler de l’eau jusqu’à ce que je devienne fou? Eh bien parfois, ça se met à faire encore plus de bruit. On dirait que la toilette est en train de brasser de quoi ou quelque chose tape dans les murs, à se demander si les voisins entendent et se demandent « WTF! C’est QUOI ça? »

21 juillet 2018: C’est rendu que la valve oscille tout le long du cycle de remplissage, et parfois ça produit des sons semblables à ceux d’une pompe à bicycle! Jusqu’où cela va-t-il aller? Je ne sais qu’une chose: ça ne va pas exploser!

C’était intermittent avant le bris de la corde en caoutchouc d’origine. Ça le fait tout le temps depuis que j’ai mis le lacet, et ça me rend fou, surtout la nuit quand je vais aux toilettes. Mais ça n’a aucun lien logique avec ça. Je me demande régulièrement si les voisins d’en bas ou d’à côté entendent le bruit et se posent d’inquiétantes questions sur son origine.

Dimanche, 17 juin 2018, je me suis décidé à aller plus loin dans mes investigations. L’origine des bruits suspects est un dispositif sur lequel est écrit Anti-Siphon. C’est un truc en plastique fermé avec ce qui me semble des trous d’aération. Il sort de ça un petit tuyau qui sert à faire entrer l’eau dans le réservoir. Le dispositif est pourvu d’un tube qui s’enfonce dans le réservoir, apparemment jusqu’au bas de ce dernier. Le tuyau d’entrée d’eau doit se connecter à ça. J’ai tenté de trouver un moyen de l’ouvrir, peut-être y a-t-il un joint d’étanchéité que je pourrais nettoyer ou remplacer dedans, mais je n’ai pas réussi. Je sais trop bien que si j’essaie trop, je vais finir par casser de quoi et je serai en plus mauvaise posture encore, après.

Quelques recherches plus tard, je savais que c’était la valve de remplissage. Ça semble possible de la remplacer quand elle ne fonctionne plus bien. Il y en a spécifiques au modèle de toilette et des universelles. Il faudrait idéalement que je réussisse à démonter ça et l’amener au magasin de plomberie comme j’ai fait avec mon robinet.

J’ai parlé de la chose à mon père le soir même. Il m’a confirmé que cette valve peut se remplacer et affirmé que le réservoir ne peut pas déborder, car il y a un tuyau d’évacuation du trop-plein. Si la valve ne ferme plus complètement, la toilette va gaspiller de l’eau, mais le surplus va aller dans la cuve. Rendu là, il suffira de fermer la valve d’entrée le temps de trouver la pièce de rechange et… le courage de la poser!

Mais Dieu me donna plusieurs semaines pour penser à ça et m’y préparer mentalement. Rendu le 3 juillet 2018, la valve tenait toujours mais oscillait, et j’avais une relativement bonne idée de comment j’allais faire pour la remplacer, quand le moment viendrait.

Vaine tentative

Rendu en fin juillet, c’était plutôt agaçant, limite intolérable. La crainte que les voisins n’entendent les bruits de cette toilette défectueuse dans leur unité me hantait chaque fois que je tirais la chasse. Il devenait possible, jour après jour, que la toilette ne se remplisse plus du tout, ou qu’elle fonctionne sans arrêt jusqu’à la fermeture de la valve. Mais ma mauvaise expérience avec le remplacement de mon robinet de cuisine me dissuadait de tenter quoi que ce soit; ça risquait d’encore partir en baloune. Quand ma mère me rendit visite chez moi en fin juillet, elle se rendit bien compte que les choses avaient empiré et demanda à mon père de commencer à regarder pour trouver une nouvelle valve.

Mais dimanche, 22 juillet, toujours en possession de l’énergie rassemblée la veille lors d’un superbe événement aux Jardineries, je sentis que je pouvais tenter ma chance à nettoyer cette vieille valve. Pour ce faire, il m’a fallu couper l’arrivée d’eau et tirer la chasse jusqu’à ce que l’eau du réservoir ait fini de couler dans la cuve. Mais il restait encore de l’eau, qui allait tomber par terre (ou dans un seau) si j’enlevais la valve trop vite. Alors j’ai enlevé un peu d’eau avec un plat de margarine.

Quand je crus en avoir enlevé assez, j’ai ôté la vis qui unissait le tuyau flexible à la valve. Il s’écoula un peu d’eau. La valve protesta un peu lorsqu’elle se vida, telle une âme criant son agonie, et puis se tut. Lorsque l’eau cessa de couler de la valve, j’ai dévissé l’anneau la retenant en place. Là, beaucoup d’eau a commencé à couler, de quoi remplir mon plat de crème glacée mis en-dessous. Le seau que j’avais, il était trop gros pour entrer là-dessous. J’ai dû remettre la valve en place, vider le plat et puis refaire un essai, qui fut le bon; l’eau cessa de couler un moment donné. L’anneau de rétention dévissé et le réservoir suffisamment vide, je pus retirer la valve, et la séparer du tube de remplissage dans lequel l’eau s’écoule.

L’image suivante montre la valve retirée. L’eau entre par la colonne et ressort par la partie blanche, dans un petit tuyau qui l’achemine vers le tube de remplissage. C’est dans cette partie blanche que se trouve probablement le mécanisme de régulation qui cesse de laisser passer l’eau.

Pour tenter de nettoyer cette valve rebelle, j’ai essayé d’introduire du savon à vaisselle dans son orifice d’entrée que l’on voit sur l’image suivante.

Ensuite, j’ai tenté de faire passer de l’eau tiède en utilisant le pommeau de mon robinet de cuisine. Je dus mettre le débit plutôt faible, sinon ça revolait partout. Idéalement, il m’aurait fallu un adaptateur pour pouvoir établir un raccord étanche et faire circuler beaucoup d’eau. Ma première idée, que j’avais eue la veille au soir, en fait, était d’utiliser la pompe d’une vieille fontaine cassée pour faire circuler de l’eau savonneuse là-dedans en continu pendant un bout de temps, mais sans raccord étanche, ça n’avait aucune chance de faire autre chose que tout arroser mon comptoir et mes vêtements, sans compter me faire choquer et jurer pour rien! Mais avouons que ça aurait fait une belle vidéo de voir ce système en marche, entendre la valve protester puis un moment donné, oui un moment donné, retomber correcte. J’envisageais prononcer un exorcisme durant ma tentative, ça aurait été superbe comme vidéo. Mais non, pas réaliste du tout.

Après ça, j’ai essayé avec du CLR cuisine et salle de bain, j’ai fait circuler de l’eau là-dedans pour bien rincer ça, car je ne voulais pas me retrouver avec de la mousse dans mon réservoir et dans ma cuve.

La tentative terminée, j’ai réinséré la valve là où elle allait. L’image suivante montre le bout ressortant du réservoir.

Comme le montre l’image suivante, j’ai remis en place l’anneau de fixation et le tuyau d’entrée d’eau.

Puis j’ai rallumé l’eau, craintif que ça se mette à couler partout autour du raccord. Il n’en fut rien. C’est la bonne nouvelle; la mauvaise, c’est que ça n’a rien donné tout ça.

La nouvelle valve

En vain tout ça? Pas tout à fait! Rendu là, j’avais une bonne idée de comment remplacer la valve! Ça a fini que je me la suis procurée sur Amazon, pour avoir le même modèle. Comme ça, j’évitais des problèmes de branchements. Parfois, il faut un adaptateur différent pour raccorder la valve au tuyau existant, voire même remplacer le tuyau, peut-être pas souvent, peut-être jamais, mais de telles incompatibilités me semblent parfaitement possibles. Depuis que mon père a eu du mal à installer mon nouveau lave-vaisselle, obligé de revenir le lendemain avec un adaptateur pour effectuer le raccord d’entrée d’eau, je suis méfiant, paranoïaque.

Mes parents ont regardé dans des quincailleries pour la valve, en ont trouvé, de modèles différents, supposément universelles, mais mon père était méfiant. On préférant y aller avec cette même Korky 528. J’ai songé aller voir chez J.A. Desmarteaux, mais le magasin, cette fois, était fermé pour l’été! Pas de chance! J’anticipais trouver chez Rona la même chose que chez BMR où mes parents sont allés, alors allons-y pour Amazon, me résignai-je.

La nouvelle valve, que j’ai eue samedi le 28 juillet, m’a réservé quelques petites surprises. D’abord, il n’y avait aucun tuyau sortant de la partie blanche. Le tube était séparé; il fallait le raccorder sur la valve, et à l’autre bout, raccorder le support métallique permettant de le fixer au tube de remplissage. Il fallait forcer un peu pour faire entrer le tube dans le trou. Et le tube fourni avec la nouvelle valve était trop long. Pas de problème, ai-je fini par me rendre compte, je n’avais qu’à prendre l’ancien! Pas besoin de m’escrimer avec des ciseaux, des pinces, un couteau, aller me chercher un scie, me couper un doigt et tout, pour raccourcir le nouveau tube! Parfois, il vaut mieux faire simple que se casser le bicycle pour rien! L’image suivante montre le nouveau tube trop long.

Après ça, il m’a fallu ajuster la hauteur de la nouvelle valve. Pas de problème: la même hauteur que la vieille. La hauteur est verrouillée en faisant pivoter la valve dans le sens horaire. Mais quand j’ai fait couler l’eau là-dedans, la valve s’est décalée d’un cran si bien qu’elle était plus haute que la vieille. Préoccupé par ça, j’ai dû la retirer pour pouvoir la réajuster, et cette fois, je me suis assuré qu’il y avait le même nombre d’encoches visibles sur le tube ajustable, comme le montre l’image suivante.

Après ça, j’ai pu remettre la valve en place, la raccorder à l’eau et la tester, avec succès! Le raccordement avec le tube de remplissage avait l’air de tenir bon aussi. Ça fonctionnait beaucoup mieux qu’avec l’ancienne! Le seul bémol, c’est qu’à la fin du remplissage, la valve émet un petit bruit d’air, comme le montre l’échantillon suivant.

Je ne sais pas encore si c’est normal, ni s’il y a de quoi à faire pour y remédier si tel n’est pas le cas.  Mais au moins, c’est mieux qu’avant.

Et après?

J’ai lu qu’il était possible, parfois, qu’on ait à remplacer le clapet. J’espère que ça n’arrivera pas. Une amie de ma mère a eu un autre malheur: le réservoir de sa toilette a craqué. Alors, oui, c’est possible que cette toilette se brise, morceau après morceau, me forçant ultimement à la remplacer, comme c’est arrivé avec mon robinet de cuisine. Seul l’avenir dira si ça en arrivera là ou pas.

Nouvel épisode dans la saga du robinet

Ce robinet de cuisine m’en aura causé des misères. D’abord en 2012, le pommeau s’est cassé, ce qui m’a donné bien des sueurs froides. Le nouveau pommeau s’est mis à fuir un an ou deux après, si bien que j’ai dû le remplacer à nouveau. Puis en 2016, le tuyau unissant le pommeau avec le corps du robinet s’est mis à fuir, me posant beaucoup de soucis, au point que j’ai failli à cause de ça manquer une superbe mini croisière sur le bassin de Chambly avec ma famille. Plus ça allait, plus faire pivoter le robinet de gauche à droite était difficile. Mon père a tenté de quoi quelques années auparavant pour le lubrifier, ça a aidé, mais ça s’est remis à bloquer. Mais tout ça, c’était de la petite bière…

Dimanche, 13 mai 2018, pendant que je faisais le dîner ou lavais la vaisselle, je ne me souviens plus, mon robinet s’est coincé encore, impossible de le faire pivoter. Cela se produisait souvent et à force de le faire pivoter, je réussissais habituellement à le décoincer. Mon père et moi nous amusions à dire que ce robinet avait parfois besoin d’un peu de physiothérapie. Mais là, J’ai forcé une fois de trop, la vis s’est encore décrochée comme peu avant que mes parents partent pour la Chine en octobre 2017. Mais là, c’était l’autre côté. La dernière fois que c’est arrivé, toute tentative de ma part, ma mère aussi a essayé, a été vaine; la vis tournait dans le beurre. Il a fallu que mon père vienne voir ça, enlève l’autre vis, fasse de quoi que je n’ai pas compris pour fixer les deux vis, puis remette ça en place, et après ça a tenu bon. Tanné, j’ai essayé de la remettre en place, encore en vain, comme la dernière fois. Mais cette fois, à force de tenir le robinet enfoncé d’une main et de pousser la vis et la faire pivoter, j’ai fini par la faire tenir en place. Voilà!

Par contre, sur l’heure du souper, quand j’ai fait pivoter le robinet juste un peu, la vis que j’avais remise en place le midi se défit encore puis cette fois tomba par terre dans l’armoire. Tanné de chercher ça, je laissai ça là, je n’essayai même pas de récupérer la vis. Mon frère était chez moi pour une partie de jeu de rôle si bien que je ne tentai pas d’arranger ça.

Après le départ de mon frère, j’ai essayé de revisser le robinet. Toute tentative fut vaine alors j’ai fini par ôter l’autre vis et soulevé tout l’assemblage. Là, j’ai pu avoir accès aux trous et essayer de poser l’autre vis. J’ai gossé avec ça, au moins une demi-heure, sinon 45 minutes. La vis tournait dans le beurre, peu importe ce que j’essayais. Il me fallut au moins 20, sinon 25 minutes, pour découvrir qu’au bout des longues vis, il y avait une encoche en forme de croix. Ah, pas besoin de twister cette maudite vis-là à la main, je peux essayer avec un tournevis. Je l’ai fait, toujours en vain. Mais j’ai tellement fait tourner la vis avec mes doigts avant de trouver l’encoche à tournevis que ça m’a tout éraflé l’index droit. C’est encore sensible une semaine plus tard au moment d’écrire cette aventure, et ça chauffe un peu de temps en temps.

Je voulais pousser ça le plus loin que je pouvais, car je craignais que la même chose ne se produise qu’avec mon lave-vaisselle. Il faudrait que mes parents se déplacent plusieurs fois de Chambly pour régler ça: une fois pour essayer d’arranger le robinet existant, une fois avec un nouveau robinet trouvé quelque part sur la rive sud, une autre fois si jamais il fallait un adaptateur pour le tuyau d’eau comme avec le lave-vaisselle. Si je pouvais leur épargner quelques allers-retours, je trouvais que ça avait du bon sens.

L’image suivante montre le corps du robinet partiellement sorti du trou dans la plaque de fixation. Il y a là quatre tuyaux: l’eau chaude et l’eau froide, la sortie du robinet qui envoie l’eau mélangée quand il est ouvert, et le tuyau en direction du pommeau.

Le robinet tient en raison de deux boulons qui s’appuient sur un anneau sous le lavabo. Les boulons, sur l’image ci-dessous, tiennent en place en raison de longues vis. Ce sont ces vis-là que j’ai essayé de remettre en place dans le corps du robinet.
La figure suivante montre les trous de fixation pour les grandes vis, dans le corps du robinet.

Un moment donné, ne sachant plus que faire ni penser, j’ai laissé ça de côté, remis le robinet sur la plaque et j’ai pu le faire fonctionner, bien qu’il était bancal. Les raccords étaient encore étanches si bien que ça ne coulait pas partout sous le lavabo. Malgré tout, il m’a un moment donné fallu fermer les valves, car j’accrochais la clenche du robinet à répétition en zigonnant après la vis, et ça faisait de l’eau plein le comptoir sans compter me rendre de plus en plus fou furax. J’ai rouvert les valves, J’ai fait la vaisselle.

Lundi matin, têtu comme une mule proche de l’obsession compulsive, j’ai encore essayé de faire entrer cette maudite vis, ce qui a tout simplement juste empiré ma blessure à l’index et m’a fait choquer encore. Le fait que ça n’a pas saigné relève du miracle. La seule façon d’aller plus loin, ai-je compris, ce sera de débrancher les tuyaux et amener la chose au complet chez Desmarteaux, le magasin de plomberie proche de chez moi, voir s’ils ne pourraient pas peut-être faire quelque chose pour refaire tenir la vis. Franchement, je ne m’attendais pas à un miracle, c’était plus une tentative désespérée qu’autre chose. Mais comme il était proche de 8h30, je jugeai bon de travailler un peu et refaire un essai avec les tuyaux sur l’heure du midi.

Ce fut une bonne idée, car sinon, j’aurais pu facilement passer des heures à tout essayer pour dévisser les tuyaux! En effet, quand j’ai essayé ça après avoir dîné, eh bien je n’y parvins jamais. Avant toute chose, j’ai fermé les deux valves à nouveau, car sinon, dès que j’aurais réussi à dévisser le tuyau, ça aurait coulé à flot! À la main, ça ne bougea pas du tout. J’essayai avec ma clé réglable, en vain, trop petite pour agripper les boulons. Avec une pince, cela réussit… à me faire pomper et crinquer au point de risquer que des voisins m’entendent sacrer. Et si jamais ça coule partout mon affaire, j’aurai les voisins d’en bas sur le dos. L’image ci-dessous montre le raccord que j’essayais de défaire.

Après avoir essayé au moins une demi-heure, sinon plus, je jugeai bon retourner travailler, pour dépomper un peu mais aussi pour pouvoir faire ma journée, sinon j’allais finir par être obligé de prendre une journée de vacances à cause de ça ou travailler jusqu’à 2h du matin pour faire un 8h!!! Vers 16h, je suis allé chez Rona chercher de quoi pour dévisser le tuyau. Je veux faire avancer ça cette affaire-là, pensai-je. J’ai cru que j’allais avoir besoin d’un jeu de clés, mais en fait, une clé réglable plus grosse suffit. La nouvelle clé permit d’agripper le boulon. Mais ça tournait dans le beurre, car il fallait autre chose pour tenir le second boulon! J’essayai avec une pince, ça ne fonctionna pas. J’ai sacré, ragé après ça, je me suis demandé toute la semaine si des voisins agacés ont entendu et porté plainte contre moi auprès de l’administration de mon complexe de condos. Et il y avait tellement de stock partout. J’accrochais tout le temps de quoi: la bouteille de savon, je finis par la lancer sur le comptoir. Dans mon garde-robe dans ma chambre, choqué bien noir, je finis par tout faire tomber mes bouteilles (en plastique) en essayant d’aller chercher une autre pince, qui ne régla rien. Alors désespéré, je retournai chez Rona et essayai de trouver une solution. Selon la vendeuse, ça aurait dû fonctionner. Il fallait de quoi pour agripper le deuxième boulon. Une pince aurait dû fonctionner, mais non, alors je m’essayai avec une deuxième clé réglable. Mais j’avais acheté la dernière du modèle que j’avais eu. Seule solution: en prendre une plus grosse! C’est ça que j’ai fini par faire! Et là, avec ça, j’ai enfin pu dévisser le tuyau, puis le deuxième tuyau, et faire sortir le robinet du trou. Rendu là, il était 17h alors Desmarteaux était fermé. Il me faudrait aller là-bas le lendemain matin, à 8h, avant de partir pour le travail.

J’ai examiné le robinet au soleil (voir figure ci-haut), j’ai dévissé une partie et regardé en-dessous, pas moyen de trouver un indice susceptible de me débloquer. Près du trou dans lequel la vis rebelle ne tenait plus, il y avait un second trou, anormal. On dirait que ce trou a été percé par de vaines tentatives de faire entrer la maudite vis. Pire encore, malgré le fait que les valves étaient fermées, ça coulait encore! Le tuyau d’eau froide me remplit un premier plat de margarine, puis un deuxième, puis un troisième. Ahhhhhhhhhhh!!!! Par chance, j’avais eu l’idée de mettre le bout du tuyau ouvert au-dessus d’un plat et de surveiller ça! La valve d’eau chaude était correcte, mais celle d’eau froide fuyait goutte à goutte. Avoir eu l’idée et les outils, j’aurais pu me sortir de ça en intervertissant la valve allant vers le lave-vaisselle avec celle qui fuyait. Mon père a remarqué que celle-là aussi fuyait et l’a remplacée par celle qu’il a récupérée sur mon vieux lave-vaisselle. Possible que j’aurais pu refaire le même coup, mais je ne sais pas coment fonctionne le raccord à compression unissant la valve de finition avec le tuyau non flexible. Sans cette connaissance, je ne pus pas me permettre de défaire un second raccord. Je risquais trop de me rendre à un point de non retour où ça ne cesserait plus de couler et je ne pourrais pas rendre le circuit à nouveau étanche. Si ça devait arriver, il m’aurait fallu couper l’eau au complet et ne plus pouvoir me laver jusqu’à trouver un moyen d’arranger ça!

Ok, ça ne coule pas tant que ça, peut-être si le tuyau est dans l’eau, la résistance suffira à ce que l’eau ne coule plus. On essaie ça, pensai-je. Là, je dus retourner travailler. J’avais déjà passé une heure sur ça, entre 16h et 17h. Je travaillai une autre heure, revins vider le plat de temps en temps, et puis vint le temps de souper. Après ça, J’ai regardé le robinet au soleil encore, pris des photos. Si je me souviens bien, c’est là que j’ai enfin vu qu’il n’y avait pas de filet sur le trou dans lequel la vis ne tenait plus. Plus de filet… Ça été grugé par la physiothérapie pour débloquer le mécanisme qui fait poivoter le robinet. Tâter le trou avec un tournevis confirma ce diagnostic: c’était lisse, l’autre côté on sentait des aspérités.

Après le souper, mon plat de margarine débordait. Ça coule tout le temps!!! J’ai essayé de boucher le tuyau avec un morceau de gommette, mais ça coulait quand même, et j’avais peur qu’en laissant ça là toute la nuit, ça reste collé jammé après. J’ai pensé essayer avec du duct tape, je pense que ma gommette n’était pas étanche, le duct tape ça aurait pu le faire, mais ça risquait de rester tout collé, alors je ne tentai pas ce coup-là.

Désespéré, ne sachant plus quoi faire, j’ai failli en venir à couper l’eau et partir pour aller me laver et dormir chez mes parents, au moins être loin de ce foutoir qui allait finir par m’empêcher de dormir de toute façon. Mais avant d’en venir à téléphoner pour parler de tout ça, j’eus une autre idée. Et si je rebranchais le tuyau d’eau froide du vieux robinet? Oui, ça ne fuyait pas avec ça! Je l’ai fait et ça cessa enfin de couler. J’ai épongé l’eau qui est tombée dans l’armoire, pas tant que ça, mais une chance que ça n’a pas coulé comme ça toute la nuit, car là ça aurait pu être une catastrophe. Rendu là, il n’y avait plus rien que je pouvais faire ce soir, si bien que je laissai ça de côté. J’ai travaillé encore un peu, puis j’ai écouté un peu la TV. Quelle horreur cette histoire de robinet!

Mardi matin, avant de partir pour le travail, j’ai coupé l’eau complètement, et puis j’ai débranché le tuyau du robinet une nouvelle fois. On aurait dit que ça coulait encore. Ah non là, dis-moi pas que la valve principale aussi fuit! Et puis j’ai commencé à entendre un bruit de succion suspect venant du chauffe-eau. Je suis retourné voir le panneau de contrôle, c’est bien le disjoncteur 9 que j’ai coupé? Plus je regardais, plus j’avais des doutes. Il m’a fallu un certain temps pour comprendre que j’avais coupé le 6, et non pas le 9! Ah merde! Cela voulait dire qu’il y avait maintenant une possibilité pour qu’un élément du chauffe-eau ait eu le temps de lâcher. Et même quand j’ai coupé le 9, eh bien j’entendais toujours des bruits suepects venant du chauffe-eau. Ah non, se peut-il qu’Hydro Solutions, quand ils ont remplacé le chauffe-eau, aient branché ça sur un autre disjoncteur? Aïe! Aïe! Ouille! Comment savoir à coup sûr s’il était éteint?

Ok, et si je rouvre la valve d’eau chaude seulement, est-ce que ça va aller? J’essayai, puis je fis couler l’eau froide dans la salle de bain, ah non ça coule un peu, alors mon plat de margarine peut se remplir douze fois durant la journée! Ah mon doux! La seule façon de m’en sauver, c’est de couper l’eau complètement. En fin de compte, après avoir coupé la valve d’eau chaude à nouveau et ouvert le robinet dans la salle de bain jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’eau, ça a fait cesser les bruits de succion. Ok, ça a l’air correct, là. Un peu plus et j’en venais à prendre une journée de vacances pour arranger ça! Alors je suis parti avec le robinet dans un sac fermé, dans lequel j’espérais pouvoir faire entrer de quoi arranger les choses, au pire un nouveau robinet. Mon plan était de ne pas repasser chez moi, aller aut ravail le plus vite possible après, et puis je règlerais ça de retour le soir.0

Le vendeur chez Desmarteaux a confirmé mon diagnostic. Il fallait bel et bien remplacer le robinet. Il m’en a proposé un qui me sembla correct, mais il restait un problème de taille: mes connexions de tuyaux n’étaient pas standard d’après ce que je lui ai montré sur le robinet. Appremment, il allait falloir remplacer les valves branchées aux tuyaux non flexibles, pour qu’elles aient des connexions standard permettant de brancher les flexibles sortant du nouveau robinet. Ce sont des raccords par compression que je ne connais pas. J’ai failli rebrousser chemin. J’étais presque rendu au point de dire fuck off et juste laisser ça comme ça. J’ai envisagé m’acheter des plats préparés pour tenir quelques jours, un moment donné j’aurais une idée de génie ou mon père viendrait arranger ça. Il faudra sans doute, pensai-je, qu’il vienne voir ça plusieurs fois, comme avec mon lave-vaisselle, étant donné que rien n’est standard. Mais le vendeur me dit que si j’avais une photo du tuyau, peut-être ça pourrait aider. Alors j’ai sorti mon téléphone, il y avait là la photo du raccord et on voyait dessus la valve de finition. C’est tout ce qu’il fallait savoir. Il y avait un tuyau intermédiaire entre cette valve et le raccord que j’ai défait. Il va falloir dévisser le raccord directement sur la valve et là je devrais pouvoir raccorder le nouveau robinet. Ok oui ça tient la route. J’avais vu le raccord la veille, après avoir brièvement étudié la possibilité potentielle de remplacer la valve qui fuit. D’un côté, ça avait l’air d’un raccord visse. De l’autre, il y a une bague qui s’enroule autour du tuyau fixe; je ne sais pas comment cette bague est fixée et si je peux l’enlever et, surtout, la remettre en place de façon fiable!

Le nouveau robinet n’entrait pas dans mon petit sac bleu si bien que je dus ramener une boîte de là. Je suis donc repassé par chez moi pour l’y déposer plutôt que trimballer ça au travail. Après, je suis parti, il était près de 8h50. Dans le métro, j’avais un peu de méditation et j’ai senti beaucoup de tension dans mes bras tomber d’un coup. Cette nouvelle péripétie avec le chauffe-eau m’a causé bien du stress. La journée s’est passée pas trop pire, mais je pensais régulièrement à mon problème de robinet et me demandais si ça coulait encore, dans le plat. Peut-être que je vais recevoir un appel téléphonique de l’administratrice de ma phase, que ça coule jusque dans le plafond en bas et tout, qu’on a dû entrer dans mon unité pour couper l’eau et constater qu’elle l’était déjà. Ouach! Mais l’eau est coupée pourtant! Va falloir que ça tienne.

De retour chez moi le soir venu, j’ai soupé. Pendant que mon souper cuisait, j’ai regardé le manuel d’instructions du robinet et j’ai bien failli me décourager. Mais j’ai fini par avoir un modèle mental sommaire de la fixation. Puis après le souper, j’ai constaté que je pouvais laisser la plaque de base de l’autre robinet et juste faire entrer le nouveau dans le trou. Comme ça, je ne brisais pas de joint de sillicone que je ne pouvais pas refaire. Ma première idée était qu’il n’y ait pas de joint temporairement et plus tard, mon père viendrait arranger ça, mais là, on pouvait s’en sauver, peut-être. Dévisser les raccords sur les valves a été chiant, car c’était au fond de l’armoire et je n’avais comme outil que ma clé réglable. Mais un moment donné, je suis parti avec le bout de tuyau et là, les flexibles du novueau robinet s’ajustaient aux embouts sur les valves. Quand j’ai pu fixer le robinet, bien que ce ne soit pas parfait et je ne suis pas sûr de mon coup, car les vis ne sont pas entrées dans le bois, et quand j’eus raccordé les deux tuyaux, et serré ça le plus que je pouvais, j’ai rallumé l’eau. Fiou, ça ne coule pas. Il fallait aussi raccorder le tuyau de la douchette, qui sort en bas du corps du robinet. Celui-là est clippé par pression.

L’image ci-dessous montre le tuyau intermédiaire qui se trouvait entre la valve et le flexible sortant du vieux robinet.

L’image suivante montre le nouveau robinet en place.
Et voici un gros plan de l’une des valves sur lesquels se vissent les tuyaux flexibles.
Enfin, l’image suivante montre la fixation du nouveau robinet, différente de la vieille. On a là un anneau fileté sur lequel se visse une bague qui est bloquée par le bois sous le lavabo. Deux vis sur l’anneau permettent de verrouiller l’assemblage en place.

Après ça, j’ai ouvert les valves, pas de fuite. Ok, puis j’ai fait couler le robinet. Tout avait l’air OK. Mais j’avais la chienne, j’ai vérifié plusieurs fois, et il restait de l’eau que j’ai essuyée. Mais un moment donné, il n’y eut plus d’eau à essuyer et plus de nouvelle eau qui coulait. Hiiiiii!!! Mon DOUX! Et il n’y eut pas de problème avec le chauffe-eau. Une chance, pensai-je, que j’ai découvert tout de suite que j’avais éteint le mauvais disjoncteur, sinon de retour le soir, ça se peut qu’un des éléments auraient eu le temps de lâcher durant la journée.

Mais l’eau chaude et l’eau froide étaient inversées, mais j’en avais plus qu’assez de gosser après ça si bien que je laissai ça de même pour quelques jours. Lundi, 21 mai 2018, j’ai refait le branchement et en plus de résoudre le problème d’inversion, on dirait qu’il y a plus de pression. Un des tuyaux était courbé avant que je ne les inverse. Le pire, c’est que ma clé réglable que j’avais aurait permis, je pense, de défaire le raccord directement sur la valve.

Tout sembla bien correct pendant quelques jours. Il allait falloir faire quelque chose pour resserrer la fixation sous le lavabo, car le corps du robinet avait tendance à pivoter si on déplaçait le bec et même, parfois, simplement en ajustant la température de l’eau avec la manette. Mais au moins, l’eau coulait dans le lavabo, pas dans l’armoire, ce qui déjà était un grand pas en avant. Mais à bien y penser, j’aurais été aussi bien laisser le vieux robinet en place, au pire tenant à une vis, et ne plus bouger le bec; j’en étais au même point, avec le nouveau.

Eh bien, mercredi, 23 mai 2018, le robinet cessa de fonctionner au moment de faire la vaisselle. C’est maman, venue me rendre visite, qui constata le problème. Quand on ouvrait le robinet, on entendait un bruit d’eau, mais rien ne sortait du bec. Ma mère ne comprenait pas pourquoi ça ne fonctionnait plus, mais j’avais une petite idée… Cela ne prit pas longtemps à comprendre que le tuyau de sortie, unissant le corps du robinet au bec, s’était décroché, et ça coulait à flot SOUS le lavabo!!! Choqué que ça ne tienne pas et que ça me fasse de l’eau partout dans l’armoire, j’essayai de remettre le tuyau en place. Je tentai de l’insérer plus profondément, de tourner au cas où je pourrais le visser, mais rien ne se passait. Au mieux, je pouvais faire tenir ça quelques temps et ça allait me lâcher un moment donné. Chaque fois que ça coule dans l’armoire, il y a une chance que ça finisse par passer par une fissure sous le plancher, puis dans la structure du bâtiment, puis dans le plafond des voisins en-dessous. Il faut que ce soit stable, cet assemblage-là, sinon ça va me faire angoisser et capoter!

Je me suis rappelé de quelque chose que j’ai lu à propos d’une clip, appelée agrafe dans la version française du manuel. J’ai ressorti le manuel, j’ai fouillé dans la boîte et retrouvé le petit objet de plastique qui me semblait être la clip.

Ma mère tenta de la fixer sur l’embout du tuyau d’après ce qu’elle put comprendre du schéma dans le manuel. L’image suivante montre la clip de plastique installée sur l’embout.

 

La clip installée, j’ai tenté de rebrancher le tuyau. L’embout de métal s’insère dans un anneau en caoutchouc qui sert de joint d’étanchéité. Sans la clip de plastique, la fixation est fragile et le tuyau peut, avec la pression de l’eau, glisser hors de l’anneau de caoutchouc. La clip le maintient en place. Quand la clip était là, je ne parvenais plus à débrancher le tuyau juste en tirant dessus. Il fallait écarter la clip pour débrancher le tuyau. Il m’a fallu du temps pour élaborer le modèle mental permettant de comprendre comment c’est fait. Sans un tel modèle, je ne peux pas être certain que ça tienne!

Mais malgré cela, ça coulait sous le lavabo, moins mais ça coulait quand même. Ainsi, le joint entre le corps du robinet et le tuyau de sortie n’était plus étanche. Toute tentative de régler ça se solda par un échec; il semblait que le robinet était défectueux, il allait falloir tout enlever ça, le retourner et le faire échanger. J’étais vraiment choqué.

Mon père était pour venir essayer le lendemain, mais en attendant, il allait falloir m’abstenir d’ouvrir ce damné robinet. Je suis allé au gym plutôt que passer la soirée à tout essayer en vain pour comprendre pourquoi cette fixation ne tenait pas, mais après, j’ai fait quelques essais qui furent aussi vains que frustrants. C’était rendu que même sans la clip, comme au début, le joint n’était pas étanche.

À force d’essayer, essayer et encore essayer, j’ai découvert que l’embout était en deux parties: un bout fileté est fixé sur le tuyau, et le connecteur en métal qui se branche dans l’anneau de caoutchouc est vissé sur la partie filetée. En essayant de resserrer la connexion comme une vis, j’ai dévissé les deux parties de l’embout de sorte que le joint n’était plus étanche. Il a suffi de resserrer ça, puis après j’ai pu rebrancher ça, avec la clip pour que ça tienne, et ça a cessé de couler sous le lavabo.

La photo suivante montre la partie filetée de l’embout, qu’on peut voir après avoir enlevé complètement l’extrémité de métal qui se branche dans l’anneau. Toute tentative de photographier le branchement final sous le lavabo a été vaine, par contre.

Malgré tout, mon père est venu le lendemain, et de toute façon j’avais la chienne depuis le fuck up de mercredi. J’étais presque rendu au point de ne plus utiliser le robinet du tout et laver mes choses dans la salle de bain ou m’acheter des plats préparés pour ne plus avoir de vaisselle à faire! Mon père a confirmé que l’embout était bien en place et a aussi pu resserrer la fixation de sorte que le bec va pouvoir pivoter sans décentrer le robinet, à présent. Il a aussi installé le poids qui permet au bec de mieux rentrer.

Alors en théorie, cette sage va enfin prendre fin, à moins que le robinet devienne défectueux et se mette à fuir. Là, ce serait le bout du bout!

Frustrante Anomalie au Pied du Courant

Vendredi soir, 25 aoûut 2017, j’avais dans l’idée d’aller au Village au Pied du Courant, pour visiter ça de jour et pour aller voir le DJ set Anomalie qui jouait là. Il y avait aussi un grand rassemblement de foodtrucks asiatiques qui m’intéressaient plus ou moins, je m’attendais à des sushis ou des sandwiches dégoulinants de sauce, mais je me suis décidé à expérimenter ça plutôt que souper avant et partir de chez moi si tard qu’il ferait presque noir. Je suis ainsi parti vers 18h, peu après avoir fini de travailler.

Je suis arrivé proche du village deux fois: une fois pour la première prise de l’illumination du pont Jacques-Cartier, une seconde fois lors de feux d’artifice. Ces deux fois, des gens m’ont aidé à me rendre et ne sont pas allé sur le site du village. Je suis entré dans le village une fois, lors de la seconde prise de l’illumination du pont, mais il faisait noir et je n’ai pas pu tout voir ce qu’il y avait là. Je voulais voir ça au moins une fois de jour, mais avec les Jardineries plus proches de chez moi, ça ne vaut pas vraiment la peine d’aller là.

Mais ce soir, ça semblait un bel événement, une bonne occasion d’aller explorer ce village. Pour me rendre là-bas, il me fallait essentiellement refaire le chemin que j’ai emprunté pour aller à l’illumination du pont et aux feux d’artifice. Mais deux fois sur trois, j’ai eu quelqu’un qui m’a aidé et l’autre fois, j’ai été chanceux. Là, ça n’a pas super bien été. Je me suis trompé de direction en sortant de la station de métro Papineau, me retrouvant sur la mauvaise rue. Puis j’ai corrigé le tir et localisé le premier point de repère: le Métro Plus. Ah il est en face de la station Papineau, quelqu’un aurait pu me dire ça non? Ben non, c’est évident, j’aurais dû le savoir! Pour rester sur Sainte-Catherine, il fallait longer le Métro Plus et marcher vers le pont Jacques-Cartier. Petit problème: PLEIN de gens en sens inverse! Ah mais voyons, ça va donc ben MAL! J’ai découvert que dès que j’avais traversé sous le pont, j’étais rendu au coin de Delaurinier où je devais tourner. Je l’ai fait, constaté qu’il suffisait de longer le pont, et aboutis à René Lévesque. Cette découverte va m’aider, pensai-je, car il faudra au retour que je longe le pont, que je passe en-dessous seulement après être revenu sur Sainte-Catherine. J’éviterai ainsi de me retrouver sur Papineau comme lors de mon pénible retour de la seconde illumination du pont. Ça semblait bien se passer, mais là les choses ont mal été.

D’abord la lumière pour traverser René-Lévesques a été super longue, plusieurs minutes. Après ça, rendu sur l’autre côté, il me fallait traverser Delaurinier pour pouvoir aller vers le village. Je n’ai pu le faire avant près de cinq minutes!!! La lumière, eh bien elle ne devint JAMAIS verte!!! Je suis toujours choqué de ça au moment d’écrire ces lignes, mais pas autant que par la suite. J’ai fini par l’avoir en traversant avec quelqu’un qui passait là. Puis j’ai marché, marché, ça semblait ne pas finir. J’ai fini par consulter Google Maps, rebroussé chemin, ca ne semblait pas aboutir, j’ai regardé encore sur Google Maps. Ok, j’étais dans la bonne direction au début: marcher sur René-Lévesques, dos au pont Jacques-Cartier, jusqu’au croisement avec Notre-Dame. L’entrée du village est là, au croisement.

J’y allai, et trouvai là de quoi me faire pomper encore, mais pas autant que par la summum suprême de cette avanture aussi ridicule qu’inutile. Eh bien il n’y avait aucun feu de circulation, aucun moyen de traverser. Prends ton élan et fonce, ya des autos qui passent tout le temps, mais des fois moins!!!!!! Ah maudit, comment veux-tu que je fasse ça? Non, je ne fais pas ça, je suis vraiment tanné là. Oui oui quelqu’un va finir par passer, je pourrais demander de l’aide, mais j’aurais le même problème au retour. Écoeuré, j’ai failli abandonner, revenir au métro, mais il était rendu près de 19h et je n’avais toujours pas mangé. Je n’avais pas de restant chez moi, il allait falloir me faire cuire de quoi rendu là.

J’ai failli le faire, j’ai vraiment rebroussé chemin, mais à l’intersection de Partenais et René-Lévesques, j’ai traversé René-Lévesques parce que je pouvais et que j’éviterais le croisement avec le feu de circulation défectueux. Bon ben là, peut-être que si je continue sur René-Lévesques de ce nouveau côté, encore dos au pont, je vais atteindre le croisement avec Notre-Dame à un autre endroit et pouvoir aller plus loin? J’essaie. C’est exactement ça qui s’est passé. J’ai pu me rendre plus loin, je crois que c’était Fullum, et là, il y avait une ligne de piétons. Mais il y avait là une foule de gens rassemblés pour je ne savais pas quoi. J’ai entrepris de contourner ce tapon pour constater qu’il s’était constitué une file d’attente jusqu’au village. Il allait falloir trouver le bout de cette file alors et y attendre, comme tout le monde. La découverte faite, j’étais prêt à attendre, mais un agent de sécurité commença à avertir les gens: c’était quatre heures d’attente pour entrer. Oui oui, quatre heures, j’ai bien compris, il l’a répété plusieurs fois, en anglais puis en français.

Il n’en fallut pas plus. À bout, je repartis de là. Je n’ai jamais pensé demander si c’était bien du village qu’on parlait là. J’ai juste tourné les talons, découragé. J’étais aussi choqué, car j’ai pu entrer dans plusieurs lieux bondés sans une telle file d’attente: l’Igloofest, le Piknik Électronik, le grand PoutineFest dans le Vieux Port, le Mondial de la Bière, le Bières et Saveurs de Chambly, etc. Même au rassemblement de foodtrucks sur l’Esplanade du Stade Olympique, il n’y a pas eu une telle file. Que se passait-il donc là, ce soir, pour que ce soit si bondé? Est-ce vraiment si fameux et populaire, la nourriture asiatique? J’ai bien l’impression d’avoir eu affaire au phénomène du goulet d’étranglement: une seule entrée, trop de gens qui veulent passer, une fouille excessive ralentissant le flot. Mais pourtant, aux Week-ends du Monde en 2017, ils passaient les gens au détecteur de métal et ça n’a pas pris un temps fou pour entrer!

Furieux d’avoir eu tant de mal à me rendre là et ne pas même pouvoir entrer, le lendemain matin, je me suis désabonné de la page Facebook du Village pour ne plus jamais recevoir d’événements se produisant là-bas! Je ne sais pas si je ferai d’autres tentatives pour me rendre là. Idéalement, il faudrait y aller avec quelqu’un ou attendre quelques années que l’accès au site s’améliore, quoi que j’ai des doutes que ça se fasse. Peut-être je dispose maintenant de suffisamment de points de repère pour pouvoir marcher du métro à l’entrée sans me casser les pieds, peut-être pas. Faudra tester, mais si au bout l’entrée est bloquée, ça ne sert à rien. J’ai aussi appris qu’il existait plusieurs entrées et pas certain qu’elles soient toujours toutes ouvertes. Je ne suis pas sûr que si j’en atteins une fermée ce jour-là où j’aurai choisi de m’imposer une nouvelle épreuve, je pourrai me rendre à l’autre simplement en faisant le tour du périmètre. Il  y aura inévitablement un mur, une rue sans trottoir, ou un autre obstacle du genre à franchir. Ça va me prendre une suit anti-gravité pour pouvoir voler par-dessus ces obstacles-là. Oui, c’est bien cool, ça fait sourire d’y penser, mais comme ça n’existe pas, ça ne résout strictement rien!

La Fayette: nouvel essai

Après ma frustrante tentative de me rendre chez mon frère a pied, je n’avais pas trop envie de réessayer. La tentative suivante pour ce trajet n’eut lieu qu’un an plus tard, dimanche le 13 août 2017. Pourquoi avoir attendu si longtemps? Eh bien il faisait froid, il pleuvait ou ça n’adonnait pas. Ce jour-là, j’avais été invité chez mon frère pour la fête de ma belle-soeur. Je suis arrivé au métro Longueuil vers 17h15. Je suis allé acheter des billets d’autobus puis une bouteille de vin. Après ça, j’avais le choix entre attendre plus de vingt minutes pour l’autobus 16 à 17h40 ou tenter ma chance à pied. J’ai décidé d’y aller, avec le plan élaboré l’année passée. J’ai réussi à me rendre sur Saint-Charles en marchant sur la rue du Terminus, marché sur Saint-Charles, traversé sous le pont, mais après, il y avait un large espace à traverser dans la rue, sans ligne de piétons rien. Mais si je vais l’autre côté, ai-je cru remarquer, ça semble possible de passer. Alorrs je suis revenu sur mes pas, repassé sous ls pont, traversé la rue Saint-Charles à l’intersection de celle du Terminus et puis reparti sur Saint-Charles. En repassant encore sous le pont, j’ai fini par arriver au coin Saint-Charles et La Fayette, mais je ne le savais pas. Je pensas qu’il fallait continuer plus loin.

Trouver un moyen de traverser La Fayette de façon sécuritaire a été impossible. Oui, j’aurais toujours pu m’élancer dès qu’il n’y a pas d’autos, en espérant que Dieu me protège, mais ce n’est pas génial du tout, surtout si je veux pouvoir refaire ce trajet, pas juste réussir par coup de chance ce soir-là, et la prochaine fois finir à l’hôpital à la place! J’ai appuyé sur le bouton que j’ai trouvé, n’arrivais pas à voir la lumière l’autre côté de la rue à cause du soleil, tenté la passe consistant à regarder celle de mon côté, ça ne fonctionna pas parce que les lumières n’étaient pas synchrones. En fin de compte, un autobus est passé et le chauffeur m’a dit que je pouvais traverser.

Rendu l’autre côté, j’ai marché un peu, constaté que ça ne menait nulle part, regardé sur Google Maps, passé proche piquer une crise encore, puis j’ai constaté qu’il suffisait de ne pas travers La Fayette mais plutôt continuer à gauche. Je suis revenu à l’intersection qui m’a posé problèmes, mais au lieu de tenter de traverser à nouveau, j’ai tourné à droite et continué sur La Fayette, longeant le pont. J’ai pu ainsi arriver jusqu’au viaduc sous Taschereau, second obstacle majeur du parcours. Wow, je ne me suis jamais rendu aussi loin depuis des années. Je me sentais aussi joyeux que si j’avais cassé la gueule à un gros boss dans un jeu! Tiens mon cochon!

Mais sous le viaduc, il semblait y avoir des pancartes; je craignais me faire bloquer. J’ai alors travers La Fayette avant de passer en-dessous. J’ai réussi à trouver un bouton qui a activé le feu de circulation. Puis j’ai pu traverser la rue suivant le viaduc. Le feu de circulation m’a posé problème, trop loin. J’ai dû y aller au pif: appuyer sur le bouton, attendre que les voitures circulent parallèle à moi puis y aller. Le feu était vert quand j’ai pu le voir.

Tandis que je marchais, j’entendais des boum boum venant de loin. Le Piknik Électronik, on l’entend d’ici. Peu après avoir fait cette observation, j’ai atteint le troisième et dernier obstacle: la rue Delaurinier. La traverser a demandé un peu de devinette encore, car je n’arrivais pas à voir le feu de circulation, en partie à cause du soleil. J’ai dû appuyer sur le bouton, attendre que les voitures circulent dans le bon sens puis m’essayer. Je n’ai pas eu à le regretter. Il a fallu marcher encore un peu, mais un moment donné, j’avais atteint mon but. J’avais réussi, tête de pioche que je suis!

Les tourments de l’Alma Mater

Jeudi dernier, 27 octobre 2016, j’avais une soirée de diplômes à l’Université de Montréal. Pour le 50e anniversaire du Département d’Informatique et de Recherche Opérationnelle, il y avait là un buffet chaud, des visites des laboratoires, l’assemblée générale des diplômés et une conférence donnée par Samy Bengio sur les réseaux de neurones. Cela m’intéressait d’y aller, mais pas sûr que j’aurais dit oui si j’avais su…

Alors, je suis parti de chez moi après une journée de travail qui s’est sommes toutes bien passée. Il était un peu trop tard pour les visites de labos, mais il aurait fallu que je parte trop tôt pour ça et travaille des heures de plus la veille ou le lendemain. Première étape: me rendre à la station de métro Joliette. J’ai pensé que le plus efficace serait de prendre la 67 qui fait un arrêt devant la station Saint-Michel, de laquelle je pourrais ensuite partir pour atteindre la station Université de Montréal par la ligne bleue. Eh bien, ce soir-là, c’était la seule option valable, la ligne verte étant hors service jusqu’à 18h. J’étais dans l’autobus 67 quand je l’ai su, quel soulagement! Avoir choisi le métro, j’aurais été bon pour une autre bonne copieuse dose de frustration dont je n’avais nul besoin.

Alors rendu à la station Saint-Michel, j’ai eu de la misère à trouver les tourniquets. J’essayais de me rendre, mais il y avait tout le temps du monde qui passaient, passaient, passaient, ça m’a pris presque deux minutes pour enfin repérer des marches qu’il m’a fallu descendre pour enfin atteindre les tourniquets. Après, ça s’est bien passé jusqu’à la station Université de Montréal.

Là, surprise, pas moyen de trouver l’escalier qui menait à la porte permettant d’accéder par l’extérieur au bâtiment où se trouvait la rampe mobile. Peut-être, pensai-je, suis-je sorti par un autre côté? Non non, ai-je constaté, l’accès devrait être là, mais il était bloqué!

Il n’y avait tout simplement rien à faire, aucune bonne solution. Plusieurs personnes me demandèrent où j’allais, je leur répondais, elles ne comprenaient pas ou ne savaient pas c’était où. On m’a dit de tourner à gauche, mais ça m’éloignait de mon but. On m’a dit qu’il allait me falloir prendre une navette pour atteindre le pavillon, mais je savais que j’allais devoir passer 20 minutes à trouver l’arrêt, 20 minutes à l’attendre et ainsi de suite. Et jamais je n’ai eu à prendre un autobus entre le métro et l’université! J’y suis pourtant allé pendant plus de huit ans, la distance entre les deux points n’a pas changé depuis!

Je suis sorti par la porte encore utilisable, j’ai marché dans le but de contourner le bâtiment et peut-être arriver derrière, je trouverais un moyen d’atteindre mon but. Non, juste de l’obscurité et de la pluie, oui beaucoup de pluie. Je me suis fait tremper mes souliers bien comme il faut, assez que le lendemain soir, j’en ai par précaution frotté le cuir à l’huile de vison. J’avais par chance un parapluie avec moi, sinon je serais ressorti de cette mésaventure trempé comme un canard!

Découragé, je ne savais juste plus quoi faire. Il n’y avait personne que je pouvais appeler pour de l’aide, fallait que je trouve un moyen ou que je rebrousse chemin, rentrant chez moi au bout du rouleau, découragé. Outre appeler un taxi et espérer que je pourrais donner ma position avec assez de précision pour que le chauffeur me trouve, il me restait deux possibilités: le pavillon J-A Desèves, accessible depuis Édouard-Montpetit et le 3200 Jean-Brillant.

Je pourrais, pensai-je, rentrer du côté Édouard et ressortir de l’autre. Mais je n’étais pas sûr si ça allait encore fonctionner. Quel étage faut-il atteindre pour ressortir de J.A.-Desève du côté de l’université? Le troisième? Plus sûr.

L’autre possibilité: le 3200 Jean-Brillant. Il y avait là un tunnel permettant d’accéder au pavillon principal. Mais le tunnel est difficile à trouver. Il n’est accessible que depuis un couloir au deuxième étage. Mais j’ai utilisé le tunnel plusieurs fois, plus souvent que le passage par J.A.-Desève, quand j’avais un cours d’introduction à la linguistique au 3200.

C’est cela que je décidai de tenter. Alors je rentrai dans la station de métro, repartis pour la ligne bleue direction Snowdon et m’arrêtai à Cote-des-Neiges. Là, je descendis, trouvai la sortie et entrepris de localiser la rue Jean-Brillant. Je la trouvai, marchai mais me fis encore bloquer par un ruban: des travaux, le trottoir était encore barré. Quelqu’un m’offrit de l’aide, ne savait pas c’était où, me fit répéter, ne savait pas. Selon elle, j’étais dans la mauvaise direction, mais au moment où je rebroussais chemin, elle m’interpella et me dit que le pavillon était plus loin. Mais c’était le pavillon d’optométrie, pas le 3200! BON SANG! Je ne vais jamais pouvoir en finir avec ça, songeai-je, de plus en plus furieux et découragé.

J’ai fini par reprendre la route, direction opposée, après avoir vérifié sur Google Maps que c’était bien ça, j’ai pu me rendre proche, mais c’était encore bloqué, j’ai dû passer par l’autre côté de la rue, quelqu’un m’a aidé un peu et cette fois on a pu trouver. Rendu là, il a fallu monter au deuxième étage. La personne qui m’a aidé a fait un bout avec moi et ça a été une bonne chose.Je n’arrivais pas à retrouver l’escalier menant au deuxième. La personne a demandé à un employé qui ne savait même pas! Mais elle a pu trouver l’escalier, puis la cafétéria, les deux éléments nécessaires pour accéder à ce qui commence à ressembler à un passage secret, au point où on en est!

On a pu retrouver la cafétéria d’où partait le couloir menant dans le pavillon Lionel-Groulx, où il y avait l’escalier ramenant au premier, du côté Lionel-Groulx. C’est là qu’on peut accéder au tunnel qui mène au pavillon principal, appelé de nos jours Roger Gaudry!

De là, j’ai pu passer à travers le pavillon André-Aisenstadt par un chemin que je connaissais bien, pour ensuite atteindre Jean-Coutu, où avait lieu l’événement! Mais il était passé 19h quand j’arrivai enfin là. Il ne restait presque plus de nourriture. J’ai eu un peu de légumes, des cannelloni, du vin et une pointe de tarte au chocolat, c’est pas mal tout. Pas de viande. Je n’ai pas rencontré de gens que je connaissais, à part Guy Lapalme, mon ancien superviseur de stage en 2001. C’était pas mal décevant.

Par chance, la conférence de Samy Bengio en valut la peine. Je ne dirais pas que ça a valu tout le trouble que je me suis donné pour aller là, mais ça a compensé partiellement. J’ai revu un ancien collègue de travail et rencontré quelques personnes, aussi. La conférence portait sur les réseaux de neurones utilisés pour la génération de descriptions à partir d’images. Tandis que Samy présentait des exemples avec des photos statiques, j’imaginais avec délectation des extensions potentielles. Avec ça, on s’en va vers le bidule dont j’ai besoin, le localisateur d’articles, qui pourrait identifier des produits dans une allée d’épicerie, des portes ou des couloirs dans un bâtiment, des bâtiments dans une rue, etc. Si seulement j’avais eu ce genre d’idées voilà dix ans, ma thèse de doctorat aurait été toute autre…

Le retour chez moi me décourageait quelque peu. Seul, j’allais devoir refaire le trajet en sens inverse: le pavillon principal, le tunnel, le 3200, la marche vers Côte-des-Neiges, beurk! Par chance, mon ancien collègue et patron Nicolas et une ancienne connaissance Luc m’offrirent d’aller au métro avec eux. Nous sommes passés par un escalier que je ne connaissais pas qui permit d’aboutir du pavillon au métro. Ce fut un peu tortueux et difficile parce qu’il faisait noir, mais mieux que tout le labyrinthe que j’aurais eu à me taper seul. C’est ainsi que s’est terminée cette soirée.

Temps Libre ou perdu?

Vendredi, 14 octobre 2016, j’avais une soirée d’inauguration d’un nouveau concept, Temps Libre, cofondé par un ami de mon frère. C’était dans le Mile-End, sur la rue Gaspé. Mais je ne pouvais pas me rendre là directement du bureau, car je devais amener mon laptop chez moi pour le lundi suivant. Il fallait que je travaille chez moi ce lundi-là pour recevoir deux colis dont j’avais déjà reporté la date de livraison. En plus, retourner chez moi allait me permettre de troquer cette chemise et pantalon de travail pour quelque chose de plus décontracté et adapté à cette soirée.

Alors je suis retourné chez moi, déposé mon laptop, me suis changé, puis je suis reparti pour ce qui allait devenir une aventure pas de bon sens. Je devais d’abord me rendre à la station Rosemont, ce qui se passa bien. Ligne verte vers Angrigon pour Berri-UQÀM, ligne orange vers Montmorency pour atteindre Rosemont. Cool! Là, je devais atteindre Saint-Denis, marcher dessus jusqu’à pouvoir tourner à droite sur une rue transversale, n’importe laquelle, pourvu que ça me permette d’atteindre Gaspé où il y avait ma destination. Eh bien ça ne s’est pas du tout passé comme ça!

Déjà en sortant du métro, sur ce que je crois la rue Rosemont, je me suis fait bloquer par des clôtures; je ne pouvais pas atteindre Saint-Denis. J’ai dû marcher dans l’autre direction, traverser à l’intersection puis, après avoir vérifié sur Google Maps que tout était OK, revenir sur mes pas et puis là j’ai atteint Saint-Denis, au-delà des clôtures qui me bloquaient de l’autre côté.

Ce premier obstacle passé, j’ai traversé ce que je crois Rosemont, marché sur Saint-Denis, quelques mètres, puis le trottoir est disparu. J’ai essayé de marcher un peu, j’ai cru atteindre un autre trottoir, mais je me faisais bloquer par des clôtures et plus loin, il y avait un viaduc, pas certain que le trottoir continuait en-dessous. Il allait peut-être me falloir marcher un bout dans la rue, sous le viaduc, avec des autos circulant à toute vitesse! Ah non là!

Choqué de m’être encore fait fourvoyer par Google Maps, j’ai rebroussé chemin dans l’idée de traverser Saint-Denis au premier feu de circulation. Peut-être ça allait passer par l’autre côté. Non, une pépine allait me bloquer la route, je l’entendais d’où j’étais. Il restait un moyen: marcher sur Rosemont pour atteindre la prochaine rue parallèle à Saint-Denis, Henri-Julien, et passer par là. Ça allait me permettre de contourner l’obstacle sans me faire chier, blesser ou pire, tuer.

Alors on y va. J’ai retrouvé l’intersection, traversé Saint-Denis, puis marché. Je me suis retrouvé sur une route qui passait par-dessus un viaduc. Ah mon doux, est-ce que c’est dangereux d’être là? Il y a un trottoir alors je vais continuer. Selon Google Maps, c’était en train de me mener vers Henri-Julien. Mais ce que Google Maps ne me disait pas, c’est que j’étais au-dessus d’Henri-Julien, avec aucun moyen de l’atteindre. J’ai continué à marcher, suis arrivé au-dessus de Gaspé, pas moyen de descendre à moins d’essayer d’enjamber le garde-fou et sauter, au risque de me rompre les os. On va éviter de faire ça, surtout une semaine avant le fatidique lancement de l’album L’Agonie de KeBaTeK. Ce sera difficilement pardonnable si ça arrive, aussi bien pour moi-même que pour KeBaTeK, qui est un de mes meilleurs amis.

La rue, que j’ai su être le boulevard Kennedy je ne sais plus comment, semblait se poursuivre à l’infini. Bon, autant revenir sur Saint-Denis et essayer de voir si je ne pourrais pas descendre de là ou ne pas monter sur Kennedy. J’y allai, cherchai, ne trouvai pas. Ah non, ENCORE une rue sombre pas de trottoir. C’est rendu là mode, ça!

Bon, on va essayer sur Saint-Denis. Va probablement falloir marcher dans la rue pour contourner la pépine, mais ça va être plus éclairé au moins. Je dus traverser une rue pas de feu de circulation pour pouvoir continuer sur Saint-Denis, pour réaliser que je pouvais tourner à droite et m’engager parallèle à Kennedy, en bas cette fois, avec une chance d’atteindre Henri-Julien! Mais en essayant de m’engager sur la nouvelle rue, je me suis pété la tête sur un poteau. La prune que je me suis faite, je la sentais encore deux jours plus tard.

En beau maudit, j’ai quand même essayé de continuer et j’ai pu atteindre Henri-Julien. Selon Google Maps, marcher sur ce tronçon allait me mener à la rue des Chanvres qui allait ma ramener sur Saint-Denis, après l’obstacle à contourner. On y va. Un moment donné, une madame est sortie de sa voiture pour m’offrir de m’aider à traverser la rue, mais je ne savais pas si ça allait me servir ou pas. Elle m’a demandé où je m’en allais. Voyant venir l’instant où elle allait me faire peur en me disant que c’était super loin ou compliqué se rendre sur Gaspé et me faire monter dans sa voiture, j’ai décliné son offre et poursuivi mon chemin vers mon but
initial. Je ne dois vraiment pas être au bon endroit si des gens sortent de leurs voitures pour m’offrir de traverser la rue.

Cette frustrante escapade m’a ramené sur Saint-Denis, après la pépine mais avant le viaduc que je dus traverser. Mais au moins il y avait un trottoir sur mon côté. Rendu l’autre côté, j’ai trouvé une rue perpendiculaire, marché dessus et ça m’a fait aboutir à Henri-Julien, plus loin. J’aurais peut-être pu me rendre là sans repasser sur Saint-Denis. Mais là, je ne pouvais pas atteindre Gaspé. C’était bloqué de partout, pas de rue transversale.

Finalement, quelqu’un m’a aidé et il a fallu passer à travers un chemin de terre et de roche où il faisait sombre pour enfin atteindre Gaspé! Après, ma destination, Temps Libre, n’était pas loin. Quelle horreur!

Et ce n’était que le début! Là-dedans, c’était plein de monde, difficile à circuler. Pas moyen de mettre mon manteau sur un cintre, il a fallu que quelqu’un qui partait me donne le sien. Ouf, au moins j’ai pu avoir un cintre! Ensuite, j’ai essayé de trouver de quoi manger. Quelqu’un m’a aidé à me servir, mais le menu était plutôt limité et décevant. Du pain, sans couteau pour le beurrer, et des tacos. Je me suis retrouvé avec un taco plein de trucs hachés menu qui m’ont levé le cœur. Ça a été pénible manger ça.

La chose faite, j’ai essayé d’avoir une bière. La madame qui m’a aidé pour les tacos m’a mené au comptoir à bière, mais il fallait des coupons pour en acheter. Tandis qu’on essayait de trouver et se rendre au comptoir à coupons, un ami de mon frère m’a vu et m’a abordé. Il m’a amené à Vincent, un des fondateurs de Temps Libre, celui qui m’a invité à l’événement et que que je voulais voir un peu. J’ai pu parler avec lui, apprendre que
Temps Libre est un espace ouvert semblable à un parc mais intérieur. On peut y faire ce qui nous plaît: lire, écrire, chiller, manger son lunch, etc. Temps Libre est financé par un espace trois fois plus grand de coworking. On pouvait visiter ces deux espaces ce soir-là. Ils ont de  grandes tables où les gens peuvent prendre place pour travailler. C’est super utile pour de petites PME. Il y a  aussi une salle de réunion avec ce qui m’a semblé un large écran à cristaux liquides. Oui, c’est très beau et spacieux comme endroit.

Vincent et moi sommes allés pour les coupons, puis la bière. On a parlé un peu, puis il est allé voir d’autres gens. J’ai parlé avec un gars, Tibault, de Fooducoin., un nouvel organisme qui livre des repas à domicile, au travail ou dans des parcs, à vélo, et en encourageant les pratiques éco-responsables. J’ai pris deux autres
bières et passé un peu de bon temps. De temps en temps, je me posais la bouteille ou la cannette de bière sur ma poque pour soulager un peu ça, ça faisait mal un peu.

Mais un moment, Thibault était sur son départ et m’offrit de m’amener avec lui au métro Laurier, selon lui plus proche que le métro Rosemont. Ça me semblait le meilleur moyen de faire bien finir cette aventure. Seul, j’allais être obligé de repasser par tout le périple de l’aller, en sens inverse. Mais il me restait deux coupons pour la bière. Une amie de Thibault, Annie, partait un peu plus tard et m’offrit de me mener au métro, mais de la façon qu’elle parlait, elle était venue en auto. Ah non, pas encore ça, je ne veux pas me faire trimballer en auto par n’importe qui, là! Le mieux à faire était de me débarrasser de ces coupons. Je suis venu à bout de les vendre à Annie pour pouvoir repartir de là avec Thibault et un de ses amis, Clinton.

Le retour a été plus facile. On a marché en ligne droite sur Gaspé jusqu’à atteindre Laurier. Puis de là, on a tourné à gauche sur Laurier et marché vers Saint-Denis. Je suis en fait passé proche de chez Dantech où je suis allé quelques fois voilà quelques années. Le trajet était peut-être plus long en distance mais plus simple que ce
périple tortueux depuis la station Rosemont.

J’ai été un peu déçu de cette soirée-là. Ça a été du trouble me rendre là pour pas grand-chose. Je ne suis pas parvenu à trouver l’utilité réelle de ce nouvel espace. Si je veux chiller, je peux le faire chez moi ou au pire dans un café, un bar ou une micro-brasserie. L’avenir dira ce qui se passera dans cet endroit, mais c’est un peu loin de chez moi pour que j’y retourne souvent. Pour les petites PME, l’espace ouvert de coworking est bien utile et probablement plus abordable que louer des locaux privés. Alors bien que ça ne me soit pas utile directement, ça demeure un beau projet qui, je l’espère, va fonctionner.

Une frustrante excursion au métro Longueuil

Samedi, 27 août 2016, j’avais le shower de la femme de mon frère, qui attendait un bébé pour septembre. Cela avait lieu en face de chez eux, sur la rue Green. Le meilleur moyen de me rendre là-bas est sans nul doute, plusieurs essais fructueux à l’appui, d’utiliser l’autobus 170 depuis la station Papineau. La 170 fait un arrêt à deux rues de chez mon frère, c’est merveilleux, mais ça ne fonctionne que la semaine, avant 18h. Sinon, il faut me rendre à la station Longueuil et soit marcher de là, soit prendre l’autobus 16 qui passe aux heures. Depuis qu’ils ont fait des travaux autour de la station Longueuil, je n’ai jamais eu de succès à me rendre à pied de là jusqu’à chez mon frère, mais comme il faisait beau, je me suis dit que ça valait la peine ce jour-là de faire un nouvel essai. Eh bien, ça a duré près de 45 minutes et été terriblement frustrant!

Le gros problème est d’atteindre la rue La Fayette. Après ça, c’est juste de la longue ligne droite. Mais quand il fait beau, ça peut être le fun à faire. Eh bien, le problème initial fut de taille, plus important que prévu!

Alors suite à de l’analyse de plan Google Maps, j’ai décidé de tourner à droite après être sorti du terminus, du côté du stationnement en face du pont Jacques-Cartier. Déjà, ça bloquait, mais si je traversais la rue, là je pouvais continuer à droite. En passant par là, j’aboutissais à un trottoir me menant au pont. Mais dès que je suis passé sous le pont, les choses sont devenues plus difficiles, limite dangereuses. Je n’arrivais pas à trouver de moyen de passer sans me retrouver au beau milieu de la rue où des voitures pouvaient passer. Je me suis retrouvé entre des blocs de béton, sur du gazon,
proche d’un fossé, mais jamais au bon endroit, jamais moyen d’atteindre La Fayette comme ça, pas même un trottoir en vue.

Décidément, ça n’allait jamais fonctionner mon affaire. J’ai fini par rebrousser chemin pour voir si je ne pourrais pas trouver un moyen de m’approcher plus de La Fayette. D’après mes recherches, si je continuais tout droit assez longtemps sur la rue du Terminus, je pouvais atteindre La Fayette, l’emprunter pour passer sous le pont et puis ensuite la suivre jusqu’à mon but.

À deux ou trois reprises, quelqu’un m’offrit son aide, mais ne savait pas où était la rue. Il me conseillait de demander à des chauffeurs de taxi. Oui mais mon but n’était pas de me rendre là en taxi mais de réussir à trouver un moyen fiable d’atteindre ce boulevard-là, pour pouvoir aller chez mon frère à pied et en revenir si besoin.

Ok, pensai-je, peut-être si j’essaie de sortir par l’autre côté du terminus? Je fis ça, je dus traverser la rue pour atteindre un trottoir, marchai vers la gauche pour retourner vers mon but, dus traverser à quelques endroits, me retrouvai devant un trottoir bloqué, allai de l’autre côté. Je crois avoir réussi à atteindre La Fayette, mais il n’y avait pas de trottoir à ce point-là du boulevard. C’était exaspérant et super enrageant. J’étais tellement choqué que je songeai rentrer chez moi, mais je ne pus m’y résoudre. C’est dommage que je n’aie pas pensé, sur le coup, à prendre des photos. Ça aurait pu me servir pour illustrer ce récit.

J’ai fini par atteindre le pont à nouveau, par passer en-dessous, mais je me retrouvais encore dans le gazon et tout. J’ai dû longer un fossé, me suis retrouvé sur du gravier et là il y avait des gens qui circulaient. Je tentai d’aller dans leur direction opposée, car ils semblaient aller vers le terminus. J’aboutis de cette façon dans un
stationnement. Ah mon Dieu! Là, j’ai failli capoter. J’étais dans un autre cul-de-sac et ça se pouvait que j’aie à repasser par tout ce que j’avais traversé, en sens inverse, pour retourner au terminus!

J’ai fini par me diriger vers le terminus, sachant que mon seul espoir résidait là. Je ne réussis pas, finalement quelqu’un m’aida, ne savait pas où était mon objectif final mais put m’orienter vers le terminus. Je finis par aboutir sur le premier trottoir que j’avais emprunté. C’est ainsi que ce soir-là, je perdis près de 45 frustrantes minutes à carrément tourner en rond!!!

De retour au terminus, je suis allé voir pour la 16. Eh bien, il allait me falloir attendre à 19h10. Ah non, là ça va être super long et rendu là tout le monde aura fini de souper. Si ça n’avait pas répondu quand j’ai téléphoné sur le cellulaire de maman, je crois que j’aurais complètement perdu espoir et serais rentré chez moi, tout simplement, démoli, à bout. Mais là, ma sœur a répondu, je lui ai raconté mon histoire de fou et elle m’a envoyé papa pour me sortir de ce guêpier dans lequel j’avais eu la brillante idée de moi-même me fourrer. Au moins, j’ai réussi à ne pas me faire casser la gueule pendant mes recherches et suis retourné à un endroit où on pouvait me retrouver.

Le lendemain, j’ai effectué des recherches additionnelles, en utilisant Google Maps et Google Earth. J’ai fini par retrouver le point du terminus où je sors pour attendre papa et maman quand je vais là. J’ai trouvé l’endroit où j’ai circulé la veille et vérifié mon hypothèse selon laquelle si j’avais continué rendu au stationnement P5, j’aurais pu l’avoir. NON! Ça aboutissait à plein
d’espaces asphaltés et des rues pas de trottoir. Mais voyons! Se peut-il qu’il n’y ait aucun moyen de sortir de là sans voiture? Ça me semblait hallucinant et je trouvais ça très choquant!

J’ai trouvé la rue La Fayette et il manquait un trottoir sur un bon bout. C’est seulement au croisement de Saint-Charles qu’elle acquiert son trottoir. J’ai examiné ça et là, je crois avoir trouvé une solution au problème. Si je sors du métro et m’en vais entre les deux lignes jaunes où j’attends les gens habituellement, selon ce que j’ai vu, je pourrais partir par la gauche et marcher un bon bout sur un trottoir. Je vais passer devant des voitures stationnées et parallèle à la rue où des taxis, autobus et voitures arrivent. Un moment donné selon mes recherches et si je suis chanceux, je devrais aboutir à Saint-Charles et il y aurait une ligne de piétons, voire des feux de circulation, pour la traverser, selon ce que j’ai vu sur Google Earth. Ensuite, selon ce que j’ai vu encore une fois, je pourrais tourner à droite et marcher sur un trottoir, sur Saint-Charles, vers le pont, passer sous le pont, il y aurait une rue à traverser et un moment donné, La Fayette, sur le trottoir! Rendu là, si je suis assez chanceux pour me rendre là, il resterait juste à marcher en ligne droite et un jour, je vais atteindre Green. Mais je ne vais y croire qu’après l’avoir testé! Je ne sais pas quand je vais pouvoir tester ça, pas sûr que ce sera avant le party de Noël et rendu là, il fera probablement trop froid ou ce sera la grosse tempête si bien qu’il vaudra mieux y aller avec la 16. Alors, possible que j’aie tout fait ça pour rien!

D’une pierre trois coups

Dimanche, 7 août 2016, je suis retourné aux tams tams du Mont-Royal, cette fois avec une nouvelle amie, Christine Laplante, qui a une déficience visuelle semblable à la mienne. Nous nous demandions si nous allions prendre une bière ou manger une poutine à la Banquise si bien que je me suis dit que tant qu’à ça, on pourrait combiner les trois activités, proches les unes des autres. Les choses ne se sont pas passées comme prévu, mais ça a fini que nous avons réussi à atteindre nos objectifs.

Le premier obstacle a été de nous retrouver. Nous nous sommes donnés rendez-vous à la station de métro Mont-Royal, au bas des escaliers, en face des tourniquets. Malgré cela, il a fallu un peu de chance pour qu’on se trouve. Le fait de garder nos cannes blanches ouvertes en attendant nous a aidés un peu.

Après nous être trouvés, nous sommes sortis ensemble de la station de métro et nous avons marché sur Mont-Royal jusqu’à Saint-Laurent. Il existe de bien meilleures façons d’atteindre le parc du Mont-Royal qu’emprunter l’avenue du Mont-Royal, souvent bondée et obstruée par des terrasses. La première est d’utiliser l’autobus 80 depuis la station Place des Arts, mais la dernière fois que j’ai essayé ça, je ne suis jamais parvenu à me rendre de la sortie du métro à l’arrêt pour la 80: tous les trottoirs étaient bloqués, il aurait fallu que quelqu’un m’aide et me fasse passer encore par un nouvel endroit, ce qui ne me permet pas au final d’aboutir à un trajet que je peux refaire par la suite. La seconde stratégie que j’aime bien est de quitter l’avenue du Mont-Royal le plus vite possible en tournant à gauche sur Saint-Denis pour accéder à Marianne ou Rachel, qui sont moins achalandées. Mais la rue Saint-Denis à ce moment-là était bloquée par des travaux, ce qui rendait la circulation difficile. Alors nous avons marché sur Mont-Royal jusqu’à Saint-Laurent et là avons tourné à gauche pour atteindre la rue Marianne.

C’est là qu’il s’est mis à mouiller. Nous nous sommes abrités sous un toit et avons attendu, mais la pluie ne cessait pas. À quoi bon nous rendre dans le parc s’il pleuvait? Les joueurs de tams tams s’en iraient probablement tous, non désireux de se faire mouiller leurs instruments.

Un peu déçus, nous avons fini par rebrousser chemin et sommes retournés vers Saint-Denis dans le but d’aller prendre notre bière au Quai des Brumes. Eh bien on a eu du mal à progresser sur Mont-Royal, car il y avait trop de gens en sens inverse, puis on a eu du mal à trouver Saint-Denis, sommes passés tout droit, avons dû rebrousser chemin, et puis y sommes arrivés.

Rendus sur Saint-Denis, nous avons cherché le Quai des Brumes. Je me suis rendu compte que je n’avais pas de repaire visuel précis pour retrouver le bâtiment. Souvent, je réussis parce qu’il y a un show dedans ou des gens qui fument me l’indiquent. Mais là, personne, pas un chat. Nous avons cherché un peu, tenté de trouver le numéro de porte, en vain, jusqu’à ce que quelqu’un nous aide et qu’on apprenne que c’était fermé. Probablement que ça n’ouvrait qu’à 17h.

Bon, que faire, on ne va tout de même pas aller manger une poutine à 15h? Par chance, la pluie avait cessé alors ça semblait valoir la peine de faire un nouvel essai pour les tams tams. C’est ça que nous avons fait.

Il y avait là encore pas mal de monde alors on a pu profiter des tams tams et jaser un peu. Ça a été une belle fin d’après-midi. Il faisait beau et le soleil brillait à présent de mille feux.

Après au moins une heure et demi, sinon deux, nous sommes repartis et avons marché jusqu’à la Banquise. Cette fois, ça a bien été. Faut dire que Christine a essayé une nouvelle application, Autour, qui dit tout ce qui se trouve autour de soi. C’est vraiment super cool… mais juste pour iPhone. Paraît que c’est un projet pilote, qui va être étendu à Android. J’ai hâte de voir ça. Ça pourrait être pour moi aussi révolutionnaire que le passage du Trekker vers Google Maps!

J’ai mangé une poutine au poulet tandis qu’elle a essayé une avec des saucisses, mais je ne me rappelle plus laquelle. On a laissé tomber le Quai des Brumes quand on a découvert qu’ils avaient des bières artisanales là, à la Banquise. On s’est pris une bière là. On a aussi pris un dessert: un gâteau au chocolat, pas mauvais. Mais avoir su l’existence de la brasserie Pit-Caribou, en face de la Banquise, ça aurait pu être un meilleur choix, pour la bière. Je n’ai découvert cette brasserie que plus tard.  Christine et moi avons aimé notre sortie malgré les embûches et nous sommes revus par après pour aller prendre un bon repas au Juliette et Chocolat.

Îlesoniq: un bain de foule électrisant

Samedi, 6 août 2016, je suis allé pour la première fois au festival Îlesoniq, l’un des événements de musique électronique les plus importants à Montréal pendant l’été. Contrairement au Piknik Électronik, qui a lieu tous les dimanches durant l’été, Îlesoniq se produit uniquement deux jours par année. Il en résulte une foule monstre rendant la navigation difficile, voire dangereuse pour moi. Mais il me fallait en faire l’expérience, ça me titillait.

Entrée sur le site: déjà difficile

J’ai acheté mon billet sur Internet une semaine avant l’événement. Ce que j’ai obtenu en échange, ça a été un courriel de confirmation avec recommandation d’aller chercher mon billet au Centre Bell pendant la semaine, avant l’événement. Faire ainsi m’aurait obligé à partir du bureau durant la journée et chercher à plus finir pour trouver le centre Bell, puis la billetterie. Je me suis dit que ça allait poser autant de problèmes que récupérer mon billet sur le site. Ainsi, rien ne se passa avant le 6 août 2016. En fait, l’événement a commencé le 5 août, mais le vendredi, je travaille si bien que je ne suis pas allé au festival ce jour-là.

Arrivé à la station Berri-UQÀM, je constatai avec appréhension qu’il y avait déjà pas mal de monde dans le métro. Ça va être terrible, pensai-je, prépare-toi au pire. Le métro sur la ligne jaune était bondé. Mais j’ai pu me rendre à la station Jean-Drapeau, permettant d’accéder au parc où avait lieu l’événement. Rendu là, je suis descendu et j’ai tenté de retrouver la sortie que j’avais empruntée pour aller au Piknik Électronik et aux Week-ends du Monde. Selon mon analyse du plan du site de l’événement, c’était là qu’il me fallait sortir pour atteindre la tente Will Call où je pourrais récupérer mon billet. Mais il y avait tellement de gens que j’avais du mal à déterminer où aller. Je suis sorti où je pouvais, mais je ne reconnaissais pas les lieux. J’étais au mauvais endroit. J’ai dû marcher un peu, contourner la station de métro et j’ai fini par arriver à l’autre sortie, où il y avait l’entrée pour l’Îlesoniq.

Puis un moment donné, on m’a guidé jusqu’à la tente où j’ai pu avoir mon billet. C’est un agent de la sécurité qui m’a mené jusque-là et avoir le billet s’est bien passé. Après ça, on m’a mené à la file d’attente. Comme je possédais un téléphone Fido, je pouvais prendre la file branchée plutôt que celle régulière.

Tandis que j’attendais en file, je remarquai sur mon billet qu’il était écrit que les vidéos et caméras étaient interdits. Ah mon Dieu! J’avais amené ma GoPro, pensant me capter des films mémorables rivalisant avec ceux de l’Igloofest. Est-ce qu’ils vont me laisser la garder, me faisant confiance pour ne pas l’utiliser, ou vouloir me la confisquer au moment de la fouille? Ça m’aurait fait cher un peu, comme sortie, non? Vont-ils m’offrir de me la retourner par la poste, l’entreposer quelque part pour que je la récupère à la sortie du site ou je vais la perdre, tout simplement, comme mes ciseaux lors de mon premier passage à la sécurité à l’aéroport, quand je suis parti pour Orlando en 2005? Peut-être vaudrait-il mieux repartir là pour le métro, appeler mon frère et voir si je ne pourrais pas faire un détour par Longueuil question d’aller lui porter la caméra; il pourrait me la rendre plus tard. Ce serait moins long que retourner chez moi pour l’y laisser, mais long quand même.

Mais la file n’avançait pas du tout. C’était super long. Un moment donné, quelqu’un de l’événement m’a interpellé, m’a demandé si j’étais accompagné et comme je ne l’étais pas, m’a fait passer devant tout le monde. Ça a été un peu pénible de réussir à passer, mais on a fini par l’avoir.

J’ai abouti au point où il fallait montrer mon billet, qui a été scanné avec succès par une machine, ce qui m’a permis de passer à l’étape suivante. La fouille? On nous disait d’ouvrir nos sacs. Mais j’ai appris que j’étais passé par-dessus cette étape, car on m’avait fait passer devant tout le monde. Cool! Ma caméra était sauvée. Je la laissai dans mon sac, ainsi que mon enregistreur H2N, évitant tout risque de me les faire confisquer, voire être expulsé du site à cause de ça. En effet, s’ils interdisaient les vidéos, pas sûr qu’ils aimeraient que j’enregistre du son avec un micro comme celui du H2N, bien que l’enregistrement est trop bruité pour pouvoir faire quoi que ce soit de professionnel avec. Avec tous les bruits de gens qui parlent, le vent, etc., ça ne pas pas donner de quoi d’utilisable pour s’intégrer à de la musique électronique. Ça aurait juste été de beaux souvenirs.

La scène Budlight

L’allée centrale où j’aboutis après avoir franchi l’entrée du site était bondée. Il y avait là un accès à ce que je croyais être la scène principale. Mais avant d’aller là, me dis-je, je devais remplir ma bouteille d’eau. Je pouvais chercher longtemps pour trouver une fontaine d’eau, à moins d’utiliser mes connaissances passées du parc Jean-Drapeau. La seule fontaine d’eau que je connaissais se trouvait dans la zone où a habituellement lieu le Piknik Électronik. Elle faisait justement partie du périmètre clôturé alloué à Îlesoniq. Je traversai donc l’allée centrale pour y aller.

Là-bas, c’était relativement calme, pas de musique. Il y avait des camions que je n’arrivais pas à identifier. Soit je n’arrivais même pas à déchiffrer ce qui était écrit dessus, soit ça n’avait strictement aucun sens pour moi. Je passai mon chemin, me dirigeant vers mon objectif initial, et la trouvai, la fontaine d’eau. Je pus ainsi remplir ma bouteille.

De là, j’entendais de la musique provenant des bois. Il y avait une scène là, possiblement moins peuplée que la scène principale. Ce serait un bon endroit pour commencer mon périple musical. J’y allai donc. Ce que je trouvai là fut sidérant. Il y avait là une grande structure temporaire, une espèce de cabane avec un mur ouvert. Des haut-parleurs jouaient de la musique un peu trance et dans la cabane, il y avait un paquet de projecteurs et un gros écran affichant des images psychédéliques. Régulièrement, on voyait s’afficher Jason Ross sur l’écran, puis d’autres images, d’autres flashes à cause des projecteurs. C’était trippant.

Puis un moment donné, on s’est tous fait arroser. C’était moins cool, ça. J’ai bien cru que mon téléphone, dans ma poche, allait y passer, mais tel ne fut pas le cas. J’ai passé près d’une heure près de cette scène-là, nommée Budlight. Un moment donné, on nous a arrosés encore. Il y avait carrément quelqu’un avec un tuyau d’arrosage qui shootait de l’eau au-dessus de la foule! Je l’ai remarqué juste la seconde fois. C’était une tentative de nous rafraîchir parce qu’il faisait chaud, peut-être pour réduire les risques que des danseurs trop zélés, parce qu’on pouvait danser un peu, se claquent un coup de chaleur. Je ne fus pas trop à risque pour ça, car j’avais ma bouteille d’eau et ne pus pas danser tant que ça, trop de gens.

La scène Neon dans les bois

Pendant ma progression vers la scène Budlight, j’ai cru apercevoir des tentes où il y avait probablement de la bouffe et de la bière. En fait, rendu en avant de la scène, quelqu’un m’a offert de m’aider si je voulais aller me chercher de quoi, mais je n’avais pas besoin à ce moment-là. Après quelques temps, j’ai voulu aller voir si je ne pourrais pas me trouver une bière. J’ai trouvé un snack bar, un truc de mets asiatiques, puis oui, une tente à bière. Je m’en suis acheté un verre en fût.

Rendu là, j’entendais d’autre musique venant de plus loin, de plus profond dans les bois. J’y allai et trouvai une seconde scène. C’était la scène Neon. La structure ressemblait pas mal à celle de la scène Budlight, mais la musique qui en émanait était toute autre, plus chillout. J’ai bien aimé cette scène-là, car elle se trouvait dans la forêt. Mais j’aimais mieux la musique de la scène Budlight. Je suis resté un peu, mais il m’a fallu repartir pour aller aux toilettes.

La scène Fido Oasis, la plus grande des trois

Après être allé aux toilettes, je suis retourné vers la zone Piknik pour éventuellement revenir à l’allée centrale où je croyais avoir vu des tentes avec de quoi manger. Si je me fiais à la disposition des lieux aux Week-ends du Monde, ce serait là. En fait, ce n’est pas exact de nommer ce lieu la zone Piknik, car il n’y avait pas de Piknik Électronik ce jour-là. Mais toujours est-il que c’est là que je passai et voulus aller voir plus loin, là où se trouve la scène Vidéotron lors des Piknik Électronik; peut-être y aurait-il là une autre scène. Je n’en trouvai pas. Je pus marcher un bout dans le bois et arrivai à ce que je crus être une sortie secondaire. Je n’osai pas aller plus loin, de peur de franchir un sens unique et ne pas pouvoir rentrer.

Je rebroussai alors chemin et aperçus un panneau: scène Fido Oasis. Je marchai un peu et pus tourner à ma droite pour aboutir dans une vaste place de gravier. Il y avait une pente permettant d’atteindre une plate-forme où des gens dansaient.

Il y avait sur cette plateforme des jets d’eau servant à rafraîchir les gens. Il me fallut quelques secondes pour découvrir avec consternation que ces jets sortaient carrément du sol! Si je ne m’en étais pas rendu compte à temps, j’aurais marché sur un des trous de sortie d’eau ou me serais retrouvé avec un trou entre les jambes. Dans tous les cas, je me serais fait asperger copieusement. Soulagé d’avoir évité ce piège dans lequel peut-être moi seul pouvais tomber par manque de vision, je m’éloignai des jets et finis par découvrir une autre pente me ramenant sur le sol de gravier. Il y avait aussi là des champignons géants décoratifs.

Si je me souviens bien, c’est peu après que j’ai aperçu les tentes de l’allée centrale. Ah ok, j’étais sur la scène principale, là! Il y avait beaucoup d’espace mais aussi beaucoup de gens. Circuler était difficile, limite hasardeux. À tout bout de champ, je me faisais foncer dedans par des gens marchant dans d’autres directions. Je faillis me faire piler sur ma canne plusieurs fois. Il me semblait possible, voire probable, de me la faire casser. J’ai fini par trouver un endroit où m’asseoir dans l’herbe pour me reposer un peu, après avoir été debout depuis mon arrivée.

La musique n’était pas si bonne que ça, essentiellement du pop avec un peu d’effets dessus. Parfois, la musique s’arrêtait et l’animateur demandait aux gens de chanter, puis la musique repartait.

Après ça, je suis retourné à l’allée centrale pour manger. J’y ai trouvé une tente où ils vendaient des pointes de pizza. Tandis que je mangeais, quelqu’un m’a parlé un peu et appris qu’à l’endroit que j’appelais pour mes repères personnels la zone Piknik se trouvaient des camions de rue. L’avoir su avant, je serais allé voir et aurais examiné plus, il y aurait peut-être eu de quoi de bon à manger là-bas.

Frustrante et décourageante exploration

Après avoir soupé, j’ai voulu me racheter une bière, mais je ne pouvais pas retrouver la tente que j’avais vue sur la scène principale. J’ai fini par trouver une tente dans la zone des camions de rue, mais ça a été long, et j’ai eu du mal à revenir après parce que les gens bloquaient désormais le passage. Ça passait deux secondes avant! En plus, là ils ne vendaient que des cannettes et ne récupéraient pas les verres réutilisables consignés. Il allait falloir trouver une autre tente pour me débarrasser de mon verre, et cela, avant la fin de l’événement, car rendu là, il ne resterait peut-être plus d’endroit où le ramener. J’avais vécu cette expérience-là au Piknik Électronik trois mois plus tôt.

Tandis que je cherchais les tentes pour manger, j’ai trouvé un chemin qui semblait ramener dans les bois, peut-être vers d’autres scènes. Dommage que je n’aie pas pris le temps, après le souper, de réviser et compléter mon plan mental des lieux en utilisant mon téléphone pour accéder au site web de l’événement. J’aurais découvert que j’avais déjà visité les trois scènes qu’il y avait à voir et n’avais plus qu’à en choisir une et m’y rendre par le chemin que je connaissais déjà.

Sans ces informations, je décidai de tenter ma chance et l’explorer. Mais je me suis vite retrouvé pris dans une mare de gens. J’avais du mal à savoir où aller. Quelqu’un m’a offert de m’aider, mais ça ne donnait pas grand-chose. Je ne faisais pas un pas que quelqu’un me fonçait dedans. C’était rendu que la personne qui essayait de m’aider agitait le bras devant nous pour alerter les gens qu’on passait. C’est un peu découragé que je constatai que ce chemin-là ne put que me ramener là où j’étais déjà allé: la scène Budlight. Plus l’heure avançait, plus ça devenait difficile de circuler.

La personne qui m’a aidé m’a demandé si j’étais venu seul et pourquoi. Ça semblait quasiment anormal d’avoir fait ainsi! Mais personne que je connais n’avait envie d’aller à ce festival-là, pour diverses raisons: trop cher, trop de monde, travaille la fin de semaine, contraintes familiales, etc. Se peut-il que personne n’ait envie d’y aller avec moi, parce que je suis un boulet? Je me le suis demandé, ce soir-là.

Ma bière finie, je suis venu à bout de trouver un endroit où jeter ma cannette. La tente à bière du début, je l’ai retrouvée et j’ai pu rendre mon verre consigné, récupérant 1$. Le verre n’avait rien d’intéressant comme souvenir, en simple plastique.

C’est là que la fatigue m’a pris. Tanné de me faire bousculer, j’avais juste envie de partir de là, mais je n’avais plus la force de le faire; c’était juste trop. Je suis allé m’asseoir dans l’herbe, là où ça semblait moins achalandé, et suis resté là un certain temps, entre les scènes Neon et Budlight.

La sortie du puits

Que fait-on quand on est coincé au fond d’un puits? On peut toujours crier à l’aide dans l’espoir qu’un jour, quelqu’un entende et vienne. Mais quand on a une corde, on peut essayer de faire de quoi. Eh bien, la corde, je l’avais, ce soir-là. Ma connaissance des lieux acquise le jour même, pendant les Week-ends du Monde et au Piknik Électronik pouvait me sortir de ce mauvais pas et même me permettre, en chemin, d’avoir du plaisir.

D’abord, retrouver mon énergie me semblait une nécessité. Il y avait là deux scène qui diffusaient de la musique pas pire, capable de m’y aider, si je ne me faisais pas trop bousculer tandis que j’essayais de me remettre sur pied. La scène Neon, il y a moins de gens, là, on dirait. J’y allai donc.

Il y avait plus de spots et de lumières sur la scène, rendu là, peut-être parce que le jour baissait tranquillement. La musique était plus de style disco, à présent. J’ai dansé un peu et j’ai senti, progressivement, mes forces revenir. Oui, ça pouvait encore être cool, ce festival-là!

Quelques temps plus tard, j’ai commencé à avoir besoin de refaire le plein d’eau. Mon meilleur espoir me semblait de retourner à la fontaine d’eau, ce que j’ai pu faire en passant devant la scène Budlight. Oh, la musique a l’air plus trance ici, cool, je décidai de retourner là après mon retour de la fontaine. J’ai constaté que le chemin longeant le fleuve était pas mal moins fréquenté que celui par lequel j’étais arrivé. Ça allait me servir, me permettre de retourner à la scène principale quand je serais presque prêt à repartir de là.

De retour avec l’eau, sur la scène Budlight, j’ai dansé un peu sur la musique de Cosmic Gate et de Gouryella. Il y avait tellement de bouteilles vides par terre que c’en était drôle. Plusieurs personnes ignoraient l’existence de la fontaine d’eau et s’achetaient des bouteilles, les buvaient et les jetaient par terre! Voyons donc! Au moins, on peut remplir la bouteille vide à la fontaine au lieu d’en racheter une autre! Mais la fontaine était connue de certains, car il m’a fallu faire la file pour remplir ma bouteille. Je suis bien conscient qu’ils auraient pu être méchants et couper l’eau dans la fontaine pour qu’on soit tous obligés d’acheter des bouteilles d’eau!

Mais rendu vers 21h30, il me fallut envisager retourner vers la scène principale pour pouvoir ressortir plus facilement. C’est ça que j’ai fait. Le chemin que j’ai pensé prendre pour y aller était plutôt sombre, mais il y avait quelques lampes qui éclairaient la voie. J’ai pu atteindre la scène principale et même retrouver la tente à bière. Mon niveau de confiance quant à la capacité à retrouver la tente relativement haut, j’ai pu prendre un verre, un deuxième verre, et ramener le verre vide pour récupérer le 1$ rendu à la fin.

Vers 22h40, j’ai décidé de me diriger vers la sortie pour éviter un affreux trafic de gens qui allaient tous sortir en même temps, à 23h. Ce fut une sage décision, car déjà là, ce fut un peu difficile de sortir. Quelqu’un m’a aidé à atteindre le métro, mais rendu là, c’était bondé, difficile d’atteindre les tourniquets. Mais ça a pu se faire et j’ai pu me rendre au quai, à Berri-UQÀM puis sur la ligne verte.

Conclusion

Est-ce que ça valait la peine? Plus ou moins. Pas certain d’avoir envie de retourner là l’été prochain. En tout cas, si je le fais, je ne ferai pas les choses de la même façon. Si je dois y retourner seul, j’envisage acheter un billet VIP qui me donnerait accès à la terrasse où, probablement, il y aura moins de gens et quand même une vue sur la scène principale et accès à de la nourriture.