L’esprit en déconfiture

Vendredi après-midi, 12 juillet 2019, je suis parti pour les Jardineries. Il y avait là, à 17h30, un événement Complètement Cirque de quartier. Il devait y avoir un spectacle et peut-être des structures dans lesquelles on pouvait grimper. J’avais aussi espoir, un mince espoir, que le four à pizza soit ouvert. Eh bien, ce fut une des soirées les plus décevantes depuis que je suis à Montréal.

Quand je rentrai là, il y avait déjà pas mal de gens et de la musique jouait. Ne sachant trop que faire, je me suis dirigé vers le bar, premier endroit que je connais. Je constatai en premier lieu que le stand à bouffe était fermé: pas de pizza sur feu de bois pour ce soir. Je m’y attendais un peu; ça ira à l’ouverture officielle des Jardineries prévue le vendredi suivant.

Je me promenai un peu et trouvai une zone clôturée où des enfants s’amusaient autour d’un mât. Ils s’accrochaient à une corde et courait, parfois ils se faisaient soulever dans les airs par la force centrifuge. J’aperçus aussi ue bascule et une poutre pour marcher en équilibre. Ces jeux étaient apparemment réservés aux enfants; je ne vis pas d’adultes dedans.

Je suis allé au bar me prendre une biere. Quelqu’un m’a offert de m’asseoir à côté d’elle, apparemment une femme âgée d’après sa voix. Je suis resté là à regarder et constaté que tout ce que je pourrais faire, c’est attendre. Les seuls qui eurent vraiment du plaisir ce soir-là, ce furent les enfants, et leurs parents à les regarder. C’est vraiment plate. Il y eut des spectacles embulants qui duraient trente secondes; je n’avais pas le temps de localiser c’était où que c’était fini. Il y eut un spectacle de cerceau sur la scène centrale. Celui-là c’était bien. Le gars, Bob, se tenait dans le cerceau et y dansait, parfois en équilibre lié au sol juste par l’anneau. Mais ça dura cinq minutes, puis encore une demi-heure d’attente pour le spectacle principal des soeurs Kif-Kif, qui avait lieu à 19h.

Ce spectacle-là, Côté Confiture, a été tellement mauvais que j’étais démoli, après, vraiment tanné. Ils ont commencé par souffler des ballons qu’ils lançaient au loin. La madame à côté de moi m’a dit que c’étaient des ballons en forme de gants, mais ils m’apparurent ronds pour moi. Peut-être il y avait un gant dessiné dessus.. On les entendait constamment respirer dans le micro, comme si elles étaient essoufflées. Elles ont ensuite dit qu’elles devaient couper des patates, de la musique est partie et elles ont fait je ne sais pas quoi pendant cinq minutes, et de temps en temps les gens applaudissaient, sans que je ne parvienne à savoir pourquoi. Puis il fallait ramasser les frites, et des enfants se sont avancés sur la scène. Comment ces enfants-là savaient-ils quoi faire? Devine, ou bien ils étaient dans le coup, mais c’était niaiseux, absolument rien à voir, juste la petite musique plate qui repart, pendant cinq minutes encore.

Après ça, les gens se sont mis à taper des mains pour rien. Ça a fini que la moitié de la foule tapait des mains et l’autre moitié. Sans que’elles aient dit quoi que ce soit, tout le monde sauf moi comprenait quand il fallait taper des mains et quand pas. La deuxième fois, bien entendu, je le savais et l’ai fait, mais je trouvais ça ridicule.

Elles ont fait d’autres niaiseries, ou bien rien du tout, je ne sais vraiment pas, j’étais juste tanné d’être toujours à la traîne, toujours derrière les autres. Les gens tapaient des mains, pour rien. J’ai fini par arrêter de taper des mains, tanné. Ça me faisait quasiment penser quand on applaudissait chaque fois que ma nièce prenait une bouchée, quand elle était petite. Déjà c’était lassant après la cinquième bouchée, mais là, c’était pire, car il n’y avait rien à applaudir. Je me demande si elles ne faisaient juste pas signe aux gens d’applaudir, pour rien. Je ne comprends pas pourquoi les gens embarquaient.

Puis elles ont dit qu’il leur fallait de la musique. Ah non, repartez pas la musique plate des frites! Mais non, au lieu de ça, elles jouaient un bout de tune avec je ne sais pas quel instrument et la foule complétait en tapant des mains. Rendu là, je ne tapais plus de mains, tanné, trouvant que ça n’avait juste aucun sens.

Un moment donné, elles ont fini par la faire, la danse de l’alaitement à laquelle elles ont fait allusion quelques fois au début, une danse supposément dangereuse. Elles ont gonflé, avec une pompe, de gros ballons, assez gros qu’ils flottaient doucement quand on les lançait. Sur chaque ballon, un rond était peint, ce qui évoquait pour moi vaguement un sein avec le mamelon. Elles ont joué avec les ballons, chacune un. Elles les lancèrent dans la foule, des gens le rattrapèrent et les relancèrent. Un moment donné, on aurait dit qu’elles étaient dans la baloune, enveloppées de caouchouc, et elles gonflèrent les ballons encore plus, puis ressortirent de là. Et ce fut tout.

Après ça, des artiste déguisés en gars de la construction se promenèrent et firent je ne sais pas quoi. Cela dura un certain temps, puis ils répétèrent le numéro du cerceau. Enfin, ils firent tirer des billets pour des spectacles de la Tohue et il y eut une parade finale. Dans un manque profond de lucidité, j’eus la brillante idée de mettre mon nom pour le tirage. Je fus soulagé de ne pas gagner, car je ne savais pas du tout où était la Tohue et m’attendais à encore devoi dépendre de quelqu’un avec une voitture pour l’atteindre. Fiou, un problème bénin d’évité!

J’ai fini par manger là-bas, on pouvait acheter des wraps aux légumes grillés. C’était pas mauvais. Puis je suis reparti, fatigué.

Un spectacle bien arrosé

Jeudi, 11 juillet 2019, 17h, il était temps pour moi de partir pour le show de ruelle de Mononcl’ Serge, sur la rue Gaboury près de Sainte-Catherine. À cause de l’annonce d’orages, les Jardineries ont reporté leur soirée d’ouverture, prévue ce même jour, au vendredi suivant. Ma première idée était d’aller aux Jardineries pour 17h, y manger tranquille une bonne pizza sur feu de bois, puis partir pour le show de Mononcl’ Serge à 18h30, et peut-être revenir chiller un peu aux Jardineries. Eh non! Mais la SDC Hochelaga maintint le show de ruelle malgré l’avertissement de gros orage. Et pour les approuver, le Soleil brilla de mille feux en milieu et fin d’après-midi. Il n’a mouillé qu’en avant-midi.

Je me dis que si je partais tôt, j’arriverais avant qu’il ne se forme une grande file d’attente pour la bouffe. Eh non, il n’en fut rien. Il n’y avait certes pas de file à mon arrivée, vers peut-être 17h30, mais il n’y avait aussi personne pour prendre les commandes et servir la bouffe. Je me suis pris une bière et je suis allé dans le parc, parce que personne n’était dans la ruelle en plus.

J’ai rencontré des gens assis à une table à pique nique qui m’ont offert de m’asseoir avec eux, ce que j’ai fait. Ils venaient de Rosemont. Il a fallu attendre près de 17h50 pour la bouffe à moins d’aller à la tente de la Taqueria je ne savais pas où (ils ont vu la tente). Mais un taco, ça va tout se défaire et revoler partout je n’avais pas envie de manger ça dehors avec comme support juste une napkin, probablement pas d’assiette pour récupérer tout le stock qui va tomber.

Eh bien cette fois, pour la bouffe, c’est allé tellement mal que j’envisage ne plus jamais retourner à ces shows de ruelle. Je n’y arrive pas s’il me faut manger chez moi avant de partir. Déjà en vacances, c’est difficile d’être prêt à partir, fini de souper, pour 18h, question d’arriver au show à 18h30. Quand j’aurai recommencé à travailler, ce sera pire.

D’abord, le gars en avant de moi a dû attendre plus de cinq minutes pour pouvoir payer. Celle qui prenait les commandes s’en allait, revenait, s’en allait encore, vérifiait de quoi sur son téléphone, s’en allait encore, puis elle a finalement passé le téléphone au gars pour qu’il y entre de quoi, ça s’est éteint, elle a dû faire de quoi. Ah dis-moi pas qu’ils essaient de payer avec une application iPhone ou Android au lieu de l’habituelle machine à débit Interac? Et comment ça fonctionne? On ne peut pas scanner la carte de débit ou de crédit avec ça! Ah, il doit falloir transcrire le numéro de la carte de crédit à la main, parce que ce n’est supposément pas si long que ça. Voyons, franchement! Après ça, j’ai pu donner ma commande et payer. Soulagé, j’avais de l’argent comptant; pas envie de me battre avec le téléphone et tout moi aussi! Probablement que les caractères sur l’écran auraient été super petits et le soleil, qui brillait encore à ce moment-là, m’aurait causé d’infinies misères! Ce qui me sauve avec le terminal Interac, c’est le clavier physique; ça fonctionne même au gros soleil quoique pour voir l’écran, pas idéal.

Après ça, il me fallut attendre plus de 15 minutes pour avoir mon truc. Ils ont fini par avoir mon hot dog mais pas la frite. 3 ou 4 minutes plus tard, ils donnaient le hot dog sans la frite à qulqu’un d’autre et continuaient à servir des hamburgers et des hot dogs/hamburgers. Là, tanné, je suis parti tenter de jeter ma cannette de bière vide que j’avais dans ma poche depuis tout ce temps. Je n’ai jamais pu trouver la poubelle cette fois; elle était là la dernière fois! Faut encore demander à quelqu’un qui va aller la jeter je ne sais pas où, sans me dire où, ou bien la mettre dans son sac à dos ou à main pour l’amener ailleurs, c’est juste con! J’ai fini par trouver une poubelle mais de l’autre côté de la clôture qui séparait la ruelle Gaboury du parc Morgan; j’ai dû glisser ma main entre les barreaux, pogner le couvercle et mettre la cannette là-dedans. Puis je me suis acheté une autre bière. Je n’ai pas ouvert tout de suite la cannette, décidé d’attendre d’avoir ma bouffe ou au moins d’être revenu dans le parc. Quelqu’un m’a dit que mon hot dog était prêt, ils l’avaient mis de côté. Mais le gars ne me vit pas, fallut qu’un autre lui dise « Excuse-moi » et tout. Bref, ça va super mal. Ce n’était pas compliqué de même l’année passée. Je pouvais obtenir mon snack sans que quelqu’un m’aide. Le spectacle précédent aussi, ça avait été très long pour la nourriture, mais ça s’était mieux passé. Et ce n’était que le début.

La pluie s’y mit, une petite pluie d’abord, mais je savais que ça pouvait empirer. Je m’en allai dans le parc Morgan, veillant à ne pas tout échapper mon stock par terre en chemin. J’ai pu retrouver ma table, m’y asseoir, manger et puis ouvrir ma cannette.

La pluie s’intensifia. Malgré tout, ils débutèrent le show. Mais il se pouvait qu’ils l’interrompent abruptement, ce qui se produisit effectivement après une tune et demi. La tune et demi était super, j’ai bien aimé. Sous la pluie, j’avais presque envie d’enlever mon chandail et danser torse nu, mais je n’osai pas. Il y avait plein de monde que je ne connais pas et des enfants, là-bas, valait mieux pas faire le zouinzouin pensai-je.

La pluie s’intensifia, plusieurs partirent dont mes compagnons qui m’offrirent de me ramener chez moi en auto. Plutôt que faire ainsi, je voulus rester pour aller voir le show acoustique que Serge voulait tenter de donner dans un gazebo pas loin. Et en plus j’avais ma cannette de bière à finir. J’ai suivi les gens qui s’y en allaient. La pluie devint plus forte encore et le vent s’y mit. Mon parapluie que j’avais emmené et sorti de ma poche faillit y passer. Mais j’arrivai au gazebo. Eh là là, quel chaos! Les gens s’y étaient massés, tentant d’entendre de quoi, mais on n’entendait que la pluie et les gens plus proches de l’artiste qui le huaient. Il me fallut quelques minutes pour me rendre à l’évidence qu’en restant là, tout ce que je pourrais faire, c’est me faire tremper encore plus et entendre les gens huer, pas de Mononcl’ Serge.

Ma canne, est où ma canne bon sang???? Un instant, je crus que je l’avais laissée sur la table de pique nique ou pire, échappée par terre en chemin! Dans le second cas, je ne réussirais probablement pas à la retrouver! Mais par chance, elle était encore là, bien sagement dans ma poche. Troublé par toute cette pluie, j’avais oublié de la sortir pour me rendre de la table à pique-nique au gazebo.

Soulagé de ne pas avoir perdu ma canne, je tentai de rejoindre la rue Sainte-Catherine. Eh bien, je n’y arrivais plus. Il y avait tellement de pluie que j’avais du mal à y voir et là, en plus, se profila un obstacle majeur: des marches. Ah mais pourquoi???? Je n’ai pas eu à monter de marches pour aboutir là! Tandis que je m’acharnais à descendre ça, quelqu’un m’offrit de m’aider. J’étais rendu en bas quand il arriva à ma hauteur. Nous avons marché ensemble jusqu’à la rue. Mon parapluie a encore failli y passer, à cause du vent. En chemin, je suis parvenu de justesse à trouver une poubelle où jeter ma cannette vide. On a fini par aboutir sous un toit devant un bar, à l’intersection de Sainte-Catherine et Letourneux, pour y attendre que la pluie cesse. Un couple présent au show vint se réfugier là aussi et entra dans le bar pour aller y souper. Le gars avec qui j’étais resta un peu avec moi puis remonta, il habitait en haut du bar. Rendu là, la pluie avait diminué d’intensité si bien que j’y allai. Je pilai dans bon nombre de flaques d’eau qui trempèrent mes sandales à fond.

Quand j’arrivai chez moi, c’est là que je constatai à quel poin
j’étais trempé. Je n’arrive pas à me souvenir quand j’ai été trempé de même, soit à mon retour du Ancient Future Festival (le soir où j’ai crochi mes lunettes en fonçant dans un ARBRE!) ou mon retour du Fort Chambly après un souper chez Fourquet Fourchette avec mes collègues du labo de recherche à l’Université de Montréal. Cette fois-là, mon chandail et mes culottes courtes étaient toutes mouillées. Mon mouchoir en tissu était trempé, imbibé, et mon porte-clés et mon portefeuilles aussi étaient mouillés. Ce fut avec soulagement que je constatai que mon téléphone avait survécu à tout ça. J’ai bien cru qu’il allait avoir son coup de mort! Puis après avoir retiré tout ça pour me changer au grand complet, je constatai que mes sous-vêtements aussi étaient mouillés. Quelle mémorable tempête!

J’étais plutôt déçu de cette sortie, non pas juste à cause du show interrompu et de cette pluie de dingue, mais aussi ces difficultés à obtenir mon repas. Mononcl’ Serge était le seul artiste que je voulais vraiment voir à ces shows de ruelle; les autres me laissaient froid et indifférent. Et voilà que son show tombait à l’eau, au sens propre du terme. Triste. Après ça, cela ne me surprendrait pas qu’il aille se produire à Alma, Val d’or, Saguenay, tous des endroits qui me sont inaccessibles, et qu’il ne revienne pas à Montréal avant un sacré bon bout de temps.

Pour me consoler un peu, j’avais toujours Minecraft. J’y retournai et progressai dans Evilcraft, jusqu’à ce que tout s’éteigne d’un coup sec. À 20h, panne de courant! Ah là j’étais en maudit. En plus de potentiellement corrompre ma map à cause de la fermeture abrupte du jeu et de l’ordinateur, la panne affecte mon NAS qui après ça veut effectuer un scan du sytème de fichiers qui rend ensuite l’accès par NFS impossible à moins de redémarrer le NAS, puis le HTPC.

J’étais tellement à bout que je songeai prendre ma douche et aller me coucher, sachant que le courant ne reviendrait pas avant plusieurs heures. Mais plutôt que faire ainsi, j’ai lu un peu, et le courant est revenu tandis que je lisais. J’ai attendu un peu, au cas où ça reparte tout de suite, et j’ai rallumé mon ordinateur et Minecraft; ma map était intacte. Fiou! Au moins ça!

Le réfrigérateur qui a chaud

Vendredi matin, 5 juillet 2019, une surprise m’attendait. Lorsque je mangeai mes céréales du matin, eh bien le lait était tiède. Agacé, je me dis que mon réfrigérateur n’a pas suffi à la tâche vu la grosse chaleur qui régnait. J’ai certes fait fonctionner l’air climatisé durant la nuit, mais pas durant la journée pendant laquelle j’étais parti travailler. Alors j’augmentai la température du réfrigérateur en espérant que cela suffise. Mon jus aussi était tiède si bien que je me posai de plus en plus de questions. Je n’avais pas le temps d’investiguer plus, désireux de partir travailler, alors je laissai ça entre les mains du destin.

Avant de partir par contre, je vérifiai que mes glaçons étaient toujours là dans le congélateur. Oui, tout a l’air OK, ça n’a pas commencé à tout dégeler. Il y avait là, en plus des glaçons, de la viande, de la sauce à spaghetti, de la crème glacée et des frites congelées. Si tout ça dégèle, ça va être une catastrophe.

Plus de froid, rien n’y fait

Vendredi soir, je constatai avec inquiétude que les choses n’avaient pas évolué. Je me demandai même si ce n’était pas encore pire. La cannette de boisson gazeuse que je pris dans le réfrigérateur était tiède, mais avec un peu de glace, cela fit la job. Comme les choses ne s’amélioraient pas du tout, utilisant mes réflexes d’informations, je tentai un redémarrage de l’appareil. D’abord, je l’éteignis. Ce fut pour constater qu’il continuait à fonctionner, même en mode éteint.

Il y a au moins deux moteurs là-dedans. D’abord, il y a le compresseur qui génère du froid en comprimant un gaz réfrigérant et en le faisant ensuite circuler dans un serpentin. Ce moteur-là semblait bien s’arrêter. Il y a un deuxième moteur, alimentant probablement un ventilateur faisant circuler de l’air, possiblement entre le congélateur et le réfrigérateur. C’est ce moteur-là qui continuait à tourner, sans arrêt. Je laissai le réfrigérateur éteint tout le souper, sans jamais que le moteur ne s’arrête.

Après ça, j’y allai plus radical: couper le disjoncteur. Le réfrigérateur s’éteignit complètement. Je le laissai se reposer une dizaine de secondes puis remis le courant. Le ventilateur se remit en marche; il ne s’arrêterait donc jamais. Non désireux de poursuivre cette expérience hasardeuse jusqu’à ce que tout dégèle dans mon congélateur, je rallumai l’appareil. Ce redémarrage n’eut aucun effet. Le froid ne revenait pas dans le réfrigérateur, mais le congélateur continuait à fonctionner. Exaspéré, je ne savais juste plus quoi faire avec ça! Tout ce que je pouvais faire, c’est espérer que ça se replace, l’air climatisé aidant. On va le faire fonctionner non stop, pensai-je, jusqu’à la fin de la canicule, pour réduire au minimum l’humidité et surtout la condensation qui pourrait se créer autour des tuyaux du réfrigérateur et en perturber le fonctionnement. Mais je ne m’attendais pas à un miracle. L’été dernier, il a fait chaud et ce réfrigérateur n’a jamais déconné à ce point-là. Il a fonctionné non stop pendant 3 jours un moment donné puis ça s’est replacé. Mais jamais il n’a cessé de produire du froid. Là, c’était toute autre chose. Les deux bières que je pris en soirée me le montrèrent cruellement. Après avoir bu ça, je n’avais juste plus envie de boire de bière…

Le lendemain matin, c’était aussi l’horreur que la veille. Je n’osai pas me prendre du lait, qui était encore tiède. Je mangeai un bagel avec un verre de jus tiède. Ça va tout péter, pensai-je, il va bel et bien falloir tout jeter, ou bien tout transporter ça chez mes parents, à Chambly. La perspective de devoir tout trimballer mon stock gelé en autobus et en métro, jusqu’à Chambly, puis ensuite le ramener chez moi la crise terminée (parce qu’il va bien falloir trouver une solution un moment donné!), me plongea dans le désespoir le plus profond. Me résoudre à tout jeter, c’était pire. Où allais-je mettre ça en attendant la collecte pour le compost, le jeudi suivant? Je venais certes de tomber en vacances, mais à cause de ça, et d’autres petits problèmes, bénins à côté de ce nouveau-là, c’était comme si ça ne changeait rien!

Peut-être si je l’éteins plus longtemps, pensai-je. Je me doutais que ça avait peu de chance de faire la moindre différence, mais essayer quelque chose, aussi niaiseux soit-il, m’aidait à tenir, à ne pas devenir complètement fou. Alors je le fis: j’arrêtai le réfrigérateur une seconde fois et coupai le courant pendant que je déjeunais. Une petite voix intérieure me répéta maintes et maintes fois que je prenais un risque à faire ça: peut-être il ne repartirait plus du tout, après! Après avoir déjeuné, je remis le courant. Je fis un peu de méditation et quinze minutes plus tard, le ventilateur fonctionnait toujours; rien n’avait changé. Alors je laissai ça arrêté, avec le courant, et partis pour le gym. Je laissai l’air climatisé en marche. C’est la première fois, je crois, que je partais et laissais ça fonctionner. Au moins, moins de chaleur, ça réduirait les dégâts, pensai-je.

La danse des bouteilles d’eau

Avant de partir pour le gym, je songeai aussi mettre des ice packs (mes quatre étaient à présent gelés) aux endroits stratégiques: près du pot de lait, sous mes poches de lait, sur le contenant avec les œufs et à côté de mes blocs de fromage. Peut-être allais-je pouvoir sauver de quoi ainsi?

Mais je savais que ces ice packs auraient une efficacité limitée. Il allait m’en falloir d’autres, au moins quatre autres, sinon plus. Je songeai aller m’en chercher au retour du gym, peut-être pourrais-je trouver ça au Dollarama. Ça n’a pas besoin d’être de la haute qualité, du moment que ça tienne une couple de gels et de dégels. La perspective de devoir chercher ça dans le Dollarama, demander et me faire dire qu’ils n’en avaient pas, devoir marcher jusqu’au Rona sur Sainte-Catherine pour essayer là-bas, voire chez Canadian Tire, ne m’enchantait vraiment pas du tout. Mais là attends, j’en ai des ice packs! Toutes les bouteilles que j’ai, on remplit ça d’eau et on fait geler ça! Au moins, le congélateur fonctionne encore, sinon pensai-je il me faudra trouver une source de glace sèche pour essayer de faire tenir ça.

De retour du gym, je constatai avec désespoir que rien n’avait changé. Le réfrigérateur ne se taisait pas. Je le rallumai donc et espérai que là peut-être… Eh bien non, après plus d’une heure, il n’y avait toujours pas de froid. Les ice packs commençaient à dégeler, c’était parti pour être une horrible crise. Alors je me remplis des bouteilles et mis ça au congélateur.

J’ai aussi constaté la présence de givre dans le congélateur. Peut-être il y a tellement de stock là-dedans que l’air ne circule plus si bien que le système de dégivrage n’est plus efficace. C’est devenu un foutoir depuis que j’ai rajouté quelques plats de margarine avec des morceaux de poisson et une boîte de Drumstick. Possible qu’il faille que le haut soit dégagé. Alors j’essayai de redisposer les choses, pestai, ne réussis pas, pestai encore et finis par parvenir à libérer le haut.

En fin d’après-midi, quelques bouteilles étaient prêtes à servir de ice packs de fortune. Je mis une vieille bouteille de Sunlight entre mon pot de lait et mon pot de jus. Une autre bouteille, de whisky ou je ne sais plus, alla sur mes blocs de fromage, une autre proche des œufs. Il y avait une vieille bouteille de vodka qui était toujours au congélateur, l’eau n’ayant pas encore toute gelé dedans.

Il y eut des tentatives de shooter de l’air comprimé dans les trous de ventilation en arrière du réfrigérateur. J’ai fait ça après avoir enlevé mes bières de là-dedans. À quoi bon laisser ça là puisqu’il n’arrive plus à les garder froides? Autant consacrer le peu d’énergie qu’il reste là-dedans à sauver ce que je peux!

Trous dans lesquels je tentai de shooter de l’air comprimé, encore et toujours en vain.

Par chance, je finis par trouver mieux à faire que pester, espérer en vain, tourner en rond, faire les cent pas et tout. D’abord, je vérifiai si je ne pourrais pas réussir à atteindre un Brault et Martineau à Montréal. Il y en aurait un sur Saint-Lénoard, ça prendrait quelque chose comme 40 minutes en métro et en autobus, moins long qu’aller à Chambly puis aux Promenades. Je pourrais essayer d’y aller le lendemain si la crise persiste, pensai-je. Cette idée trouvée, je tentai enfin d’écrire sur le groupe Facebook des copropriétaires de mon projet de condo, voir si quelqu’un ne pourrait pas me conseiller un réparateur. J’en obtins un, et me dis que j’allais le contacter, mais faudrait encore attendre à lundi. Alors il me faudrait passer le reste de la fin de semaine à déplacer des bouteilles d’eau entre le congélateur et le réfrigérateur.

Le givre dans le congélateur

Samedi soir, j’allai au Village au Pied du Courant pour assister aux feux d’artifice. J’arrivai là à 20h45, et les feux étaient à 22h, alors j’eus le temps de cogiter un peu. Jusqu’à date, ai-je constaté, j’avais concentré mes efforts vains sur le réfrigérateur, mais je n’avais accordé que peu d’attention au congélateur. C’est là qu’il faudrait peut-être trouver des trous de ventilation et envoyer de l’air comprimé. Oui, on va essayer ça.

Logiquement, il doit y avoir un seul compresseur là-dedans, avec un seul serpentin. Le compresseur doit générer assez de froid pour le congélateur. C’est possible qu’un autre système transporte l’air froid du congélateur vers le réfrigérateur, de façon régulée sinon tout gèlerait dans le réfrigérateur. Ça pourrait arriver, ce problème inverse, ai-je pensé peu avant d’écrire cet article, et ça me plongerait dans la perplexité et l’impuissance la plus totale!

De retour du Village, je voulus tenter ma solution. D’abord, je mis les œufs et la margarine dans mon tiroir à viande. Ce serait plus facile de garder froid un petit compartiment que tout l’intérieur du réfrigérateur. Je mis le fromage dans un sac-glacière avec un ice pack. Ainsi, presque tout était dans un tiroir ou dans un sac, plus facile à garder froid.

Lorsque j’ouvris le congélateur pour vérifier la bouteille de vodka, je constatai avec surprise qu’elle était cassée. Je ne l’ai pourtant pas remplie à ras-bord, mais j’ai soit mis trop d’eau, soit le verre était trop mince pour résister au changement de température. Il y avait plusieurs morceaux dont un petit éclat qui me rentra dans le doigt. J’ai ramassé le plus gros et mis ça dans mon lavabo pour que ça dégèle, avant que je ne puisse tout jeter ça le lendemain. C’était vraiment l’horreur; on aurait dit qu’il restait tout le temps des morceaux de cette bouteille-là dans le congélateur!

Une belle bouteille de vodka gardée en souvenir, sacrifiée pour essayer de sauver quelques trucs dans un réfrigérateur apparemment mourant

Au moment d’essayer avec l’air comprimé, je constatai qu’il y avait une énorme quantité de givre sur la face arrière du congélateur. J’avais constaté la présence de givre depuis le début de la crise, mais là, c’était fou. J’essayai d’en enlever, en frottant avec un chiffon humide, mais c’était sans fin. J’eus un peu plus de succès avec une débarbouillette trempée dans l’eau chaude. C’était horrible à faire, car j’étais à bout de bras, ne sachant pas trop comment retirer le tiroir du congélateur pour pouvoir avoir plus de jeu.

Trous d’aération dans le congélateur, dans lesquels j’essayai de shooter de l’air comprimé en vain.
D’autres orifices, et un panneau arrière qui était plein de givre. Il en reste encore, mais c’est moins pire.

Il faudrait, pensai-je, éteindre tout ça et laisser le congélateur ouvert plusieurs heures pour que tout dégèle, mais je ne pouvais pas faire ainsi sans risquer de faire dégeler tout mon stock, à moins de trouver un autre congélateur où mettre ça temporairement. Alors je dus me contenter de ce que je pus enlever à la débarbouillette d’eau chaude.

La chose faite, en tout jusqu’à ce que je sois vraiment à bout, j’ai refermé le tiroir et rallumé le réfrigérateur, qui semblait faire exactement la même chose qu’avant. Mais le son, pensai-je, est un peu différent, moins suspect.

Ce matin, quand je me suis réveillé, j’ai constaté que le réfrigérateur s’était enfin arrêté! J’ai ouvert ça pour vérifier mes bouteilles. L’eau était froide mais pas gelée. Le lait et le jus aussi étaient plus froids. Tout semblait revenu à la normale! J’ai sorti la bouteille de Sunlight, mise au congélateur avant de me coucher et l’ai remise à côté du lait et du jus, au cas où.

J’ai vérifié avant de déjeuner que le lait était encore correct; ça avait l’air OK, pas de goût bizarre! Après avoir déjeuné, je me suis occupé de ma bouteille cassée. C’était tellement l’horreur que j’ai mis des gants pour en jeter les morceaux. Il restait dans le lavabo un long morceau de glace qui est sorti de la bouteille.

Morceau de glace qui vient de la bouteille cassée.

Une vieille gourde qui est restée avec une odeur permanente à l’intérieur a failli casser elle aussi. Je n’avais pas mis de l’eau à ras-bord et pourtant, la glace formait un rond imprimé par le bouchon de la bouteille. Un peu plus et ça fêlait de partout.

De la glace dans une vieille gourde qui a pris plus d’expansion que je pensais. Ça aurait pu tout craquer comme la bouteille en vitre.

J’étais soulagé, quasiment extatique. Oui, cette crise était passée! Mais je devais garder à l’esprit qu’il faudrait plusieurs jours pour m’assurer que la situation était à la normale. Il demeurait en effet possible que du givre se forme à nouveau et vienne bloquer les orifices. Mais au moins, je disposais d’un moyen de faire tenir tout ça jusqu’à ce que j’aie une solution plus permanente, à savoir une réparation ou un nouveau réfrigérateur.

Ça recommence toujours

Samedi, 13 juillet 2019, ça recommençait encore. Mon réfrigérateur fonctionnait tout le temps, n’arrêtant jamais. J’ai voulu vérifier s’il y avait à nouveau plein de givre comme la semaine passée, mais en essayant de m’étirer le bras pour toucher la paroi arrière, je me suis fait mal à l’épaule. Faudrait vraiment enlever le tiroir du congélateur pour vérifier et nettoyer ça, voire tout éteindre pendant des heures et transférer le stock ailleurs, pour pouvoir arranger ça mieux. Le problème, c’est que je ne connaissais personne près de chez moi où amener ça. Même si je voulais transporter ça chez mon frère, à Longueuil, l’endroit le plus proche de chez moi, il me faudrait me taper 45 minutes de métro et d’autobus pour aboutir là. Et faudrait le refaire pour ramener les choses, la crise terminée! J’ai au moins trouvé le panneau arrière dans l’état où je l’ai laissé le samedi précédent. Il ne s’est pas à nouveau accumulé du givre. Mais j’en ai trouvé un peu sur la face avant en haut de la porte.

En fin de journée, le réfrigérateur s’arrêta complètement de lui-même, me laissant croire que tout était normal, que je m’en étais fait pour rien cette fois. Il a fait chaud et humide ce jour-là, alors peut-être c’était juste ça.

Par contre, vendredi, 19 juillet 2019, cela recommença. J’avais l’impression jeudi soir qu’il n’arrêtait plus, mais j’eus la confirmation vendredi. Les choses étaient toujours froides dans le réfrigérateur, mais il y avait plein de givre dans le congélateur, cette fois surtout sur le panneau avant, mais un peu sur le panneau arrière.

Vendredi après-midi, de retour du gym, tanné d’entendre cette chose fonctionner non stop à vide, sur le point de crier de rage et donner des coups de pied dedans, j’éteignis le disjoncteur pour la énième fois. Tiens, ferme ta boîte! Je finis par ouvrir le tiroir du congélateur et tentai à nouveau de nettoyer le givre. Je laissai le tiroir ouvert pendant quasiment cinq minutes pour que le givre dégèle un peu. Il faut dire qu’il a fait chaud depuis la veille, mais j’avais démarré l’air climatisé depuis près de deux heures quand j’ai nettoyé le givre, alors l’air humide du congélateur s’est fait remplacer par de l’air plus sec.

Ne pouvant me résoudre à laisser ça ainsi et voir tout mon stock dégeler, je rallumai le disjoncteur, remettant en marche le congélateur. Je me remplis des bouteilles d’eau pour être prêt, mais j’étais plutôt peu enthousiaste à refaire une autre danse de bouteilles de glace.

Le réfrigérateur se remit à fonctionner correctement en fin de journée. C’est à mon retour de la soirée d’ouverture des Jardineries que je constatai qu’il s’était éteint. Peut-être cette fois encore, n’y avait-il rien à craindre, mais peut-être aussi, si je n’avais rien fait, il aurait recommencé à faire chaud dans le réfrigérateur.

Samedi matin, 20 juillet 2019, je me résolus à contacter Action Réparation. Peut-être connaissent-ils ce problème, après tout? Peut-être est-ce commun sur toute une gamme de Whirlpool incluant le mien et quelque chose peut être fait pour arranger ça.

La gangrène de la porte

Un technicien est venu chez moi mardi, 23 juillet 2019. Il a examiné mon réfrigérateur, ôté le tiroir du congélateur, démonté une plaque à l’intérieur et accédé aux composantes internes. L’élément de dégivrage fonctionnait encore correctement, de même que le thermostat. Alors la conclusion était que le joint d’étanchéité de la porte n’était plus aussi étanche qu’avant.

Parfois, le tiroir du haut ne se ferme pas complètement. Dans ce temps-là, la porte appuie dessus et il se crée un interstice dans le haut par lequel l’air de l’extérieur entre. Il suffit alors d’un peu d’humidité quand il fait chaud pour créer de la condensation. Le congélateur essaie de compenser en fonctionnant tout le temps, mais le givre s’accumule, car il n’arrive jamais à atteindre sa température cible. On dirait que c’est seulement à l’arrêt complète que l’élément de dégivrage s’enclenche. C’est logique: on ne veut pas faire circuler de l’air chaud produit par l’élément à l’intérieur de tout le congélateur. On veut seulement chauffer légèrement les parois pour enlever le givre.

Un autre problème, plus préoccupant, est une bande de plastique, au bas de la porte du réfrigérateur, qui a commencé à courber. Ce serait dû à l’expansion normale du polyuréthane. La courbure fait en sorte qu’il est plus difficile de fermer la porte de façon étanche. Il faut donc vérifier plus soigneusement. La bonne nouvelle, c’est qu’au moins il n’y a pas eu de pièces à changer.

Après le passage du technicien, le réfrigérateur continua à fonctionner, mais il ne s’arrêta pas avant que je parte pour Chambly; je devais revenir le lendemain seulement. Eh bien le lendemain, quand je suis arrivé chez moi, le réfrigérateur fonctionnait toujours; je n’étais pas certain qu’il se soit arrêté pendant mon absence. J’ai espéré que oui et continué ma journée.

Mais je n’entendis jamais, tout le temps que j’étais chez moi, le réfrigérateur s’éteindre une seule fois. Il fonctionnait correctement, continuant à produire du froid, mais je savais que s’il continuait à fonctionner sans arrêt et le congélateur, à accumuler du givre, ça allait bloquer à nouveau.

Vers minuit, avant de me coucher, n’y tenant plus, j’ouvris le congélateur pour constater qu’il y avait plein de givre dans la porte, encore. Tanné, je laissai le congélateur ouvert le temps de brosser les dents, pour que le givre fonde un peu. Puis je vérifiai la fermeture du tiroir du haut, refermai la porte encore, appuyai fermement pour que le joint se bien engagé, et espérai. J’eus du mal à dormir cette nuit-là, préoccupé par tout ça.

Je dormis un peu, me réveillai vers 4h du matin et entendais encore le réfrigérateur fonctionner. Parano, j’étais quasi certain qu’il n’avait pas arrêté depuis la visite du technicien. Je commençais à être inquiet que quelque chose se soit déréglé quand il a joué dedans.

À bout encore une fois, je me levai, ouvris le congélateur bien grand et fis les cent pas pendant cinq minutes le temps que le givre dégèle un peu. Ensuite, j’enlevai tout ce que je pus, refermai ça et retournai me coucher. Je ne pus trouver le sommeil que lorsque enfin, cette gangrène s’éteignit. Fiou!

Depuis ce temps, le réfrigérateur fonctionna normalement, s’arrêtant et repartant comme avant. Fiou! Je parvins à passer deux jours sans ouvrir le tiroir du congélateur; le réfrigérateur demeura stable. Je dus l’ouvrir vendredi, 26 juillet 2019, et pris soin de vérifier le joint quand je le refermai. Il y avait un peu de givre, encore, mais moins, beaucoup moins, que mercredi.

Il faudra des jours de surveillance avant de conclure que j’ai un véritable plan de traitement. Il demeurait possible que ça ne suffise pas, possible que la courbure de la bande de plastique change avec la dilatation thermique. Bien entendu, un nouveau problème pouvait s’ajouter, rendant la machine totalement inopérante.

Je me souviens avec appréhension du cas de ma hotte/micro-ondes. Au début, c’était la lumière qui ne s’éteignait plus. Une semaine plus tard, plus rien! La même chose pourrait-elle se passer avec mon réfrigérateur? Une voix intérieur diabolique me chuchote que oui.

Sanctuaire au Pied-du-Courant

L’été passé, j’avais tenté d’atteindre le Village au Pied-du-Courant pour assister à un événement de nourriture asiatique et de musique. J’avais été bien déçu, car après plus d’une demi-heure de tentatives pour trouver un accès depuis la station de métro Papineau, eh bien je n’ai pas pu entrer: quatre heures d’attente pour pouvoir passer! Je n’y suis pas retourné depuis, mais je ne pouvais laisser cet ennemi non vaincu.

Dimanche, 1er juillet 2018, il n’y avait pas grand-chose dans mon coin pour fêter le Canada. J’aurais certes pu aller faire un tour dans le Vieux-Port, mais ça ne me disait pas. Il faisait bien chaud, ce jour-là, j’ai bien failli rester à l’intérieur à l’air climatisé, mais je trouvais ça sacrilège ne pas profiter du beau temps un tant soit peu.

Il y avait au Village un événement: Music is my Sanctuary. C’est le temps, me dis-je, de tenter une seconde fois d’y aller. Mais encore une fois, l’idée n’était pas de me rendre là à tout prix mais plutôt trouver un accès fiable depuis le métro, pour pouvoir y retourner quelques fois durant l’été, notamment pour y admirer les feux d’artifice. Mais j’étais pas mal certain que le chemin trouvé l’année passée était le bon, j’allais l’avoir cette fois.

Alors je suis parti sans bouteille d’eau. Je me suis rendu à la station Papineau, en métro, tout allait bien. Je suis descendu et je suis sorti là où c’était indiqué Sainte-Catherine. J’aperçus l’épicerie  Métro Plus, tout était beau. Longer le Métro Plus à droite, pour rester sur Sainte-Catherine, comme l’année passée, était la première étape. J’avais relu mon article de l’année passée avant de partir pour me rafraîchir la mémoire. J’étais bien content d’avoir écrit tout ça, pour ne pas tourner en rond autant.

Il y eut un trottoir bloqué à contourner, puis j’arrivai sous le pont, et enfin sur Delaurinier. J’ai marché longeant le pont, jusqu’à atteindre René-Lévesque. Ok, ça tient la route, maintenant je n’ai qu’à marcher sur René-Lévesque, dos au pont, et un moment donné je vais atteindre Fullum et puis tourner.

Eh bien, avant de pouvoir atteindre mon but, je me heurtai à un nouvel obstacle: un ruban jaune, ils avaient bloqué le trottoir, pour des travaux encore, pensai-je. Quelqu’un m’offrit de l’aide, me conseillant de passer par la piste cyclable, à côté, ce que je fis. J’aboutis de l’autre côté du ruban jaune, retournai sur le trottoir et constatai que j’avais dépassé mon point où je pouvais traverser René-Lévesque et Notre-Dame. Je marchai plus loin, mais je ne trouvai aucune autre intersection avec lignes de piétons. Agacé, je voyais le même scénario que l’année passée se reproduire.

Je tentai de consulter Google Maps, qui me ramena à mon point de départ, bloqué par les rubans jaunes. Je constatai que René-Lévesque et Notre-Dame se rejoignaient, pour ne devenir que Notre-Dame. Je suis resté coincé l’année passée à ce croisement, sans pouvoir traverser de l’autre côté. Alors, il existe peut-être un endroit où je pourrais traverser René-Lévesque puis Notre-Dame, et puis rendu l’autre côté, marcher dos au pont.

Heureux d’avoir trouvé une solution, mais conscient que c’était peut-être mon dernier espoir de me rendre là sans demander de l’aide à chaque fois, voire dépendre de quelqu’un qui a une voiture pour me mener directement en face, je retournai sur mes pas, emprunta la piste cyclable à nouveau et puis traversai René-Lévesques au niveau de Partenais tandis que je pouvais. Je commençais à envisager, si je ne trouvais pas, envoyer un message sur la page Facebook du Village, si jamais quelqu’un avait une idée de génie pour m’aider. Quand je suis repassé proche du ruban jaune, j’ai cru entendre qu’il y avait eu là un accident; c’est pour ça qu’ils ont bloqué la route. Je continuai ensuite à marcher vers le pont, finis par aboutir sur Delaurinier, au point où j’ai été bloqué l’année passée. Mais cette fois, plutôt qu’aller sur René-Lévesque, je continuai sur Delaurinier, passai devant un bâtiment, crus que ça n’aboutirait pas, puis arrivai à une nouvelle intersection.

Le feu de circulation demeura obstinément rouge, jusqu’à ce que je découvre qu’il y avait un bouton. J’appuyai dessus, attendis, finis par pouvoir passer, puis dus répétai le même manège pour travers la prochaine rue et enfin aboutir sur Notre-Dame, proche du bord de l’eau. Cool, pensai-je, je suis rendu plus loin.

À force de marcher dos au pont, j’aboutis à une zone clôturée. Il me fallut un temps fou pour trouver l’entrée, et je faillis ne pas y arriver. Mais je l’ai eu, c’était à l’autre bout de la zone clôturée.

Quand je suis arrivé là, j’avais tellement chaud, tellement soif, que je n’étais même pas content de mon coup. Je trouvais que tous ces efforts n’avaient pas vraiment valu la peine. Je tentai de trouver le bar pour me commander de quoi à boire, finis par localiser la Cantine, puis un endroit où c’était écrit Pétanque et Basketball. C’était là en fait le bar, mais ce n’était pas écrit, ou du moins je ne le trouvai pas. Mais il y avait un autre bar, pas loin du bord de l’eau. J’ai pris une bière là, me suis trouvé un endroit où m’asseoir et me suis reposé un peu.

Il y a là une petite passerelle de bois qui parcourt le village de long en large. D’un côté, il y a du sable avec des bancs où on peut s’asseoir et des tables à pique-nique. Il y a quelques petites cabanes où des groupes s’installent pour discuter. J’ai trouvé de l’autre côté de la passerelle de bois des zones asphaltées, d’autres tables, je crois avoir aperçu des hamacs aussi.

La musique, c’était bien mais un peu répétitif. Il y avait un espace où les gens peuvent danser, mais personne ne dansait, il faisait trop chaud. Il n’y avait pas beaucoup de monde en fait. C’est seulement en soirée que ça s’est peuplé un peu. Ça demeure malgré tout un bel espace pour relaxer.

En soirée, j’ai rencontré des gens qui m’ont invité à venir m’asseoir à leur table. Nous avons pris quelques bières ensemble et sommes restés jusqu’à 23h, fin de l’événement Music is my Sanctuary. Puis nous sommes ressortis. Eux allaient se prendre une autre bière dans un bar, tandis que je souhaitais rentrer chez moi pour être en forme le lendemain, pour la fête de ma nièce chez ma sœur.

Pour le retour, j’ai fait une partie du chemin avec mes compagnons d’aventure. Nous nous sommes laissés après que nous ayons traversé Notre-Dame et René-Lévesque, peut-être au niveau de Fullum. Pour retourner au métro, rendu là, il m’a suffi de marcher sur cette rue, jusqu’à atteindre Sainte-Catherine et tourner à gauche.

Alors, j’ai atteint mon objectif. Je me suis rendu là-bas, j’ai exploré un peu, et puis j’en suis revenu, et je crois que je pourrai le refaire quand viendra le temps d’y retourner pour un autre événement ou les feux d’artifice.

La toilette qui lâche, morceau par morceau

Une réparation de pauvre

Vendredi, 1er juin 2018, de retour d’une belle soirée dansante organisée dans le cadre du Branle-bas d’Hochelaga, je suis allé aux toilettes pour constater qu’actionner la chasse n’avait plus aucun effet. La clenche bougeait librement, mais rien ne se passait. Ah non, pas encore une autre cochonnerie qui va me faire rager pendant des jours et des jours et des jours, comme le robinet dans ma cuisine! Eh oui! Comme il était passé 23h30, je ne tentai même pas de savoir pourquoi ça bloquait ainsi. Je laissai ça là et allai me coucher. Heureusement, c’était juste une petite envie, alors pas trop grave de ne pas pouvoir tirer la chasse.

Le lendemain matin, par contre, j’ai eu une grosse envie et la toilette ne s’est pas arrangée comme par magie. Pour me débarrasser du contenu de la cuve, je dus remplir un sceau d’eau et le verser dedans. C’est tout ce que je pouvais faire à ce moment-là. Je savais que si j’essayais d’arranger ça, je pourrais y passer l’avant-midi, comme avec mon robinet, à essayer de trouver comment démonter la pièce brisée, aller voir chez Rona, puis chez Desmarteaux, puis peut-être encore ailleurs, pour trouver une autre pièce, rager à la poser, etc. Je voulais aller au gym ce jour-là, alors j’y allai. Je voulus aussi explorer un peu la vente trottoir sur la rue Ontario, et puis il y avait un spectacle de cirque dans lequel quelqu’un que je connaissais un peu jouait.

Lorsque tout ça fut terminé, je revins chez moi et soulevai enfin le couvercle de la toilette. J’y trouvai un réservoir plein d’eau, comme sur la figure suivante.

Couvercle de la toilette ouvert

J’actionnai la clenche et observai ce qu’elle faisait bouger. Une tige de métal pivota. Au bout de cette tige, il y avait un fil de caoutchouc, un bout de fil. Je trouvai l’autre bout dans le fond du réservoir, attaché à un clapet. Soulever le bout de caoutchouc dans le réservoir ouvrit le clapet et fit couler de l’eau dans la cuve. Ok, c’est ça qui est cassé.

Pour éviter d’avoir tout le temps les mains dans l’eau et réduire les chance de perdre de quoi, j’ai éteint la valve d’entrée d’eau et tiré le fil de caoutchouc jusqu’à ce que le réservoir se vide. Ce n’était pas totalement indispensable, mais ça me donna l’occasion de tester la valve, quelque chose que je voulais faire depuis un bout. Après avoir eu à traiter avec des valves qui fuient, je suis devenu paranoïaque.

Je songeai à la possibilité de réparer le fil de caoutchouc en faisant un nœud dedans, mais cela l’aurait rétréci de sorte que le clapet aurait été levé en permanence. Ce n’est pas ça que je voulais! Puis je me dis que tout ce qu’il fallait là, c’est une corde, et le moins de bouts raccordés possibles. Alors je sortis une paire de ciseaux et coupai le fil de caoutchouc à l’extrémité entrant dans un anneau au niveau du clapet. Cela me permit d’enlever le bout complètement. J’enlevai aussi le bout de caoutchouc encore sur la tige de métal. Les images suivantes montrent les bouts de fil.

Bout de caoutchouc attaché à la soupape

Bout de caoutchouc attaché à la tige de métal

Puis, je passai le bout d’un vieux lacet de soulier encore intact dans l’anneau de caoutchouc, nouai ça solidement, puis tirai le lacet dans l’encoche de la tige de métal, jusqu’à ce que ce soit bien tendu mais pas trop. Je coupai le lacet trop long et nouai l’extrémité dans la tige le plus solidement que je pus.

La chose faite, un peu sceptique mais quand même aussi confiant que ça pouvait fonctionner, j’ai rouvert la valve, laissé le réservoir se remplir d’eau et puis j’ai actionné la chasse. Et voilà, la toilette était réparée!

Je savais par contre que ça pouvait ne pas durer. Le lacet va peut-être casser dans l’eau. Il faudra un jour le remplacer par une corde qui peut aller dans l’eau, ça existe, ils en ont besoin pour les bateaux non? Ou bien je pourrais y aller avec une chaîne, au pire fixée aux deux bouts par des anneaux de porte-clés. En plus, arranger ça prit environ quinze minutes, si bien que j’eus tout mon après-midi après pour profiter du beau temps.

La vraie chaîne, plus compliquée à installer

Mercredi, 6 juin 2018, quand je suis allé chez mes parents, j’ai su que mon père avait trouvé une vraie chaînette pour ma toilette. J’ai tenté de remplacer mon lacet par cela et ça s’est relativement bien passé. La chaînette se fixe à la tige par un crochet et au clapet par un anneau ouvert. Les extrémités de la tige courbée en portion de cercle sont droites, ce qui lui permet de tenir en place si la chaînette est suffisamment tendue. La chaînette était trop longue si bien que j’ai attaché l’extrémité au crochet qui la tenait après la tige de la toilette.

La vraie chaînette en place

Ça avait l’air de tenir, mais il fallait tenir la clenche plusieurs secondes pour que la toilette fonctionne. Dimanche, 10 juin 2018, j’ai tenté d’améliorer ça en tendant plus la chaîne. Je ne suis pas certain que ça ait vraiment aidé. En plus, juste avant que je ne parte pour la messe, quand j’ai tiré la chasse, la toilette n’arrêtait plus de couler. Ah non, ne me dis pas que cette fois, ça va être le flotteur qui est bloqué! Avant de pouvoir le savoir, j’ai fermé la valve et suis parti; je n’avais pas le temps de jouer après ça.

De retour chez moi, j’ai constaté que le réservoir s’était vidé, ce qui était vraiment, très franchement, une bonne chose. Si le réservoir était resté plein, ça aurait voulu dire que c’était le flotteur qui actionne la valve bloquant l’arrivée d’eau quand le réservoir est plein, et ça aurait coulé partout avant que je ne trouve par je ne sais pas encore quel miracle comment arranger ça! C’était heureusement plus simple que ça: le bout trop long de la chaînette s’est décroché, cette fois, et est allé obstruer le clapet, l’empêchant de fermer complètement. J’ai entré le bout dans le crochet à nouveau, cette fois-ci j’ai poussé jusqu’à l’y faire clencher complètement, et puis après ça avait l’air correct.

L’agonie de la vieille valve

Il reste encore un dernier souci. La toilette fait des bruits bizarres quand elle a fini de se remplir, comme si la valve qui bloque l’arrivée d’eau avait du mal à se fermer complètement; elle oscille un peu avant de fermer. Pour le moment, je ne pourrais pas dire si ça va empirer au point de le faire tout le temps (et couler partout), ni comment je vais m’y prendre pour arranger ça si ça en vient là! Les boutons qui suivent permettent d’entendre ces sons suspects.

6 juin 2018: c’est la séquence de sons la plus courante, durée variable, parfois jusqu’à trente secondes.

12 juillet 2018: parfois la toilette émet une vibration au lieu d’un son percussif, un genre de sifflement.

12 juillet 2018: parfois c’est une combinaison des deux! Le son percussif, qui on dirait se répercute dans les murs et est audible depuis ma chambre, se dispute le sifflement. À noter que le sifflement ou le bruit d’écoulement d’eau persistent pendant plusieurs secondes après le remplissage du réservoir. Peut-être je suis rendu fou, mais on dirait que c’est de plus en plus long.

13 juillet 2018: que se passe-t-il si on actionne à nouveau la chasse pendant que la valve peine à se refermer et semble que cette fois, va rester ouverte et laisser s’écouler de l’eau jusqu’à ce que je devienne fou? Eh bien parfois, ça se met à faire encore plus de bruit. On dirait que la toilette est en train de brasser de quoi ou quelque chose tape dans les murs, à se demander si les voisins entendent et se demandent « WTF! C’est QUOI ça? »

21 juillet 2018: C’est rendu que la valve oscille tout le long du cycle de remplissage, et parfois ça produit des sons semblables à ceux d’une pompe à bicycle! Jusqu’où cela va-t-il aller? Je ne sais qu’une chose: ça ne va pas exploser!

C’était intermittent avant le bris de la corde en caoutchouc d’origine. Ça le fait tout le temps depuis que j’ai mis le lacet, et ça me rend fou, surtout la nuit quand je vais aux toilettes. Mais ça n’a aucun lien logique avec ça. Je me demande régulièrement si les voisins d’en bas ou d’à côté entendent le bruit et se posent d’inquiétantes questions sur son origine.

Dimanche, 17 juin 2018, je me suis décidé à aller plus loin dans mes investigations. L’origine des bruits suspects est un dispositif sur lequel est écrit Anti-Siphon. C’est un truc en plastique fermé avec ce qui me semble des trous d’aération. Il sort de ça un petit tuyau qui sert à faire entrer l’eau dans le réservoir. Le dispositif est pourvu d’un tube qui s’enfonce dans le réservoir, apparemment jusqu’au bas de ce dernier. Le tuyau d’entrée d’eau doit se connecter à ça. J’ai tenté de trouver un moyen de l’ouvrir, peut-être y a-t-il un joint d’étanchéité que je pourrais nettoyer ou remplacer dedans, mais je n’ai pas réussi. Je sais trop bien que si j’essaie trop, je vais finir par casser de quoi et je serai en plus mauvaise posture encore, après.

Quelques recherches plus tard, je savais que c’était la valve de remplissage. Ça semble possible de la remplacer quand elle ne fonctionne plus bien. Il y en a spécifiques au modèle de toilette et des universelles. Il faudrait idéalement que je réussisse à démonter ça et l’amener au magasin de plomberie comme j’ai fait avec mon robinet.

J’ai parlé de la chose à mon père le soir même. Il m’a confirmé que cette valve peut se remplacer et affirmé que le réservoir ne peut pas déborder, car il y a un tuyau d’évacuation du trop-plein. Si la valve ne ferme plus complètement, la toilette va gaspiller de l’eau, mais le surplus va aller dans la cuve. Rendu là, il suffira de fermer la valve d’entrée le temps de trouver la pièce de rechange et… le courage de la poser!

Mais Dieu me donna plusieurs semaines pour penser à ça et m’y préparer mentalement. Rendu le 3 juillet 2018, la valve tenait toujours mais oscillait, et j’avais une relativement bonne idée de comment j’allais faire pour la remplacer, quand le moment viendrait.

Vaine tentative

Rendu en fin juillet, c’était plutôt agaçant, limite intolérable. La crainte que les voisins n’entendent les bruits de cette toilette défectueuse dans leur unité me hantait chaque fois que je tirais la chasse. Il devenait possible, jour après jour, que la toilette ne se remplisse plus du tout, ou qu’elle fonctionne sans arrêt jusqu’à la fermeture de la valve. Mais ma mauvaise expérience avec le remplacement de mon robinet de cuisine me dissuadait de tenter quoi que ce soit; ça risquait d’encore partir en baloune. Quand ma mère me rendit visite chez moi en fin juillet, elle se rendit bien compte que les choses avaient empiré et demanda à mon père de commencer à regarder pour trouver une nouvelle valve.

Mais dimanche, 22 juillet, toujours en possession de l’énergie rassemblée la veille lors d’un superbe événement aux Jardineries, je sentis que je pouvais tenter ma chance à nettoyer cette vieille valve. Pour ce faire, il m’a fallu couper l’arrivée d’eau et tirer la chasse jusqu’à ce que l’eau du réservoir ait fini de couler dans la cuve. Mais il restait encore de l’eau, qui allait tomber par terre (ou dans un seau) si j’enlevais la valve trop vite. Alors j’ai enlevé un peu d’eau avec un plat de margarine.

Quand je crus en avoir enlevé assez, j’ai ôté la vis qui unissait le tuyau flexible à la valve. Il s’écoula un peu d’eau. La valve protesta un peu lorsqu’elle se vida, telle une âme criant son agonie, et puis se tut. Lorsque l’eau cessa de couler de la valve, j’ai dévissé l’anneau la retenant en place. Là, beaucoup d’eau a commencé à couler, de quoi remplir mon plat de crème glacée mis en-dessous. Le seau que j’avais, il était trop gros pour entrer là-dessous. J’ai dû remettre la valve en place, vider le plat et puis refaire un essai, qui fut le bon; l’eau cessa de couler un moment donné. L’anneau de rétention dévissé et le réservoir suffisamment vide, je pus retirer la valve, et la séparer du tube de remplissage dans lequel l’eau s’écoule.

L’image suivante montre la valve retirée. L’eau entre par la colonne et ressort par la partie blanche, dans un petit tuyau qui l’achemine vers le tube de remplissage. C’est dans cette partie blanche que se trouve probablement le mécanisme de régulation qui cesse de laisser passer l’eau.

Pour tenter de nettoyer cette valve rebelle, j’ai essayé d’introduire du savon à vaisselle dans son orifice d’entrée que l’on voit sur l’image suivante.

Ensuite, j’ai tenté de faire passer de l’eau tiède en utilisant le pommeau de mon robinet de cuisine. Je dus mettre le débit plutôt faible, sinon ça revolait partout. Idéalement, il m’aurait fallu un adaptateur pour pouvoir établir un raccord étanche et faire circuler beaucoup d’eau. Ma première idée, que j’avais eue la veille au soir, en fait, était d’utiliser la pompe d’une vieille fontaine cassée pour faire circuler de l’eau savonneuse là-dedans en continu pendant un bout de temps, mais sans raccord étanche, ça n’avait aucune chance de faire autre chose que tout arroser mon comptoir et mes vêtements, sans compter me faire choquer et jurer pour rien! Mais avouons que ça aurait fait une belle vidéo de voir ce système en marche, entendre la valve protester puis un moment donné, oui un moment donné, retomber correcte. J’envisageais prononcer un exorcisme durant ma tentative, ça aurait été superbe comme vidéo. Mais non, pas réaliste du tout.

Après ça, j’ai essayé avec du CLR cuisine et salle de bain, j’ai fait circuler de l’eau là-dedans pour bien rincer ça, car je ne voulais pas me retrouver avec de la mousse dans mon réservoir et dans ma cuve.

La tentative terminée, j’ai réinséré la valve là où elle allait. L’image suivante montre le bout ressortant du réservoir.

Comme le montre l’image suivante, j’ai remis en place l’anneau de fixation et le tuyau d’entrée d’eau.

Puis j’ai rallumé l’eau, craintif que ça se mette à couler partout autour du raccord. Il n’en fut rien. C’est la bonne nouvelle; la mauvaise, c’est que ça n’a rien donné tout ça.

La nouvelle valve

En vain tout ça? Pas tout à fait! Rendu là, j’avais une bonne idée de comment remplacer la valve! Ça a fini que je me la suis procurée sur Amazon, pour avoir le même modèle. Comme ça, j’évitais des problèmes de branchements. Parfois, il faut un adaptateur différent pour raccorder la valve au tuyau existant, voire même remplacer le tuyau, peut-être pas souvent, peut-être jamais, mais de telles incompatibilités me semblent parfaitement possibles. Depuis que mon père a eu du mal à installer mon nouveau lave-vaisselle, obligé de revenir le lendemain avec un adaptateur pour effectuer le raccord d’entrée d’eau, je suis méfiant, paranoïaque.

Mes parents ont regardé dans des quincailleries pour la valve, en ont trouvé, de modèles différents, supposément universelles, mais mon père était méfiant. On préférant y aller avec cette même Korky 528. J’ai songé aller voir chez J.A. Desmarteaux, mais le magasin, cette fois, était fermé pour l’été! Pas de chance! J’anticipais trouver chez Rona la même chose que chez BMR où mes parents sont allés, alors allons-y pour Amazon, me résignai-je.

La nouvelle valve, que j’ai eue samedi le 28 juillet, m’a réservé quelques petites surprises. D’abord, il n’y avait aucun tuyau sortant de la partie blanche. Le tube était séparé; il fallait le raccorder sur la valve, et à l’autre bout, raccorder le support métallique permettant de le fixer au tube de remplissage. Il fallait forcer un peu pour faire entrer le tube dans le trou. Et le tube fourni avec la nouvelle valve était trop long. Pas de problème, ai-je fini par me rendre compte, je n’avais qu’à prendre l’ancien! Pas besoin de m’escrimer avec des ciseaux, des pinces, un couteau, aller me chercher un scie, me couper un doigt et tout, pour raccourcir le nouveau tube! Parfois, il vaut mieux faire simple que se casser le bicycle pour rien! L’image suivante montre le nouveau tube trop long.

Après ça, il m’a fallu ajuster la hauteur de la nouvelle valve. Pas de problème: la même hauteur que la vieille. La hauteur est verrouillée en faisant pivoter la valve dans le sens horaire. Mais quand j’ai fait couler l’eau là-dedans, la valve s’est décalée d’un cran si bien qu’elle était plus haute que la vieille. Préoccupé par ça, j’ai dû la retirer pour pouvoir la réajuster, et cette fois, je me suis assuré qu’il y avait le même nombre d’encoches visibles sur le tube ajustable, comme le montre l’image suivante.

Après ça, j’ai pu remettre la valve en place, la raccorder à l’eau et la tester, avec succès! Le raccordement avec le tube de remplissage avait l’air de tenir bon aussi. Ça fonctionnait beaucoup mieux qu’avec l’ancienne! Le seul bémol, c’est qu’à la fin du remplissage, la valve émet un petit bruit d’air, comme le montre l’échantillon suivant.

Je ne sais pas encore si c’est normal, ni s’il y a de quoi à faire pour y remédier si tel n’est pas le cas.  Mais au moins, c’est mieux qu’avant.

Et après?

J’ai lu qu’il était possible, parfois, qu’on ait à remplacer le clapet. J’espère que ça n’arrivera pas. Une amie de ma mère a eu un autre malheur: le réservoir de sa toilette a craqué. Alors, oui, c’est possible que cette toilette se brise, morceau après morceau, me forçant ultimement à la remplacer, comme c’est arrivé avec mon robinet de cuisine. Seul l’avenir dira si ça en arrivera là ou pas.

Nouvel épisode dans la saga du robinet

Ce robinet de cuisine m’en aura causé des misères. D’abord en 2012, le pommeau s’est cassé, ce qui m’a donné bien des sueurs froides. Le nouveau pommeau s’est mis à fuir un an ou deux après, si bien que j’ai dû le remplacer à nouveau. Puis en 2016, le tuyau unissant le pommeau avec le corps du robinet s’est mis à fuir, me posant beaucoup de soucis, au point que j’ai failli à cause de ça manquer une superbe mini croisière sur le bassin de Chambly avec ma famille. Plus ça allait, plus faire pivoter le robinet de gauche à droite était difficile. Mon père a tenté de quoi quelques années auparavant pour le lubrifier, ça a aidé, mais ça s’est remis à bloquer. Mais tout ça, c’était de la petite bière…

Dimanche, 13 mai 2018, pendant que je faisais le dîner ou lavais la vaisselle, je ne me souviens plus, mon robinet s’est coincé encore, impossible de le faire pivoter. Cela se produisait souvent et à force de le faire pivoter, je réussissais habituellement à le décoincer. Mon père et moi nous amusions à dire que ce robinet avait parfois besoin d’un peu de physiothérapie. Mais là, J’ai forcé une fois de trop, la vis s’est encore décrochée comme peu avant que mes parents partent pour la Chine en octobre 2017. Mais là, c’était l’autre côté. La dernière fois que c’est arrivé, toute tentative de ma part, ma mère aussi a essayé, a été vaine; la vis tournait dans le beurre. Il a fallu que mon père vienne voir ça, enlève l’autre vis, fasse de quoi que je n’ai pas compris pour fixer les deux vis, puis remette ça en place, et après ça a tenu bon. Tanné, j’ai essayé de la remettre en place, encore en vain, comme la dernière fois. Mais cette fois, à force de tenir le robinet enfoncé d’une main et de pousser la vis et la faire pivoter, j’ai fini par la faire tenir en place. Voilà!

Par contre, sur l’heure du souper, quand j’ai fait pivoter le robinet juste un peu, la vis que j’avais remise en place le midi se défit encore puis cette fois tomba par terre dans l’armoire. Tanné de chercher ça, je laissai ça là, je n’essayai même pas de récupérer la vis. Mon frère était chez moi pour une partie de jeu de rôle si bien que je ne tentai pas d’arranger ça.

Après le départ de mon frère, j’ai essayé de revisser le robinet. Toute tentative fut vaine alors j’ai fini par ôter l’autre vis et soulevé tout l’assemblage. Là, j’ai pu avoir accès aux trous et essayer de poser l’autre vis. J’ai gossé avec ça, au moins une demi-heure, sinon 45 minutes. La vis tournait dans le beurre, peu importe ce que j’essayais. Il me fallut au moins 20, sinon 25 minutes, pour découvrir qu’au bout des longues vis, il y avait une encoche en forme de croix. Ah, pas besoin de twister cette maudite vis-là à la main, je peux essayer avec un tournevis. Je l’ai fait, toujours en vain. Mais j’ai tellement fait tourner la vis avec mes doigts avant de trouver l’encoche à tournevis que ça m’a tout éraflé l’index droit. C’est encore sensible une semaine plus tard au moment d’écrire cette aventure, et ça chauffe un peu de temps en temps.

Je voulais pousser ça le plus loin que je pouvais, car je craignais que la même chose ne se produise qu’avec mon lave-vaisselle. Il faudrait que mes parents se déplacent plusieurs fois de Chambly pour régler ça: une fois pour essayer d’arranger le robinet existant, une fois avec un nouveau robinet trouvé quelque part sur la rive sud, une autre fois si jamais il fallait un adaptateur pour le tuyau d’eau comme avec le lave-vaisselle. Si je pouvais leur épargner quelques allers-retours, je trouvais que ça avait du bon sens.

L’image suivante montre le corps du robinet partiellement sorti du trou dans la plaque de fixation. Il y a là quatre tuyaux: l’eau chaude et l’eau froide, la sortie du robinet qui envoie l’eau mélangée quand il est ouvert, et le tuyau en direction du pommeau.

Le robinet tient en raison de deux boulons qui s’appuient sur un anneau sous le lavabo. Les boulons, sur l’image ci-dessous, tiennent en place en raison de longues vis. Ce sont ces vis-là que j’ai essayé de remettre en place dans le corps du robinet.

La figure suivante montre les trous de fixation pour les grandes vis, dans le corps du robinet.

Un moment donné, ne sachant plus que faire ni penser, j’ai laissé ça de côté, remis le robinet sur la plaque et j’ai pu le faire fonctionner, bien qu’il était bancal. Les raccords étaient encore étanches si bien que ça ne coulait pas partout sous le lavabo. Malgré tout, il m’a un moment donné fallu fermer les valves, car j’accrochais la clenche du robinet à répétition en zigonnant après la vis, et ça faisait de l’eau plein le comptoir sans compter me rendre de plus en plus fou furax. J’ai rouvert les valves, J’ai fait la vaisselle.

Lundi matin, têtu comme une mule proche de l’obsession compulsive, j’ai encore essayé de faire entrer cette maudite vis, ce qui a tout simplement juste empiré ma blessure à l’index et m’a fait choquer encore. Le fait que ça n’a pas saigné relève du miracle. La seule façon d’aller plus loin, ai-je compris, ce sera de débrancher les tuyaux et amener la chose au complet chez Desmarteaux, le magasin de plomberie proche de chez moi, voir s’ils ne pourraient pas peut-être faire quelque chose pour refaire tenir la vis. Franchement, je ne m’attendais pas à un miracle, c’était plus une tentative désespérée qu’autre chose. Mais comme il était proche de 8h30, je jugeai bon de travailler un peu et refaire un essai avec les tuyaux sur l’heure du midi.

Ce fut une bonne idée, car sinon, j’aurais pu facilement passer des heures à tout essayer pour dévisser les tuyaux! En effet, quand j’ai essayé ça après avoir dîné, eh bien je n’y parvins jamais. Avant toute chose, j’ai fermé les deux valves à nouveau, car sinon, dès que j’aurais réussi à dévisser le tuyau, ça aurait coulé à flot! À la main, ça ne bougea pas du tout. J’essayai avec ma clé réglable, en vain, trop petite pour agripper les boulons. Avec une pince, cela réussit… à me faire pomper et crinquer au point de risquer que des voisins m’entendent sacrer. Et si jamais ça coule partout mon affaire, j’aurai les voisins d’en bas sur le dos. L’image ci-dessous montre le raccord que j’essayais de défaire.

Après avoir essayé au moins une demi-heure, sinon plus, je jugeai bon retourner travailler, pour dépomper un peu mais aussi pour pouvoir faire ma journée, sinon j’allais finir par être obligé de prendre une journée de vacances à cause de ça ou travailler jusqu’à 2h du matin pour faire un 8h!!! Vers 16h, je suis allé chez Rona chercher de quoi pour dévisser le tuyau. Je veux faire avancer ça cette affaire-là, pensai-je. J’ai cru que j’allais avoir besoin d’un jeu de clés, mais en fait, une clé réglable plus grosse suffit. La nouvelle clé permit d’agripper le boulon. Mais ça tournait dans le beurre, car il fallait autre chose pour tenir le second boulon! J’essayai avec une pince, ça ne fonctionna pas. J’ai sacré, ragé après ça, je me suis demandé toute la semaine si des voisins agacés ont entendu et porté plainte contre moi auprès de l’administration de mon complexe de condos. Et il y avait tellement de stock partout. J’accrochais tout le temps de quoi: la bouteille de savon, je finis par la lancer sur le comptoir. Dans mon garde-robe dans ma chambre, choqué bien noir, je finis par tout faire tomber mes bouteilles (en plastique) en essayant d’aller chercher une autre pince, qui ne régla rien. Alors désespéré, je retournai chez Rona et essayai de trouver une solution. Selon la vendeuse, ça aurait dû fonctionner. Il fallait de quoi pour agripper le deuxième boulon. Une pince aurait dû fonctionner, mais non, alors je m’essayai avec une deuxième clé réglable. Mais j’avais acheté la dernière du modèle que j’avais eu. Seule solution: en prendre une plus grosse! C’est ça que j’ai fini par faire! Et là, avec ça, j’ai enfin pu dévisser le tuyau, puis le deuxième tuyau, et faire sortir le robinet du trou. Rendu là, il était 17h alors Desmarteaux était fermé. Il me faudrait aller là-bas le lendemain matin, à 8h, avant de partir pour le travail.

J’ai examiné le robinet au soleil (voir figure ci-haut), j’ai dévissé une partie et regardé en-dessous, pas moyen de trouver un indice susceptible de me débloquer. Près du trou dans lequel la vis rebelle ne tenait plus, il y avait un second trou, anormal. On dirait que ce trou a été percé par de vaines tentatives de faire entrer la maudite vis. Pire encore, malgré le fait que les valves étaient fermées, ça coulait encore! Le tuyau d’eau froide me remplit un premier plat de margarine, puis un deuxième, puis un troisième. Ahhhhhhhhhhh!!!! Par chance, j’avais eu l’idée de mettre le bout du tuyau ouvert au-dessus d’un plat et de surveiller ça! La valve d’eau chaude était correcte, mais celle d’eau froide fuyait goutte à goutte. Avoir eu l’idée et les outils, j’aurais pu me sortir de ça en intervertissant la valve allant vers le lave-vaisselle avec celle qui fuyait. Mon père a remarqué que celle-là aussi fuyait et l’a remplacée par celle qu’il a récupérée sur mon vieux lave-vaisselle. Possible que j’aurais pu refaire le même coup, mais je ne sais pas coment fonctionne le raccord à compression unissant la valve de finition avec le tuyau non flexible. Sans cette connaissance, je ne pus pas me permettre de défaire un second raccord. Je risquais trop de me rendre à un point de non retour où ça ne cesserait plus de couler et je ne pourrais pas rendre le circuit à nouveau étanche. Si ça devait arriver, il m’aurait fallu couper l’eau au complet et ne plus pouvoir me laver jusqu’à trouver un moyen d’arranger ça!

Ok, ça ne coule pas tant que ça, peut-être si le tuyau est dans l’eau, la résistance suffira à ce que l’eau ne coule plus. On essaie ça, pensai-je. Là, je dus retourner travailler. J’avais déjà passé une heure sur ça, entre 16h et 17h. Je travaillai une autre heure, revins vider le plat de temps en temps, et puis vint le temps de souper. Après ça, J’ai regardé le robinet au soleil encore, pris des photos. Si je me souviens bien, c’est là que j’ai enfin vu qu’il n’y avait pas de filet sur le trou dans lequel la vis ne tenait plus. Plus de filet… Ça été grugé par la physiothérapie pour débloquer le mécanisme qui fait poivoter le robinet. Tâter le trou avec un tournevis confirma ce diagnostic: c’était lisse, l’autre côté on sentait des aspérités.

Après le souper, mon plat de margarine débordait. Ça coule tout le temps!!! J’ai essayé de boucher le tuyau avec un morceau de gommette, mais ça coulait quand même, et j’avais peur qu’en laissant ça là toute la nuit, ça reste collé jammé après. J’ai pensé essayer avec du duct tape, je pense que ma gommette n’était pas étanche, le duct tape ça aurait pu le faire, mais ça risquait de rester tout collé, alors je ne tentai pas ce coup-là.

Désespéré, ne sachant plus quoi faire, j’ai failli en venir à couper l’eau et partir pour aller me laver et dormir chez mes parents, au moins être loin de ce foutoir qui allait finir par m’empêcher de dormir de toute façon. Mais avant d’en venir à téléphoner pour parler de tout ça, j’eus une autre idée. Et si je rebranchais le tuyau d’eau froide du vieux robinet? Oui, ça ne fuyait pas avec ça! Je l’ai fait et ça cessa enfin de couler. J’ai épongé l’eau qui est tombée dans l’armoire, pas tant que ça, mais une chance que ça n’a pas coulé comme ça toute la nuit, car là ça aurait pu être une catastrophe. Rendu là, il n’y avait plus rien que je pouvais faire ce soir, si bien que je laissai ça de côté. J’ai travaillé encore un peu, puis j’ai écouté un peu la TV. Quelle horreur cette histoire de robinet!

Mardi matin, avant de partir pour le travail, j’ai coupé l’eau complètement, et puis j’ai débranché le tuyau du robinet une nouvelle fois. On aurait dit que ça coulait encore. Ah non là, dis-moi pas que la valve principale aussi fuit! Et puis j’ai commencé à entendre un bruit de succion suspect venant du chauffe-eau. Je suis retourné voir le panneau de contrôle, c’est bien le disjoncteur 9 que j’ai coupé? Plus je regardais, plus j’avais des doutes. Il m’a fallu un certain temps pour comprendre que j’avais coupé le 6, et non pas le 9! Ah merde! Cela voulait dire qu’il y avait maintenant une possibilité pour qu’un élément du chauffe-eau ait eu le temps de lâcher. Et même quand j’ai coupé le 9, eh bien j’entendais toujours des bruits suepects venant du chauffe-eau. Ah non, se peut-il qu’Hydro Solutions, quand ils ont remplacé le chauffe-eau, aient branché ça sur un autre disjoncteur? Aïe! Aïe! Ouille! Comment savoir à coup sûr s’il était éteint?

Ok, et si je rouvre la valve d’eau chaude seulement, est-ce que ça va aller? J’essayai, puis je fis couler l’eau froide dans la salle de bain, ah non ça coule un peu, alors mon plat de margarine peut se remplir douze fois durant la journée! Ah mon doux! La seule façon de m’en sauver, c’est de couper l’eau complètement. En fin de compte, après avoir coupé la valve d’eau chaude à nouveau et ouvert le robinet dans la salle de bain jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’eau, ça a fait cesser les bruits de succion. Ok, ça a l’air correct, là. Un peu plus et j’en venais à prendre une journée de vacances pour arranger ça! Alors je suis parti avec le robinet dans un sac fermé, dans lequel j’espérais pouvoir faire entrer de quoi arranger les choses, au pire un nouveau robinet. Mon plan était de ne pas repasser chez moi, aller aut ravail le plus vite possible après, et puis je règlerais ça de retour le soir.0

Le vendeur chez Desmarteaux a confirmé mon diagnostic. Il fallait bel et bien remplacer le robinet. Il m’en a proposé un qui me sembla correct, mais il restait un problème de taille: mes connexions de tuyaux n’étaient pas standard d’après ce que je lui ai montré sur le robinet. Appremment, il allait falloir remplacer les valves branchées aux tuyaux non flexibles, pour qu’elles aient des connexions standard permettant de brancher les flexibles sortant du nouveau robinet. Ce sont des raccords par compression que je ne connais pas. J’ai failli rebrousser chemin. J’étais presque rendu au point de dire fuck off et juste laisser ça comme ça. J’ai envisagé m’acheter des plats préparés pour tenir quelques jours, un moment donné j’aurais une idée de génie ou mon père viendrait arranger ça. Il faudra sans doute, pensai-je, qu’il vienne voir ça plusieurs fois, comme avec mon lave-vaisselle, étant donné que rien n’est standard. Mais le vendeur me dit que si j’avais une photo du tuyau, peut-être ça pourrait aider. Alors j’ai sorti mon téléphone, il y avait là la photo du raccord et on voyait dessus la valve de finition. C’est tout ce qu’il fallait savoir. Il y avait un tuyau intermédiaire entre cette valve et le raccord que j’ai défait. Il va falloir dévisser le raccord directement sur la valve et là je devrais pouvoir raccorder le nouveau robinet. Ok oui ça tient la route. J’avais vu le raccord la veille, après avoir brièvement étudié la possibilité potentielle de remplacer la valve qui fuit. D’un côté, ça avait l’air d’un raccord visse. De l’autre, il y a une bague qui s’enroule autour du tuyau fixe; je ne sais pas comment cette bague est fixée et si je peux l’enlever et, surtout, la remettre en place de façon fiable!

Le nouveau robinet n’entrait pas dans mon petit sac bleu si bien que je dus ramener une boîte de là. Je suis donc repassé par chez moi pour l’y déposer plutôt que trimballer ça au travail. Après, je suis parti, il était près de 8h50. Dans le métro, j’avais un peu de méditation et j’ai senti beaucoup de tension dans mes bras tomber d’un coup. Cette nouvelle péripétie avec le chauffe-eau m’a causé bien du stress. La journée s’est passée pas trop pire, mais je pensais régulièrement à mon problème de robinet et me demandais si ça coulait encore, dans le plat. Peut-être que je vais recevoir un appel téléphonique de l’administratrice de ma phase, que ça coule jusque dans le plafond en bas et tout, qu’on a dû entrer dans mon unité pour couper l’eau et constater qu’elle l’était déjà. Ouach! Mais l’eau est coupée pourtant! Va falloir que ça tienne.

De retour chez moi le soir venu, j’ai soupé. Pendant que mon souper cuisait, j’ai regardé le manuel d’instructions du robinet et j’ai bien failli me décourager. Mais j’ai fini par avoir un modèle mental sommaire de la fixation. Puis après le souper, j’ai constaté que je pouvais laisser la plaque de base de l’autre robinet et juste faire entrer le nouveau dans le trou. Comme ça, je ne brisais pas de joint de sillicone que je ne pouvais pas refaire. Ma première idée était qu’il n’y ait pas de joint temporairement et plus tard, mon père viendrait arranger ça, mais là, on pouvait s’en sauver, peut-être. Dévisser les raccords sur les valves a été chiant, car c’était au fond de l’armoire et je n’avais comme outil que ma clé réglable. Mais un moment donné, je suis parti avec le bout de tuyau et là, les flexibles du novueau robinet s’ajustaient aux embouts sur les valves. Quand j’ai pu fixer le robinet, bien que ce ne soit pas parfait et je ne suis pas sûr de mon coup, car les vis ne sont pas entrées dans le bois, et quand j’eus raccordé les deux tuyaux, et serré ça le plus que je pouvais, j’ai rallumé l’eau. Fiou, ça ne coule pas. Il fallait aussi raccorder le tuyau de la douchette, qui sort en bas du corps du robinet. Celui-là est clippé par pression.

L’image ci-dessous montre le tuyau intermédiaire qui se trouvait entre la valve et le flexible sortant du vieux robinet.

L’image suivante montre le nouveau robinet en place.

Et voici un gros plan de l’une des valves sur lesquels se vissent les tuyaux flexibles.

Enfin, l’image suivante montre la fixation du nouveau robinet, différente de la vieille. On a là un anneau fileté sur lequel se visse une bague qui est bloquée par le bois sous le lavabo. Deux vis sur l’anneau permettent de verrouiller l’assemblage en place.

Après ça, j’ai ouvert les valves, pas de fuite. Ok, puis j’ai fait couler le robinet. Tout avait l’air OK. Mais j’avais la chienne, j’ai vérifié plusieurs fois, et il restait de l’eau que j’ai essuyée. Mais un moment donné, il n’y eut plus d’eau à essuyer et plus de nouvelle eau qui coulait. Hiiiiii!!! Mon DOUX! Et il n’y eut pas de problème avec le chauffe-eau. Une chance, pensai-je, que j’ai découvert tout de suite que j’avais éteint le mauvais disjoncteur, sinon de retour le soir, ça se peut qu’un des éléments auraient eu le temps de lâcher durant la journée.

Mais l’eau chaude et l’eau froide étaient inversées, mais j’en avais plus qu’assez de gosser après ça si bien que je laissai ça de même pour quelques jours. Lundi, 21 mai 2018, j’ai refait le branchement et en plus de résoudre le problème d’inversion, on dirait qu’il y a plus de pression. Un des tuyaux était courbé avant que je ne les inverse. Le pire, c’est que ma clé réglable que j’avais aurait permis, je pense, de défaire le raccord directement sur la valve.

Tout sembla bien correct pendant quelques jours. Il allait falloir faire quelque chose pour resserrer la fixation sous le lavabo, car le corps du robinet avait tendance à pivoter si on déplaçait le bec et même, parfois, simplement en ajustant la température de l’eau avec la manette. Mais au moins, l’eau coulait dans le lavabo, pas dans l’armoire, ce qui déjà était un grand pas en avant. Mais à bien y penser, j’aurais été aussi bien laisser le vieux robinet en place, au pire tenant à une vis, et ne plus bouger le bec; j’en étais au même point, avec le nouveau.

Eh bien, mercredi, 23 mai 2018, le robinet cessa de fonctionner au moment de faire la vaisselle. C’est maman, venue me rendre visite, qui constata le problème. Quand on ouvrait le robinet, on entendait un bruit d’eau, mais rien ne sortait du bec. Ma mère ne comprenait pas pourquoi ça ne fonctionnait plus, mais j’avais une petite idée… Cela ne prit pas longtemps à comprendre que le tuyau de sortie, unissant le corps du robinet au bec, s’était décroché, et ça coulait à flot SOUS le lavabo!!! Choqué que ça ne tienne pas et que ça me fasse de l’eau partout dans l’armoire, j’essayai de remettre le tuyau en place. Je tentai de l’insérer plus profondément, de tourner au cas où je pourrais le visser, mais rien ne se passait. Au mieux, je pouvais faire tenir ça quelques temps et ça allait me lâcher un moment donné. Chaque fois que ça coule dans l’armoire, il y a une chance que ça finisse par passer par une fissure sous le plancher, puis dans la structure du bâtiment, puis dans le plafond des voisins en-dessous. Il faut que ce soit stable, cet assemblage-là, sinon ça va me faire angoisser et capoter!

Je me suis rappelé de quelque chose que j’ai lu à propos d’une clip, appelée agrafe dans la version française du manuel. J’ai ressorti le manuel, j’ai fouillé dans la boîte et retrouvé le petit objet de plastique qui me semblait être la clip.

Ma mère tenta de la fixer sur l’embout du tuyau d’après ce qu’elle put comprendre du schéma dans le manuel. L’image suivante montre la clip de plastique installée sur l’embout.

 

La clip installée, j’ai tenté de rebrancher le tuyau. L’embout de métal s’insère dans un anneau en caoutchouc qui sert de joint d’étanchéité. Sans la clip de plastique, la fixation est fragile et le tuyau peut, avec la pression de l’eau, glisser hors de l’anneau de caoutchouc. La clip le maintient en place. Quand la clip était là, je ne parvenais plus à débrancher le tuyau juste en tirant dessus. Il fallait écarter la clip pour débrancher le tuyau. Il m’a fallu du temps pour élaborer le modèle mental permettant de comprendre comment c’est fait. Sans un tel modèle, je ne peux pas être certain que ça tienne!

Mais malgré cela, ça coulait sous le lavabo, moins mais ça coulait quand même. Ainsi, le joint entre le corps du robinet et le tuyau de sortie n’était plus étanche. Toute tentative de régler ça se solda par un échec; il semblait que le robinet était défectueux, il allait falloir tout enlever ça, le retourner et le faire échanger. J’étais vraiment choqué.

Mon père était pour venir essayer le lendemain, mais en attendant, il allait falloir m’abstenir d’ouvrir ce damné robinet. Je suis allé au gym plutôt que passer la soirée à tout essayer en vain pour comprendre pourquoi cette fixation ne tenait pas, mais après, j’ai fait quelques essais qui furent aussi vains que frustrants. C’était rendu que même sans la clip, comme au début, le joint n’était pas étanche.

À force d’essayer, essayer et encore essayer, j’ai découvert que l’embout était en deux parties: un bout fileté est fixé sur le tuyau, et le connecteur en métal qui se branche dans l’anneau de caoutchouc est vissé sur la partie filetée. En essayant de resserrer la connexion comme une vis, j’ai dévissé les deux parties de l’embout de sorte que le joint n’était plus étanche. Il a suffi de resserrer ça, puis après j’ai pu rebrancher ça, avec la clip pour que ça tienne, et ça a cessé de couler sous le lavabo.

La photo suivante montre la partie filetée de l’embout, qu’on peut voir après avoir enlevé complètement l’extrémité de métal qui se branche dans l’anneau. Toute tentative de photographier le branchement final sous le lavabo a été vaine, par contre.

Malgré tout, mon père est venu le lendemain, et de toute façon j’avais la chienne depuis le fuck up de mercredi. J’étais presque rendu au point de ne plus utiliser le robinet du tout et laver mes choses dans la salle de bain ou m’acheter des plats préparés pour ne plus avoir de vaisselle à faire! Mon père a confirmé que l’embout était bien en place et a aussi pu resserrer la fixation de sorte que le bec va pouvoir pivoter sans décentrer le robinet, à présent. Il a aussi installé le poids qui permet au bec de mieux rentrer.

Alors en théorie, cette sage va enfin prendre fin, à moins que le robinet devienne défectueux et se mette à fuir. Là, ce serait le bout du bout!

Frustrante Anomalie au Pied du Courant

Vendredi soir, 25 aoûut 2017, j’avais dans l’idée d’aller au Village au Pied du Courant, pour visiter ça de jour et pour aller voir le DJ set Anomalie qui jouait là. Il y avait aussi un grand rassemblement de foodtrucks asiatiques qui m’intéressaient plus ou moins, je m’attendais à des sushis ou des sandwiches dégoulinants de sauce, mais je me suis décidé à expérimenter ça plutôt que souper avant et partir de chez moi si tard qu’il ferait presque noir. Je suis ainsi parti vers 18h, peu après avoir fini de travailler.

Je suis arrivé proche du village deux fois: une fois pour la première prise de l’illumination du pont Jacques-Cartier, une seconde fois lors de feux d’artifice. Ces deux fois, des gens m’ont aidé à me rendre et ne sont pas allé sur le site du village. Je suis entré dans le village une fois, lors de la seconde prise de l’illumination du pont, mais il faisait noir et je n’ai pas pu tout voir ce qu’il y avait là. Je voulais voir ça au moins une fois de jour, mais avec les Jardineries plus proches de chez moi, ça ne vaut pas vraiment la peine d’aller là.

Mais ce soir, ça semblait un bel événement, une bonne occasion d’aller explorer ce village. Pour me rendre là-bas, il me fallait essentiellement refaire le chemin que j’ai emprunté pour aller à l’illumination du pont et aux feux d’artifice. Mais deux fois sur trois, j’ai eu quelqu’un qui m’a aidé et l’autre fois, j’ai été chanceux. Là, ça n’a pas super bien été. Je me suis trompé de direction en sortant de la station de métro Papineau, me retrouvant sur la mauvaise rue. Puis j’ai corrigé le tir et localisé le premier point de repère: le Métro Plus. Ah il est en face de la station Papineau, quelqu’un aurait pu me dire ça non? Ben non, c’est évident, j’aurais dû le savoir! Pour rester sur Sainte-Catherine, il fallait longer le Métro Plus et marcher vers le pont Jacques-Cartier. Petit problème: PLEIN de gens en sens inverse! Ah mais voyons, ça va donc ben MAL! J’ai découvert que dès que j’avais traversé sous le pont, j’étais rendu au coin de Delaurinier où je devais tourner. Je l’ai fait, constaté qu’il suffisait de longer le pont, et aboutis à René Lévesque. Cette découverte va m’aider, pensai-je, car il faudra au retour que je longe le pont, que je passe en-dessous seulement après être revenu sur Sainte-Catherine. J’éviterai ainsi de me retrouver sur Papineau comme lors de mon pénible retour de la seconde illumination du pont. Ça semblait bien se passer, mais là les choses ont mal été.

D’abord la lumière pour traverser René-Lévesques a été super longue, plusieurs minutes. Après ça, rendu sur l’autre côté, il me fallait traverser Delaurinier pour pouvoir aller vers le village. Je n’ai pu le faire avant près de cinq minutes!!! La lumière, eh bien elle ne devint JAMAIS verte!!! Je suis toujours choqué de ça au moment d’écrire ces lignes, mais pas autant que par la suite. J’ai fini par l’avoir en traversant avec quelqu’un qui passait là. Puis j’ai marché, marché, ça semblait ne pas finir. J’ai fini par consulter Google Maps, rebroussé chemin, ca ne semblait pas aboutir, j’ai regardé encore sur Google Maps. Ok, j’étais dans la bonne direction au début: marcher sur René-Lévesques, dos au pont Jacques-Cartier, jusqu’au croisement avec Notre-Dame. L’entrée du village est là, au croisement.

J’y allai, et trouvai là de quoi me faire pomper encore, mais pas autant que par la summum suprême de cette avanture aussi ridicule qu’inutile. Eh bien il n’y avait aucun feu de circulation, aucun moyen de traverser. Prends ton élan et fonce, ya des autos qui passent tout le temps, mais des fois moins!!!!!! Ah maudit, comment veux-tu que je fasse ça? Non, je ne fais pas ça, je suis vraiment tanné là. Oui oui quelqu’un va finir par passer, je pourrais demander de l’aide, mais j’aurais le même problème au retour. Écoeuré, j’ai failli abandonner, revenir au métro, mais il était rendu près de 19h et je n’avais toujours pas mangé. Je n’avais pas de restant chez moi, il allait falloir me faire cuire de quoi rendu là.

J’ai failli le faire, j’ai vraiment rebroussé chemin, mais à l’intersection de Partenais et René-Lévesques, j’ai traversé René-Lévesques parce que je pouvais et que j’éviterais le croisement avec le feu de circulation défectueux. Bon ben là, peut-être que si je continue sur René-Lévesques de ce nouveau côté, encore dos au pont, je vais atteindre le croisement avec Notre-Dame à un autre endroit et pouvoir aller plus loin? J’essaie. C’est exactement ça qui s’est passé. J’ai pu me rendre plus loin, je crois que c’était Fullum, et là, il y avait une ligne de piétons. Mais il y avait là une foule de gens rassemblés pour je ne savais pas quoi. J’ai entrepris de contourner ce tapon pour constater qu’il s’était constitué une file d’attente jusqu’au village. Il allait falloir trouver le bout de cette file alors et y attendre, comme tout le monde. La découverte faite, j’étais prêt à attendre, mais un agent de sécurité commença à avertir les gens: c’était quatre heures d’attente pour entrer. Oui oui, quatre heures, j’ai bien compris, il l’a répété plusieurs fois, en anglais puis en français.

Il n’en fallut pas plus. À bout, je repartis de là. Je n’ai jamais pensé demander si c’était bien du village qu’on parlait là. J’ai juste tourné les talons, découragé. J’étais aussi choqué, car j’ai pu entrer dans plusieurs lieux bondés sans une telle file d’attente: l’Igloofest, le Piknik Électronik, le grand PoutineFest dans le Vieux Port, le Mondial de la Bière, le Bières et Saveurs de Chambly, etc. Même au rassemblement de foodtrucks sur l’Esplanade du Stade Olympique, il n’y a pas eu une telle file. Que se passait-il donc là, ce soir, pour que ce soit si bondé? Est-ce vraiment si fameux et populaire, la nourriture asiatique? J’ai bien l’impression d’avoir eu affaire au phénomène du goulet d’étranglement: une seule entrée, trop de gens qui veulent passer, une fouille excessive ralentissant le flot. Mais pourtant, aux Week-ends du Monde en 2017, ils passaient les gens au détecteur de métal et ça n’a pas pris un temps fou pour entrer!

Furieux d’avoir eu tant de mal à me rendre là et ne pas même pouvoir entrer, le lendemain matin, je me suis désabonné de la page Facebook du Village pour ne plus jamais recevoir d’événements se produisant là-bas! Je ne sais pas si je ferai d’autres tentatives pour me rendre là. Idéalement, il faudrait y aller avec quelqu’un ou attendre quelques années que l’accès au site s’améliore, quoi que j’ai des doutes que ça se fasse. Peut-être je dispose maintenant de suffisamment de points de repère pour pouvoir marcher du métro à l’entrée sans me casser les pieds, peut-être pas. Faudra tester, mais si au bout l’entrée est bloquée, ça ne sert à rien. J’ai aussi appris qu’il existait plusieurs entrées et pas certain qu’elles soient toujours toutes ouvertes. Je ne suis pas sûr que si j’en atteins une fermée ce jour-là où j’aurai choisi de m’imposer une nouvelle épreuve, je pourrai me rendre à l’autre simplement en faisant le tour du périmètre. Il  y aura inévitablement un mur, une rue sans trottoir, ou un autre obstacle du genre à franchir. Ça va me prendre une suit anti-gravité pour pouvoir voler par-dessus ces obstacles-là. Oui, c’est bien cool, ça fait sourire d’y penser, mais comme ça n’existe pas, ça ne résout strictement rien!

La Fayette: nouvel essai

Après ma frustrante tentative de me rendre chez mon frère a pied, je n’avais pas trop envie de réessayer. La tentative suivante pour ce trajet n’eut lieu qu’un an plus tard, dimanche le 13 août 2017. Pourquoi avoir attendu si longtemps? Eh bien il faisait froid, il pleuvait ou ça n’adonnait pas. Ce jour-là, j’avais été invité chez mon frère pour la fête de ma belle-soeur. Je suis arrivé au métro Longueuil vers 17h15. Je suis allé acheter des billets d’autobus puis une bouteille de vin. Après ça, j’avais le choix entre attendre plus de vingt minutes pour l’autobus 16 à 17h40 ou tenter ma chance à pied. J’ai décidé d’y aller, avec le plan élaboré l’année passée. J’ai réussi à me rendre sur Saint-Charles en marchant sur la rue du Terminus, marché sur Saint-Charles, traversé sous le pont, mais après, il y avait un large espace à traverser dans la rue, sans ligne de piétons rien. Mais si je vais l’autre côté, ai-je cru remarquer, ça semble possible de passer. Alorrs je suis revenu sur mes pas, repassé sous ls pont, traversé la rue Saint-Charles à l’intersection de celle du Terminus et puis reparti sur Saint-Charles. En repassant encore sous le pont, j’ai fini par arriver au coin Saint-Charles et La Fayette, mais je ne le savais pas. Je pensas qu’il fallait continuer plus loin.

Trouver un moyen de traverser La Fayette de façon sécuritaire a été impossible. Oui, j’aurais toujours pu m’élancer dès qu’il n’y a pas d’autos, en espérant que Dieu me protège, mais ce n’est pas génial du tout, surtout si je veux pouvoir refaire ce trajet, pas juste réussir par coup de chance ce soir-là, et la prochaine fois finir à l’hôpital à la place! J’ai appuyé sur le bouton que j’ai trouvé, n’arrivais pas à voir la lumière l’autre côté de la rue à cause du soleil, tenté la passe consistant à regarder celle de mon côté, ça ne fonctionna pas parce que les lumières n’étaient pas synchrones. En fin de compte, un autobus est passé et le chauffeur m’a dit que je pouvais traverser.

Rendu l’autre côté, j’ai marché un peu, constaté que ça ne menait nulle part, regardé sur Google Maps, passé proche piquer une crise encore, puis j’ai constaté qu’il suffisait de ne pas travers La Fayette mais plutôt continuer à gauche. Je suis revenu à l’intersection qui m’a posé problèmes, mais au lieu de tenter de traverser à nouveau, j’ai tourné à droite et continué sur La Fayette, longeant le pont. J’ai pu ainsi arriver jusqu’au viaduc sous Taschereau, second obstacle majeur du parcours. Wow, je ne me suis jamais rendu aussi loin depuis des années. Je me sentais aussi joyeux que si j’avais cassé la gueule à un gros boss dans un jeu! Tiens mon cochon!

Mais sous le viaduc, il semblait y avoir des pancartes; je craignais me faire bloquer. J’ai alors travers La Fayette avant de passer en-dessous. J’ai réussi à trouver un bouton qui a activé le feu de circulation. Puis j’ai pu traverser la rue suivant le viaduc. Le feu de circulation m’a posé problème, trop loin. J’ai dû y aller au pif: appuyer sur le bouton, attendre que les voitures circulent parallèle à moi puis y aller. Le feu était vert quand j’ai pu le voir.

Tandis que je marchais, j’entendais des boum boum venant de loin. Le Piknik Électronik, on l’entend d’ici. Peu après avoir fait cette observation, j’ai atteint le troisième et dernier obstacle: la rue Delaurinier. La traverser a demandé un peu de devinette encore, car je n’arrivais pas à voir le feu de circulation, en partie à cause du soleil. J’ai dû appuyer sur le bouton, attendre que les voitures circulent dans le bon sens puis m’essayer. Je n’ai pas eu à le regretter. Il a fallu marcher encore un peu, mais un moment donné, j’avais atteint mon but. J’avais réussi, tête de pioche que je suis!

Un véritable cas lourd

Jacques, épuisé, se prit la tête entre les deux mains. Ce nouveau patient, Robert, ne cesserait décidément jamais de crier. Cela faisait trois heures qu’il hurlait à pleins poumons, sans arrêt, enfermé dans une chambre. On l’avait attaché à son lit trois jours plus tôt, car il se levait et, toujours sans cesser de crier, se tapait la tête sur les murs ou la porte, jusqu’à la commotion cérébrale et l’évanouissement! On lui avait déjà injecté beaucoup plus de sédatifs que le seuil de tolérance de son organisme si bien qu’il fallait à présent attendre au moins trois heures entre les injections. Jacques savait trop bien que trop augmenter la dose ou la fréquence risquait de causer des séquelles chez son patient, ce qui rendrait le traitement encore plus difficile. Mais là, ces cris, il fallait que cela cesse, c’était Jacques qui allait finir fou! Le psychiatre se résolut alors à retourner voir son patient, une fois de plus. Il décrocha le téléphone afin d’appeler une infirmière et un agent de sécurité. Robert pouvait à tout moment rompre ses liens et il y avait une possibilité qu’il saute à la gorge de Jacques. Il fallait prendre toutes les précautions raisonnables. Il aurait mieux valu l’enchaîner, voire le menotter, mais l’établissement dans lequel il travaillait n’employait que des courroies de cuir, Jacques ne savait trop pourquoi. C’était dû en partie à des coupures de budget, en partie pour un traitement plus humain des patients.

Lorsque ses deux collègues arrivèrent, Jacques se leva de son bureau, parcourut les quelques mètres qui le séparaient du couloir où il y avait les chambres (et les cris), présenta sa carte magnétique au lecteur à côté de la porte et la poussa. Les cris cessèrent immédiatement.

Robert tourna la tête vers Jacques, une lueur d’espoir dans le regard. On aurait pu croire qu’il allait se calmer, qu’il allait enfin coopérer, mais non, non, non, encore il redemanda ceci, pour la énième fois, Jacques avait cessé de compter.

  • Est-ce que vous allez me laisser partir?
  • Tu sais déjà la réponse, répéta Jacques.
  • D’abord est-ce que vous allez me tuer? répéta encore Robert.
  • Ben non, voyons! répéta encore Jacques.

Au début, Jacques avait été bien choqué de ce dialogue. Le tuer, voyons donc, pourquoi allait-il tuer un patient? Mais dans l’esprit de Robert, ça semblait limpide, il n’y avait que ces deux alternatives. La consternation avait vite laissé place à l’agacement, chez Jacques, étant donné que ce même manège se répétait depuis presque déjà cinq jours.

Agacé, Jacques dut se taper à nouveau le délire de Robert, qu’il répétait mot pour mot à chaque fois que Jacques entrait dans la salle.

  • Alors je vais continuer à crier pour vous faire chier pis vous écœurer, recommença Robert. Tant que je serai ici, je vais me considérer comme un prisonnier de guerre. Prisonnier sous la torture. Vous aurez aucune information susceptible de trahir mon pays! Je vais me battre sans relâche, jusqu’à la mort ou l’amnistie. Les policiers qui m’ont amené ici peuvent en témoigner.
  • Oui oui, on s’en souvient bien.

Jacques se rappelait trop bien de l’arrivée de Robert à l’hôpital. Escorté par huit policiers, dont deux qui saignaient du nez, un qui avait un œil au beurre noir et un qui semblait avoir du mal à respirer (on l’a transféré ailleurs et Jacques a su qu’il avait deux côtes cassées), Robert criait, jappait et gesticulait comme un démon. Ça a fini qu’un des policiers a dû lui abattre sa matraque sur le crâne pour le calmer, et ça a passé proche lui fendre le crâne.

Au début, Robert criait son délire à pleins poumons et finissait par s’étouffer à force de hurler. Il parlait à toute vitesse, finissait par s’emmêler dans ses mots et ça le choquait tant qu’il finissait par crier et japper comme un chien, puis cracher partout. Depuis deux jours, il répétait son délire calmement, d’un ton neutre, comme s’il avait perdu tout espoir. C’était devenu comme un robot. Suivant sa « programmation », il cracha au visage de Jacques, encore.

  • Tiens! C’est tout ce que vous allez avoir de moi! Asteur laissez-moi partir, tuez-moi ou laissez-moi continuer mon combat.
  • Tu vas te battre contre quoi? demanda Jacques, sachant déjà la réponse.
  • Je vais gosser pour me détacher, finir par réussir pis quand ce sera fait, je vais fesser dans la porte jusqu’à ce que ça pète ou que j’en meure.
  • Bon! Mais pour l’instant, Robert, décréta Jacques une fois de plus, tu vas pas te battre, tu vas dormir. Jeanne, la même dose que la dernière fois. Ah non, le double, se ravisa Jacques.
  • T’es sûr? demanda Jeanne, inquiète. Ça pourrait lui donner un méchant gros mal de tête.
  • Oui, ça va je sais. Ça va le faire réfléchir un peu peut-être.
  • Ça va confirmer ma perception des choses, déclara Robert d’une fois éteinte. La torture, vous êtes en train de me torturer.

Et Robert se remit à crier, crier, crier. Il fallut que l’agent de sécurité lui maintienne le bras immobile tandis que Jeanne le piquait, et il parvint à mordre l’infirmière au visage. Quelques secondes après, les yeux de Robert cessèrent de briller comme les feux de l’enfer. Son regard devint vide et éteint, et puis il sombra, une fois de plus, une fois de trop. Jeanne, inquiète, alla se faire tester pour la rage, mais ce fut négatif!

Suite à cette nouvelle et pénible intervention, Jacques repensa au conseil d’Aline, la sœur de Robert. La jeune femme lui avait suggéré, lors de la dernière visite faite à son frère éprouvé, d’amener un chat à Robert et lui laisser lui faire ce que bon lui semblerait. Jacques n’aimait pas beaucoup l’idée, s’attendant à ce que le pauvre animal se fasse carrément massacrer, voire tuer, par ce fou furieux, avec aucun autre résultat que des cris de mort additionnels accompagnés de miaulements désespérés.

Pourquoi un chat? Eh bien, Robert a commencé depuis quelques mois à produire des miaulements avec sa bouche, pour rien, genre de tic nerveux. Il a pris conscience de cette mauvaise habitude et d’après ses parents, essayait de la contrôler, mais c’est devenu incontrôlable malgré tout et il a fini par avoir un avis disciplinaire au travail après avoir miaulé devant des clients! Tout ceci peut sembler très drôle aux yeux de profanes, mais Jacques est habitué à ce genre de cas et n’en rit plus. Jacques a bien averti la famille de Robert que les tics nerveux de miaulements n’avaient peut-être rien à voir avec les chats. Parfois, les personnes atteintes du syndrome de la Tourette produisent des bruits de bouche récurrents qui n’ont aucun rapport avec quoi que ce soit.

Mais là, Jacques se dit que ça vaudrait la peine d’essayer le chat, parce que parti comme c’était, il allait finir par rendre Robert légume en le bourrant de sédatifs. Alors on alla chercher un chat, un beau petit noir avec des taches blanches. On l’amena dans la chambre de Robert, on le détacha et on le laissa le flatter. Au début, méfiant, Robert flatta le chat doucement. Pensant qu’il allait se calmer, Jacques, Jeanne et deux agents de sécurité décidèrent de le laisser avec le chat. Sitôt qu’ils eurent fermé la porte, Robert se mit à brasser l’animal, d’abord doucement, puis de plus en plus énergiquement. Il secoua le chat, lui frotta le entre, le pressa contre son visage, lui donna de petits coups de poing et coups de pied. Le résultat ne se fit pas attendre: MIAAAAUUUUUUUUUUU!!!!!! Et quand le chat miaulait trop, Robert l’étranglait, serrant très fort, jusqu’à ce que le chat se débatte! Un moment donné, Robert tenait le chat par le cou d’une main et lui balançait des petits coups de poing de l’autre. Tous ceux qui observèrent la scène grâce à la caméra dans la chambre furent persuadés qu’il allait le tuer, mais tel ne fut pas le cas! Robert éclata de rire, un rire sadique à faire peur, mais il riait au moins, c’était déjà ça. Le chat, lui, ne trippa pas du tout. Il a fini par réussir à se déprendre de la prise de Robert et aller se recroqueviller dans le coin de la pièce, en petite boule les oreilles basses et le dos rond. On avait sanglé Robert à la taille de sorte qu’il ne puisse pas se lever pour aller fesser dans la porte ou se taper la tête sur le mur. Mais il ne tenta pas de se libérer. Il resta là, couché sur le dos, grand sourire aux lèvres, se frottant les mains de satisfaction et éternuant comme un bon. Ses vêtements et son lit étaient plein de poils! Il y avait des touffes de poils par terre aussi. Il semblait revivre en lui la scène avec le chat, encore et encore, et en éprouver un plaisir sadique! Jacques trouvait ça vraiment dégueulasse, mais il se rendit compte qu’il valait mieux ça que les cris.

On alla récupérer le chat et Jeanne tenta de lui donner beaucoup beaucoup d’amour! Pauvre petit minou! Le « traitement » fit effet pendant six heures, toute une éternité pendant laquelle Robert oublia qu’il était prisonnier de guerre, ne se rappela plus qu’il devait se battre et crier. Mais cela refit surface et les cris reprirent, presque comme s’il ne s’était rien passé. Eh bien, on lui ramena le chat, il le tortura une deuxième fois et Jacques bénéficia d’une deuxième période de six heures de paix.

Ce jeu dura une semaine après quoi le chat tremblait et grognait tout le temps. Il fallut le faire euthanasier, il était devenu fou dangereux. Robert s’est fait mordre dans la face et a eu besoin de points de suture. Il n’a pas cessé de rire de toute l’intervention, c’était choquant, affreux! Aline, quand elle a su ça, a trouvé ça bien drôle, au grand désarroi de Jacques. Il a une vraie famille de fous, celui-là, faudrait tous qu’ils se fassent examiner! Aline a suggéré, en blague plus qu’autre chose, qu’on essaie de lui présenter deux chats en alternance; cela donnerait plus de temps à l’autre chat de se remettre de ses tourments.

Eh bien, c’est ça qu’on a fini par faire! Deux semaines plus tard, les deux nouveaux chats étaient rendus fous et il fallut les faire euthanasier. Jean-Marc, le frère de Robert, suggéra qu’on fasse empailler ces trois chats pour les donner à Robert qui jouerait avec comme des toutous, mais personne n’aimait l’idée.

Alors on a essayé avec trois chats: même résultat. Quatre chats? Ils devinrent tous fous, un finit même par faire une crise de cœur pendant la séance de tor…. de thérapie.  Il fallut un grand total de sept chats, sept pauvres minous adultes, qui devaient se faire maltraiter un à la suite des autres aux six heures. Ce fut la seule façon de stabiliser Robert pendant les trois mois qui furent nécessaires pour le ramener à la raison.

Rendu là, Robert accepta de se faire aider et devint plus coopératif. Il cessa enfin de se battre. On lui laissa garder un des sept chats qu’il cessa de maltraiter pour le flatter doucement, mais il s’amusait parfois à le faire chialer, quoique pas autant que pendant sa phase de délire. Les six autres chats furent confiés à des familles et s’en remirent, fort heureusement, oubliant tous ces tourments aussi ridicules qu’inutiles.

Les tourments de l’Alma Mater

Jeudi dernier, 27 octobre 2016, j’avais une soirée de diplômes à l’Université de Montréal. Pour le 50e anniversaire du Département d’Informatique et de Recherche Opérationnelle, il y avait là un buffet chaud, des visites des laboratoires, l’assemblée générale des diplômés et une conférence donnée par Samy Bengio sur les réseaux de neurones. Cela m’intéressait d’y aller, mais pas sûr que j’aurais dit oui si j’avais su…

Alors, je suis parti de chez moi après une journée de travail qui s’est sommes toutes bien passée. Il était un peu trop tard pour les visites de labos, mais il aurait fallu que je parte trop tôt pour ça et travaille des heures de plus la veille ou le lendemain. Première étape: me rendre à la station de métro Joliette. J’ai pensé que le plus efficace serait de prendre la 67 qui fait un arrêt devant la station Saint-Michel, de laquelle je pourrais ensuite partir pour atteindre la station Université de Montréal par la ligne bleue. Eh bien, ce soir-là, c’était la seule option valable, la ligne verte étant hors service jusqu’à 18h. J’étais dans l’autobus 67 quand je l’ai su, quel soulagement! Avoir choisi le métro, j’aurais été bon pour une autre bonne copieuse dose de frustration dont je n’avais nul besoin.

Alors rendu à la station Saint-Michel, j’ai eu de la misère à trouver les tourniquets. J’essayais de me rendre, mais il y avait tout le temps du monde qui passaient, passaient, passaient, ça m’a pris presque deux minutes pour enfin repérer des marches qu’il m’a fallu descendre pour enfin atteindre les tourniquets. Après, ça s’est bien passé jusqu’à la station Université de Montréal.

Là, surprise, pas moyen de trouver l’escalier qui menait à la porte permettant d’accéder par l’extérieur au bâtiment où se trouvait la rampe mobile. Peut-être, pensai-je, suis-je sorti par un autre côté? Non non, ai-je constaté, l’accès devrait être là, mais il était bloqué!

Il n’y avait tout simplement rien à faire, aucune bonne solution. Plusieurs personnes me demandèrent où j’allais, je leur répondais, elles ne comprenaient pas ou ne savaient pas c’était où. On m’a dit de tourner à gauche, mais ça m’éloignait de mon but. On m’a dit qu’il allait me falloir prendre une navette pour atteindre le pavillon, mais je savais que j’allais devoir passer 20 minutes à trouver l’arrêt, 20 minutes à l’attendre et ainsi de suite. Et jamais je n’ai eu à prendre un autobus entre le métro et l’université! J’y suis pourtant allé pendant plus de huit ans, la distance entre les deux points n’a pas changé depuis!

Je suis sorti par la porte encore utilisable, j’ai marché dans le but de contourner le bâtiment et peut-être arriver derrière, je trouverais un moyen d’atteindre mon but. Non, juste de l’obscurité et de la pluie, oui beaucoup de pluie. Je me suis fait tremper mes souliers bien comme il faut, assez que le lendemain soir, j’en ai par précaution frotté le cuir à l’huile de vison. J’avais par chance un parapluie avec moi, sinon je serais ressorti de cette mésaventure trempé comme un canard!

Découragé, je ne savais juste plus quoi faire. Il n’y avait personne que je pouvais appeler pour de l’aide, fallait que je trouve un moyen ou que je rebrousse chemin, rentrant chez moi au bout du rouleau, découragé. Outre appeler un taxi et espérer que je pourrais donner ma position avec assez de précision pour que le chauffeur me trouve, il me restait deux possibilités: le pavillon J-A Desèves, accessible depuis Édouard-Montpetit et le 3200 Jean-Brillant.

Je pourrais, pensai-je, rentrer du côté Édouard et ressortir de l’autre. Mais je n’étais pas sûr si ça allait encore fonctionner. Quel étage faut-il atteindre pour ressortir de J.A.-Desève du côté de l’université? Le troisième? Plus sûr.

L’autre possibilité: le 3200 Jean-Brillant. Il y avait là un tunnel permettant d’accéder au pavillon principal. Mais le tunnel est difficile à trouver. Il n’est accessible que depuis un couloir au deuxième étage. Mais j’ai utilisé le tunnel plusieurs fois, plus souvent que le passage par J.A.-Desève, quand j’avais un cours d’introduction à la linguistique au 3200.

C’est cela que je décidai de tenter. Alors je rentrai dans la station de métro, repartis pour la ligne bleue direction Snowdon et m’arrêtai à Cote-des-Neiges. Là, je descendis, trouvai la sortie et entrepris de localiser la rue Jean-Brillant. Je la trouvai, marchai mais me fis encore bloquer par un ruban: des travaux, le trottoir était encore barré. Quelqu’un m’offrit de l’aide, ne savait pas c’était où, me fit répéter, ne savait pas. Selon elle, j’étais dans la mauvaise direction, mais au moment où je rebroussais chemin, elle m’interpella et me dit que le pavillon était plus loin. Mais c’était le pavillon d’optométrie, pas le 3200! BON SANG! Je ne vais jamais pouvoir en finir avec ça, songeai-je, de plus en plus furieux et découragé.

J’ai fini par reprendre la route, direction opposée, après avoir vérifié sur Google Maps que c’était bien ça, j’ai pu me rendre proche, mais c’était encore bloqué, j’ai dû passer par l’autre côté de la rue, quelqu’un m’a aidé un peu et cette fois on a pu trouver. Rendu là, il a fallu monter au deuxième étage. La personne qui m’a aidé a fait un bout avec moi et ça a été une bonne chose.Je n’arrivais pas à retrouver l’escalier menant au deuxième. La personne a demandé à un employé qui ne savait même pas! Mais elle a pu trouver l’escalier, puis la cafétéria, les deux éléments nécessaires pour accéder à ce qui commence à ressembler à un passage secret, au point où on en est!

On a pu retrouver la cafétéria d’où partait le couloir menant dans le pavillon Lionel-Groulx, où il y avait l’escalier ramenant au premier, du côté Lionel-Groulx. C’est là qu’on peut accéder au tunnel qui mène au pavillon principal, appelé de nos jours Roger Gaudry!

De là, j’ai pu passer à travers le pavillon André-Aisenstadt par un chemin que je connaissais bien, pour ensuite atteindre Jean-Coutu, où avait lieu l’événement! Mais il était passé 19h quand j’arrivai enfin là. Il ne restait presque plus de nourriture. J’ai eu un peu de légumes, des cannelloni, du vin et une pointe de tarte au chocolat, c’est pas mal tout. Pas de viande. Je n’ai pas rencontré de gens que je connaissais, à part Guy Lapalme, mon ancien superviseur de stage en 2001. C’était pas mal décevant.

Par chance, la conférence de Samy Bengio en valut la peine. Je ne dirais pas que ça a valu tout le trouble que je me suis donné pour aller là, mais ça a compensé partiellement. J’ai revu un ancien collègue de travail et rencontré quelques personnes, aussi. La conférence portait sur les réseaux de neurones utilisés pour la génération de descriptions à partir d’images. Tandis que Samy présentait des exemples avec des photos statiques, j’imaginais avec délectation des extensions potentielles. Avec ça, on s’en va vers le bidule dont j’ai besoin, le localisateur d’articles, qui pourrait identifier des produits dans une allée d’épicerie, des portes ou des couloirs dans un bâtiment, des bâtiments dans une rue, etc. Si seulement j’avais eu ce genre d’idées voilà dix ans, ma thèse de doctorat aurait été toute autre…

Le retour chez moi me décourageait quelque peu. Seul, j’allais devoir refaire le trajet en sens inverse: le pavillon principal, le tunnel, le 3200, la marche vers Côte-des-Neiges, beurk! Par chance, mon ancien collègue et patron Nicolas et une ancienne connaissance Luc m’offrirent d’aller au métro avec eux. Nous sommes passés par un escalier que je ne connaissais pas qui permit d’aboutir du pavillon au métro. Ce fut un peu tortueux et difficile parce qu’il faisait noir, mais mieux que tout le labyrinthe que j’aurais eu à me taper seul. C’est ainsi que s’est terminée cette soirée.